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IV. PLACES PUBLIQUES, FÉTE8, ETC

Parmi les places publiques du Caire, la plus digne d'attention c'est rEsbékyéh (du turc Exbek^ nom d'une dignité chez les Tartares).

C'est par i'Ezbékyèh que l'on entre dkns le Caire, en venant d'Alexandrie ou de Boulaq. C'était autrefois une plaine basse que l'eau du Nil couvrait au temps de l'inondation, et qui était néanmoins, comme aujourd'hui, entourée d'habitations.

Mohammed-Ali, en relevant le niveau du soi par des terres rapportées, et en l'entourant d'un canal extérieur oii les eaux se renferment, avait fait de cette place une charmante promenade, odt se dressaient, à l'ombre de magnifiques sycomores, une foule de cafés en plein vent.

En 1867,1e khédive actuel le transforma entièrement et le mit en l'état où il est aujourd'hui. M. Barillet Deschamps, élève de Cave, l'ingénieur du bois de Boulogne, et M. DelchevaJerie, élève de M. Alphand, ont été appelés et ont mené rondement les travaux. Les arbres ont été coupés et le terrain mis au niveau des rues voisines. Le jardin, de forme rectangulaire à angles coupés, occupe une surface d'environ huit hectares^ il se compose de vastes pelouses, bien entretenues et bien arrosées, traversées par de nombreuses allées et plantées de jeunes arbres de toute sorte; le gazon vert et tenace est une espèce de plante grasse particulière à l'Egypte, le Zopania nodiflaray verbénacée trouvée à Alexandrie par M. Delchevalerie , et qui, transportée au Caire en 1808.

ÉGYPTB. — LE CAIRE.

est devenue Torigine des gaxofis de tous les jardins de la capitale. Une rivière artificielle, d'une profondeur moyenne de 2 met., dont les eaux forment un lac, y entretient la fraîcheur. De nombreux jardiniers sont occupés à arroser les allées et les massifs avec de longs tuyaux à roulettes, exactement comme dans un de nos parcs d*£urope. L'eau qui alimente la rivière sort en cascade d'une grotte artificielle, qui contribue beaucoup à l'ornement et à l'agrément du jardin. Elle est surmontée d'une plate-forme où l'on arrive soit par une allée ombreuse et sablée, soit par divers sentiers formés de gradins taillés dans le roc. Au-dessus de la plate-forme est un belvédère, d'où la vue embrasse non-seulement le jardin, mais une partie de la ville ; la plate-forme et le belvédère sont faits en troncs de palmiers. On trouve installés dans ce jardin de nombreux établissements où le voyageur peut s'asseoir ou se rafraîchir. Ce sont, en entrant par la porte de l'Ouest, du côté du New-Hôtel, et prenant à g. : un débit de liqueurs, une brasserie, un pavillon de photographie, un café-restaurant avec kiosques pour repas particuliers, un théâtre-concert avec pavillon d'orchestre, genre chinois, des cafés lyriques arabes où des musiciens d'une gravité désespérante chantent toujours le même air en s'accompagnant du tambour de basque, des pavillons où Ton vend du tabac et autres articles divers (confiserie, jouets d'enfants, etc.). Vers la partie 0. du jardin, se trouve un kiosque élégant où la musique militaire arabe vient jouer chaque jour, de quatre heures à neuf heures du soir, des airs empruntés pour la plupart au répertoire européen. L'Ezbékyèh est entouré de hautes grilles, comme le jardin des Tuileries; il est éclairé luxueusement au gaz; 2500 lumières de gaz font une ceinture de feu à la pièce d'eau; on paye, pour entrer, une demi-piastre,

rétribution suffisante pour exclure les mendiants et la classe infime de la population ; ce jardin est surtout fréquenté par les Européens, qui y viennent le soir chercher un peu de fraîcheur ; le gouvernement n*a rien épargné pour en faire un lieu de rendez-vous, de délassement et dédis* traction qui rivalisât avec les grands jardins de nos capitales.

Tout cela est fort joli sans^'doute, et, puisque le but de cette transformation a été évidemment, de copier un des carrés des Champs-Elysées, ou un Tivoli quelconque, il faut convenir qu'il a été parfaitement atteint. Seulement, est-ce bien cela que les Européens viendront chercher si loin de leur pays? Est^e pour revoir éternellement le type banal de ces squares qui n'ont été que trop copiés, que l'on a parcouru un millier de lieues?

