R. SO] DENDÉRAH. — CONSTRUCTION DU TEMPLE
nous montreat ra[^>licaUon^ Bans les parties du temple qae le soleil éclaire plus ou moins directement, elle est en relief dans le creux. Dans tout le reste de Tédifice, elle est de ce relief pâteux et lourd qui, après Philadelphe, devient la marque des édifices du temps.
Mais si le temple appartient aux basses époques par sa construction, il succède comme règle, comme organisation dogmatique et liturgique, à des édifices plus anciens, démolis.
Les sondages faits pour étudier les fondations du temple ont montré qu'on y avait utilisé des pierres sculptées, sur lesquelles les xii* et xju* dynasties sont représentées. Du reste, deux textes, gravés sur les murs de la^crypte n« 9, établissent que le temple de Dendérah a succédé à un autre temple b&ti ou restauré par Thoutmès III. te temple de Thoutmès m avait lui-même été précédé de plusieurs temples plus anciens, restaurés ou agrandis sous Papi I*' (vi'dyn.), sous Khéops (iv« dyn.), et dont l'origine remontait jusqu'au temps des « serviteurs d'Horus », c'est-à-dire des princes locaux qui avaient précédé Menés et la fondation du royaume d'Egypte.
On voit que l'antiquité du temple primitif de Dendérati se perd dans les origines mêmes de la monarchie égyptienne, et tout porte à croire que le temple actuel a conservé l'organisation dogmatique et rituelle de l'ancien.
Noms du temple et de la viUe. La ville et le temple portent le même nom : Aa-ta, Ant, Ta-rer, Tii^'4a' rer, Tà-noutri, dont les Grecs ont fait TivTvpif.
Noms de divinités. Les onze divinités parèdres du temple forment « ia grande Pchut • , c'est-à-dire le grand cycle des divinités adorées dans le temple. La triade est formée d'Hathor, d'Hor-hout et d'Hor-Samta-oui.
La nécropole s'appelait Kha-ta; le
redescendra soit par les escaliers pour faire le tour extérieur du temple, soit en sortant de la terrasse même sur les morceaux de décombres da N. ou du S., pour voir la face postérieure ou occidentale du temple, laquelle est assez remarquable par des sculptures. Deux grandes consoles en saillie portent des tètes de lionnes. Sur un niveau inférieur :
on voit au centre la figure colossale d'Hatbor, et, de chaque côté, de grandes figures de dieux portant des offrandes.
Origine et époque de eonstruetion du temple» En résumant les notions qu'a fournies l'étude détaillée de ce vaste monument, l'on doit reconnaître que le grand temple de Dendérah, tel que nous le voyons, a été fondé par Ptolémée XI qui le fit bâtir tout entier, à l'exception de la salle (A), construite sous Tibère» Comme décoration, les époques s'établissent de la manière suivante : 1* extérieur.
Jusqu'à la chute des Ptolémées, il n'y a pas eu à l'extérieur du temple d'autre partie sculptée que la paroi de ro. où se lisent les cartouches de Ptolémée Césarion et ceux de Cleopâtre VI. Le reste n'a élé décoré que par Auguste, Tibère et Néron ; 2* intérieur. La salle (A) porte les cartouches d'Auguste, de Tibère, de Caligula, de Claude et de Néron. Trois cryptes portent les cartouches de Ptolémée XIII. Les inscriptions nomment Ptolémée XI et Ptolémée XIII, et il est probable que la décoration (le l'intérieur du temple a été faite par Ptolémée XI et celle d'une partie des cryptes par Ptolémée XIII. Ce dernier fit aussi décorer le temple d'Osiris et le temple hypètbre. Le style des textes et de la sculpture nous reporte, en eflet, aux basses époques. La sculpture est moins bonne qu'à Edfou qui est plus ancien, et moins barbare qu'à Esnèh, qui est du temps des empereurs. La règle suivie est, d'ailleurs, celle dont tous les temples de l'époque pharaonique
ORIENT II
HAUTE EGYPTE. — KÉNÈH. [ROUTE 20l
bassin ou lac sacré, Schet^Our. Les jardins sacrés étaient : le jardin de Tarbre Àsch-t (le perséa), le jardin de Tarbre Kehes (le palmier), le jardin de Tarbre Tnre (le saule). L*arbre sacré était le fi figuier.
