‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 170 sur 408 · EGYPTE. — LES ENVIRONS DU CAIRE. [R · texte numérisé non relu

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ses pleins de cendres, des paniers qui ont conservé jusqu'à nous le blé, les raisins, les grenades, les doum, que la piété des parents y avait enfermés (F. salle de TEst, armoire AN).

Les cercueils sont en bois, rectangulaires, à couvercle plat; ils sont décorés de peintures vives et discordantes, ornes de fleurs de lotus; on y mêle des dessins de sandales, de vases , d'armes, d'objets d'offrandes ; le plus souvent les sarcophages de cette époque sont d'une rudesse qui étonne. D'autres cercueils sont à visage humain, aux contours rudes, aux couleurs éclatantes ; ces visages sont peints en jaune, en blanc et quelquefois en noir; sur la poitrine, au-dessous d'un large collier qui descend des épaules, sont figurés Turse us et le vautour, symboles de la souveraineté sur la haute et la basse Egypte; sous les pieds, Isis et Nephthys sont représentées à genoux, dans l'attitude du deuil. De longues ailes, vivement accusées, semblent se rabattre sur le cercueil, qu'elles couvrent toutentier, ce qui a fait donner à ces momies, par les Arabes, le nom de richi, c'està-dire, à plumes. (F. ci-après, le sarcophage delà reine Aah-Uotep, salle des Bijoux, à dr. en entrant. La reine Aah-Hotep était contemporaine d'Amosis).

Les momies de la xi' dynastie, jaunes, cassantes, ne sont remarquables que par la quantité d'objets de toute sorte : paniers, outils de bronze, miroirs, arcs, flèches, poignards, sabres, vases à poudre d'antimoine, qu'on trouve avec elles en ouvrant le cercueil dans lequel elles sont enfermées (F. salle de l'Est, armoire AM, n* 791). On remarquera parmi ces objets les flèches qui n'ont pour pointe qu'un os aigu ou une arête de poisson. Les sabres sont en bois, courts, petits; des bâtons tordus, longs et minces, excepté à l'extrémité oii ils sont façonnés presque en boulOy servaient pour la chasse aux

oiseaux aquatiques. Lancés avec fo^ ce, ils partent en tournoyant et portent aussi loin que juste (F. aussi armoire AN).

Sous les xn* et xni" dynasties, les cercueils richi ont disparu, id»|* la mode des beaux sarcophages ornes de rainures prismatiques s'est maintenue. Les momies sont noires; U peau, quoique flexible encore, est desséchée; Temmaillottage proprement dit ne se rencontre qu'en de rares occasions. Des scarabées, des amulettes divers, quelques figuri' nés de divinités (surtout de Bsst), commencent à se montrer dans 1& partie de la nécropole d'Abydos consacrée aux sépultures de la zii^ dynastie. Sous la xvu* dynastie, ^ j Thèbes, on retrouve les cercueils richi avec les mauvaises momies; quelques cercueils de princes, cotre l'ornement traditionnel des ailes, sont dorés des pieds à la tête.

Sous le Nouvel Empire, à Mempbis sous la xvni* dynastie, les sarcophages sont en granit, de forme missive et taillés en caisse de momie; les mains, engagées dans les langes, d< sont pas même indiquées par un renflement de la pierre; peu d'ornements; une légende verticale court de la poitrine aux pieds, et six autres qui se prolongent jusque sur la cove coupent la première à angle droit Sous la XIX* et la xx« dynastie, le défunt est couché sur la tombe ; son menton est orné d'une barbe épaisse et carrée ; ses mains sont libres et tiennent dLivers emblèmes {iat, croii ansée et nœud de ceinture) . Un tablier couvre le devant du corps et laisse paraître les pieds qui sont nus. Sur la cuve se montrent, dans des ubleaux symétriquement disposés, les images des quatre génies des morts et de quelques divinités funèbres.

