XXII INTRODUCTION GÉNÉRALE
d'exploration dans les régions les moins accessibles, dans T Arabie, daas 1 Haouran, dans les profondeurs de TÂsie Mineure, ou vers les sources d Nil, les frais de voyage n'ont pour ainsi dire pas de limites, tant sont con sidérables les rançons à payer aux cheîkhs des tribus dont on doit travcr ser le territoire. Un tel voyage pourra s^élever facilement à 20 ou 30 000 fi Mais, sauf ces entreprises exceptionnelles, si Ton veut rester sur le routes habituellement parcourues, on peut évaluer sa dépense à une moyen ne de 40 à 50 fr. par jour, si Ton est seul, que Ton pourra réduire i 35 ou 40 fr. si Ton se réunit à plusieurs voyageurs, il est à peu près im possible de descendre au-dessous de ce dernier chiffre, msis en revanche, on a peu d'occasions de dépasser le premier. En résumé, une moyenne de 1200 à 1500 fr. par mois exprime assez exactement la dépense d'un voyage enOrient ( V. pour les détails les paragraphes spéciaux à chaque pays). Quant aux voyageurs qui se borneraient aux tournées restreintes que nous avons indiquées, ils peuvent facilement faire leur budget en consultant d'une part le tarif des paquebots que nous donnons à la fin du volume ( V. RenseignemenU généraux), et en calculant d'autre part leur aéjour à Constantinople ou au Caire sur le pied de 25 i 30 fr. par jour; à Athènes ou à Jérusalem sur le pied de 15 à 20 fr.
La tournée complète de la Méditerranée, par les Messageries françaises, (c'est-à-dire de Marseille à Constan tinople, de Gonstantinople à Alexandrie et d'Alexandrie à Marseille), revient à 1285 fr. en première classe, 881 en seconde classe, nourriture comprise, à 477 fr. en troisième classe et 280 fr. en quatrième (sans nourriture), prix qui s'abaissent à environ 1149, 816^ 430 et 254 fr. avec la remise de 10 V» accordée pour les billets aller et retour; le prix pourrait être un peu moindre avec la remise de 15 •/• accordée pour les billets de famille et retour. Le voyage de Paris à Marseille en train express coûte 106 fr. La Compagnie des Messageries délivre . à Paris des billets directs pour Gonstantinople ou Alexandrie, comprenant le trajet en chemin de fer de Paris à Marseille, avec une réduction assez importante sur les deux prix réunis. Seulement le voyageur ne peut plus alors réclamer les 10 % de réduction sur le billet aller et retour. Mais ainsi le voyageur conserve une plus grande liberté d'allures, puisqu'il n'est pas lié par un billet de retour, de sorte que celte combinaison est peut-être la plus .avantageuse. On voit donc que la tournée ci-dessus indiquée de soixante et douze jours peut-être accomplie par un voyageur seul pour 2500 à aôOO fr. environ, en prenant les secondes classes des paquebots, et comptant la tournée de Grèce à 400 fr., celle de Syrie de 700 à 800 fr. le séjour à Gonstantinople 300 fr. et en Egypte 500 fr. Le voyage de trois mois et demi (trente-quatre jours en Grèce, trente-deux jours en Syrie) dans les mêmes conditions monterait de 4000 à 4500 fr. — Le voyage simple d'Athènes et de Gonstantinople avec huit jours de séjour en Grèce ei huit jours de séjour à Gonstantinople coûte 1300 fr. en première classe, 1140 fr. en seconde classe et 9uO fr. en troisième classe. Enfin les jeunes gens qui ne s'effrayeraient pas de passer dans la saison chaude quelques nuits en mer à la belle étoile drapés dans une couverture de laine, et de vivre quelques jours de provisions emportées avec eux, n'ont qu*à jeter les yeux sur le tarif des 4** classes de nos paquebots, pour voir que l'Orient est aujourd'hui ouvert à toutes les bourses.
