R0UTE 12] MOSQUÉE DE MOUAMMED-ALI
L'attrait principal de la citadelle ^<\ rimmense panorama que Ton y découTre. De l'esplanade supérieure, près de la haute terrasse qui porte iei canons^ on jouit d'une admirable Tue. Devant soi, immédiatement ^MspiedSf est la place Roumaïlah, ivec la mosquée du sultan Hassan; «ierhêre celle-ci, l'ancien harem (f'Âbbas-Pacha ; un peu plus loin, à g , est la mosquée de Touloun, recon- QAJssable à son gros minaret; plus au 3., U grande place de Qarameldan, bordée de casernes; au delà de ce premier plan, l'immense ville se déiloie toute bérisée de minarets. Au Qilieu de la masse confuse de ses terrasses, les rues n'apparaissent que cooune de sombres fissures. Le grand boulevard Mohammed- Ali fait exceptioD, et guide le regard du côté des «*rands édifices blancs qui entourent le massif des arbres de rEzbékyèh, iQ-dessus desquels le fronton bizarre « massif du New-Hôtel fait une saillie désagréable. Les édi lices à l'européenne du quartier Ismallyèb, qui ont remplacé les dômes touffus ■les palmiers qui couvraient autrefois «s plantations d'Ibrahim- Pacha, s'étendent vers Boulaq et vers le Nil; ^gauche, .du côté du fleuve que Ton > peut voir, on aperçoit le palais ^e Kasr-el-Nil , le palais de Kasr- ^i-Doubarah, le palais d'Ibrahim-Pa- ^ le Kasr-el-Aîn. Au delà, le Nil coule lentement dans son large lit, ^jrdé d'une ligne de riche verdure, ^t Ta se perdre dans les plaines du Wta. Sur la rive g. du Nil, s'élève '"' village de Gizëh, avec le palais <iu même nom, et plus loin, le palais ^u Gézirèh^ un peu au-dessous de Boulaq; puis, au dernier plan, tout ^ fond de l'horizon, la vue rcncon- ^ih masse encore imposante, mé- 1^ à cette distance de 4 lieues, des Pyrunides de Gizèh, d'Abousir et de ^<iarah, qui se détachent sur le M rougeàtre du désert. Des deux ^* d'un petit pavillon vert, séparé ^^ reste des bâtiments et qu'alTec-
tionnait, dit-on, Mohammed-Ali, le regard s'étend dans une autre direction du côté du Moqattam, et au S.
vers la haute vallée du Nil ; sur un plan plus rapproché, on verra le vieux Caire, le grand aqueduc qui vient i la citadelle à travers Timmence champ de décombres de l'ancienne Fostal; la nécropole de Tlmam-Chafey, avec toutes ses coupoles et tous ses minarets ; les pentes du Moqattam, avec une autre nécropole; enfin le fortin qui couvre le sommet du Gébel-Giouchi (autre nom du Moqattam), et qui commande la citadelle elle-même. — C'est le matin qu'il faut venir admirer ce panorama; le soir, les brumes couvrent la plaine des pyramides.
Enfin une autre curiosité de la citadelle est le puits de Joseph, ainsi appelé sans doute du nom du grand Saladin (Youçouf), quoique la légende populaire le fasse remonter jusqu'à Joseph, fils de Jacob. C'est en efi'et Saladin qui le fit creuser, ou peut-être seulement déblayer du sable dont il était rempli. Le puits, de forme carrée, est creusé dans le rocher; sa profondeur est de 88 met.
33 c. On estime que le fond est au niveau du Nil. U est divisé en deux étages, séparés par un large palier:
l'étage inférieur a 40 met. de profondeur sur 3 met. 40 c. de largeur et 4 met. 40 c. de longueur ; l'étage supérieur a 48 met. 30 c. de hauteur, 5 met. de larpreur et 7 met. 80 c. de longueur. Le premier est terminé par une plate-forme en bois, sur laquelle on a établi une sakkièh, une écurie pour les bœufs et une pièce voûtée ou l'on serre le fourrage ; un ^'ardien habite avec les bœufs cet étage , qui ne reçoit de jour que par l'ouverture supérieure du puits. La descente est une spirale en pente douce, séparée du puits par une cloison, formée par le roc même , de 30 c.
d'épaisseur; celte cloison est percée d'ouvertures en forme de fenêtres semi-circulaires pour éclairer
EGYPTE. — LE CAIRE
[Route 12]
la descente. La pente est assez douce pour qu^elIe puisse être descendue et remontée par les bœufs, qui doivent tourner la sakkyèh du palier central.
Au-dessous de celui-ci, il n*y a plus ni parapet j ni garde-fou : aussi la descente présente quelque danger, car le terrain est toujours humide et glissant. Un manège, mû par deux bœufs, élève Teau au niveau du palier et la déverse dans un grand réservoir établi sur la plate-forme; un second manège, établi à la partie supérieure du second étage, élève Teau du réservoir inférieur dans une auge, d'où elle se distribue facilement dans les divers bâtiments de la citadelle. Les vases qui servent à monter Teau sont de grandes urnes do terre à fond conique, disposées de distance en distance sur deux gros câbles parallèles, qui s'enroulent en haut et en bas sur des manèges. C'est, au total, un fort bel ouvrage. La partie supérieure seule est en maçonnerie sur une hauteur de 13 met. 50 c, le reste est creusé dans le roc La citadelle a en outre plusieurs grandes citernes et l'aqueduc extérieur qui y amène directement l'eau du Nil (F. $ VU, i).