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place carrée sur laquelle s'élève m bâtiment crénelé : c*est le Gam'a él- Dhaher. Cette ancienne mosquée bâtie, d'après le témoignage de Hskrin, par le sultan Bibars-Bondoukdar (1260-1277 de J. C), après avoir éie convertie dans les temps moderne en fort sous le nom de fwl Sulktwtkî, puis avoir servi quelque temps de fournil, avait été complètement délaissée, et éuit restée, jusqu'à ces derniers temps, enfouie sous les décombres; quand on a fait la noavelle route, on a déblayé le bâtiment et on Ta transformé en corps de garde. On conçoit qu'après tant df vicissitudes il ne reste plus de son ancienne architecture qu'un portât' mam^ au S. E., qu'ombrage un beau sycomore. Nous ne saurions trop protester i cette occasion contre cette habitude de consacrer aux plu^ vils usages les monuments historiques d'un pays où les matérisui et la main-d'œuvre sont en définitive a si bon compte. Un peu plus toiOi ^^ laisse à dr. le faubourg Hassanytii et l'on rejoint Tancienne ouite de l'Abb»
syèh, bordée d'acacias Lebbek, n^U' vellement plantés. Sur la zone du désert, & quelques minutes de mtrcbe
au N. du faubourg Hassanyèb, se montre Télégante coupole d*ei' Ghonri {Koubbet ei-Choun), t^'* sième tombeau de ce même el-Gbour* mort en Syrie (F. p. 326 et p. 334*.
C'est une coupole très-gracieuse, surmontant un dé carré de 12 pas environ de côté, qui renferme la chapelle funéraire destinée à l'avant-derniesultan des Mamelouks, et vide comme les deux autres tombeaux du Caire. Environ un quart de lieue f\^' au N., sur le chemin de Matao'è^ s'élève à g. un autre édifice sembla ble : c'est le tombeatt de Melik ei Adel Tomanbal (le prédécesseur di prince précédent, mort en 1501 âpre quelques semaines de règne). L'cdi fice carré qui contient le tombeai mesure environ 14 pas de eété et es recouvert d'une haute coupole. Le
[Route 12]
murailles iotérieures sont reeouveriw de peintures bariolées qui manquent de goût.
Preique en face de cet édifice s'élète le palait de i'Âbbasyèk. C'est un ▼aaie éditée sans architecture, dû au Tice-roi Abbas-Pacha. Quelques anneei après la mort de son fondateur, «IMifice semblait menacer ruine. Il a été réparé par le khédive, qui y a tnasféré l'école polytechnique, i école militaire et divers établissenieB|j. A g. de la route, est Vobtet' woire, que i»on pourra visiter faci- Jeoent, si on le désire. Cet établisseaeot, dirigé par Hahmoad-Bey, est très-conspleL
Hu» loin, s'éUnd un vaste champ ^ coufKt, OÙ le khédive a cherché depuis plusieurs années à attirer les «poriimen de l'Europe. Cette tenutire ne paraît guère avoir réussi ; le prioceetses principaux officiers sont > peu près les seuls personnages qui ^«Qt fait courir. On ne peut guère que féliciter l'Egypte d'avoir échappé ^ l'introduction de cette mode frivole, «ont l'utilité pour l'amélioration de » race chevaline est fort contestable, 2u jDoina dans de pareilles condi-
UOQS.
Les plantations, à travers lesqneliteif® *® dirige ensuite, datent de m\ elles s'élèvent sur le sol même <>« désert, arrosé et fertilisé par les ^<u du Nil, elles sont fort belles et «Mistent en palmiers, vignes, oran- ?^> citronniers, ricins, etc*
Après avoir croisé l'ancienne li- (^e du chemin de fer de Suez, la route tourne à dr., et une charmante ^ta\it sablonneuse, bordée d'une «je de citronniers, conduit au po- "w El^K(mbb4h, appartenant au P^Qce héritier et entouré d'un beau i^in moderne. A partir de ce point, >«chemin traverse une campagne bien cuiUvée et conduit à un jaràin où ^ aakkyèh élève d'un puits peu profond une eau abondante et délicieuse qui arrose les cbam]»s voisins, et, en particulier, le jardin de l'ir-
HÉLIOPOUS.