' PRÉPARATION AU VOYAGE. XXIll
Uwi|»]itr le Danube, & TtUer (de Paris à Constantinople 449 fr. 15 c, ^isàn classe, 378 fr. 75 c, combinaison mixte, F. Renieignemenî$ gé^ ■^nv. arec retour par Gorfou et Brindisi, ce Toyage, disons-nous, est an pn^cber, parce qu*on n'a pas le bénéfice de Taller et retour, et que la ^»anùBt ei le logement pendant la route sont en dehors des tarifs des c&eaàB4k fer, m&is on n*a pas l'ennui de faire deux fois le même chemin, «liOD leste plus libre.
$ 1 Préparmtîon an ▼oyage. — Tout voyage, pour être fructueux, deaaide qu'on s'y prépare à l'avance par quelques études préalables. Pour le tarage en Orient, plus que pour tout autre, cette préparation est nécesait, sans quoi le temps et les sommes considérables qu'on y aura consa- :» risquent d*ètre dépensés en pure perte. L'Orient, par ses grands sou- (*mrs, par les grandes scènes de la nature, par la nouveauté et la diventité ^ ses pc^ulatioos, doit inspirer autre chose qu'un attrait de simple curiofili et de pure distraction : le touriste frivole y devient un voyageur sérieu; les longues journées passées sur le Nil, les longues haltes sous la teste loi donnent le loisir d'étudier, et son juste désir doit être de revenir ^'cn pareil voyage avec des connaissances plus étendues, plus approfondies qnM n'en possédait au départ. Enfin l'Orient est encore si peu connu, que tOQte observation consciencieusement recueillie y prend une valeur réelle. ^^ ne laurions trop engager le voyageur à prendre constamment des notes sur les distances, la nature du sol ou de la végétation, les mesures àis monuments, les détails de mœurs qui le frapperaient. Que le simple triste ait l'ambition de se faire écouter à son retour, de répandre les con- '^^i^ances qu'il aura acquises, 11 sera utile non-seulement à lui-même, °*ais ses observations pourront devenir le point de départ des travaux les P'Us sérieux, des découvertes les plus utiles.
U première étude préparatoire que l'on doit recommander au futur voyageur est l'étude des langues. Une teinture, si faible qu'elle fût, des •ugnes orientales serait d'un prix inestimable, mais c'est là une tâche difâcile, et peu de personnes sont aptes à y réussir. La langue italienne est <l'uQ grand secours dans tout l'Orient, c'est la langue courante des Levantùis, des ordres religieux, et quoique le français tende de plus en plus à se répandre, l'italien est encore plus généralement entendu. L'anglais est fort ^^, non qu'on ait occasion de le parler, mais parce qu'un grand nombre des meilleurs livres de voyage que nous possédons sont écrits en cette ^*^t. Enfin, celui qui n'aura pas oublié ses études classiques, pourra, au ^^7«ft du grec ancien, arriver à se familiariser avec le grec moderne.
A c6té des langues, un retour sur ses souvenirs classiques, sur l'histoire des pays q^^ Ton va parcourir, sur les ouvrages des cosmographes de l'an- ^^, des Strabon, des Pausanias, sur les historiens grecs et romains, P^ttt Hn vivement recommandé. C'est la meilleure préparation aux études ^rebiologiqaes que l'on va rencontrer à chaque pas.
^ cété de ces œuvres sérieuses, la lecture préalable de quelques ^^9ges jriUoresques et humoristiques est un enseignement qui n'est pas à ^^daigner, c'est un stimulant qui vous décide à partir, et leurs images ^^fiioent colorées vous apprendront à peindre vous-mêmes. '
Quelques notions d'architecture seront très-profitables au voyageur. Vlfû- ^ de Vart manumenitkl, de M. B&tissier, que nous avons souvent citée.
XXIV INTRODUCTION aÉNÊRALB.
■ fournit à cet égard des renseignements suffisants pour la plupart des tou ristes.
Les observations d'histoire naturelle, utiles dans tous les pays, le son surtout dans les régions encore peu exploitées de TOrient.
