‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 223 sur 408 · BO0TB 18] OASIS D'ÂBOION. — HISTOIRE · texte numérisé non relu

BO0TB 18] OASIS D'ÂBOION. — HISTOIRE

leurs terres eultivéesi leurs villa^, formant un groupe que Ton désigne sur les cartes sous le nom d'oasis de Syouah. Les ruines que l'on rencontre en ces lieux aujourd'hui si dépourvus de civilisation sont les restes d'anciennes villes dépendant de la Cyrénalque.

Bislùire. L'oasis de Syouah est célèbre par l'oracle d'Ammon dont les arrêts ont été en grande laveur, au moins pvmi les Grecs. Tout le monde connaît la visite que fit à l'oasis Alexandre le Grand. Le conquérant, après avoir* descendu le ?ni| longea ia cAie jusqu'à Pareetonium en Ubye et, de là, se dirigea directement du iN. au S. La route suivie par le conquérant ne laisse aucun doute sur la véritable situation de l'oasis où il se rendit. Cependant la position de cette oasis ne répond pas aux indications de distance données par Hérodote. Selon cet historien, le voyage entre Thftbes et l'oasis d'Ammon prenait environ dix jours. Le voyîige actuel entre Thèbes et l'oasis de Syouah, en admettant de fortes journées de caravane, demanderait de vingt à vingt-deux jours au minimum. On a supposé que la distance donnée par Hérodote s'appliquait aux limites de l'Egypte et n'éuit comptée qu'à partir de l'oasis de Dakhlèh. Cet essai d'explication nous parait être tout à fait insufflsant. Il nous semble aussi difficile de justifier la disUnce donnée par Hérodote que de placer l'oasis d'Âmmon ailleurs qu'à

Syouah.

Au temps d'Hérodote, l'oasis était peuplée en partie d'Égyptiens et en partie d'Ëthiopiens. Considérant que les habitants actuels de l'oasis parlent, avec l'arabe corrompu, un dialecte berbère dont Cailliaud a rapporté un voeabulaire incomplet^ on est fondé à supposer que ces prctcn- <ius Égypto-fithiopiens pourraient bien être un reste des TamahoUi qui vivaient dès la xn* dyn. dans ees parafes, et étaient Berbères d^origine,

comme le prouvent les quelques mois que nous connaissons de leur langage.

Les Grecs s'établirent de bonne heure dans l'oasis, pende temps après la fondation de Cyrène, au vu* siècle avant i. G. Selon une tradition, Danaûs y aurait envoyé une colonie (Diodore, xvn, 50). D'après une autre tradition, l'oracle d'Àmmon aurait été établi en même temps que celui de Dodone, le plus ancien oracle de la Grèce (Hérodote, ii, 54). Le nom d'un roi Btéarque, mentionné par Hérodote i propos des Nasamoncs, malgré sa forme grecque, n'est peut-être qu'une variante hellénisée du nom éthiopien et libyen, Téarcon, Tarharqa.

Nous savons fort peu de chose de l'histoire de l'oasis, depuis le temps où Alexandre la visita. L'oracle, célèbre sous les Ptolémées, perdit de sa réputaition sous la domination ro* maine et déclina peu à peu : au temps de Plutarque il était déjà muet. Quelques années plus tard, vers 160 après J. C. , le voyageur Pausanias visitant lé temple n'y trouvait guère plus que des souvenirs littéraires et historiques : le poème de Pindare, en l'honneur de Zeus, gravé sur une stèle triangulaire, l'autel de Ptolémée, fils de Lagos (ix, 16, 1), les autels votils des Éléens sur lesquels étaient gravés la réponse du dieu et le nom des envoyés (v. 15» 11). Avec l'avènement du christianisme, l'oasis devint un lieu de déportation pour les hérétiques ou les criminels. Après la conquête musulmane, elle jouit d'une pleine indépendance, ne reconnaissant que l'autorité de ses cheiichs.

Vaguement connue des géographes arabes du moyen âge, elle ne fut découverte aux Européens qu'après les voyages de l'Anglais Brow^n (1792- 1193), de l'Allemand Horoemann (1798) et des Français Boutin (1819) et Cailliaud (1819). Bile fut annexée à l'Egypte par Hassan-Bey, pour le compte de Mohammed -AU (1820).

Depuis lors, à différantes reprises,

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