brede la Vierge (F. ci-dessous). Un peu au delà de Mataryèh, une espèce de bassin rectangulaire, au-dessus duquel se dressé un obélisque, annonce l'emplacement de
Héliopolis. Histoire, — .Comme site historique et archéologique, il n'en est p^as de plus intéressant dans la basse Egypte que celui d'Héliopolis. Le nom hiéroglyphique d'Hëliopolis était Pe-Râ, c'est-à-dire, mation du Soleil, et An; dans la Bible,' où la ville est mentionnée plusieurs fois, elle est désignée sous le nom de On; Héliopolis (ville du Soleil), où les Égyptiens adoraient le dieu Rk^ sous le nom d'Atoum, ou soleil couchant, et, dans son incarnation, comme taureau Mncvis, a été considérée par l'ancien monde comme le centre des connaissances. Selon Strabon, les prêtres égyptiens s'y rendaient pour étudier la philosophie et l'astronomie. Plusieurs philosophes et savants grecs, Eudoxe et Platon entre autres, sont venus y chercher la science ; le prophète Jérémieduii, 13) mentionne dans une de ses prédictions la matson du Soleilf Héliopolis d'Egypte.
« Et il (Nabucadnetzar) brisera les statues de la maison du Soleil, au pays d'Egypte.» Moïse, dit-on, aurait étudié à On. Strabon qui a visité cette ville, alors qu'elle était déjà en ruine, nous en a laissé une description.
D'après cet historien, la ville était située sur un terrain élevé, au bas duquel des étangs ou grands réservoirs recevaient l'eau des canaux du Nil. Elle avait beaucoup souffert lors de l'invasion de Cambyse, et elle ne se releva pas sous les Ptolémées ; lorsque Strabon la vit, il ne lui restait que son temple et un trèspetit nombre d'habitants. En avant du temple, était autrefois une longue avenue despbinxavec plusieurs obélisques érigés par les Pharaons de la première monarchie. Plusieurs de ces obélisques furent transportés à Alexandrie, qui succéda à Héliopo-
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80000 hommes qui étaient arrivés aux portes du Caire. Le choc est lieu non loin d'Héliopolis.
« L'armée française, dit H. Ttùers à qui nous empruntons cette description (Xftitotre du ContuUU et de ffmptre,t. II, p. 41 et sq.), avait le fleuTe à g., le désert à dr., et en face, mais au loin, les ruines de Tantiqae Héliopolis. Elle se forma en quatre carrés, deux i gauche, deux adroite...; entre ces deux groupes, la cavalerie était disposée en masses profondes, ayant Tartillerie légère sur ses ailes.
Les Turcs étaient retranchés i El- Mauryèh. Il y* avait là une avanigarde de 5 à 6000 janissaires, trèsbons soldats, escortés de quelques mille cavaliers. En face , et beaucoup plus loin, les ruines de Tantique Héliopolis, un bois de palmiers, de fortes ondulations de terrains, dérobaient aux yeux de nos soldats le gros de Tarmée turque. On pouvait estimer à 70 ou 80000 hommes 1% réunion de toutes ces forces, tant le corps principal que le corps placé à El-Hataryèh....
« Après un premier choc de cavalerie^ Kléber attaqua le village retranche d'El-Mataryèh, avant que le gros de l'armée ennemie eût eu le temp$ d*accourir. II chargea de ce soin le généra] Reynier, avec les deux carrés de gauche, et lui-même, avec le> deux carrés de droite, opérant un mouvement de conversion, prit position entre El-Mataryèh et Héliopolis, afin d*empécher Tarmée turque de venir au secours de la position attaquée. Les grenadiers refoulèrent les janissaires, se jetèrent dans Maïaryèh, fondirent sur les Turcs et, aprè^ un grand carnage, demeurèrent mai* très de la position. Les Turcs s'enfuirent en désordre vers le Caire. L'armée reprenant peu à peu son ordre de bataille, s'avança dans la plaine, toujours formée en carrés; elle dépassa les ruines d'Héliopolis et aperçut au delà un nuage de poussière qui s*élevait à Thorizon et s'avançait
lis comme centre des connaissances (F. p. 269), et plus tard à Rome. Un seul fut laissé en place.
C'est dans la plaine de Mataryèh que l'empereur ottoman Sélim remporta, en 1517, la victoire qui renversa la domination des Mamelouks et fit de l'Egypte une province turque. C'est aussi au voisinage d'Héliopolis que Kléber, le 19 mars 1800, mit en déroute l'armée turque, que l'Angleterre avait poussée contre nous après la malheureuse convention d'El- Arisch.