Le dessin est un talent précieux que tout le monde ne possède pas, mai cp que l'on peut apprendre, c'est la phittographie. Le simple touriste peut grâce à cet art, rapporter les renseignements les plus précieux pour U science, parce que leur authenticité est incontestable. Les procédés du moulage de M. Lottin de Laval, décrits dans les Archives des missioru scientifiques et littéraires, t. VU, p. 834, permettant de rapporter les sculptures, les bas-reliefs, les inscriptions que Ton aura rencontrés, sont un des talents les plus fructueux que Ton puisse acquérir*. A défaut de ce procédé,
1. Procédé d« moulage de M. Lottin de Laval. — Les objets nécessaires sont : 1* plasiears rames de papier épais, conna dans le commerce soas le nom de gri*' hvAlty coMTonn^ulU ou catré-butlei 12« une terrine; S» un gros pinceau de badigeonneur et une large brosse de sanglier; 4* de la pâte de papier (qu'on trouve dans tous les baxars d'Afrique ou d'Asie)^ 5* de la colle de farine (composée de : farine, 1 litre ; alun de roche, 50 grammes); 6* de la gélatine (de pieds de mouton, de gazelle, ou colle de givet commune; on peut en fabriquer môme dans le désert, avec les restes des animaux qui servent à l'alimentation) ; 7* de la cire jaune ; 8* de rhuile grasse; 9* de la térébenthine. Toutes ces substances se trouvent facilement dans les baxars d'Orient. Le plus important à emporter est le bon papier 6tt/fe.— Pour faire le moulage d'un grand bas-relief, avec saillie considérable, on le mouille à grande eau, puis ou fait détremper le papier dans l'eau pendant so secondes environ, et on le macule fortement (chose très-essentielle). On en superpose 8 à 10 feuilles dans une large terrine ou un plat de fer-blanc; après 30 secondes, on retire la feuille de dessous pour l'appliquer sur le bas-relief, à la partie la plus saillante; on l'étend dans toute sa longueur, avec le moins de plis possible, et l'on tamponne légèrement avec le gros pinceau. Cette opération doit être continuée sur toute la surface du bas-relief, en ayant soin de superposer les feuilles l'une sur l'autre, de façon que la feuille dernière ne couvre que les deux tiers de la première. Quand le bas-relief est recouvert dans toute son étendue, on tamponne de nouveau avec le gros pinceau ou une brosse molle. Des déchirures ont lieu, surtout si ce sont des objets de haut relief; mais ce n'est d'aucune importance : on doit alors couvrir chaque déchirure avec du même papier collé, plié en double ou en triple, puis on prend de la pftte de papier, qu'on déchire par carrés de 30 centimètres, et qu'on plonge en double dans la terrine. Cette p&te absorbe beaucoup d'eau, et on l'applique rapidement sur toute la superficie du bas-relief, puis avec la large brosse de sanglier, en frappant vigoureusement. Si quelque partie saillante du relief se découvre, on ajoute encore du papier et de la pAte, et l'on tamponne avec précaution. S'il se trouve des creux ou des dessous dans le basrelief, appliquex-y hardiment de la pâte, et, avec des ébauchoirs à modeler, poussez-la dans tous les creux, puis, avec les doigts, pétrissez fortement vos contours. Ce travail préparatoire flni, faites sur toute la surface de votre bas-relief une vigoureuse aspersion d!sau> évitant toutefoùd'en introduire par le haut entre te marbre et la pâle, ce qui la ferait se détacher; puis prenez de la colle de fadae trèsculte, délayée avec de l'eau saturée d'alun, et mêlée, au besoin, d'un peu de blanc d'Espagne ; enduisez tout votre bas-relief de ce mastic, et appliquez ensuite une couche générale d'une feuille de papier bulle, en tamponnant fortement. — Cette seconde opération terminée, on le recouvre d'un enduit de gélatine, et on applique une nouvelle couche de papier en tamponnant, et collant bien avec de la colle de pâte les côtes de votre enduit sur la pierre, pour que le vent ne détache pas le moulage si une partie séchait avant l'autre.