ÉQUIPEMENT DU VOYAGEUR. XXXIII
<^Ga \tïjM§t aux grandes Tilles du littoral, mais une doable sacoche à che- &1 es cuir ou en toile imperméable. On en trouve de fort bien faites, à ^ris, au Ba%ûr du voyage f rue.de la Paix, 25, mais elles ne sont ordinal- .emeot pas assez grandes : il faut donner à chaque poche au moins 50 cenimètres de long sur 40 de large et 30 d'épaisseur, veiller à ce que rentrée je soit pas trop étroite. Une pareille sacoche double tient autant qu'une isaile et contiendra parfaitement l'équipement que nous venons d'énumé- .'ex. On en trouve au besoin aux bazars de Gonstantinople ou du Caire faites le poils dé chameau, très-commodes et à bon marché. Une iélle à Teiifopéenne est fort utile à emporter, car les selles grecques, turques ou arabes >)9t détestables; en a beaucoup de peine à s'y habituer. Pour une femme, la âelle est indispensable, et il faut savoir qu'on aurait beaucoup de peine à &'eQ procurer, même au Caire ou à Gonstantinople, où la carrosserie européezme a pourtant fait de notables progrès.
Nous croyons inutile d'acheter une tente en Europe : ce qu'on pourrait emporter serait nécessairement petit, et tous les drogmans ei^ont à louer d'ioâniment plus vastes et plus commodes. Nous en dirons autant des maeUis, des lits de camp, de la catUine (vaisselle, couvefts de table, etc.]. Les drogmans se chargent de fournir tous ces accessoires. Pour les dames, cependant, ils peuventavoîr leur utilité. Une moustiquaire légère, formée d'une espèce de grand sac de gaze légère, dans lequel on s'introduit par une fente ménagée à la partie moyenne n'est pas une précaution inutile, si l'on doit voyager en été.
Des armes apparentes sont à peu près indispensables, comme maintien, dans un pays où tout le monde est armé. Le revolver est l'arme qui étonne le plus les Orientaux et leur inspire le plus de crainte; malheureusement .1 ne se voit pas de loin; un fusil à deux coups est un porte-respect qui prévient Tattaque. 11 est d'ailleurs utile et agréable, si Ton veut chasser en route, et ajouter quelquefois une pièce de gibier à l'ordinaire très-fade des poulets é tiques de l'Orient. On fera donc bien d'en emporter un d'Europe, mais 11 est inutile de prendre des armes de luxe.
Nous avons recommandé aux voyageurs de se livrer à l'étude; évidemment ce n'est pas sous ce rapport qu'il devront se restreindre, car ils no trouveraient absolument rien en Orient. Que les livres solidement reliés, les cartes collées sur toile, soient'aussi nombreux que possible, les albums, crayons, boîtes de couleurs, bien fournis. Un mètre pour prendre des mesures, une bonne lunette de spectacle, telle que nos bons opticiens en construisent maintenant pour voir à grande distance, une paire de conserves bleues ou un voile de soie bleue sont des objets utiles. Les instruments scientifiques : baromètre, thermomètre, sextant, boussole, etc., les appareils de photographie' nécessiteront un équipement particulier; mais les
I. Pour la photographie, chacun naturellement s'oatillera suivant le procédé qui loi est habitoeU Nous pouvons seulement recommander, d'une manière générale, au voyageur qui ne fait de photographie que pour son usage persbnnel, les procédés à séG (collodion sec, albumine sèche), comme les plus commodes en voyage: ilû dispensent le voyageur d'emporter une tente. Le soir, à Thâtel ou an campement, on sensibilise les plaques qui devront servir le lendemain ; au bout d'une heure elles sont sèches, et peuvent être placées dans les ch&asis fermés, que Ton peat conserver ainsi 3 ou 3 jours. Le soir aussi, on développa les ciichés que Ion
OUEMT II. C
XZXIV INTRODUCTION GÉNÉRALE.
Toyageun, malheureuseiaent peu nombreiu, qoi se livrent à ce genre de tnvauz Mveat d'avance s'organiser chacun suivant sa spécialité. 11 est inutile d'ajouter qu'oo ne doit se charger d'instruments de précision que quand on sait parfaitement les manier.
