LA FORÊT PÉTRIFIÉE
l'K., Itissaat à dr. les tombeaux de Kaît-Bey, et, un peu plus loin à g., rAbbasyèh et les tombeaux d*el- Ghouri et de Mélik Adel-Tomanbaî (r. p. 372^6). Au bout d'une demibeure, on entre dans un ouady sablonneux compris entre les hauteurs du Cébei el'Àhmar (la montagne l^ouge) au N. et le Gébel Moqattam au S. 0. Le Gébel el-Ahmar est formé (f un grès dur que Fraas {Àut- <k> (kienL p. 157) regarde comme identique a la pierre meulière du ton parisien. On y trouve des restes de carapaces de tortue qui se bri- »eQt au premier contact (Prokescb- ^tn, ouvrage cité, p. 177). Plus on araoce, plus le paysage prend l'aspect du désert; on se rapproche du Koqaltam et Ton gravit un plateau ^iooneux au revers oriental de cette montagne. On trouve là, épars wle sol (et peut-être aussi enfouis ^iis le sable), non une forêt pétrifiée, mais des fragments de troncs d'arbres, quelques-uns d'une gros- ^ur considérable, dont le bois s'est bien réellement transformé en une substance siliceuse. Le même phénomène, ou quelque chose d'analogue, s'est produit en d'autres parties de U vallée du Nil (à Gébel Silsitèh) ^'du grand désert libyque. On trouve i&Ne de ces pétrifications dans le d^'en de Babiouda, en Abyssinie et au Kilimandjaro; il semble qu'ils forment sous le sable, dans toute l'Afrique orientale, un immense système siliceux dont on découvre les fragments quand ils affleurent à^a surface du sol. Les bois fossiles du (^ébel Moqattam ^nt surtout despal- ^iers, principalement la nictCoHa ^iloiiea; on y a aussi remarqué une ijTie de bambou et de grandes graminées.
On a émis sur l'origine de ces pétrifications diverses hypothèses, dont les deux plus opposées sont celles de ^siiicification sur place d'une forêt préeiistante, l'autre, le transport des blocs par le Nil, ou par de grands cou-
rants marins. Le D' Zittel, ayant observé dans les grès de Nubie, à la base du plateau du désert libyque, des restes de bois fossile dont l'apparence était entièrement semblable a celle des bois de la forêt pétrifiée du Caire, a été amené à penser que ces derniers provenaient de la même source et avaient été transportés des grès de Nubie, jusqu'au Moqattam.
Mais, outre que l'identification des espèces n'est pas certaine, l'hypothèse du transport de masses aussi lourdes se heurte à des difficultés presque insurmontables, dont la principale est Texistence de vallées profondes^ étendues transversalement du Nil à la mer Rouge, et au fend desquelles ces blocs seraient tonnbés avant de parvenir de la Nubie au Moqattam. De plus, ces troncs silicifiés n'ont été nullement arrondis, comme les cailloux roulés par les eaux. Enfin, on se demande comment les eaux du Nil auraient pu parvenir à la hauteur du Moqattam, puisque l'examen des terrains de cette montagne montre qu'elle est très-ancienne, tandis que les grès pliocènes qui portent la forêt pétrifiée seraient postérieurs à l'âge tertiaire, et qu'à l'époque du soulèvement du Moqattam la bouche du Nil ne dépassait guère Benisouèf. D'autre part, le transport des blocs pétrifiés par de grands glaciers, comme les blocs erratiques de ^la Suisse, est inadmissible pour l'Egypte où Ton n'a jamais trouvé de traces de glaciers. — Le transport de gros troncs d'arbres flottants, tels que l'on en voit sur les grands fleuves du Nouveau-Monde, troncs qui, accumulés dans quelques bassins lacustres, se seraient plus tard silicifiés, est plus admissible; le terrain de la forêt pétrifiée ne paraît pas contenir de coquilles marines, mais seulement des fossiles d'eau douce; mais il reste toujours l'objection de la hauteur du Moqattam. L'hypothèse de la silicification sur place d'une forêt préexis-
EGYPTE. — LES ENVIRONS DO CAIRE, [tl. lî]
vue du désert qu'on doit recommander cette excursion au touriste qui ne ferait pas le voyage de Suez. Du plateau élevé de la forôt pétrifiée la vue s'étend au loin vers l'E. Sur cette route, on a assez souvent l'occasion de voir arriver quelque caravane ou passer quelques Bédouins sur leurs dromadaires agiles.