Pendant cette même période, Thèbes emploie des cercueils de bois, peints intérieurement et extérieurement en noir; le masque de ces caisses est rouge vit ou bien doré; les yeux,

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MUSÉE DE BOULAQ

dont Tenveloppe est en pfite bleue, soQt rapportés; sur la poitrine, est un grand vautour, les ailes étendues ; les légendes sont tracées en jaune. A ces cercueils peints en noir succèdcQl, sous la m* dynastie, des caisses couTertes d'un vernis jaunâtre sujleiqueUes sont peintes des repré- MQtatioDs en toutes couleurs. La profosioQ des ornements sur les caisses de ce genre est cMrême. Aucun texte un peu long n'y est cependant «leore écrit. Le plus souvent l'aspect extérieur du monument est celui d'osé momie en gatne. Quelquefois, comme à Thèbes, le mort est représenté couché sur la tombe; les mains ^Qt alors croisées sur la poitrine et sortent des langes; dea boucles ornent les oreilles des femmes ; le mène tablier, arrangé en plis serrés, couvre les jambes. L'intérieur du cercaeil n'est pas moins riche d'ornenients; de grandes figures de divinités et de génies peintes en couleurs ^ves en forment le sujet principal.

Oiiant aux momies de cette période, Uemphis, elles sont noires et dessé- ^ées, la cavité de la poitrine est remplie d'amulettes {amandes en cornaline, çrettouillet en feldspath ^ft, eoUmneilet vertes, quelques tat ^^ porcelaine, gros scarabées de pierre dure sur le plat desquels se lit ttûe formule extraite du Rituel). Les iDomies de Thèbes sont jaunes et un N luisantes , les ongles des pieds et des mains sont teints en hennèk ; Ç3 membres ont conservé une flexibilité remarquable et se plient sans ^ briser. Sur les meilleures d'entre |iies, le doigt s'enfonce encore dans Il chair (Mariette, Notice sur le mu- ^<U Boulaq, p. 51). Entre la xxn»

«t laxxiY» dynastie, Thèbes offre des ^rcueils soignés, éclatants de pein- ^"^es; cercueils à fond noir, au mas- J)»e rouge, à la coiffure surchargée «ornements bariolés, aux momies '^^Bées d'une sorte de bretelles mar- ^^fces aux cartouches du roi; cer- (QeiU ifond blanc, autour desquels

court une légende en hiéroglyphes de toutes couleurs. Le devant du couvercle est divisé horizontalement en tableaux où alternent les représentations et les textes tracés en hiéroglyphes verdâtres. La momie ellemême est hermétiquement enfermée dans un cartonnage cousu par derrière et peint de couleurs tranchantes (n- 728, 730, 731). Sur la fin de la xzv* dynastie, arrivent les momies placées dans de triples et quadruples enveloppes. La première de ces enveloppes est encore un cartonnage ; la dernière est un sarcophage à oreillettes carrées, dont le fond est blanc ou couleur de bois ; de grandes figuresornentla cuve (n**734et 745 à 752). A partir de la xxvi* dynastie, Thèbes, en pleine décadence, n'offre plus de monuments de ce genre dignes d'intérêt, tandis que Memphis nous montre de beaux et grands sarcophages de granit, tantôt rectangulaires et à chevet arrondi, tantôt taillés en forme de gafne de momie, et des cercueils de basalte et de granit travaillés avec un soin minutieux; les momies sont de plus en plus chargées d'amulettes, de scarabées, de figurines (K. salle du Centre, cage A;. Sous les Grecs' et les Romains, Memphis continue à offrir de grands sarcophages rectangulaires à chevet arrondi (n*' 6, 7, 8), des cercueils de pierre couverts de figures finement gravées. Les momies sont remarquables par la richesse de leur décoration extérieure; elles sont paifois ornées de cartonnages découpes, placés par-dessus leurs bandelettes, et doniquelques-uns sont dorés (n" 120, 741 , etc.). Elles portent quelquefois sur la tête un masque doré, l'or sur les ongles remplace le hennèh (n" 742 et 743). Plus tard, les sarcophages deviennent rudes, désagréables à voir, et semblent, dit M. Mariette, l'œuvre d'un peuple enfant; les momies sont noires, pesantes, et forment avec leurs bandelettes une masse compacte; enfin, les

