MOSQUÉE DE TOULOUN
près d'un siècle à celle du Caire, dont les premiers fondements ne furent jetés qu'en Tan 358 de Tbégire (969 de rère chrétienne), tandis qu*Ahlaed Ibn el-Touloun, le chef de la dynastie des Toulounides, construisit sa. iDosquée à rextrémité N. B. de
Fostàt, qui s'étendait alors jusquelà, en l'an 265 de l'ère musulmane (879 de J. C), comme l'attestent deux inscriptions coufiques qui se lisent sur les murailles de la cour. Elle ne fut comprise dans le Caire qu'au temps de Saladin. L'édifice construit.
Ji99fuèe tie T^iâifU^.
âiVon, sur le plan de la Kaaba de la Mekke, offre le véritable type de la »w>*quée primitive.
L'^ plan en est des plus simples.
^«»t un grand carré ouvert, de ^ met. de côté (Pascal Cotte) , en- ^ré sur trois oôtiéa de deui rangées
de piliers formant un double portique à arcades, profond de 11 met.
Sur la quatrième face de la cour, celle de i'E., il y a cinq rangées de piliers formant quatre nefs transversales qui constituent la mosquée proprement dite. C'est là qu'on voit, au
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centre de la muraille de fond, percée dans toute sa longueur, de petites fenêtres ogivales finement sculptées, un mihrab (3) très-ancien, orné de colonnettes de marbre surmontées d'un élégant chapiteau et de mosaïques trèsdétériorées. Lemenbèr (4), en bois de noyer sculpté, avec des compartiments inscrustés d'ivoire, qui s'élève en face, est tout vermoulu; les détails en sont d'un goût charmant. Le mastabah (6) (tribune des lecteurs) est soutenu par quatre colonnes de marbre très-simples. Les deux piliers qui en sont voisins présentent des sculptures bizarres, celui de gauche une espèce de niche ogivale (sans doute un mihrab), celui de droite une espèce de croix d'honneur suspendue à une chaîne. A gauche du mihrab principal, on voit aussi dans la muraille de fond une autre niche sculptée ou mihrab, semblable à celle du pilier ci-dessus. La porte du côté de la grande cour est ornée de deux pierres noires, portant les inscriptions coufiques dont nous avons parlé. Les plafonds de tous ces portiques sont en bois de dattier.
Mais ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les arct ogivaux qui supportent ces nefs. Ils sont soutenus par des piliers ornés à leurs quatre angles de quatre demi-colonnes engagées, avec des chapiteaux arabes ^ Entre chaque grand arc ogival est pratiquée une petite fenêtre en fer à cheval. Les grandes ogives sont aussi légèrement étranglées à la base de l'archivolte. Le tout est couronné d'une frise ornée d'arabesques légères. L'inscription de la frise intérieure est en caractères coufiques. Tout cet assemblage d'ornements délicats, d'ouvertures évidées entre les arceaux donnent à ces arcades une élégance et une légèreté
t. Ces petites colonnes rappellent assez la décoration de presque toutes les portes et fenêtres de Tarchitectare gothique en France et en Allemagne, au xii* s. de notre ère.
incomparables. Lorsqu'on les considère en se plaçant dans une position oblique, de manière que toutes ces travées et toutes ces colonnes s'entre-croisent sous le regard, on obtient un de ces eflets de perspective qui ravissent les artistes, et fournissent aux photographes les motifs les plus heureux. Les arceaux qui entouraient la cour sur les côtés autres que le sanctuaire ont été malheureusement comblés et convertis en habitations.
Au centre de la cour est la fontaine aux ablutions, recouverte d'un dôœe très-détérioré. De ce dôme part un pavage divergent formé de huit bandes de dalles en pierre de 2 met. de largeur (2), qui divisent la cour en autant d'espaces triangulaires. Le mur intérieur de la cour est couronné par une large frise, avec compartiments et rosaces, qui produisent un bon effet. Un second mur extérieur enveloppe cette première enceinte; il est couronné par des espèces de créneaux découpés à jour dans lesquels on croit voir la ressemblance d'un turban, de la flamme et de la masse d'armes ou topoux»
Des quatre minarets qui s'élevaient aux angles de cette seconde enceinte, trois se sont écroulés; l'appel à la prière se fait du minaret de Tangle N. O., grosse tour carrée i la basp, puis cylindrique, et enfin- octogone»
Un escialier tournant l'enveloppe extérieurement ; il est si délabré aujourd'hui, qu'on ne peut plus atteindre le haut du minaret, d'où l'on avait une des plus belles vues an Qaire.
