‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 155 sur 408 · LA CITADELLE · texte numérisé non relu

LA CITADELLE

on « le choix entre deux chemins :

ou bien continuer tout droit parla rue Soukkaryëh, pendant 10 minutes jusqu'au boulevard Mobammed-AIi, qui débouche sur la nouvelle place ou- ^«rte derrière la mosquée du sultan Ha^uan, et longer les hautes murailles ée la mosquée, pour aboutir i la place Roumaliah ; ou bien tourner à g-, traverser le bazardes selliers et le !)uar des armes, pour rejoindre une nie oblique où Ton voit à g. deux jolies fontaines arabes anciennes, à ûr., rentrée de la mosquée du sultan Hassan, et déboucher sur U place Roumaliah (place du petit sable) , vaste espace ifréguliëreoent quadrengulaire, dominé au N.

*J' par la haute mosquée de Hassan, tu S. E. par la citadelle, tandis que m côtés de TO., du S. et du N. sont oceopés par des masures et des échopjf^s. Au N. E., est la vieille moxquée Mnhmoudyèhf qui tombe en ruine, mais dont on admirera la coupole •^rrasine, la porte, les fenêtres et le minaret finement sculptés.

U citadelle {el-QaVah) est accessible par deux entrées ; Tune, nommée Mi ei'A xab, ou verte à Tan gle S E. de ta place Roumaliah, est un curieux spécimen d'architecture sar racine : la porte formée d'une ogive surbaissée est ^inquée de deux énormes tours dont les murailles sont divisées en larges ^des horizontales, peintes alternativement en rouge et en blanc. Cette entrée, précédée d'un petit perron de construction récente, est réservée lux piétons. Un sentier, plus court que la cbaussée moderne, conduit de Mtte porte à la partie haute du château. C'est dans cet étroit et sinueux défilé que s'accomplit, le l*** mars 1911, le drame sanglant du massacre âes mamelouks, acte terrible, qui délivra l'Egypte de la domination uiarchique desbeys et assura le pou* voir entre les mains de Mohammed- Ali. On montre un peu au N. de la porte extérieure, l'endroit où Ëmin- ^^yi le seul des chefs qui échappa à

la mort, lança son cheval à travers une brèche de la muraille, si toutefois le récit n'a pas tourné un peu à la légende, car il y a une autre version.

La seconde entrée , aujourd'hui la plus fréquentée, de la citadelle, est au haut d'une rampe qui contourne les murailles du côté du N. E., et dont la pente est assez bien ménagée pour donner un accès facile aux voitures.

On pénètre par une porte en pierre dans une vaste cour, et laissant à g.

l'entrée de b&timents neufs qui jusqu'à ces derniers temps contenaient divtrt ministéret, on se trouve au centre de l'enceinte.

Le châleau, qui est lui-même une petite ville, se compose de trois parties distinctes et conliguSs, entourées chacune de murailles et de tours crénelées : ces trois enceintes sont celles â^el-Asab, qui regarde la place Houmaîliah, d'el-Enkickarièh , qui regarde le N., et la citadelle proprement dite, el-QaVahj qui est la partie la plus élevée. On peut remarquer que le côté le mieux fortifié et le mieux armé est celui qui regarde la ville; la plate-forme N. O., couverte de canons, est fermée par une porte flanquée de deux tours. Militairement, elle n'aurait aucune valeur contre un ennemi du dehors, car elle est dominée par le Moqattam.

La citadelle date de la fin du xn* s., c'est l'ouvrage du célèbre Youçouf Salah-Eddîn (Saladin), qui s'y fit aussi construire un palais attenant à une mosquée ; ce palais fut toujours depuis lors la résidence des sultans mamelouks, et plus tard des pacbas turcs; il est aujourd'hui en ruine.

