EGYPTE. — OASIS D'AMMON. [ROUTE W
notamment en 1829 et en 1836, ses habitants ont essayé de reconquérir par les armes leur indépendance, mais toujours en vain ; aujourd'hui, leur soumission paraît définitive.
État Ckctuel. — Population, — Mœwrt, — Productions. — La population de l'oasis est de ôOOO hab. environ; les habitants se font remarquer par leur dévotion; celui qui manque à assister plusieurs fois de suite à la prière est puni d'une amende. Aussitôt que les jeunes gens ont atteint Tftge de puberté, la loi les oblige à quitter la ville pour aller habiter un village qui leur est destiné. Les veufs sont dans la même obligation, ils ne peuvent rentrer dans leur maison que s'ils se remarient. Ainsi la population est séparée en deux groupes, les hommes mariés et les hommes non mariés ; les non mariés peuvent rentrer dans la ville pour voir leurs parents, mais ils doivent en sortir au coucher du soleil. Hospitaliers, observateurs de la parole donnée, les habitants de Syouah sont soupçonneux, méfiants et jaloux à l'excès; un frère n'ose point entrer chez sa belle-sœur si le mari de celleci est absent. Fanatiques et superstitieux, les Arabes des bords du Nil les traitent de sauvages {ahyd).
L'administration du. pays est confiée à des cheikhs dont les uns sont inamovibles, et les autres ont leur charge pour dix ans. Ils dispensent la justice et maintiennent l'ordre. Ils délibèrent au milieu du peuple assemblé. Quiconque jouit d'un peu de considération et possède quelque expérience prend la parole.
Nature du fol, te sol productif de l'oasis est formé d'une argile sablonneuse, mêlée de sel ; il s'écrase avec bruit sous le pied, comme le feraient de légères scories. L'eau des lacs est salée. Ce qui est remarquable, c'est qu'au milieu de ces vastes couches de sel, il se trouve des sources d'eau parfaitement douce. La partie N. et N. 0. est formée par une chaîne en
calcaire eoquilUer de 2 à 300 mètres d'élévation en moyenne, qui s'étend bien loin à l'O. et au N. Ë. jusque sur les bords de la Méditerranée, limitant ainsi au S. le grand d<^sertde Libye. Le pays contient plusieurs sources d'eau sulfureuse; on y a observé des tremblements de terre, ta particulier celui de 1811, qui fit écrouler une partie du temple d'OmiD- Beldah. Les vents du N. y domineoi en hiver, qui est la saison la plu$ favorable pour le voyage aux oasi^- Les pluies sont communes aux mois de janvier et de février; l'été y est très-dangereux, à cause des fièvres qui y sont très-pernicieuses, durant cette saison.
Produetiont de roatis. La partie E< de l'oasis, où se trouvent les villages de Gharmy et de Menchyèh, est U plus riche; les terres sont couverte^ d'arbres fruitiers et de bois de palmiers. La partie 0. est moins riche en végétation ; un lac d'eau saumitre réduit de ce côté les terres cultivables à quelques champs; d'autres parties du terrain sont abandonnée^ à cause du sel qui les recouvre. Les arbres de l'oasis sont : le dattier, l'olivier, l'abricotier, le grenadier; il n'y a pas encore de palmiers-doums.
arbre si commun dans les oasis d'à sud. On y distingue cinq espèces de dattes, qui se nomment soultani.
freïehy tàidy el-ka'ïhy et ouaedy; les premières, nommées aussi ^axaly.
sont les plus estimées ; les sald sont placées fraîches dans des paniers.
pour être exportées; les ouaedy .servent pour la nourriture des chameaux. On fait sécher les abricots, les prunes, les raisins. Les oignon^ sont d'une excellente qualité. Le rit n'est point un produit de l'oasis.
La principale source de revenu est le commerce des dattes, qui se fait par caravanes, d'un c6té, avec l'Egypte, par la Petite-Oasis, par le , Fayoum, par la basse Egypte, et de i l'autre côté, avec la Barbarie, parJ les oasis d*Audi$lak et de Maradéhf
[Route 18]
SYOUAH.
