HAUTE EGYPTE. — PETITE OASIS. [ROOTB
peu au S. Elle est au S. 0. du Fayoum. Les anciens distinguèrent cette oasis par la dénomination d'Oasis-Parva, par opposition à la Grande- Oasis de Thëbes, qui est de dix journées plus méridionale.
On se' procure à Béhnésèh les chameaui nécessaires pour la traversée du désert. Ce sont trois fortes journées^ à travers des solitudes sablonneuses qui peuvent donner une idée du Sahara. L'Oasis occupe une dépression pareille à une large vallée, que bordent des rochers plus ou moins escarpés. Des sources qui jaillissent du sol ont donné la vie à ce coin du désert. Aussi loin que s'étend rinfluence des eaux vives, le sable s'est recouvert de verdure, la terre végétale s'est formée, et des bouquets de palmiers ont ombragé le sol, qu'on a pu livrer à la culture. Partout où il y a eu une source, il s'est formé une oasis. Celle-ci renferme quatre lieux habités, qui se suivent de l'E. à l'O., dans l'espace de 2 h. environ, Zabou, Maryèh, el-Katr et BouiUi, Maryëh n'est qu'à quelques minutes de Zabou, dont el-Kasr est éloigné d'une heure et demie. Bouîtti est aussi très-près d'el-Kasr. Ce dernier lieu est le plus peuplé des quatre; on y compte 3500 habit. La population totale de l'oasis est d'environ ÎOOO âmes. Toute cette population est arabe. Une petite ruine près de Zabou, et les restes d'une construction de style romain à el-Kasr, sont les seules antiquités que renferme l'oasis. Elle possède plusieurs sources chaudes, dont la température est de 34* C. De pareilles sources thermales existent dans les diverses oasis de cette région de l'Afrique. On sait ce qu'ont rapporté les anciens des changements diurnes de température que l'on croyait y avoir observés, l'eau, disait-on, étant chaude à minuit, et froide à midi. Des expériences qu'on a faites à un petit bassin formé par la source de Zabou expliquent ces variations apparentes. Un peu après
le lever du soleil, l'air extérieur étant à 10* fiO C. (au commencement de février), l'eau a été trouvée à 23*, et tout à fait chaude à la main; à midi| l*air extérieur étant à 19", l'eau était à 26*, et /roid^à la main; à 9 h. du soir, Tair extérieur étant à 15* 40, l'eau était à 25*20, et chaude à la main. Ce n'est pas Teau qui varie, c'est la température extérieure. L'oasis possède la plupart des productions végétales de la vallée du Nil, le riz, le blé, l'orge, le dourrah, le cotonnier et diverses sortes d'arbres fruitiers. Mais ici , comme dans les autres oasis, la principale source de richesse, celle qui fournit uniquement à l'exportation, c'est le dattier.
Cet arbre procure aussi aux habitants une boisson appelée Lowb'gh, pour laquelle ils sont très-passionnés; voici comment ils procèdent. En été, au moment où la sève monte, ils cou pent toutes les branches du palmier, à l'exception de trois ou quatre du milieu. Us Pratiquent ensuite des incisions à la naissance de ces branches. Ils recueillent la sève au moyen d'une peau tendue autour de l'arbre.
Quelques palmiers suffisent pour remplir une cruche de plusieurs litres dans une nuit. Le goût de cette boisson rappelle celui du vin nouveau, avec la saveur du cidre.
Il y a dans les environs d'el-Kasr beaucoup de jardins où l'on trouve en grand nombre des orangers, des grenadiers, des vignes, des bananiers, des oliviers, etc.
Les grandes mares formées par le surplus des sources dégagent des miasmes qui occasionnent des fièvres intermittentes contre lesquelles le voyageur fera bien de se mettre en garde. Elles sévissent surtout en été et en automne, et les Arabes considèrent comme dangereux de visiter ces contrées dans une autre saisoo que l'hiver et le printemps.
A 1 journée d'el-Kasr, vers le S., sur la route de la Grande-Oasis, est la tite vallée elrHaiXy qui a des $ou^
[route 22] GRANDE OASIS. — BL-KHARGÈH.
ces et quelques cultures. Cette yallée appartient aux gens d'el-Kasr et de BouTtti, qui Tont chaque année y faire la récolte. Quelques restes d'une église, avec une inscription copte, y rappellent Tancienne population chrétienne.
A 3 journées plus loin, dans la même direction, Toasis de Farafrêh, avec un village du même nom, compte moins de 100 habitants. Les olives de cette oasis sont d'une qualité supérieure. Elle possède un fort qui la protège contre les attaques.
VOaiiê de Syouahy l'ammonium des anciens (T. R. 18), est à 7 ou 8 jours de la Petite-Oasis, dans la direction de l'O., en s'élevant un peu an N.
En partant de El-Kasr on de BoaTtti dans la Petite-Oasis, on se dirige vers l'O., quelques degrés N., et l'on arrÎTe à (4 j.) Sutlrat où l'on trouve de l'eau salée et point de palmiers; de là (1 j. 1/2}, on atteint Ar*rag, où sont des sources de bonne eau et des palmiers. Au N.
d'Ar'rag, derrière une colline, est Bahrayn, vallée avee eau et palmiers, située en dehors de la route. A Merteiek (I j.), palmiers et ean sous le sable. De Mertesek à Syoaab (1 j.). Soit, en tout, environ 8 j.