Autrefois l'Ezbékyèh, auquel on ne pouvait reprocher que d'être un peu en contre-bas des rues voisines, con* servaitavecsa végétation orientale un certain désordre aimable qui était dans les mœurs du pays. Les maisons à l'italienne qu'on avait élevées sur une partie de son périmètre suflisaient pour lui donner un air européen, sansquecette addition fit avec le style arabe de la ville le contraste choquant que font aujourd'hui les bâtisses prétentieuses dont on vient de l'entourer. Son étendue était de plus d'un tiers en sus, et sa forme irrégulièrement trapézoïde avait du charme. En coupant tout â angle droit, en aliénuit une partie des terrains pour les couvrir de constructions, on a fait une opération analogue à la mutilation de notre Luxembourg, et l'on a détruit du même coup l'aspect oriental de la moitié de la ville : autrefois on aimait à errer le soir dans les massifs de l'Ezbékyèh : les petites industries arabes que l'on en a rigoureusement expulsées avaient elles -même leur attrait : on se sentait en Orient, loin de la civilisation fatigante et uni for-

[Route 12]

l'ezbëkyëu.

me, et rimagination pouvait y faire des rères poétiques. Que faire aujourd'hui dans ces allées sablées et tirées au cordeau, et au miUeu de cet étalige de plaisirs bruyants? Encore deux ou trois progrès de cette lorte, et c'en sera fait du Caire, la ville n^agique que nou9 avons connue il y a qulnxe ou vingt ans, sujet ioépuisable d'études pour les artistes, ies archéologues, les ethnologistes, et spectacle incessamment varié pour le Trai touriste, celai qui se déplace dans le but de voir autre chose que ce qu'il a dans son pays 1

A 1*0. de la place, à l'angle de l'a- Tenoe de Boulaq, on montre la maison où Napoléon Bonaparte avait établi son état-major général pendant son séjour au Caire, et, un peu plus haut, du même côté, le }Kilats du Defterdar-Bey, où Kléber tomba sous le couteau d'un fanatique. C'est sur cette face que se trouvent le New- Hétel et le Shepheards-H6lel. Ce dernier, avec ses bàiiments sans prétention, sa terrasse extérieure, où Ms hôtes peuvent prendre le frais, et sa vaste cour intérieure qui porte l*>ir et la fraicbeur dans tous les appartements, est un excellent type de rhôtel en Orient. Le New-Hôtel, extérienremest au moins, est un monstre architectural. Ses masses lourdes et bizarrement agencées sont le triomphe du mauvais goût. — Le côté ^^> de TEzbékyèh est occupé par des "magasins et des maisons de construction nouvelle. Sur la face E. se trouvent : la Bourse j le ministère des affaires étrangères, le ministère de Imiérieur, et un grand bâtiment où (ont installés la poste et le télégraphe ; ces bâtiments n'offrent aucun mérite ^hiteetural. C'est de ce côté que détend le Moiuki ou quartier Franc, ivec la grande rue qui le traverse, et V^i renferme un grand nombre d'cta- Missements européens, magasins, etc.

^ur la face S. de l'Ezbékyëb sont : le Ni^« d'Atalé el-Kadra, où sont installés plusieurs ministères et V Opéra,

à côté duquel est le Théàtre-Françaû, Il n'y a rien à dire sur l'architecture de ces théâtres, qui ont copié purement et simplement les modèles les plus connus de TEurope. Leur distribution intérieure est satisfaisante; ou remarquera surtout dans ces salles, la vaste loge grillée, qui reçoit le Harem du khédive. Le foyer de l'Opéra f st réellement beau. Ce théâtre, inauguré en 1869, reçoit tous les hivers une troupe italienne , composée des artistes les plus renommés que le khédive fait venir à grands frais. On sait que c'est sur cette scène que Àiday de Verdi, a été représentée pour la première fois. Le Théâtre-Français est d'un genre moins relevé. Il est triste de constater que le répertoire du Palait^Royal et les opérettes d'Offenbach y occupent presque autant déplace que des pièces ayant un mérite littéraire. A l'angle S. Ë. , à l'entrée du nouveau boulevard Mohammed-Ali qui mène à la citadelle, se dresse la statue équestre en bronze d'Ibrahim- Pacha, père du khédive Ismaîl. Cette statue, due à M. Cordier, a, comme celle de Méhémct-Ali à Alexandrie, figuré à l'exposition des beaux-arts, a Paris, en 1872.

La place de Roumailah (place du petit sable) a été décrite précédemment. Les monuments qui l'entourent, Vactivité qui y règne en font un des endroits les plus pittoresques de la ville. Les grands percements qu'on y a fait aboutir et les alignements nouveaux lui ont malheureusement enlevé en grande partie son caractère oriental.

La place Qarameldan (le champ noir), qui n'est séparée de la place Roumailah que par une muraille, est un parallélogramme qui mesure un peu plus de 600 mftt. de longueur sur 100 met. environ de largeur.

Il est dominé à l'E. par les murailles imposantes de la citadelle, le côté 0. est occupe par des casernes; à son extrémité S. s'ouvre la

EGYPTE. — LE CAIRE

[ROUTE lî]

porte Bab el-Karafèhy qui couduj t à la nécropole de Vlmam-Chafey .

Le Birket el-Fyl (rétaiig de Téléphant) n'est qu'un terrain marécageux entouré de tous côtés de maisons particulières et ne présente aucun intérêt.

