‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 289 sur 408 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

ABYSSINIE

6ÉNÉRALITÉS.

S 1. — Situation. Limites. Étendue. — L'Abyssinid est comprise enire « et W de lat. N., 32* et 41* de longit. E. Elle a environ 240 lieueb 1100 kil.) du S. au N», sur une largeur presque égale de 1*0. à i'E. Elle st bornée au N. par la Nubie, à TO. par des pays nègres peu connus, itués sur la dr. du Bahr el-Azraq, au S. 0. et au S. par des régions à peu irès inexplorées, à I'E. par le pays d'Adel et la zone littorale de la mer Vouge. Sa superficie égale au moins les quatre cinquièmes de celle de la •^rance.

§ 2. — Configuration du sol. DiTlsions naturelles. Montagnes, fleuves. Lacs. — « L'Abysslnie, dans son ensemble, dit M. Vivien de ;aint-Hartin, est un vaste plateau dont l'escarpement domine au N. E. et i TE. la plage de la mer Rouge et les plaines du pays d'Adel. Au N. et à '0., il descend en larges gradins vers les plaines de la Nubie. Au S. 0., 1 s'incline vers la vallée du Bahr el-Azraq. Au S., il se prolonge vers les lontrées peu connues de Kâfa et d'Énaréa. »

A mesure qu'on s'élève sur les hauteurs, on rencontre des régions disinctes.Le plateau déjà élevé de 2000 met. sert de base à de hauts somnets dont les cimes atteignent au moins 4500 met. Aussi les Abyssins paruigent-ils leur pays en koUas, basses terres, en degas, hautes terres, et en juàina-degat, terres moyennes. Les degas sont comprises entre 3000 et tôOO met. ; les ouaUiOrdegat, entre 1600 et 3000 met.; et les kollaty sntre 1000 et 1600 met. Les étages successifs du plateau forment autant de rallées superposées et taillées à pic. < Pour bien se faire une idée de l'aspect, pour ainsi dire convulsionné, que présentent ces terrains, dit H. Lefèvre, il faut imaginer au-dessus du premier plateau, un second « puis, supérieurement, un troisième, ce qui rend assez bien la gradation des hauteurs, et couper le système par une foule d'entailles, inégales de profondeur comme de direction, tantôt ne pénétrant pas même la dernière couche, tantôt allant au-dessous de la seconde. En certains lieux, dans le Sémèn et le Ghoa surtout, ces brisures du sol sont si nettes, si droites, qu'elles laissent, pour ainsi dire, au milieu de larges ravins, des espèces dlles inaccessibles. >

Le plateau abyssin, considéré dans son ensemble, s'incline légèrement de TE. à ro. La ligne d'inclinaison est située au sommet de la chaîne qui, jusqu'au 13*5 latit. N., court parallèlement à la mer Ronge. Les rivières ne coulent pas au milieu de larges vallées, constituant des

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bassins divers bien déterminés. Leur lit, généralement formé par une coupure profonde et plus on mçins étroite du roçber, où roulent des eaux torrentueuses, sert plutôt de limite et de barrière entre les diverses contrées du pays, que de moyen de communication. La plus remarquable de ces fissures est celle du TaccaxL Dirigée d'abord du. S., au N., elle court ensuîie de TE. à ro., atteignant dans cette parti.e de apç cours une profondeur de 6 à 700 met. Elle forme ainsi entre le N. et le S. du plateau une limite naturelle qui a été, jusqu'à un cerliaiiLpQint, une limite ethnographique et politique.

La partie du plateau qui est au N. d]u Ta^çazzé jusqu'à Tescarpemeat littoral porte dans son ensemble le nom de Tigré. La partie qui est au S. du Tacazzé jusqu^à la spirale de, VAhbaitsX appelée VAmhara, Au S. 0. de TAbyssinie, l'Abbai forme, à son tour, uns prdfttnde âssure^éublissant une division naturelle entre rAmbara, au N., et le ^od^'ani) au S.

Enfin, on comprend assez communément dans l'Abyssinie la zone littorale resserrée entre la crête du plateau et la mer Rouge, zone ou se trouvent la baie d'Aduhs et le port de Massàouab, mais cette annexion n>st fondée ni au point de vue de la géographie naturelle^ ni au point de vue de Tethnographie.

Montagnes, — Deux massifs de montagnes dominent le plateau : les sKmtagnes du Sémèn, à g. de la coupure du Tacazxé^ et les montagnes du God- ;am, dans Tintérieur de la spirale que décrit PAbbal. Les pics les plus élevés du Sémén sont : le Dêljèm, qui a 4600«mët. de hauteur au-dessus du niveau de la mer^ d'apcès U. Qaknier, atteignant presque la hauteur du moat Blanc; le Silké, VAbba-Yared, le Madja et VAmba-Rxu.

FUuve»» — Nous avons indiqué ci^dessus les deux pcincipanx fteuve» de TAbyssinie, TAbbaî et le Tacazzé. Jnea sources et le cours de TAbbaf pîil Bleu) ont été décrite, p. 687, Le Taoaxzé descend des hauteurs qui ftwment l'escarpement cristal du plateau, coule à TOw, puis au N., puis de nouveau à ro., au fond de la coupure meatlonnée {^ua haut, et, après avoir dépassé les gradins ocoidenta^ qui descendent vers la Nubie, il- perd son nom en se réunissant à l-Atharah (Ajlaboroa des anciens); rivière moins coosidéfable qui a ses sources au voismage du lao Tzana, et qui se jette beauobvp plu» au N. dans le Nil (F. p. 661). Le JT^refr, autre rivière de l'extréraitô N. de TAbyssinie, n'a de remarquable que la singularité de ses disparitions et de ses réapparitions aliematîves, selon les époques de Tanxiés (Vivien de Saisi Martin, ou9. ctlé, p. 8).

Lact. — Le lac .le plus considérable de l'Abyssinie est le lac Tsmna ou l>tmdtfa, formé par une large dépression dans la région du S.; c^est une nappe d*eau de 75 kil. environ de longueur, sur un peu plus de 40 de largeur nu>yenne» son altitude est de 1900 met. eavison au-dessus de la mer Bouge.,

$ 3. — Produits du soL Minôianz. — . Le Tigcé et le Samen présentent des cohes appartenant aux termes les plus divers de la série géologique. Ainsi, MMh Galinier et f erret ont trouvé dans le Tigré : des terrains primaires représentés par des gmniti, desgneiu, des micasMUeê, des prologines et des teUschesteg; des terrains dits de transition, repnsentés par des phifUades, à^grawoackes^ des grès, des ealcaireM, k la limite du T!gv6 et du pays des Talt^s; des terrains secondaires qui paraissent devo»c 6lM rappor-

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