Un grand nombre de livres sur rorient conseillent d'emporter une grande quantité de caisses de provisions; sucre, riz, vin, légumes conservés, eto. Saul ce dernier article, le voyageur trouvera à acheter à peu près tout en
aura pris sur 1» terrain dans la journée. Nous disoiis le soir, parée qa'ane des difllcaltés principales, en Orient, est de trouver an local suffisamment obscur pour servir de laboratoire photographique. Les chambres d'hétel n'ont pas de volets fermant hermétiquement. Les cabines des bateaux à vapeur et des dahabiMks sont souvent trop mal protégées contre l'invasion de la lumière, pour qu'on puisse y travailler avant la nuit tombée. En attendant ee moment favorable, on pourra travailler dans tous ses campements; mais cela, demande une patience À toute épreuve et une grande persévérance. Dans oes conditions, le bagage photographique se réduit à deux caisses et au pied de llnstrument. Une des caisses, matelasée à l'intérieur, contiendra les produits chimiques, ies bains, la verrerie, etc. Une seconde caisse contiendra la chambre noire, la boite aux objectifs, les glaces préparées, les ustensiles divers, le voile noir pour mettre au point. On fera bien, pour TÉgypte, de faire recouvrir celui-ci de laine blanche sur sa face extérieure : on ne risquera pas ainsi d'étouifer de chaleur pendant que Ton sera, sous le voile, occ^pé à mettre au point. Enfin le pied, ou plutôt le trépied à coulisses qui sert de pied à la chambre noire, devra être enveloppé d*une forte g.ilae de cuir, pour ne pas être expos^ à être brisé, ou à perdre les écrous qui servent à en fixer les pièces. Les caisses doivent être laissées au campement. Le voyageur^ pendant le jour, ne prendra avec lui, sur son cheval ou sur son &ne, que le trépiedsupport et la caisse contenant la chambre noire, les objectifs, le voile et 8 à 10 châssis contenant les plaques sensibles (on n'en peut guère faire davantage en une journée). Quel que soit le volume donné par les ch&ssis (un châssis par épreuve), ils sont préférables à^la 6ofle à escamoter, qui en Orient n*est .pas un préservatif assez sûr contre la lumière. Le soir, on développe et on fixe les épreuves prises >dkns la journée. U va sans dire qu'en voyage on ne doit prendre que les clichés négatifs; les épreuves positives se font au retour. Il faut enfermer ses clichés, à mesure, dans des boites à rainures bien fermées, qu*on entourera de papier noir dès qu'elles seront pleines, et résister énergiquement aux sollicitations des compagnons de voyage qui voudraient les regarder, même le soir & la lampe: sans cette précaution, on risque fort de perdre tout le fruit de son travail, et de ne rai^rter que des clichés détériorés. Les procédeê »tet suffisent pour les monuments et les paysages; le temps de pose, par les procédés les plus sensibles, est d'environ 3 min. 1/2 i 3 min. Quelque éclatant que soit le ciel de l'Orient, la lumière a souvent une teinte jaunâtre qui lui ôte ses qualités photographiques. U faut travailler le malin. Après 3 h. du soir, on obtient difficilement de bonnes épreuves.
Les procédés humidtt seront toujours' supérieurs quand on voudra faire des épreuves véritablement artistiques. Ils ont l'avantage de pouvoir donner des épreuves instantanées et des portraits, mais ils nécessitent une tente noire et un matériel plus considérable.
Laqualtté de l'eau est un point capital en photographie; en Egypte, il n'y a nuUe difficulté : l'eau du Nil est d'une pureté admirable, dès qu'on l'a filtrée pour la débarrasser de son limon. Dans les grandes villes, on pourra trouver de l'eau distillée. Dans beaucoup d'endroits, l'eau de ploie est recueillie dans des citernes. Mais, pour les voyages en Asie, ou au centre de la Grèce et de la Turquie d'Europe, on peut se trouver très-embarrassé, et il est prudent de se munir d'un petit alambio de cuivre pour distiller soi-même son eau.