Le carrefour en dehors de Bab Zoéil^ mérite au contraire une mention spéciale. Les grosses tours de la porte, dominées par les minarets élégants de la mosquée el- Mouay yad,la population active et affairée qui se presse dans les quatre rues attenantes, fournissent des motifs pleins dUnlérét pour un peintre. Ce carrefour est un des lieux d'exécution pour les criminels. C'est là qu'en 1517 l'infortuné Toman-Bey , dernier souverain de la dynastie des Borghi* tes, eut la télé tranchée par ordre du sultan ottoman Sélim, le cruel conquérant de J'Egypte.

Le transit, en dehors de l'ancienne porte Bab el-Hadid, était, avant le chemin de fer, le rendez- vous des chamelierâ, et le centre du mouvement commercial qui se faisait entre le port de Boulaq, Suez et l'Arabie.

Bab el-Hadîd n'existe plus, la rue Kantaret el-Diclc à laquelle elle a fait place, est tout européenne. La place de Fagallèh, qui a remplacé celle du transit, est encore un centre d'activité pour les voitures qui se rendent par le pont Lemoun (Kantarat el-Lemount le pont du Limon} au chemin de fer ou à la promenade de Choubrah , mais les chameliers et les dromadaires n'y sont plus.

La place en dehors de Bab en- Nasr est encore le point d'arrivée et de départ des caravanes d'Arabie. Lb.

porte elle-même est remarquable par sa belle construction.

Bal) dl-Nasr (porte de la victoire) est en effet la plus belle des anciennes portes de la ville. Elle remonte au khalife fat imite Mostanser Billah, et fut bâtie par le vizir Berd- Gemali au xi* siècle de J. C. Elle est flanquée de deux puissantes tours

carrées, dont on admire la belle cogstruction et les beaux blocs de piètre appareillés par assises réglées. • U monument, dit M. Pascal Coste, est d'un caractère fbrme, orné d'éca»sons et de boucliers, d'une cornicbe à médaillons et d'une inscription coufique sur toute la longueur de U frise, dont l'exécution est d'un ciseau pur et sévère. » L'arc en plein cintre de la porte est d'une pureté remarquable. En face de la porte est une jolie fontaine.

Bab-el-Foutouh (porte des conquêtes), bâtie par le même prince, située un peu à l'O. de la précédente, est flanquée de deux tours rondes.

« La disposition des masses, dit M. Pascal Coste, et le rapport des parties sont moins bien que celles de Bab el-Nasr ; cependant elle a du caractère dans son ensemble, et par la richesse de ses médaillons et par sa grande voussure avec caissons et rosaces, qui sont correctement sculptés. » Ces deux portes semblent avoir été construites pour flanquer la mosquée El-Hakem qui se trouve comprise entre elles. Les Français, lors de la grande expédition d'Egypte, les avaient fortifiées.

Fêtes publiques. Parmi les choses curieuses qu'un voyageur peut voir au Caire, il faut compter les fête»

publiques, et, au premier rang, ledfpart annuel de la caravane de la Mekke, qui a lieu le 25 du mois Cbawal (c'est le mois qui suit le jeûne de Hamadhan). Vouverturedu Khalig, ou canal du Caire, est une cérémonie â laquelle on attache une grande importance, et dont l'origine est aussi vieille que l'Egypte. Elle a lieu au vieux Caire vers le milieu d'août.

Une autre grande fête est celle de la naissance de Mahomet, Mawkd en Nebiy au commencement du mois Rebi el-Awèi, qui coïncide avec le retour des pèlerins de la Mekke.

C'est â cette époque qu'ont lieu les exercices des derviches et l'horrible cérémonie du Dosèh (piétinement,,

[ROUTE 12] NÉCROPOLES. — KAlT-BEY.

où rimam des derviches Saadyèh pisse à cheral sur une foule de fanatiques étendus sur le sol. (7., pour cesfétes^ p. 3l7etssq.)

y. TOMBEAUX, MÉCROPOLES.

Ily I plusieurs cimetières {touràb)

iixa rintérieur du Caire, deux no-

tUDoient au voisinage de TEzbélcyèh,

ren l'angle N. E.; mais les grands

dmetiëres sont en dehors de la ville,

lu i TE., le Tourab Kait-Bey (les

Arabes égyptiens prononcent plutôt

iait'Beg) « et deux au S., le Tonrab

it^idèh et le Tourab el-Karafèh,

plus connu sous le nom d7mam-6'ho*

/îty. Les cimetières européens sont

lu Tieux Caire, près du Khallg.

Tombeanz des KhalilM et des Mamelouks baharites. On désigne communément sous le nom de tombeaux des khalifes la nécropole de Kalt-Bey, mais cette dénomination wt erronée.