Ce que l'intérieur offrait de plus remarquable était une vaste salle carrée, soutenue par 32 colonnes de granit rose enlevées à d'anciens temples romains ou grecs, et qu'on avait couronnées d'autant de chapiteaux pharaoniques apportés de Memphis et retouchés dans le goût arabe. Le palais de Sàladin a été dé-

EGYPTE. — LE CAIRE

[Route 12]

truit ea 1829 pour faire place à la nouvelle mosquée. La plupart des colonnes furent alors brisées, on en trouve quelques restes au milieu des décombres, et Ton voit sur plusieurs de ces fragments des caractères hiéroglyphiques. La vieille mosquée de QatcumUf complètement en ruine, occupe le milieu de la cour; près de là est une petite fontaine sculptée en marbre gris.

La citadelle, avant 1798, était habitée par Taga des janissaires, général en chef de l'infanterie; par les chiaoux, courriers ou messagers d'État, et par la plupart des grands officiers civils et militaires. Il s'y trouvait de plus quantité d'employés, de marchands. Elle est de même aujourd'hui le siège d'un grand nombre d'administrations. Elle renferme dans son enceinte un hôtel des monnaies, une imprimerie, une fonderie de canons, un arsenal de construction, une manufacture d'armes et divers ateliers d'équipement militaire. L'explosion de la poudrière, en 1823, ruina une partie des anciennes constructions; celles que l'on voit aujourd'hui datent de Mohammed-Ali, ainsi que la nouvelle chaussée.

La nouvelle mosquée de Mohammed-Ali, commencée par ce prince et terminée seulement après sa mort, passe au Caire pour une merveille (l'élégance, et frappe vivement, en eiïct, les pei-sonues qui n'ont pas encore vu de grands édilices musulmans. Toutefois les connaisseurs et les critiques d'art portent sur elle un fugement . plus sévère. Au lieu de chercher des modèles parmi les charmants édifices sarrasins du Caire, on a voulu imiter les grandes mosquées de Constantinople. Deux minarets, avec Tinévitable couvercle en forme d'éteignoir, élèvent à une hauteur exagérée leurs formes grêles et maigres. La cour, où Ton peut pénétrer par la porte latérale sans (fU'il soit même bien nécessaire d^ôter ses chaussures.

est entourée d'une colonnade eu bel alb&tre oriental; au centre est la fontaine des ablutions, de forme octogone et d'une ornementation assez lourde. La galerie du N. 0.

est surmontée d'une tour carrée, noir et or, surmontée d'une espèce de pavillon chinois et portant une horloge, présent fait par le roi Louis- Philippe à Mohammed-Ali. La mosquée elle-inéme est surmontée d'une grande coupole, flanquée de quatre demi-coupoles, avec quatre petits dômes octogones aux angles : c'est l'ancien plan byzantin, qui coDserye toujours sa grandeur et sa beauté, même dans ses plus faibles copies (F. p. 146). A l'intérieur, en dedans de la porte d'entrée, règoe une galerie soutenue par une rangée de colonnettes; à dr. est le tombeau de Mohammed-Ali. La coupole est soutenue par quatre gros piliers carrés. Les fenêtres sont de forme carrée à l'européenne, la décoration vert et or est de mauvais goût ; de vilaines lanternes, un grand lustre européen dépaysé choqueul également le regard. Le menbèft tout doré, n'a rien de remarquable. Le mihrab, en albfttre oriental, monte jusqu'à la frise. Ji^n somme, l'éditicB fait encore un assex bel effet par m's grandes dimensions et par la richesse de ses matériaux, surtout de ce bel albâtre oriental dont la transparenct; et la teinte ambrée ont les chatoiements de l'opale. Malheureusement la base seule des piliers en est couverte, et la peinture, dont sont revêtues les parties hautes, a vaineffleiii cherché à l'imiter.

Le pcUait du vice-roi, qui a remplacé l'ancien palais de Saladin, est très-simple à l'extérieur, comme le sont tous les palais d'Orient; l'iotérieur est vaste et magnifique, mais de cette fausse magnificence européenne que les Orientaux acceptent si facilement comme de bon a loi.

La salle de bain, tout en albâtre, est cependant fort remarquable.

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