Le dôme qui surmonte la partie antérieure du quadrilatère est d'une époque beaucoup plus récente. H porte en caractères arabes U date de l'an 696 de l'hégire (1297 de i. Cl L'édifice est, au total, moins remarquable encore par sa beauté que paf l'intérêt qu'il présente pour l'histoire de l'architecture sarrasine.
;KoUT£ lâj MOSOUÉË DU SULTAN HASSAN.
U coDStruction de la mosquée de Todoun n'a rien emprunté des maotunenu antiques; elle est en briques recouvertes d'un fort enduit; •es ornements et les moulures sont "^ ttac; on croit y reconnaître Tarchitocbire arabe dans toute sa pureté. (Pascal Goste, VArehiUcture <^ o« les MonumenU du Caire,)
UiDosquée est aujourd'hui un asile ^jurles pauvres et les infirmes; ces ^beureux, demi-nus, se pressent iQtour du voyageur, qui se défend ^ peine contre leurs importunes ^iiiciutions ; ne pourrait-on pas, daos one ville ou Ton a la mabie de ^ ia construction, donner à ces infûrtunés un autre asile, et conserTer i l'admiration de tous cette création ^ génie arabe, où l'on trouve encore '■^ les arcs ogivaux, dans les frises, ô<uu les fenêtres découpées à jour, ie si gracieux détails? Les pierres ^«miettent, le bois pourrit, et bien- '^< les derniers vestiges de ces chefs- •i'œuvre auront disparu.
La moiquée du sultan HasBan «îama toultan Uatsan) est sur la place Roumaiiah, au pied occidental de la citadelle. On s'accorde à la rclarder comme la plus belle du Caire.
'est un ouvrage du xiv* s. : elle fut ^mmencée en l'an 7&7 de l'hégire ^tterminée en 760 (1356-58 de notre ère), sous le règne du sultan Baha- 'ite NAçer-Hassaa. C'est dans cette 3^uée que s'étaient réfugiés les arabes pendant la révolte du Caire 'l octobre 1799).
A l'extérieur, elle se présente sous •^ forme d'un b&timent rectangulaire, iiM^ngé du N. 0. au S. E. et dominé ^u coté de la place de Roumallah par une haute coupole de 55 met. de ^t; UQ immense minaret à trois J»lerics {13)( F. ie plan, p. 317) occupe '^|le S. 0. C'est le minaret le plus ^inè du Caire; il a 86 m&t. d'éléva- ^^* Un autre plus petit (13) s'élève *"Ma &ce E.; celui-ci n'a que deux '^***^; tous les deux se terminent '« «ômes. On est frappé de la hau-
teur et de la belle construction des murailles de l'édifice, percées de longues baies verticales avec deux rangs de fenêtres, et couronnées par une corniche en haut-relief formée par un encorbellement de petites niches triangulaires et circulaires ; au-dessus de la rangée circulaire est un ornement en pierre, découpé en fleurs de lis; les murailles n'ont pas moins de cent pieds de haut, en certains endroits; elles ont jusqu'à 8 met. d'épaisseur. La longueur totale de l'édifice est de 140 mût.
Le plan en est différent de celui des anciennes mosquées; elle affecte la forme de la croix grecque.