Les anciens souverains arabes qui lignèrent sur TÉgyple comme princes indépendant^, d:i ix*^au xii* siècle de notre ère, avec le titre de khalifes, ou du moins ceux de la dynastie eyoubile (ini-HLO), avaient leurs tombeaux dans l'enceinte méi&e de la ville, sur remplacement maintenant occupé par le bazar de l^hân-Khalîl {V. p. 327, a). On rapporte <nie lorsque ce bazar fut conAtruit (en 1292 de notre ère), sous le rè^ne du oamelouk baharite el-Achraf Salaaheddin-Khalil, les ossements des princes qui y avaient été ensevelis furent jetés parmi les amas de décombres déposes hors de la ville. Tous les anciens tombeaux furent alors dét'aits, à Texception de celui d>s- ^Idh-Eyoubf qui se voit encore dans le bazar. C'était l'avant-dernier prince de la dynastie eyoubite, celui KKis lequel eut lieu la fatale expédition de saint Louis en Egypte (1249) ; le fils de ce khalife, après quelques mois de règne, fut assassiné par le chef de sa propre garde, le mame-

louk el-Moêz, qui forma la souche des mamelouks baharites.

Les tombes de deux sultans de cette dernière dynastie, le 4*, Balbers ou Bibars Bondoukdar , mort en 1277, et le 9*, Nasser Mohammed ibn- Qalaoûn, mort en 1294, se voient également dans rintérieur du Caire, près de la mosquée du sultan Qalaoûn et de Tancien Moristan (ce dernier a été décrit p. 325) ; non loin de là^ un autre tombeau porte le nom de Bargouq, mais il n*a servi qu'à la famille de ce sultan, qui a été enseveli lui-même dans un grand monument situé hors de la ville à la nécropole de Kaît-Bey (l'.ci-dessuua).

Tombeaux de Kalt-Bey. Celte antique nécropole se voit en dehors de la ville, dans une pUine sablonneuse et déserte, au N. E. des murailles entre Bab el-Nasret Bab el-Ghoraîb.

Ces monuments improprement nommés Tombeaux det Khalife*, comme nous Pavons dit, appartiennent, au moins pour la plupart, à la dernière dynastie des mamelouks d extraction circassienne, celle des sultans Borghites. Des inscriptions arabes gravées sur la plupart d'entre eux ont permis de déterminer exactement la date de leur fondation et le nom de leur fondateur*. Parmi ces monuments, on compte 8 à 10 mosquées, dont les, trois principales consacré*'S aux tombeaux de personnages souverains sont celles d*el-Achraf-Ynàl et d'el-Ghouri, d'el- Barqouq , d'el-Achraf Barsebaï et de Kalt-Bey. Ce dernier a même donné son nom au terrain tout entier. Les autres édifices sont les tombes de per-onnages secondaires ou du moins qui n'ont pas régné.

Tous ces édifices, modèles de la

1. V. notamment, outre le grand ou- Trago arabe de Makrixi. A. P. Mehren, Cdnirah og Ktrâfai (le Caire et le cimetière de Keràfatou tombeaux des sultans, plaquette in-4*, en danois. Copenhague, t867-<8, M. Schultz). y. aussi A. Bh6ii«, l'Égyptê à pelilei journées. H vol. Pans, f876.

EGYPTE. — LE CAIRE

plus pure archi lecture sarrasine, tombent malheureusement en ruine et sont complètement abandonnés; aucuns ne réclament plus hautement des mesures conservatrices de la part du gouvernement, car aucun architecte ne serait capable de les reconstruire : tels qu^ils sont, au milieu de cette plaine déserte, ils produisent un effet saisissant. Pour ménager l'impression première produite par cet ensemble incomparable de monuments, il vaut mieux les aborder par Bab el-Nasr que par Bab el- Ghoraîb, et en marchant du N. au S. En suivant cette direction, que nous lui conseillons de prendre au moins à sa première visite, le voyageur, en quittant Bab el-Nasr et son groupe pittoresque {V. p. 332), se dirige à TO. et un peu au N. de l'angle N. 0. des muiailles de la ville, vers un premier groupe, placé en dehors de Talignement général de la nécropole, et formé par les mosquées- tombeaux d'el-Achraf-Ynàl et d'el-Ghouri.

La mosquée ou tombeau d'El- Achraf-Tnâl (construite par le sultan ei-Melek-el-Achrai'-Ynàl , de 1453 à 1461 après J. C.) est une jolie covlpole ogivale légèrement étranglée à la base, et effilée à la pointe avec ua minaret svelle, à plusieurs étages, terminé autrefois par une petite coupole malheureusement écroulée. Outre le tombeau du sultan fondateur, cette mosquée contient aussi celui d'un certain émir el-Kébir, dont le nom est donné quelquefois à cet édifice, et celui de deux autres personnages oubliés (Charabache, Abou- Taça). Le plan intérieur est, paraitil, semblable à celui de la mosquée de Kaû-Bcy {V. p. 33U}. Ce monument a été transformé récemment en magasin de poudre et les étrangers ne sont pluâ admis à le visiter ni même à en approcher. La négligence d'un soldat, une pipe mal éteinte suffiraient pour laire sauter avec ce charmant édifice une partie de la nécropole et du quartier voisin. Rien

ne peut mieux caractériser Tétran^ insouciance des Orientaux quand il s'agit de la conservation de leurs trésors d^art les plus précieux.