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Syonah. La capitale de Toasis , située d'après M. Cailliaud, par 2^ 12' 29^ latitude N. et 33* 18' long. E., offre Taspect d'une forteresse. Elle est b&tie sur un rocher de forme conique et fermée par des murs en talus, flanqués de hautes tours rondes et surplombant les unes sur les autres, i 40 ou 60 pieds d'élévation. Des habitations sont adossées à ce mur ex* térieur, percé d'un grand nombre de trous, faisant fonction de fenêtres.
Les rues ont 1 met. 60 c. de large sur 3 met. environ de hauteur. Elles sont couvertes par les maisons mêmes qu'elles supportent et qui s'élèvent les unes au-dessus des autres.
Elles sont très-obscures, et, pour y circuler, on doit s'aider des mains, suivre les murs ou s'éclairer d'une Janteme. Les habitants y circulent généralement une lampe à la main.
On grimpe des appartements inférieurs aux chambres d'en haut par des chemins en spirale pratiqués dans les murs eux-mêmes. Avec ses murailles épaisses , ses constructions élevées les unes au-dessus des autres et percées de trous, son rocher central qui domine le tout, la ville ressemble assez à ces demeures de terre durcie que certains insectes se construisent dans les champs. Les murailles elles-mêmes offrent un aspect bizarre; comme elles contiennent dans leur maçonnerie des masses entières de sel, on a soin, pour prévenir ou pour retarder leur érosion par les eaux, de les recouvrir d'un conduit de terre gypseuse. Syouah possède trois puits, un d'eau douce et deux d'eau saumàtre. La mosquée est au N., b&tie en pierres informes et soutenue par beaucoup de pièces de bois de dattier. Les ruines les plus intéressantes de l'oasis sont celles de
Omm-Boidah ou Temple d'Amnon. Elles se trouvent à VJL de la Tille et à une distance de 2 kil.
environ. Des sentiers ombragés de bois touffus, dans lesquels serpentent mille petits ruisseaux, mènent, à l'E.
(t/4 h.), près du v. de Gharmtfj situé sur un rocher élevé et entouré de palmiers. C'est près de ce rocher que se trouvent les rutn^t du I«mpi0, qu'une forêt de dattiers environne de toutes paris. On reconnaît les traces de deux enceintes de forme rectangulaire. Au centre, sont les restes de l'édifice. Une portion de la façade et les montants de la porte principale sont en partie conservés. Au S., sont les restes d'une grande salle, qui avait 11 met. de long et 6 met. d'élévation. Elle est en partie couverte de son plafond, formé de trois énormes pierres longues de 8 met. 33.
Les parties intérieures des murs et les plafondsainsi que les montants de la porte à gauche sont couverts de sculptures égyptiennes. Les ornements du plafond représentent deux rangs de vautours avec les ailes déployées et séparés par une ligne de hiéroglyphes. On y remarque des étoiles peintes en rouge. Les figures et les scènes sculptées en bas-relief et couvertes de peintures rappellent celles des autres temples d'Egypte.
Le dieu Ammon, partout représenté avec une tête de bélier (F. p. 122), reçoit des offrandes. Vers le N. des ruines, à 7 met. en avant du monument, sont des restes de chapiteaux en forme de lotus et des tronçons de fûts de colonnes de 3 met. de circonférence. L'édifice repose sur un rocher de pierre calcaire coquilUère.
(F. Cailliaud, Voyage à Méroé, au Fleuvê Blanc f à Syouahy etc.).
On ne peut se défendre d'une impression de tristesse en voyant l'état d'abandon et de ruine où se trouve tombé un temple aussi fameux que le temple d' Ammon, et l'on regrette vivement que les hiéroglyphes qui l'ornaient autrefois, et qui se lisent encore sur quelques pans de murs restés debout, n'aient pas été copiés.
L'oracle célèbre qui attira autrefois