L'entrée dans la mosquée (1) est du cêté de l'E., dans la rue Souk el-Sélah, par une porte de dimensions colossales, avec une voûte en encorbellement, décorée de riches stalactites, de compartiments latéraux finement découpés, et d'une belle corniche couronnant une grande inscription en caractères coufiques; on y monte par un escalier de quelques marches. On pénètre d'abord dans un vestibule (2) recouvert d'une petite coupole, au fond duquel règne une baie semi-circulaire, dans laquelle le sultan Hassan prenait, dit-on, place sur un divan, pour donner des audiences publiques. Sur le pavé, on montre une grande tache noire, tache de sang, disent les Arabes ; sur la g., un second vestibule suivi de quelques marches conduit ensuite dans un corridor sombre (4) garni de bancs de pierre; on franchit une cbambre allongée oii se tiennent les gardiens, qui vous font quitter vos chaussures, et l'on pénètre dans la grande cour intérieure. Celle-ci mesure 32 met. de large sur 35 de long. A chacun de ses quatre côtés est attenanteune grande salle carrée (5), surmontée d'une arche élevée du plus grand effet ; celle du S. E., plus haute que les autres, formant le sanetuairey mesure 21 met. d'ouverture. Tout au fond est un mihrab
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en marbre de diverses couleurs (6), avec quatre colonnetles fines; autour sont des ornements de marbre et de porphyre très-dégradés. Le menbèr (7) ou chaire à prêcher se trouve à côté. La tribune des lecteurs (maftabah) (8) est soutenue par 3 pilastres et 8 colonnettes assez grossières d'exécution, mais dont rensemble forme un édicule léger, assez remarquable. Un lustre en bronze oxydé et finement ciselé (9), véritable chefd'œuvre d'orfèvrerie artistique, est pendu au centre. Deux rangées de vases en verre coloré, sur lesquels est inscrit le nom du souverain, sont suspendus aux parois; le tout est surmonté d'une frise ornée d'arabesques légères, sur laquelle se développe tout autour du sanctuaire une longue inscription en grands caractères coufiques. Toute cette décoration est d'un beau style et d'une extrême magnificence. Les détails des porte-lampes et Janternes en bronze suspendues à la grande voûte sont très-remarquables par leur ingénieuse combinaison. Cette grande nef était destinée au souverain ; c'est devant le mihrab qu'il faisait la prière; ou bien, du haut de la chaire, il prêchait ou proclamait quelques édits.
A dr. du menbèr^ une porte fermée par un simple loquet conduit à la tombe du fondateur de la mosquée, vaste salle carrée nue et décrépite, surmontée du grand dôme qui domine la place de Roumallah ; le dôme mesure 21 met. de largeur dans œuvre et 28 met. de hauteur sous clef.
Des fenêtres à jour, une grande rosace, finement découpée, régnent au-dessus du mihrab ; un grand encorbellement en stalactite occupe toute la base de la coupole. Mais les lambris en bois qui forment les faux pendentifs, rongés par le temps, troués par les vers, tombent par lambeaux; les fenêtres n'ont plus de grillages. Le tombeau où repose le corps du sultan Hassan porte la date de 764 de l'hégire (1:^63 ap. J. C).
Il est de forme oblongue^ très-simple, tourné vers la Mecque , et défendu par une balustrade «n fer. Sur la tombe môme, placée au centre de la salle, est placé, un exemplaire du Coran, écrit en gros et beaux caractères de la main même d'Hassan. Un mihrab (6) richement orné occupe le fond de la salle.
Revenant dans la cour centrale, on remarquera au milieu, la fontaine des ablutions, surmontée d'une large coupole sphériqùe de 8 met. de diamètre, représentant le monde, et couronnée d'un grand croissant. Autour de la sphère peinte en bleu, régnait une large zone portant une inscription arabe en lettres d'or, aujourd'hui effacée. Le tout repose sur une base octogone soutenue ptr des colonnettes. Cette fontaine est dans un état de dégradation complet et tombe en ruine. Rien de plus saisissant, rien de plus majestueux que l'aspect de cette cour aux murailles élevées, d'une ornementation si sobre, avec ces grandes haies ogivales dans lesquelles la lumière solaire produit de grandes ombres portées dont l'effet semble doubler les dimensions de l'édifice.
La construction de la mosquée est en pierres régulières, alternativement blanches et peintes en rouge.
Les pierres qui servirent à édifier ce grand édifice furent Urées des pyramides ; mais le marbre a été prodigué dans les ornements intérieurs, et le carreau est formé de belles mosaïques. Le système général des voiites est l'arc à angle aigu, à deux courbures. L'encadrement des fenêtres est généralement rectangulaire, quelle que soit d'ailleurs la découpure que figurent leurs divisions.
Malheureusement, la négligence dont nous avons parlé à propos de la mosquée de Touloun produit ici les mêmes effets ; les mosaïques et les caractères s'écaillent, de profon* des crevasses s'ouvrent dans les mur^, la mosquée est en train de devenir
:it(JUTE 12] MQSQUÉE DU SULTAN HASSAN.
• (U àu'ilu) Huma.
