ASPECT GÉNÉRAL
double rangée de boutiques; rien «le plus animé que ces grandes rues , de même que les marchés et les ba- 7ars, surtout le matin , avant la Itrande chaleur du jour. Dans la foule bicarrée qui s'y presse, on reconnaît i côté de l'humble fellah, du I)édojin à la démarche fière, du ^upte ou du Juif à la mine sombre et concentrée, du Grec actif et éveillé, d'i kawas amaoute grave et digne, l'us lei types des Nègres, depuis la Mileur d'ébène des habitants du '^udan, jusqu'au teint clair des Bert^rJQs. Les caravanes arrivant de t'^ns les points de TAfrique et de l'Arabie, les cliameaux pesants et ^lennels, les ânes lestes et sémillants ^îQportant au galop les Levantins petiî^maîtres, ou des femmes envelopîes dans dMmmenses voiles de coul'^ir sombre, le pacha qui passe à che?al, étouffant sous la redingote b^'utonnée du Nizam, les porteurs •i'eau avec leurs outres de cuir vislaeuses, les portefaix de toute nature, y.< saîs criards toujours prêts à frap- Rrdela courbach l'Arabe indolent et jusqu'aux pauvres femmes fellàbines ^ trop lentes à se ranger, tout cela forme on Hpectacle d*une variété toujours nouvelle dont l'étranger ne peut se User.
Les maisons sont entièrement confites à Torientale. La façade en est ?Q«lquefois bariolée de grandes band» alternativement rouges et blanches, comme le sont aussi les mosquées. L'étage inférieur est en pierre ; 1^^ étages supérieurs, au nombre de deux ou trois, sont en briques. Les lenêires grillées sont appelées rochân, ou plus communément méchrébyèh (dont les Européens ont fait moucbarabis). Ces grillages, au lieu des losanges uniformes de Constanlifi'Ple, forment ici des dessins trî*- ^aries. Dans les bonnes maisons, des î^Qètres sont maintenant garnies intérieurement d'un châssis vitré que l'on lient fermé en hiver ; car dans 'ttie partie de TÉgypte on éprouve
une vive sensation de froid quand la température descend au-dessous de 15*. On ignore cependant ce que c'est qu'une cheminée; les pièces sont chauffées, quand cela est nécessaire, au moyen d'un brasero. Beaucoup de maisons portent au contraire, à leur partie supérieure, comme précaution contre les chaleurs de l'été, un auvent en planches, ouvert du côté du N. et destiné à saisir au passage la moindre brise fraîche qui viendrait à souffler.
Il est peu de maisons dont le plan n'ait un manque absolu de régularité.
Les appartements sont de différentes hauteurs, si bien qu'on a presque toujours à monter ou à descendre une ou plusieurs marches pour passer d'une pièce à une autre. Quant à leur disposition intérieure, c'est celle de toutes les habitations musulmanes (T. p. 147).
Le Caire a quelques palais nouveaux empruntés à ce faux genre italien dont l'Orient a été inondé.
Cette architecture échappe à toute critique : elle n'a pas même le mérite de la solidité, car un certain nombre de ces bàtiment.<i, bien que de construction récente, sont déjà dans un état de délabrement très-marqué.
Dans le nouveau quartier Ismaîlyèh, on a construit, le long de larges avenues, de véritables maisons européennes, la plupart de style italien, avec péristyles à piliers support tant un large balcon, toits en terrasses, etc.; quelques-unes entourées de gracieux jardins sont fort élégantes. Quoique un peu dépaysées, ces constructions ne choquent pas le regard, parce qu'elles sont loin de la ville arabe. On n'en dirait pas autant de certaines bâtisses situées dans les environs de l'tlzbékyèb, et qui prétendent imiter le :>tyle oriental. On a cru, en multipliant eu dehors les fenêtres en ogive, les colonnettes, les moucharabis fabriqués à la machine, les portes en fer à cheval et tes encorbellement!», faire
EGYPTE. — LE CAIRE
[Route là]
de brillantes imitations de ce style :
on n'a fait, selon nous, qu'un décor d'opéra-comique. Mieux vaut encore une maison italienne sans prétention que ces conslructions à effet. Il suffit de les comparer avec les véritables édifices arabes du Caire, toujours si sobres d'ornements extérieurs, pour voir combien ces bâtisses tapageuses diffèrent de l'arl arabe.