La mosquée d'el-Ghouri, bâtie par Kansou IV el-Ghouri (1501-U16), est reliée à la précédente par un mur à fenêtres. La coupole et son minaret sont semblables à ceux de la mosquée d'Ynàl. Le prince qui l'a construite est le môme qui a construit la mosquée du Caire, et qui a un tombeau dans le bazar el-Ghourièh et un autre sur la route d'Héliopolis (F. p.

Après un coup d'œil jeté sur ce premier groupe de mosquées, on se dirige au S. sur un chemin, le long duquel sont échelonnés à dr. et à g.

les principaux édifices, et l'on gagne d'abord

La mosquée d'el-Barqouq, le plus vaste des monuments de cette nécropole, daUntde l'an (784-801) del'bégire (1382-1399 de J. C). Il a été élevé par le sultan el-Melik ez-Zaher Abou-Said Barqouq, qui fit en Syrie de glorieuses expéditions et sut repousser deux fois le farouche conquérant mongol Timourlenk ou Tamerlan(eu 1393 et 1394). C'est un long bâtiment rectangulaire , couronné d'une série de créneaux en forme de trèfle. Le côté 0. est dominé par deux charmants minarets. Ils sont divisés en trofs étages de plus en plus étroits, le premier carré et sans autre ornement que les fenêtres en forme de trèfle et munies tl'un élégant balcon ; le second, cylindrique et orné de lignes brisées qui rompent heureusement la monotonie de la colonne ; ic troisième, formé d'une légère colonnade à jour portant la galerie circulaire au-dessus de laquelle s'élevait une petite coupole en miniature (aujourd'hui écroulée); chaque division présente un encorbellement qui reproduit la forme deTétage inférieur; ces deux minarets semblables entre eux, aux lignes harmonieusement combinées, aux ornements délicats,

[RODTB 12] TOMBEAU D'EL-BAftQOUQ.

l'cJus MBS être gr ElTo, arec le grand a

iinu mat deux élégantes coupoles, 1 Rlfes à la baie ot ornée* exlérlt ■l'uBDllieiiuperfie,léBftreinarHélran-|inenHloc6lc» o" -— -''■■-

EGYPTE. — LE CAIRE

ment cannelées; elles recouvrent des tombeaux, lesquels forment à leur base un dé carré orné de plusieurs étages de fenêtres. On remarquera ici, comme à la plupart des coupoles environnantes, Tart avec lequel le tambour circulaire est relié àl la base carrée par une série de pant coupés j qui forment comme des espèces de pendentifs extérieurs, faisant une transition charmante entre les deux formes géométriques.

On pénètre dans la mosquée par deux portes délabrées, l'une au N. 0., Tautre au S. 0., qui conduisaient d'abord dans quelques vestibules accessoires. La porte principale (l) avec une voûte en trèfle était au N. 0.

Cnepetiie enceinte, aujourd'hui ruinée, la précédait : on voit encore, à dr. de cette porte, un étage formé d'une galerie à jour portée par quatre colonnettes et formant angle sur les deux faces N. et 0. du bâtiment. La porte donne accès dans uo vestibule (2), d'où l'on descend dans une galerie qui précède la cour; celle-ci, de forme carrée, est entourée de portiques sur trois de ses faces ; des piliers carrés supportent des arcs aigus à deux courbures en pierre calcaire allernativement blanche et rouge. Entre les ares, sont de petites calottes ou voussures en briques. AUX traverses ou tirants en bois qui retiennent Técartement des voûtes étaient appendues des lampes en grand nombre, mais qui ont disparu pour la plupart. Le portique 0. a deux raugs, les deux autres, un seul rang de piliers; le sanctuaire a trois rangs de six piliers chacun; on y remarque trois mirbabs (3), dont l'un, celui du centre, est surmonté d'un petit dôme sculpté. Le menbèr en pierre (4) est d'un travail exquis; les montants de la porte, les panneaux de la face latérale, les détails de la rampe et du couronnement sont délicieusement cjselés ; malgré l'état de délabrement où on les a laissé arriver, ces merveilleuses com-

binaisons de lignes harmonieuses, où semble se jouer le génie orieotal, ces délicieuses dentelles de pierre défient toute description; créées par la fantaisie la plus libre et la plu$ riche qui fût jamais, elles apparaissent à l'homme de l'Occident et à nos artistes eux-mêmes comme d'incomparables et inimitables chefs-d'œuvre.