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vaux d'une utilité plus que douteuse, et d'une valeur artistique absolument nulle. Déjà quelque chose a été fait, nous aimons à le reconnaître, lorsque la mosquée a été récemment isolée et débarrassée des masures qui l'entouraient ; mais il y a des réparations urgentes à faire à rédifice lui-mômë, et nous osons espérer que le prince éclairé qui règne sur rpjgypte tiendra à signaler son gouvernement par cette œuvre de réparation. En émettant ce vœu, une autre crainte nous saisit : Dieu garde ce noble édifice d*ane restauration maladroite, pire encore que la ruine ; car tel qu'il est, avec ses murailles massives, sa cour inondée de lumière et ses larges baies ombragées par les grands arcs des voûtes, il produit encore une impression ineffaçable.
Les dépendances de la mosquée, groupées autour des grandes divisions que nous venons de décrire, et que l'on reconnaîtra facilement à Taide du plan ci-contre, comprennent différents passages (4, 4), conduisant aux (11, 11) logements des cbeîkbs qui desservent la mosquée.
Ces logements s'ouvrent eux-mêmes par des portes (10, 10) sur la grande cour centrale, et sur une dizaine de petites cours intérieures (12, 12), qui donnent également accès à des magasins (15, 15) où l'on garde le matériel du culte (lampes, huile, meubles, etc.). Quelques-unes donnent sur ces cabinets d'hygiène intime (16, 16), que la prévoyance arabe a placés dans toutes les mosquées. Au fond de la baie de l'E. (5) est un petit escalier montant sur les terrasses, par lequel on se rend aux minarets.
Dans le voisinage de la mosquée d'Hassan, nous pouvons citer, outre la mosquée Hahmoudyèh, déjà mentionnée sur la place Roumaîlah, deux autres mosquées situées au N.
Ë.y celle de Hardawi, dont le minaret est un modèle de grâce et de légèreté, et celle d'Émir-Âkhour (du
grand écuyer), qui date des sultan mamelouks, du xrv au xvi* s. Sa cou pôle est tout ce qu'on peut voir di plus coquet. Ces édifices ont été r cemment dégagés de masures sor dides qui les entouraient.
On peut citer encore dans la ru< Khourbaryèh, la mosquée d'Ibral him-Aga (bâtie en 1370), remarqua!
ble par les arabesques de sa coupolj et la légèreté de son minaret. '
La Gam'a el-Azhar est dans li partie orientale de la ville, non loi^ de la porte Ghoraïb, à 20 min. d l'Ezbékyèh. Son nom, qui signifie l mosquée splendide, indique assez l haut rang qu'on lui assigne, et aT»
raison, parmi les mosquées de la d pitale. Elle fut fondée originaire* ment en môme temps que le Cairj par Gewhèr-el-Kaïd, le général d'EJ Moêzz, sultan fatimite de Kairouài en l'année 359 de l'ère musulman 970 de J. C), et terminée en 3ô comme l'indique une inscriptioQ mais l'édifice, dans son état actue a été reconstruit postérieurement, ( fort agrandi. Des inscriptions arabi font connaître les noms des sulta qui y ont fait travailler à divers époques. Ce sont : le sultan Bib Kaît-Bey et le sultan £l-Ghouri.
Azbar eut dès l'origine le doubll caractère, qu'il a toujours gardé dti puis, de maison pour la prière fi de lieu pour l'enseignement. Le cul lége d'El-Azhar fut établi par le khi life Azîz-Billahi en l'an 368 de Thé gire. Il acquit de bonne heure un grande célébrité par le concours dfl savants docteurs qui y enseignaief la théologie et le droit musulmac Les étudiants y affluent de toutes le contrées du monde musulman; E!
Azbar est regardé comme l'universit non-seulement de l'Egypte, mais cd core de tout l'Orient.
Le plan primitif de la mosque d'El-Azhar est celui de toutes Ifi mosquées de la première époque une vaste cour entourée de portiques mais des constructions successive
MOSQUÉE ËL-ÀZHAB.
ont compliqué cette distribution; et de plus la mosquée est entourée de toutes parts d'habitations qui empêchent de se faire une idée nette de rédiôce, que l'on devra étudier sur le plan ci-contre.