Kénèh (658 kil. S. dé Bonlaq. Station p'^'v»' renouveler le charbon des bateaux à vapeur), située en face de Dendérah, derrière une île, sur un 'Mi bras du Nil, à 3 kil. à l'E. du c^rand chenal du fleuve, est un chef- Aeu de province et la résidence d'un moudir. Un marché s*y tient le jeudi.
Elle compte 13000 bab., en partie grecs et coptes. On n*y voit pas de restes d'antiquités, bien qu'elle occupe remplacement que les itinéraires assignent à Gœno polis (la nouvelle ville), dont elle a conservé le nom.
Elle a supplanté Tancienne Coptos (Keft) (F. R. 23), comme entrepôt du commerce entre la haute É^pte et TArabie, par la voie de Koçeîr. Kénèh est renommée pour la fabrication de ses gargoulettes , vases poreux employés dans toute TÉgypte pour rafraîchir Teau, selon le mode, bien connu, des alcarazas espagnols '.
L'aspect de Kénèh est charmant :
bâtie sur une branche relativement étroite du Nil, elle présente un quai bordé de blanches maisons, parmi lesquelles se détache, couverte de peintures claires et gaies, la demeure de l'agent consulaire de France et d'Allemagne (c'est un indigène qui cumule ces fonctions). A la rive sont amarrées ime quantité d'embarcations de toute nature, dont la mâture et les voiles entrecroisées dans tous les sens forment ces motifs incessamment variés que les artistes aiment
1. On sait que l'eau, venant suinter continuellement à la surface extérieure du vase, pro luit par son évaporation incessante un abaissement de la température du vase et du liquide qu'il contient, abaisse ment qui n'e»t pas de moins de 8 degrés cenligr. sur la température ambiante, d'après les expériences faites «ous nos yeux en 1S69 par le professeur d'Alméîda.
à reproduire. Quelques minarets se détachent au-dessus des toits carrés de la ville, mais on n'y voit pas de grandes mosquées comme à Syout ou à Girgèh. Le mouvement commercial semble en revanche beaucoup plus intense ici, au moins sur le port. On y trouve aussi quelques bains et des écoles arabes. En suivant le quai dans la direction de l'E., c'est-â-dire en remontant le courant, on arrive i l'extrémité de la ville, au canal secondaire, qui vient se jeter dans le Nil, formant comme une sorte de fossé au-dessus duquel les murailles de la ville se dressent en étages pittoresques. De beaux groupes de palmiers, d'acacias et de sycomores embellissent ce vallon, et en font un ravissant point de vue, dont l'arrière-plan est fourni par les escarpements de la chatne arabique.
Plusieurs rues conduisent du qiul dans l'intérieur de la ville. La principale est au milieu, près de la demeure de l'agent consulaire. On remarquera à l'entrée la porte d'une maison qui paraît contenir de grands magasins et qui est un charmant modèle des ornements que l'architecture arabe sait réaliser avec les moyens les plus simples. Des assises de briques alternativement rouges, noires et blanches, ont permis de U décorer d'une sorte de mosaïque gracieuse. Quelques briques en saillie les unes sur les autres ont suffi à tracer les lignes de moulures et des encorbellements.
Au bout de quelques pas, cette rue tombe sur une rue transversale. A g. on s'engage presque immédiatement dans les bazars, qui sont, comme toujours, de petites rues, étroites, voûtées ou recouvertes de planches et de nattes destinées i intercepter les rayons d'un soleil trop intense. Les petites boutiques sont animées, et bien fournies de to»s les produits des arts industriels de l'Orient, où le voyageur ne » l*"**^ â* chwrhw às9 eurtoiités : les éto«s,
EÉNËH.
les pipes^ les chaïusares, les vases de toute nature, et notamment les gargoulettes^ y abondent. On pourra, en revenant près du pont, visiter plu* sieurs fabriques de ces poteries où Tart du fellah a su conserver les formes antiques les plus gracieuses.
