‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 159 sur 408 · ROUTE 12] MOSQUÉE DE EL-HAKEM · texte numérisé non relu

ROUTE 12] MOSQUÉE DE EL-HAKEM

tout temps par leur animosité fanatique cûotre les infidèles , et un étranger qui s'engagerait inconsidérément au milieu d^eux pourrait onirir un danger sérieux. Mais, accompagné de l'un des chekhîs de la mosquée, on peut, sans aucune cnmte, pénétrer dans leur salle.

Dans cette mosquée, le voyageur Kn moins frappé par la construction aéme que par le spectacle intéresant qui s'offrira à lui; un grand nombre d'étudiants, rangés par groupes entre les colonnes et assis ^r dei nattes, récitent ou apprennent leur leçon en la répétant à haute Tuii, avec ce balancement de tête si onàctéristique chez les Arabes.

U mosquée d'El-Azhar compte plus <le 9000 élèves et plus de 300 profes- «urs; quatre rites sont suivis en Egypte et ont des représentants dans U mosquée; ce sont : le ehaféitey le ^Ikiu, VhanafiU et Vhanbaliie; les, ^U étudiants qui recevaient l'initniction dans la mosquée, en 1872, ^ décomiH)saient ainsi : 4570 chafêiies, 3710 malkites, 1133 bana&tes (t 30 hanbalites.

Us étudiants sont rangés par salles (rondj) et par corridors [harah) ; il y ^ ptr exemple, la salle des Turcs, ^9 élèves; celle des Mograbins, 35; ««lie des Syriens, 231; celle des =^idiens (haute Egypte), 1061: celle <!«> aveugles, 248; celle des Chara- 'î«»ois(deia Charitièh et autres provinces du Delta), 306; celle des Ibnïohammcd, 988, etc.; les corridors ^«s Beguermis (au centre du Delta),

<lu cheikh Afifi, d'Esnèh et de Gizèh,

•"le.

Deux autres mosquées avoisinent '--Azhar au N.; la plus septenlrio- ^le est celle de Hassanein (1206 f l'Wgire, 1792 de J. C), dédiée •Hisian et Hossaïn, les deux fils ^^ll, le gendre du prophète. La J^^^oée conserve leurs reliques, qui ^ ont valu une grande réputation •* s^nieté et la rend peu accessible *w chrétien». Le matoied ou jour de

oaic2«T n.

la naissance des Hâssaneîn est une des principales fêtes du Caire ; et dans le quartier de la mosquée en particulier, sa célébration ne dure pa^ moins de huit jours, accompagnée de toutes sortes de réjouissances populaires.

Celte mosquée vient d'être remise à neuf.

La mosquée de Charawi {Gam'a el-Charawi), dédiée à l'un des principaux saints du Caire , est aussi un des sanctuaires les plus révérés du Caire. Elle n'est pas aussi intéressante au point de vue architectural.

Mosquée du sulUn El-Hakem, située à l'extrémité N.. près de Bab en-Nasr : c'est la plus ancienne mosquée du Caire (la mosquée de Tou« loun, ainsi qu'on l'a vu, n'y ayant été comprise que longtemps après la fondation de la' ville). Elle fut construite, comme on le sait par une inscription coufique qui était gravée au>dessus de la porte 0. ,en l'an 393 de l'hégire (1003 de J. C), c'est-i-dire 30 ans après la fondation du Caire par le sultan El-Hakem, le troisième prince de la dynastie fatimite, le même qui établit la religion des Druses. Hakem (996-1021) s'est rendu tristement célèbre par son caractère fantasque et ses cruautés ; il se prétendait investi d'une mission divine; tantôt il affectait une extrême simplicité, t^^ntot il s'entourait d'une pompe extraordinaire; aidé par Hamzèh et par Derazi, il fit beaucoup de prosélytes qui le regardèrent comme une incarnation de la divinité ; il fut un (les princes qui contribuèrent le plus à embellir la ville; outre la mosquée qui porte son nom, on lui doit les mosquées de Rachidèh et celle de Mask ; son palais était orné avec une grande magnificence et avec beaucoup de goiîl. La pierre qui portait l'inscription coufique, au-dessus de la porte 0. de la musquée, est tombée ; les fragments en sont aujourd'hui au ministère des affaires étrangère*.