Bataille d'Héliopolis. — Ici encore, il Importe de combattre la légende sortie du Hémorial de Sainte- Hélène, et dans laquelle Bonaparte animé d'un sentiment de jalousie envers tous ses compagnons d'armes de la République, a cherché à faire peser sur Kléber l'insuccès définitif de l'expédition d'Egypte. M. Lanfrey, dans sa remarquable Histoire de Napoléon /", a parfaitement montré (t. I*', p. 413 et 415, et t. II, p. 221 à 227) dans quelles conditions d'impossibilité matérielle et inorale Bonaparte avait laissé Kléber et l'armée qu'il abandonnait sur le sol de l'Egypte, pour courir en France assouvir ses desseins ambitieux ; et comment, soit par la négligence du premier consul, soit par l'impossibilité réelle où il était de secourir cette armée, Kléber s'était trouvé réduit, au 30 janvier 1800, à n'avoir plus qu'à peine 15000 combattants disponibles, et par suite, à signer la convention d'El-Arisch relative à l'évacuation de l'Egypte. On sait comment les conditions humiliantes que Sydney Smith et l'amiral Keith voulurent imposer à Kléber eurent pour effet de révolter cette grande àme. « A de pareilles insolences, répondit-il, dans sa proclamation à ses soldats, on ne répond que par des victoires. »
Rassemblant à la hâte 10 à 12000 hommes qui lui restaient, Kléber n'hésita pas à marcher contre les
[RODTE 12] OBÉLISQUE D'HÉLIOPOLIS.
rapidement. A g., se montrait le village de Sériaqous; à dr., au milieu de bois de palmiers, le village d*Et- Uerq, situé au bord d*un petit lac àWlaides Pêlerint. Une légère élévation de terrain courait de l*un à l'autre de ces villages. Tout à coup, ce Duage mobile de poussière s'arrêta, puis se dissipa sous un souffle de renl, et laissa voir Tarmée turque, fonnant une longue ligne flottante de Sénagoas à El-Herg.... Kléber donna l'ordre de se porter en avant.... Les boulets de Tennemi, mal dirigés, pissaient sur la tête de nos soldats.
Bientôt ses pièces furent démontées par les nôtres et mises hors de comlat... Enfin, la masse de la cavalerie turque s*ébranle tout entière.
Elle fond sur nos carrés, se répand sur leurs ailes, les tourne et enve- ^pe bientôt les quatre fronts de Dotre ordre de bataille. L'infanterie française, que les cris, le mouvement, le tumulte de la cavalerie turque ne troublent point, demeure calme, la baïonnette baissée, faisant un feu continu et bien dirigé. En vain ces mille groupes de cavaliers tourbil' lonnent autour d'elle; ils tomb?nt sous la mitraille et les balles, arrivent rarement jusqu'à ses baïonnet- ^ expirent à ses pieds ou so dé- ^urnent, et fuient pour ne plus reparaître Après une longue et
effroyable confusion, le ciel, obscurci P*r la fumée et la poussière, s'éclair- C't enfin, le sol se découvre et nos troupes victorieuses aperçoivent devant elles une masse d'bommes et ^ chevaux, morts ou mourants, et, au loin, des bandes de fuyards, cou- '^t dans tous les sens. Le gros des ÏWC8 se retirait, en effet, vers El- ^qah, sur la route de la basse ^ple. Ainsi, dans celte plaine 'i'Béliopolis, 10000 soldats, par Tas- ^dant de la discipline et du cou- [^9^ militaire, venaient de disperi^er '0 à 80000 ennemis. »
,^^ actuel. — «L'enceinte de la ville antique se distingue encore
sous les collines de décombres qui la recouvrent. EHle était en briques crues, et s'ouvrait de distance en distance par des portes formées de jambages monolithes en calcaire tendre et couverts d'inscriptions. • (Max.
du Camp, le Nil, p. 64.) L'espace qu'elle embrassait était de forme irrégulière et mesurait environ 1250 met. dans un sens, sur 9560 dans l'autre. Une seconde enceinte reconnue par M. Mariette, et mesurant seulement 1085 met. sur 1390 met., marquerait l'emplacement de la cour antérieure du temple.