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Les objets du culte rendu aux morts forment en quelque sorte la partie principale de toutes les collections égyptiennes, et le musée de Boulaq n^échappe pas plus que d'autres à cette règle. Les stèles, doot nous avons déjà parlé, y sont comprises. Nous y ajouterons : les tables d'offrandes, déposées dans les to!iibeaux comme un signe matériel des offrandes de toute nature qu'à certains anniversaires les survivants venaient y déposer (n»« 92, 93, 94, 446), les édicules appelés naos (n** lûût 379), les statuettes représentant les génies des morts (n** 140, 141), iet»

sceptres et emblèmes (n** 368, 369, 370, 371 à 376), les papyrus funéraires (n- 389, 432, 444, 446, etc.), les boites à contenir les statuettes funéraires (n** 393, 394), les vases dits canopes (n"« 396, 408, 409, 410, 447, armoires AD, AE, AF, etc.), l*"^ chevets en bois ou en alb&tre (n* 397), les cônes funéraires (n* 416), les miroirs, symboles de pureté (n* 47o.

47G), les gros scarabées (vitrines AO, AH, etc.)*

hiéroglyphes ne sont plus que des ornements sans signification.

Les statuettes funéraires abondent pendant cette période; tantôt on les enfcimait dans des boîtes scellées qu'on plaçait à côté du cercueil (F. salle du Centre, 418, 419), tantôt elles étaient répandues sur le sol de la chambre. Jusqu'à la xxvi* dynastie, les matières le plus souvent employées pour la fabrication de ces sta> tuettes sont l'albâtre, le calcaire, le granit, la serpentine, le bois ; les statuettes de porcelaine émaillée sont rares; avec les Saltes (xxvi« dynastie), celles-ci apparaissent au contraire de plus en plus nombreuses. Les vases funéraires improprement appelés eanopês se montrent aussi avec le Nouvel Empire [Y. salle du Centre).

Le mobilier funéraire de ces caveaux est complété par divers autres monuments, tels que : vases d'alb&tre remplis de baume, seaux de bronze pour l'eau de purification (F. salle de l'Est, armoire AO), les jolies stèles de bois peint (V. salle du Centre, armoire S, Q, R et suiv.), les statuettes de bois à visages dorés représentant Osiris et ses deux sœurs Isis et Nephthys, dans l'attitude de pleureuses.

Objets du culte. — On doit distinguer pour la classification des monuments compris dans cette catagorie, entre les objets du culte rendu aux dieux et les objets du culte rendu aux morts.

Les objets du culte rendu aux dieux sont en général le produit des fouilles exécutées dans les temples. On y compte : les barques sacrées qu'on promenait à certains anniversaires (n* 809), les naos ou châsses, les outils à base quadrangulaire (cour du Musée, outil du temps de Séti I", sans numéro), les vases de toutes matières (n"* 482 à 486, 540), les tables d'offrandes déposées dans les temples en témoignage d'une fondation pieuse faite par le roi dont elles portent le nom (n- 95, 96, 97, 98).

ObserwUiim importante» — L'inven»

taire général des monuments dont w compose la coUectioa du musée de Boulaq se divise en quatre séries : les ««• numents religieux^ les monumenU f^néroireSf les monuments eiviU^ les mon»* rnents historiques, auxquels on pourrait encore ajouter une cinquième cU<sc comprenant les monumentM grecs «i r«* main*. A ces quatre divisions principAles currespondenl dansle m usée quatre grandes cages occupant les quatre angles àt la halle du Centre, et contenant un choix de monumenti religieux ^ de monumen^^ funérairetf de monvmeifUs civils et de monuments historigues.

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