L'inscription était ainsi conçue: •£!-

EGYPTE. — LE CAIRE

Hakem bi-Amr-IUah, Prince des fidèles, Jes bénédictions de Dieu sont sur lui et sur ses ancêtres, le pur.

Dans le mois de RQgeb« Tannée

La mosquée est maintenant complètement en ruine et abandonnée.

Ses minarets, dont la base carrée et massive imite assez bien les pylônes égyptiens, ont été fortifiés autrefois par les Français. La cour intérieure offre un aspect de désola-, tion; les portiques qui Tentouraient ont perdu leur couverture, mais les arcades restent en partie avec leurs jolies ogives en fer à cheval et leurs piliers ornés de colonnettes, comme à la mosquée de Touloun. Son plan était, comme on le voit facilement, celui des mosquées primitives, comme la mosquée d*Amrou et celle de Touloun.

La mosquée el-M ouayyad, appelée aussi Gama el-Atimar (la mosquée rouge), située au centre même de la ville orientale , à côté de Bàb - Zoueîlèh, est d'une époque relativement moderne; elle fut construite sous le règne du sultan mamelouk El- Mouayyad Aboun Nasr el-Mahmoudi, de la famille des DaheriteSy qui régna de 8IS à 825 de l'hégire (1415- 1471). Elle fut commencée en 818 deThégire (1415), sur l'emplacement occupé par un bâtiment nommé Khazanet Chamatl où l'on renfermait les criminels. La raison de ce choix était celle-ci : l'émir lfenfn(/t ayant vaincu les mamelouks, enferma ElMélck-el- Mouayyad dans Kkaxanet Cliamoil.

Oiui-ci fi tvfiiu de construire une mos- (|uée sur le lieu même de ses souffrances, si Dieu le délivrait, et il tint parole.

La mosquée possède trois minarets :

deux situés à l'angle S. E. s'élèvent au-dessus de la porte du bazar eU Soukkaryèh et ont pour soubassement deux grandes tours dont les faces sont circulaires et en saillie à la porte. La première marche de ces minarets commence au niveau de la

terrasse, d'où le muezzin monte aux galeries pour appeler les fidèles à la prière; ces minarets sont à trot?

rangs de galeries ; le troisième minaret est à l'angle N. 0. de la mosquée.

Trois portes donnent accès dans la mosquée : la porte principale, aa N.

E., s'ouvre dans le bazar el-Soukliaryèh j elle est précédée d'un perron auquel on monte par un double escalier de douze marches ; l'aspect en est simple, mais grandiose ; la porte est pratiquée au fond d'une large et haute baie, terminée en forme de trèfle et dont la voûte est en encorbellement; la porte elle-même supporte le mur qui forme le fond de la grande baie ; mais on a simulé dans c« mur, pour le rendre plus léger, une porte surmontée d'un dais en stalactite, et dont les côtés sont soutenue par de petites colonnes ; une fenêtre est pratiquée dans cette niche ; les deux autres portes sont à l'angle N- 0., près du petit minaret^ et à l'angle S. 0.; un passage pratiqué à l'angle N. 0. de la cour de la mosquée communique avec des hains publia dont la disposition est .ingénieuse; une école est établie à l'angle N. o.; enfin, au pourtour sont adossées des boutiques; le produit de leur loyer est affecté à l'entretien de la mosquée.

Le plan intérieur est d'une e.Uri'me régularité et se comprend sans difficulté. 11 présente une grande cour carrée entourée de portiques à colonnes surmontées d'arcades à o^Jves très-légèrement étranglées à la base. Trois de ces portiques sont à double rang ; le quatrième en a trois, servant de nefs et formant le sanctuaire ou la mosquée proprement dite, ii dr. et à g. de laquelle sont des tombeaux. A g., est le tpmbeau du sultan El-Mouayyad, recouvert d'une coupole; à dr., les tombeaux de la famille du sultan, ^ous retrouverons cette disposition des deux tombeaux à la mosquée de Barqouq (§ V). Le mirhab est enrichi de dessins varice ; l'arcade qui entoure la voûie de h