L'obélisque dont nous avons fait mention est tout ce qui reste aujourd'hui de la ville du Soleil. Cet obélisque est debout ; mais la partie inférieure (non compris le piédestal) est enfoncée de près de 3 met. en terre, et le sol primitif, sur lequel repose le piédestal lui-même, est en* terré probablement de 8 à 10 met. Ce fait seul, à défaut d'autres preuves, suffirait pour démontrer l'exhaussement séculaire du sol de l'Egypte (F. p. 39). Les lacs dont parle Strabon ont disparu par la même raison.
On a récemment dirigé des fouilles sur ce point, mais elles n'ont m:iibeureusement amené aucun résulta' important; elles n'ont fait retrouvor que quelques vestiges inférieurs dti temple.
L'obélisque est un monolithe de granit, de 20 met. 75 de hauteur, audessus du sommet du piédestal. S;i largeur à la base est de 1 met. 84 sur Ids faces N. et S., et de 1 met. 88 sur les faces E. et 0. Ce qui lui donne un intérêt particulier, c'est qu'il est Jr plus ancien obélisque connu de l'Egypte. Le roi Ousortésèn !•', dont le nom est inscrit sur le monument, régnait environ 2700 ans avant l'èro chrétienne. On reconnaît le cartouche-prénom Khoper-ka-Rd vers le haut et vers le bas, et le cartouchenom Ousortésèn entre les deux (V.
sur ces cartouches et leur appellation, xii* dynastie. Ousortésèn !•')•
LMnacription de Tobélisque (tracée sur une seule bande verticale et
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qu'un grand temple égyptien était, pour la richesse au moins, Vépi d'une grande abbaye du moyen âge.
L'énumération des objets précieui, des terres, des maisons, des vassaui, remplit de nombreuses pages: 12O00 personnes et plus logeaient dans l'enceinte et dans ses dépendances, et servaient dans le temple, comme prêtres, ou l'entretenaient comme gardes, ouvriers, maçons, paysans, tenanciers^ esclaves, etc. {Sote de M. Maspero,)
Dans la direction N. 0., s'étendait Tavenue de sphinx dont on voit en* core quelques débris en se rappro* chant de Tancienne porte N. 0. Da temps de Pococke, on y voyait encore un sphinx de 22 pieds de long et plusieurs grands débris; on a encore trouvé quelques débris vers le S. E.
el vers TE. On a lu sur des fragments les noms de Ramsès II et de Thoutmès III.
On montre à Mataryèh, dans un jardin appartenant à des Coptes, un beau sycomore, sous lequel, dit la légende locale, Joseph, avec la vierge Marie et l'enfant Jésus, se reposèrent lors de leur voyage en Egypte.
Son écorce est tailladée par la main des pèlerins ou des curieux. Cependant l'arbre actuel ne remonte pas au delà de Tannée 1670 (F. Yaosleb, Relation..,, p. 234). Le jardin où l'on cultivait autrefois les planUs du baume est encore digne d'intérêt par sa belle végétation.
Oh peut entrer par le faubourg Hassan ièh et Bab el-Foutouh, ou se diriger à l'E., vers le Gébel el-Ahmar (le mont Rouge) et la forêt pétrifiée.
identiquement répétée sur les quatre faces) est ainsi conçue, selon la traduction de M. Brugsch * :
« L'Horus, la Vie de ce qui est né, le roi de la haute et de la basse l^^yplc» Khoper-ka-Rà, le maître des couronnes, la vie de ce qui est né, le nis du Soleil, Ousortésèn, aimé des esprits de la ville (d'Héliopolis), vivant à toujours, l'épervier d'or, la vie de ce qui est né, le dieu gracieux Khoper-ka-Râ (a érigé cet obélisque) au commencement de la fête d'une panégyrie, pour qu'il lui soit accordé de vivre à toujours. »
Ceci peut être regardé comme un spécimen du style épigraphique des Pharaons.
Un manuscrit sur peau conservé au musée de Berlin, et publié en 1873 par M. Lndwig Stern, raconte la dédicace d'une des chapelles du grand temple d'Héliopolis, faite par Ousortésèn I". Il est probable que l'obélisque était compris dans l'édifice ainsi dédié.
Un papyrus découvert par M. Barris et aujourd'hui au British Muséum, le plus beau spécimen de papyrus qu'on ail jamais encore trouvé, puisqu'il avait 113 pieds anglais de long, renferme un état du temple et de ses propriétés à la fin du règne de Ramsès III el au commencement du règne de Ramscs IV. On voit par ce document, véritable cartulaire,
1. Cette traduelion diffère légèrement de celle de M. Lepsius, dans ses Jnciena monumentt»