Les plus petites, nommées en arabe kauUèh et dourak^ sont des carafes légères et fragiles. Les plus grandes portent le nom de xir. Ces poteries sont moulées avec Targile du Ouady- Kénèh ( K. ci-après) , que Ton mêle en certaine proportion avec de la cendre d'alfah. Les yases sont ensuite séchés au soleil.
Les rues à droite conduisent surtout dans le quartier des aimées, ou ghàwazzi (7. p. 209-212). Kénèh est en effet la ville la plus renommée de la haute Egypte pour ses danseuses.
Elle les recrute non-seulement parmi les indigènes, mais aussi parmi les Nubiennes et Abyssiniennes venues par la voie de Koçéîr. On trouve parfois parmi ces danseuses des types de figures très-originaux et même trèsgracieux, ce qui est assez rare parmi les danseuses de la basse Egypte.
Nous avons cité (p. 21 1) une danseuse gracieuse nommée laBédaouia, qui avait exécuté la danse des sabres dans une soirée offerte, en 1869, aux invités du Zbédive par Tagent consulaire, et dont la plupartdes journaux de cette époque ont fait Téloge. Mais, en dehors de ces occasions, que du reste les riches habitants de Kénèh se font un plaisir de procurer aux étrangers de distinction, on peut voir dans leur quartier même ces singulières artistes chorégraphiques. Ici point de règlements de police gênants. Ces danseuses sont sur leurs portes, dans leurs costumes brillants, formés de gazes transparentes, de paillettes d'i»r,avec leurs colliers et leurs coiffures entremêlées de corail et de petites monnaies d'or enfilées les unes au bout des autres. Elles appellent à haute voix le passant, et rien n'est 1 plus fàcUe Mpiê d'improviser une re-* I
présentation, à quelque heure du iour que ce soit. Mais le voyageur se lasse assez vite de ces exhibitions, qui sont en somme peu variées et deviennent rebutantes quand le premier attrait de la curiosité est émoussé.
Les environs de Kénèh sont riches et fertiles, grâce au grand ^nal de Sanhour, qui arrose toute la rive E., du N. au S. Au N. E. de la ville, s'ouvre, dans la chaîne arabique, t"^ vallon étroit et contourné, le Ouady- Kénèh, dont Toriglne s'étend, dit-on,' jusque dans les montagnes, près de Suez. Ce sont les terres argileuses apportées par les torrents de cette vallée, qui servent à faire les vases poreux que l'on transporte dans toute l'Egypte. Un peu plus loin, on rencontre des lignites, qui avaient fait penser qu'on y trouverait de véritables terrains carbonifères et de la houille; mais, malgré des recherches attentives, cet espoir a été déçu.
Kénèh est le point de départ d'un assez grand nombre de routes de caravanes qui peuvent être le sujet d'excursions intéressantes vers la mer Rouge.
De Kénèh k Koceir (V. R. 23), aux ruines de Bérénice {V. R. 24), à Tbèbes (R. 25).
O'ABOU-ftlRGÈH A LA PETITC-OASIS.
Sur les dispositions & prendre pour ui. voyage à travers Je désert (F. p.2U-:<45;.
La route la plus courte pour visiter la Petite-Oasis, et aussi la plus habituellement suivie, part d'Abou-Giigèh en passant par Béhnésèh; lr> /arabes donnent même communément à l'oasis le nom de cette dernière ville, Ouah eUBéhnésëh. La route qui part de Médinet el-Fayoum est p!u^ longue de quelques heures. L'oasis est à l'O. d'Abott tiârgèl» en tinot u«