[ROUTR 12]

MOSQUÉE DE. QALAOON.

niche vient s*appuyer sur deux colonnes de marbre, à chapiteaux en stalactites ; toute la partie du mur audessus du mhirab est élégamment ornée ; le meobèr, qui s'élève à côté du mirhab/offre le même caractère de finesse et d'élégance que le reste du sanctuaire; le dais carré, élevé en encorbellement sur deux arcades latérales, est surmonté d'un dôme, étranglé i Ja base ; la porte du menbèr, teriQioée par une galerie en forme de /leuroDS, ainsi que les panneaux des deux rampes, sont dignes d'attention; en pavé en mosaïque décore toute cette partie du sanctuaire; les platonds présentent des compartiments OQ caissons peints et relevés de dorures; la décoration de cette mos- 'loée est d'une grande richesse. Les ^ pupitres et les tribunes sont sur le } (icTant du sanctuaire, près du second j '^ng de colonnes; dans la première t s^ef, un lustre en bronze est suspendu • iQ plafond.

{ Le bassin pour les ablutions est au centre de la cour ; il est surmonté d'ua dôme soutenu par huit colonnettes à claire-voie. Un groupe de palmiers et d'acacias Lebbek om- Iragent ce bassin.

On remarque dans cet édifice des matériaux qui ont appartenu à d'anciens monuments, comme les colon- ^les chapiteaux corinthiens; et cependant, dit M. Pascal Coste, on croit apercevoir que les architectes arabes ^'Oimençaient à employer ces détails ^tiques avec plus de goût; la plu- ^rt des chapiteaux et des sty lobâtes >^t assez bien en proportion avec Urcade.

La mosqaée du sultan Qalaoûn ^ près du bazar de Khàn-Khalii, %tre le quartier Franc et la mos- Çâée d'Ei'Azhar. Elle est surtout cG&aae comme étant attachée au Ifo- '^R, hôpital et maison pour les ^tnés, fondée par le sultan mame- ^ Qalaoûn, en Tan de l'hégire 684 (I3ë1 de notre ère), et qui a subsisté jusqu'à ces derniers temps dans cet

emplacement. Le sultan Melek-el- Mansour- Qalaoûn se trouvant en Syrie, malade, et ayant été guéri à la suite des soins reçus dans le moristan de Damas, fit vœu d'en construire un pareil en Egypte. 11 existait déjà dans le Vieux- Caire un moristàn construit par Ahmed-ben- Touloûn lui-même, ainsi que deux autres petits hôpitaux; Qalaoûn fit construire le sien sur une grande échelle, et cet hôpital fut distingué des autres sous le nom de grand hôpital.

Selon une tradition arabe, l'ancien moristàn aurait eu l'origine suivante : Une femme de distinction, devenue odieuse à son mari, avait été traitée comme folle et remise à la garde de mercenaires; elle s'échappa du lieu où elle était enfermée, au moment où le sultan passait par là et se jeta à ses pieds, implorant sa protection. L'injustice de cette détention détermina le sultan à créer un asile convenable pour les aliénés. (Murray.

Handbook..., p. 137.)

La mosquée présente extérieurement un bel aspect avec ses hautes murailles de pierres, disposées par assises alternativement rouges et blanches. Le minaret situé à l'angle N. £. de rédifice est imposant, bien qu'un peu massif. Il est formé à sa base de truis parties carrées, d'un diamètre inégal, d'une terrasse octogonale, puis d'un tambour cylindrique sculpté en fines arabesques que surmonte une seconde terrasse de forme circulaire. Un gros ovoïde, surmonté du croissant obligé, termine la construction.

ce Le plan de l'édifice, dit M. Pascal Coste, n'offre pas, il est vrai, uno disposition régulière; mais tout cet ensemble présente une suite de mutifs et de dispositions où le jugement, l'art et le goût ont la plus grande part. »

Le plan ci-dessous (F. p. 325) permettra de se rendre compte de la distribution assez compliquée des différentes parties de l'édifice.

EGYPTE. — LE CAIRE

[ROUTE Hl

Une grande porte (1) sert à la fois d'entrée à Thôpital, à la mosquée et au tombeau qui s'ouvrent tous trois sur une même g^^erie (2, 2).