Les seules parties que l'on voit du dehors sont ses minarets (11, 11), élevés sur un massif de bâtiments à dr. de la porte principale, et cette porte elle-même à laquelle on accède par une rue étroite et tortueuse, qui
Mostiuée El-Azhar.
ne permet pas de l'apercevoir à la «iisiance convenable pour juger de ses belles proportions. Le minaret rt'ahord carré, puis octogonal, se divise ati^essus de la deuxième ter- ^*s« en deux tours accouplées, d'a-
bord carrées, puis arrondies. La flotte principale (1), de même qu'une autre porte située à TE. de la mosquée, est un ouvrage postérieur à la construction de l'édifice. Elle a été encore restaurée dans ces derniers
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temps et couverte de peintures et de dorures éclatantes. Elle est formée de deux arcades soutenues par plusieurs petites colonnes dans le style de nos églises du xv* s. Audessus des arceaux règne une frise, portant une inscription en lettres arabes entreméilées de fleurs et de compartiments, et terminée par une espèce de corniche. Le tout est surmonté d'un étage en forme de belvédère à jour, supporté par de fines colonnettes. Lorsqu'on a franchi cette porte, on se trouve dans un large vestibule (2), sur lequel s'ouvrent à dr. et à g. deux petites mosquées ou plutôt deux médresséh , surajoutés à la mosquée principale. Celle de dr. porte le nom de Gam*a Cheikh Taibarti (4), celle de g., qui est plus vaste, so nomme Gam'a Aqbogawyèh (3). Laissant de côté ces deux sanctuaires, on pénètre dans la grande cour. La deuxième grande porte {Bâb-Saadèh) (9) s'ouvre directement dans le sanctuaire et sans bâtiments intermédiaires, sauf une salle à g. nû se trouve le tombeau d'un saint personnage, Abd>cr-Rahman Kiaya (10).
D'autres portes plus petites ne méritent pas de mention.
La grande cour , avec plusieurs citernes pour ablutions (5 , 5) , est formée par les conslrucuons primitives , distribuées sur le même plan que les mosquées d'Amrou et de Touloun; avec cette différence que les colonnades qui l'entourent supportent des murs en briques d'une grande élévation et d'un poids énorme; ces murs sont recouverts d'un fort enduit, et les ornements sont en stuc. La construction des parties élevées aux époques postérieures est au contraire en pierres de taille disposées par assises régulières et d'un bel appareil. Les fenêtres sont à aie aigu à deux courbures, tandis que la porte d'entrée a des arcades en plein cintre; on voit par là que les Arabes employaient indifTéremmeut l'ogive ou
le plein cintre. (Pascal Coste,nrdiï(.
arabe j etc.)
Le portique de TE., qui est le côté de la prière ou le sanctuaire, est formé de 9 travées où plus de 1200 lampes sont suspendues. 380 colonnes en marbre, en porphyre et en granit, avec des chapiteaux et des bases enlevés aux anciens édifices romains, sont entrées dans la construction de ce grand édifice.
Les portiques de droite et de gauche ont été convertis en salles par des grilles et des cloisons en bois, pour la distribution des étudiants. Chacune de ces salles contient des armoires où sont renfermés les manuscrits, et chaque salle a un ou plusieurs cheikhs pour la direction des élèves. La mosquée sert aussi d'asiie aux musulmans pauvres ou étrangen, qui y passent tranquillement l:i nuit sur des nattes étendues sous les galeries ou dans la cour. Le pourtour est distribué en quartiers {rouâg] destinés aux étudiants qui arrivent des diverses contrées de l'islaui ; chaque nation a son quartier, et chaque quartier son nazir ou inspecteur, au-dessus duquel est iadministrateur général. Tous les deux jours^oo fait pour les étudiants pauvres une distribution de pain, outre une certaine quantité d*huile pour l'éclairage; et, de plus, ils reçoivent chaque tnoi.s une petite somme'd'argent pour leurs autres besoins. Aussi les dépenses annuelles de la mosquée se montentelles à plus de 600000 piastres. Le gouvernement alloue une partie de la somme ; le reste est fourni par le revenu des immeubles légués à la mosquée par de dévots musulmans.
Toutes les mosquées possèdent plus ou moins de ces legs pieux {vodkf) .
Un fonds spécial est affecté à l'entretien de 300 aveugles loges dans uu bâtiment spécial appelé Zawyet el^ OmidUf la chapelle des aveugles, situé à Tangle oriental de la mosquée.
La plupart d'entre eux suivent les cours. Ils se. sont fait remarquer de