La salle du tombeau du sultan Barqouq est à g. du sanctuaire, du côté du N. C'est une construction carrée de 15 met. environ de côté; le compartiment inférieur porte un revêtement de marbre et est percé d'un mirhab flanqué de 'deux petites cotonnes à pans taillés, dont le chapiteau porte une courte inscription en caractères couflques; au-dessus du mirhab court une autre inscription en caractères plus gros, dont la bordure vient s'enrouler autour des fenêtres treillissées et des rosaces. Au-des9us de chaque rosace, trois fenêtres étroites et élevées terminées en plein cintre, surmontées de trois petites rosaces, forment un groupe d'un charmant efTet. Les angles de la construction se rattachent à la partie circulaire par des pendentifs formés de petites niches superposées jusqu'à la rencontre de la section complète du cercle, à partir de laquelle court une rangée de fenêtres séparées par de gracieux motib d'ornements. Des bandes en caractères coufiqùes, des entrelacs, des bâtons rompus ou gui Hochés, comme on en voit sur les armes, les tapis, les vases et les vêtements des Orientaux, des feuilles qui affectent les diverses combinaisons de la forme qu'on donne ordinairament à la fleur du lis et, qui est celle du lotus des anciens Égyptiens, terminent la décoration intérieure de la coupole.

Quant au tombeau lui-même, il est formé d'un catafalque de pierre dont les ciselures sont relativement trèssimples, et entouré d'une balustrade de bois sculpté très-finement ouvra-

[ROUTE 1»] MOSQUÉE-TOMBEAU DE KAlT-BEY.

bre. A g., s'ouTt élevé d'une mircbe âu-deasus de lî ulle centrmie, et ftuquel on seeide par uQ magnifique arceau en forme d'ogne, i base oulrs-passée, et forint dt grandi clayeaui alternalivemeubUiic* et noin. Cette salle est munie de feoitres délicieusement ouvngtcs, qui »ont peuI-Atre le cbef-

d'cBuvredu genre; malheureusement elles tombent en nitne; le plafond Bit divist en compartiment* richement sculptés, revêtus de peintures et de dorurei. Les panneaux du mir* bab et du manbër sont ornés de mosaïques de marbre disposées aTeo beaucoup de goQt. Derrière le lanc- .tuaire, se trouve la salle du tombeau

Most^uée de Kârt-Bey.

'!^: elle rappelle, soit par sa forme, | très-délabré; à cCté du tombeau, sont Ml par ses ornementa, la salle du deui cube<i de granit, l'un gris et i"Blieau du sullan Barqouq; elle est l'autre roîs; sur le grii, on montre flu! petite que celle-ci et d'un appa- l'empreinte dis deui pieds du pro- .••ilinoiBsriche; mais les reoêtresetphèta; sur le rose, on TOil l'em- Ift roiaees, au lieu d'être de sim- preinte d'un pied seulement. Ces ?[es trelUis, sont de vrais bijoux de deui cubes sont renfermé» dan» deui ciMlute; le dôme lui-même ne poru- petits monument», l'un en bois, de lucun ememenl à l'inlérieur, il asn forme pyramidale, sculpté et peint.

EGYPTE. — LE CAIRE

[ROUTE lî]

Fautre en marbre, surmonté de quatre petites colonnes qui portent une coupole en bronze ornée de ciselures dorées. Ces cubes, que Ton prétend apportés de la Mekke par Kaît-Bey, sont vénérés par les pieux musulmans.

La restauration de ce ravissant édifice, dont presque tous les marbres intérieurs sont encore bien conservés, ne demanderait pas de bien grands frais. Mais il faudrait le goûi d'un Pascal Coste ou d'un Prisse d*Avesnes, et l'abnégation d'un artiste véritable, décidé à réparer l'œuvre ancienne sans y mettre du sien. En tout cas, il serait à désirer que la mosquée fût isolée de toutes parts des masures qui l'entourent, et notamment qu'une avenue assez large dégageât la perspective de sa façade et de son minaret.

Après KaTlBey, on peut négliger sans inconvénient un certain nombre d'édifices Tunéraires compris entre le village et les murs du Caire, et rentrer dans la ville par la porte el-Otioraîb, d'où l'on rejoint en peu d'instants la rue Neuve, qui prolonge le Mouski. On pourrait aussi, continuant à suivre l'extérieur des murs, gagner tout de suite, par le Bourg-ez- Ziffr, la nécropole de l'Imam-Chafey ; mais le trajet est long, et il vaut mieux remettre cette dernière à une autre excursion.

Les tombeanz du Toarab al-Karafèh, ou de l'Imam-Ghafey s'étendent aussi dans une plaine déserte, mais à l'autre extrémité de la ville, au delà de la citadelle, au pied du Moqattam .