La mosquée se trouve à g. de cette galerie; elle présente une cour (4) avec la fontaine des ablutions; sur la cour s'ouvre à TE. le sanctuoire orné d^arcades de forme allongée: on y voit un mihrab (5) orné de mosaïques, de nacre de perle et de colonnettes, un menbèr (6) et un mastaba (7) soutenu par 6 colonne ttes.

Le tombeau de Qalaoûn est en face de la mosquée, à dr. .de la galerie d'entrée; on y pénètre par deux entrées (8, 8). La salle 9 est une cour entourée de portiques formant vesti> bule; au centre est un beau fauteuil en bois pour le cheîkh.

La taile du tombeau est beaucoup plus vaste. « La décoration, dit M. Pascal Cosle, est d'une grande magnificence, mais d*un goût moins pur que les autres parties de Tédifice. Les longues arcades qui reposent sur do gros piliers, les croisées avec de petites colonnes, enfin tout l'ensemble de cette construction, dépouillée de ses ornements, ressemblerait beaucoup à la construction intérieure de nos édifices appelés gothiques. *» Les arcades et croisées présentent des détails intéressants, notamment des chapiteaux à feuilles refendues, qui sont évidemment une imitation des chapiteaux corinthiens des édifices romains. Le tombeau occupe le centre d'un octogone soutenu par quatre piliers et quatre colonnes.

Des grilles en bois sculpté d'un travail très-délicat (10, 10) séparent de la salle le catafalque (11), très-simple, auprès duquel se dresse une grande urne élevée sur un cippe en forme de pyramide renversée et tronquée.

On conserve dans la salle du tom.

beau un caftan en soie et la ceinture en cuir que le sultan Qalaoûn portait, et on leur attribue des vertus talismaniques.

UMpUal on Moristan est situé

derrière les édifices précédents, au fond de la galerie d'entrée (2, 2, ))• 11 n'a qu'un rez-de-chaussée et peut contenir 120 malades. A cet établissement sont attachés un chirurgien oculiste, un chirurgien pour les pansements et un médecin directeur. La principale salle à laquelle on parvient après deux inflexions à angle droit de la galerie (2, 2, 2) est vaste et bien aérée par une cour centrale entourée d'un^ galerie à colonnct avec des plates-bandes et des plafonds en bois.

Au centre de la cour est un petit oratoire (12). A dr., s'ouvre une galerie longitudinale (19) où se tiennent les gardiens et les infirmiers. Une salle pour les hommes alités (|3) y est attenante. On remarquera la simplicité des lits, rangés le long des murailles, sans rideaux ; des lampes, des co^ beilles sont suspendues près des malades. Au milieu de la salle coule un ruisseau d'eau vive (14) pour entretenir la propreté et la salubrité. Da côté opposé de la salle centrale, ainsi que Tindique le plan, se tivuvent d'autres salles (13 13) pour Us hommes, sur le même modèle qu^ celle que nous venons de décrire. U salle des femmes( 15), auxquelles un moindre espace est consacré, se trou* ve derrière les salles d'hommes, ver»

le S. A l'angle S. 0. est la cuisioe (16) et ses dépendances. A l'E. et à l'O. de la cour s'étendent les salles des convalescents (17, 17), qui, i TE-, se relient à une salle (18) s'ouvrant sur la mosquée. La salle des convalescentes ('20) est derrière U salle des femmes. Toutes ces salles sont munies de nombreux bai^sins d'eaux vives (14, 14). Plusieurs salles à part contiennent des magasins ('il, 21), des latrines bien aérées (32,:^}).

Mentionnons encore la salle des morts (23) où sont gardés provisoirement les cadavres, et la petite salle (24) où ils sont lavés. — Enfin la partie destinée aux aliénés constituait uà département à part, dont l'antrée

[ftoDTE 13] MOSQUÉE DE QALAOUN. — MORISTAN. 3i&

(Ti, 11) était l dr. da Ift gtlaria d'aauée, i ÏO. du tombeau du roudaleur.

