‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 204 sur 408 · EGYPTE. — BU3A8TIS · texte numérisé non relu

EGYPTE. — BU3A8TIS

[Route 13]

des ruines appelées Tellel-Tàhouday^ le monticule des Juifs. On suppose qu'elles occupent remplacement de la ville fondée par le grand prêtre Onias, et appelée, d'après lui, Onion ou Onia. En 1870, les Fellahs occupés à emporter les débris de briques qui renferment une certaine quantité de nitre tombèrent sur des ruines qui avaient évidemment appartenu à un ancien palais. On a trouvé des dalles d'albâtre, des fragments de murs recouverts de briques et de tuiles ornées de peintures d*un travail remarquable et d'inscriptions, des colonnes dont les chapiteaux étaient enrichis de. mosaïques coloriées. Quelques-unes des briques portent le cartouche de Ramsës II ; et si la construction de l'édifice doit être rapportée au règne de ce prince, on ne saurait assez admirer la fraîcheur de coloris de ces peintures qui remontent à une époque si éloignée.

Du côté de TO., est un large fragment de calcaire, couvert de sculptures bien exécutées ; elles représentent Ramsès II assis, recevant les hommages d'un homme et d'une femme qui lui présentent un objet ressemblant à un arbuste, avec le la«, emblème de la vie; les hiéroglyphes semblent avoir été en partie recouverts d'une couche de plâtre sur laquelle on a gravé de nouvelles inscriptions. De nombreux débris de pierre sont disséminés parmi ces ruines, qui réservent peut-être aux explorateurs quelque nouvelle découverte. La ligne, se dirigeant au N.E., passe près d* Inchas.

28 kil. Belbels, en copte Phelhes.

Près de cette station passe le canal d'eau douce qui va du Caire à Ismaîlia et Suez. Ce canal suit pendant quelque temps le cours de l'ancien canal des Pharaons, dont on peut reconnaître les traces jusqu'à une distance assez considérable.

10 kil. Bordeln. Avant d'atteindre Zagazig, la voie court près des buttes de décombres, nommées Teil

el'Biutah, où sont les ruines de Bu- 1) astis*

Histoire, — Cette ville, le ^-Beseth de l'Ancien Testament [Éséch.y XXX, 17), dont le nom hiéroglyphique était Pa-BastyPa-Beset), éuit la capitale du nome Bubastite. Elle était située au S. 0. de Tanis, au confluent des branches pélusiaque et tanitique.La ville était consacrée à la déesse Bast (Sacht) (V. p. 121 et 128), que les Grecs appelaient Bubastis et qu'ils identifiaient avec Artémis. Déjà importante sous la xviii* dynastie, elle atteignit l'apogée de sa puissance sous la xxii* dynastie, qui en fit le siège du gouvernement (F. Maspero, Histoire ancienne des peuples de VOrient, p. 339). Immédiatement au S. de Bubastis, se trouvait la portion du pays que Psamétik assigna aux mercenaires dlonie et de Carie en récompense de leurs services, et au N. de la cité, commençait le grand canal que Nekao fit creuser entre le Nil et la mer Rouge (Hérod., II, 358). En 352 avant J. C, Bubastis fut prise par les Perses et démantelée (Diod., xvi, 51), et, à partir de ce moment, elle ne cessa de décliner. La ville était surtout célèbre par son onde de Bast (Sacht) , et par la procession annuelle qui se faisait en l'honneur de cette déesse. Cet oracle ne fit que gagner en importance à l'arrivée des Grecs. Hérodote, qui donne une description soignée de cette ville (Livre II, 59, 60), nous apprend que les fêtes de Bubastis étaient les plus joyeuses et les plus brillantes de toute l'Egypte.

État actuel. — Les ruines de Tell el'Bastah témoignent de l'antique magnificence de la cité et confirment le récit d'Hérodote. Le circuit des murs n'a pas moins de trois milles d'étendue. On trouve beaucoup de fragments de colonnes et de blocs de granit qui paraissent avoir appartenu à de nombreux obélisques et propylées. Le& noms historiques que l'on

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