On s'y rend en traversant la place deQarameïdan, et sortant par Bab el- Karafèb, on trouve d'abord sur la g.

un cbamp couvert de monuments funéraires de toutes les formes et de toutes les dimensions, petits dômes on ogive, la plupart un peu étranglés à la base, ornés de cannelures variées ; minarets carrés à la base, octogones au milieu, cylindriques vers ic haut, surmontés d'un ovoïde orné

d'un croissant ou de petites piqu» divergentes. Les étages sont séparéi par des terrasses en relief, les fenêtres ornées de colonnettes et de balcons sculptés. On comprend que nous ne pouvons entrer dans la description détaillée de monuments si nombreux, ni indiquer les noms, perdus pour la plupart, des personnages qui les ont élevés. Mais c'est une mine épuisable pour l'arcbitecte et le desjtinateur. Les pentes abruptes du Moqattam, la citadelle et sa baute mosquée encadrent merveilleusement le paysage. On fera bien de suivre celle partie de la nécropole jusqu'au pied du Gebel-Gioucbi sur les pentes mêmes duquel on retrouve encore un certain nombre de sépultures.

' £n suivant, au contraire, le chemin qui se dirige au S., à partir du groupe le plus rapproché de Bab-el-Karaféh, on arrive (io min.) à la mosquée principale qui porte le nom d'imam- Chafey; on fait remonter sa fondation au temps de Saladin. Le dôme est surmonté d'une girouette en forme de bateau. Quelques maisons s'élèvent autour. C'est un singulier mélange d'habitations et de mo^ numents funéraires. Près de là es^ une enceinte qui contient de charmants mausolées de mamelouks, sar^ cophages sculptés,, avec des coloo^ nettes au pied et à ha tête. Les pliUj riches sont recouverts d'un toit soihl tenu par une colonnade à claire* voie.

Un peu plus à l'O., une cour pi tée de jolis arbres renferme les pidtures de la famUle de Moha med'Ali; les tombeaux sont t simples en général et dans le go^ de Constant! nople. On y verra a intérêt la tombe de Toussoun-Pac fils du vice-roi, mort de la peste son retour de l'expédition de l'H jaz, et surtout celle d'Ibrahim-Pac le vainqueur de Nézib.

Non loin de là, sur les pentes d( mont Moqattam, on verra une autrj mosquée entourée de quelques habi

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Utions iTec de jolis débris de tomi^aux et d'habitations.

Le Bourg es-Ziffr, situé au revers de ia citadelle Tcre TE. , contient aussi des sépultures curieuses.

VI. ÉGUSES, ÉCOLES, HOPITAUX, BI- BUOTHÈQUE , ADM INISTRATIONS.

la diverses communions chrétiennes possèdent au Caire une quarantaine d'églises; nous citerons panni celles appartenant ou se ratucbant lu rite catholique latin : TÉ- «lue catholique des P^ei de Terre- ^ifUe, rue de TÉglise- Catholique, ^r le Khalfg, non loin de la rue Kouski. Ladate de rétablissement des P^res de Terre-Sainte, au Caire, est incertaine. Leur église fut incendiée ^Q IS52 ; elle a été rebâtie au moyen ^ aumônes des fidèles, avec le concours du khédive; cette église a des succursales à Boulaq et au vieux Caire, plus neuf succursales au l'M'OQm et dans la haute Egypte. Les Pères, dits réformés, missionnaires 4e la haute Egypte, ont une église i^tenante au grand couvent de Terre- ^iQte. Les Coptes catholiques n'ont P^ d'église à eux, ils ont obtenu ''autorisation du pape Pie VI de cé- '^^rer roffice divin^ selon leur rite, ^ les églises des Pères réformés :

^'tgiite grecque meUhite ou des ^ecf-CTfitf. Les Grecs-Unis serencon- ^ent surtout au Caire et à Alexandrie; '^ sont presque tous venus de Syrie ; le senrice divin se célèbre en langue vahe et grecque. Le patriarche est ^iu par les 12 évéques de la nation <i confirmé par Rome et Constantii^te. Un seul patriarche administre '^ trois patriarcat<i d'Alexandrie, ■l'Antioche et de Jérusalem; Antio- ^e est considérée comme le siège t^Qcipal. Cette communauté possède ^a Caire quatre églises, situées à '^êkyèh, à Boulaq, à Choubrah et |ii Vieux Caire ; elle compte environ 1200 fidèles.

L'^9^e arménienne catholique ou '" Arménienâ'Unlt, rue Darb-el-

ËGLISËS.

Ghenen^, a un patriarche résidant à Constantinople. Cette église possède encore deux chapelles au vieux Caire, et compte 4 à 5000 adeptes au Caire ou dans les faubourgs. VÉglixe iyrienne-unie a une église au Caire, située Darb-el'Barahra: elle est très-p^u nombreuse. L'Église maronite - eathoiique relève du patriarcat d'Antioche; elle possède, outre réglise du Caire, située rue Darbel'Ghenenêf une autre église et un couvent au vieux Caire : elle compte un nombre infime d'adhérents en

VÊglite copie catholiquie. Les Coptes-Unis n*ont pas de patriarche, mais un évéque pris dans le clergé indigène et nommé par Rome. Le service divin se célèbre en copte et en arabe dans l'église catholique; cette église compte 1050 coreligionnaires au Caire et dans les environs de la ville.