EU« cooiiiUit an deux vutea ullei (lS€tlSja^louréeidfl ccllulea, l'une pour lei bomues, l'iutra pour les

femniei. On ujt que le) aliénés uni maintenant un hûpitat ipécial à Boulaq. Toute cette disposition, qui remonte 1 plus de bOO an», était fort bien eatsadue, et aunit pu aervir

Mosc{ué« de Q«laDun el MorUlni

'!< (nodïle i plus d'uu tUlpilal modcru.

Le (ombeait <1« Ntuter-Mohammed, Alt du précédent, mort an 1194, fait l^rUc du Diéaie groupe rie monu-

ments auxquels il est conligu du cdté (lu N. Il fut élevé sous le règne de Itélek el-Hansour-ed-DIn, ainsi que le porte l'inscription. Il se Tait remarquer par un élégant portail, plus scm-

EGYPTE. — LE CAIRE

blable au gothique européen qu'au style sarrasin, et par les ciselures de son minaret, qui rappellent les ornements do rAlhambra.'Le minaret s'élève à l'angle N. de la façade; il a trois rangs de galeries. L'ensemble de ce minaret présente par l'harmonie de ses lignes un caractère ferme.

La mosquée d'El-Ghouri fut construite par le sultan el-Âchraf Kansouh el-Ghouri (150M517 de J. C), qui fut défait et tué pri^s d'Alcp, dans une bataille contre Sélim I", le terrible sultan des Ottomans. La mosquée est le dernier édifice dû à la dynastie des sultans mamelouks. Elle est située à l'extrémité du bazar du même nom, et forme, avec le tombeaUf qui est construit de l'autre côté de la rue, un groupe pittoresque, toujours animé par la population affairée qui se presse dans ce quartier.

La mosquée et le tombeau, bien dégagés sur un large espace, font un grand effet avec leurs puissantes murailles. La grande porte du tombeau est d'une grande beauté. L'intérieur de la mosquée est remarquable par la beauté des marbres qui la décorent. Le minaret d'El-Ghouri, à partir de son quatrième étage, se divise en deux petites tours parallèles, d'abord carrées, puis ovoïdes.

El-Ghouri possède encore deux autres tombeaux à son nom, l'un à Kaïl-Bey, l'autre sur la route d'Héliopolis. 11 ne fut enterré dans aucun de ces trois monuments.

Citons encore, pour terminer ce paragraphe, la mosquée de Seîdéh- Zeineb, petite-fille du prophète, située à l'extrémité S. 0. de la ville, près du Khalîg. C'est un édifice beaucoup plus moderne, car il ne date que de la fin du siècle dernier (1764 de J. C). On remarquera surtout la tour de l'Horloge et la nouvelle muraille de la face 0., très-richement ornée et récemment restaurée. Le tombeau de la sainte est une salle surmontée d'un dôme. Le catafalque est recou-

vert de soie, entouré d'une grille de bronze et d'un banc de bois. Les femmes seules sont admises à franchir la grille. U fête de Seïdch a lieu au mois de Reyeb et dure près d'une semaine.

En résumé, on voit que les mosquées du Caire présentent dans leur plan et leur décoration une grande variété qui tient non-seulement à U diflérence des époques où elles furent élevées, mais aussi à la nécessité de l'orientation du mirhab vers la Mekke, qui a plus d'une fois obligé l'architecte à renverser le plan de l'édifice, lorsque l'emplacement était limité par les constructions voisines. Plusieurs de ces édifices, et notamment la mosquée de Qalaoùn sont remarquables aussi par l'art avec lequel les constructions ont été distribuées autour des parties constituantes de la mosquée. Les nécropoles des sultans mamelouks à Kaît- Bey et à rimam-Chafey (K. §V nous permettront de compléter cette étude de l'art religieux des Arabe>.

Constatons dès à présent que celte variété de plans et de styles constituent en faveur des monuments du Caire une grande supériorité su" ceux de Constantinople, qui ont toujours été à peu près construits sur un modèle uniforme, l'ancienne cgi' se byzantine, laquelle a besoin d'un édifice à grandes di mensions pour pn»duirc son effet, tandis que les monuments arabes les plus petits soui des chefà-d'œuvre de grâce et d'ciigance.

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