11 nous reste à indiquer au voyageur pressé par le temps un certain nombre de tournées qui lui permettront de voir le Caire aussi prompiement que possible. Généralement, il faudra diviser sa journée eu deux promenades, une le matin et une dans la soirée; l'habitude, générale au Caire, de dîner à midi, et de se tenir renfermé dans le milieu du jour pour éviter la grande chaleur, est d'ailleurs conforme à l'hygiène, et rend cette manière d'agir & peu près obligatoire. Le matin est l'instant le plus favorable pour visiter les mosquées, pour les courses à distance. Le soir, on se dirige plutôt du côté du Nil et des promenades. 6 à 7 jours suffisent à la rigueur pour voir le Caire et ses environs.
LE CAini ET SES ENVIRONS EN 9 EXCUHSIONS.
fe excurs. (le malin], Bab-ZoeTlèh, place Roumallab, la citadelle (el-Qaiah), vue générale de la ville, mosquée et palais de Mohammed-Ali, puits de Joseph ; en redescendant, visite àlaiLOsquée de Hassan, place Qarameîdan, Bab el-Karafah, nécropole de rimam-Chafey, tombeaux de la famille régnante. Retour par Bab el-Saadèh, mosquée de Touloûn, boulevard Moharamed-Ali et Ezbékyèh.
2* exe. (le soir), Bab el-Hadld, canal lamaïlyèh, avenue et palais de Ghoubr^h.
3« exe. I matin), à Ueliopoiis {MatatyWt). Gagner, par le nouveau boulevard extérieur, le faubourg Hassan lèh, et TAbbasièh. A moitié chemin, tombeau d'El-Ghouri. — Maiaryèh : obéIi:ique, sphmx, sycomore de la Vierge, etc. Retour, rentrer par Bab el-Foutauh, mosquée d'El-Hakem, U Mouski.
4* exe. (le soir}, Boulaq (musée), Embabèh.
5« exe. (le matin), i la forêt pétri ûee (sortir par Bab el>Nasr) ; au retour, tombeau des sultans mamelouks k KAît-Bey, rentrer par Bab el-Ghoraib.
6* exe. (le soir ou le matin', au vieui Caire et à l'Ile d« Haoudah(de l'Exbékyèb, par les boulevards de Kasr-el-Nil, et de Kasr-eI-Ali,le collège des derYiches,Kai>rel-Alni, tèle du Khalig, aqueduc de l.i citadelle), vieux Caire : mosquée d'Ainroa (Gam'a- il fnr), Kasr ecb-Chema, église copte, port du Nil. Ile de Raoudab, nilomètre, jardins d'Ismaïl-Pacha ( au N . de l'île); retour le long du Khalig, par Bab es-Seïdèh«Zcïnéb, mosquée du même nom , mosquées et fontaine», Birket-el-Fyl, le Mouski.
7* exe. (le matin ou le soir), mosquée du sultan QaUoun, Moristan, tombeaux de Nasr-Mohammed et de Bibars, baz.ir Khan-KhalU et tombeau d'Eyoub. mosquée d'El-Azbar (il faut un permis), bazar et tombeau d'EUGhouri, mosque« d'El-Mouayyad.
8" exe. (le matin, avant le jour), envoitare aux pyramides, lever du soleil au sommet de la grande pyramide, visite des pyramides et des tombeaux, le Sphinx ; de là à Abousir et Saqqarah ( pyramides, Sérapéum, ^ile de Meuiphis). On peut revenir aa Caire le soir même par le chemin de fer (station de Bedrechetn) ou bien coucher k Saqqarah. L'excur> Blon de Saqqarah pent faire à elle seule une excursion, en partant le maiia pai le chemin de fer. C'est la voie le plu> ordinairement suivie.
9* exe. au barrage (profiter du chemin de fer jusqu'à Kalioub).
10" exe, plusieurs visites aux baixrs et au musée de Boulaq.
nr. Bdifle«s et Umk r«Barqiial»lea.