VÉglise grecque orthodoxe (K. p.

loi) possède une église rue Khftnel- Zaoui, et une autre au vieux Caire; elle compte 5000 adhérents au Caire et dans les faubourgs.

L'Kglise arménienne non-unie a une église au Caire et une au vieux Caire, et compte 2500 coreligionnaires. Les Coptes non-unie ont un patriarche résidant au Caire nommé à l'élection par les évéques du culte ; toute l'Abyssinie relève de ce patriarche. Cette église compte environ 20000 adhérents et 20 lieux de culte au Caire et au vieux Caire.

L'Église réformée allemande -française possède un temple neuf au quartier Ismaîlyèh, près l'Hippodrome; les frais du culte sont supportés par les coreligionnaires du Caire, par la Société de Jérusalem, à Berlin, et par la Société de secours protestante, à Bàle. Elle est sous la protection spéciale de la Prusse et est desservie par un pasteur qui remplit en même temps les fonctions d'instituteur pour l'école élémentaire et supérieure, dont le local est en

EGYPTE. — LE CAIRE

[ROUTE \i\

comtrttction en même temps que le presbytère, sur un terrain concédé par S. À. le khédive. Le service divin se fait alternativement en français et en allemand (Guide- Annuaire (VÉgypte, par François Levernay^ 1872- 1873). I^s cultes protestants comptent encore une église américaine pratettante, local de l'ancienne Zaptièh; et une église anglaise ^ sur la route de Boulaq, au nord de l'Hippodrome.

La communauté israélite comprend les juifs Talmudistes et les Caraîtes (on sait que les Caraîtes sont une secte juive qui repousse le TalmudJ ; les premiers comptent de 5 à 6000 coreligionnaires et ont une dizaine de synagogues, dont une au vieux Caire; les Caraîtes sont au nombre de 1000 environ; en outre, quelques juifs polonais ont au Caire un temple et un oratoire.

Instrtution publique. Le gouvernement entretient au Caire de nombreuses écoles, savoir : pour l'enseignement primaire, seul ou avec le concours de fondations particulières, treize écoles comptant plus de treize cents élèves; pour renseignement secondaire, Técole préparatoire de Darb-ei-Gamamiz, Técole des Artset-Métiers de Boulaq, l'École de comptabilité et géodésie, de dessin; pour l'enseignement supérieur, les écoles polytechnique , de médecine, d'accouchement , d'administration, d'archéologie, de droit civil. Pour les visiter, il suffit d'en témoigner le désir au ministre de l'instruction publique, qui s'y est toujours prêté de bonne grâce. — Les écoles entretenues aux frais des parents, gratuites seulement pour les indigents, sont nombreuses; nous les classerons par quartiers, d'après la statistique de M. de Regny-Bey :

QUABTIER8«

Darb-el-Oamaniii.

Darb-el-Ahmar.

IleissooD.

ÉCOLES. iLÉVBS.

Khalifa.

Ezbékyèh.

iW

Gamalièh.

Bab-el-Charièh.

Abdin.

Vieux Caire.

Boulaq.

El-Asbar.

lois

Parmi les écoles chrétiennes, nous citerons : l'école des Frères des Écoles chrétiennes, rue Ben-el-Surèoe; les écoles italiennes, rue Darb-el- Barabra; l'école orientale, impasse Darb - el - Kadi ; l'établissement des Sœurs de Saint-François, rue Dirb- Riach, qui comprend un pensionnat, un orphelinat de jeunes filles, une crèche, un asile pour les enfanu trouvés, un couvent des Sœurs du Bon-Pasteur, à Choubrah; trois écoles de l'Église melkhtte ou des Grecà- Unis, rue Darb-el-Ghenene, sur lEzbékyèh et à Choubrah, avec 170 élè-i ves ; l'Église des Grecs orthodoxes ou non-unis possède une école de garçons, située à Giovaniai quartier Gamalièh, et une école de filles, ensemble 170 élèves: cinq écoles de rÉglise américaine protestante, dans le local de l'église, sur l'Ezbékyèh, près de la citadelle, au vieux Caire, à Boulaq, avec 310 élèves en toui; deux écoles de l'église copte catholique, l'une au Caire, l'autre, au vieux Caire, avec 46 élèves; récole des Coptes non-unis, avec 290 élèves; un collège anglais, bâti sur un terrain concédé par le khédive, avec deui écoles, l'une de garçons et l'autre de filles; une petite subvention est allouée & ce collège par le gouverne' ment anglais; la communauté Israélites possède une école de garçons gratuite et quatre écoles rétribuées, toutes situées dans le quartier israélite.

Hôpitaux. — L'hôpital général du gouvernement est situé sur le boni du Nil, à Kasr-el-AIn, près le vieux Caire; il reçoit surtout des malade^ militaires. On y a réuni l'école de

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