‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 52 sur 408 · DE MESSINE A HALTE · texte numérisé non relu

DE MESSINE A HALTE

lîê milles marins on 275 kil. — Trajet en 17 h.

An sortir de Messine, le navire fait mute vers le S. Au milieu du détroit, il range à g. la ville de Reggio et la côte sauvage de la Calabre que U lamîère du soleil colore des teintes l«f pias magiques ; â dr. la côte de Sidie, riche de végétation et couronnée de montagnes pittoresques. Après le promontoire et le fort de San Ales- «0 et au-dessus du promontoire de laeraûnay se dresse le colossal Etna,

qui s'élève de 3313 mètres au-dessus de la mer, et dont les pentes supérieures conservent de la neige au cœur de Tété. Rien de plus majestueux que cette superbe montagne ; rien de plus saisissant que les longues coulées de lave noire ou rougeâtre descendant au milieu des vignes qui couvrent sa large base jusqu'à la côte. Ce n'est qu'à une distance assez grande et d'une manière assez confuse que Ton peut apercevoir les blanches constructions de Catane avec ses démeS et ses campaniles. Au delà de Catane, s'étend une côte basse, déserte et sans caractère, qui ne se relève qu'aux approches de Syracuse. C'est assez ordinairement de nuit que l'on parcourt cette route et que l'on passe devant cette ville, qui, vue delà mer, répond peu au grand nom historique qu'elle a conservé. Nous avons vu plus haut (p. 6, b) que sa visite présente cependant un grand intérêt.

Au delà on double le cap Passaro, et l'on reprend la pleine mer jusqu'à l'archipel de Malte. On range à une assez grande distance l'île de Gozzo, pour gagner llle principale ; bientôt on aperçoit la Valette avec son phare et ses blanches fortifications, et l'on ne tarde pas à mouiller dans le port.

MALTE

D4barqo6m«nt. — Sitôt que rentrée est accordée, le navire est entouré d'une quantité de barques portant, peintes à la poupe, les coalenrs de l'Angleterre, et a la proue deux grands yeux qui semblent regarder fixement le voyageur. Dea enfanta et des adolescente, intrépides nageurs, plongent à tout moment autour du navire et des barques pour se disputer cous l'eau quelques pièces de monnaie que leur jettent les voyageurs ( K. pour lea monnaies, tarifs des bateaux et voitures, les Benêeiçnementê généraux à la fin du volume).

A Bon débarquement sur le qciù, l'étranger remarquera tout d'abord les sin* guliéres voitures, eapèMe de gros oa-

MÀLl'â.

[route Î

briolots mauiftj qui eireoleut dans les raes en pente de la Valette. Mais on peat se procurer des voitares plus légères et des cbevanz de selle pour faire des excursions dans TUe. (Pour les hfl^ tels» restaurants, magasins, bateaux à ▼apeuri corretpondanoe , télégraphie électrique, quarantaines, etc., Y, la table des Btmseignunents gêtiéraux à la Un da volume.)

B. aitMlleB. Aa»«ôt fendrais •Umat, prodnotioa, oonmero*, popnUMûa.

• L*ile de Malte, située par 3à« 63' 50^ de latitude N., et 12» 1 1' 6" de longitude £., est placée en quelque sorte sur les limites de rAfrique et de l'Europe. C'est cette position avancée dans un canal étroit qui lui a donné de tout temps une si grande importance au point de vue siraiégique, et qui en a fait la position dominante de la Méditerranée. — Par sa formation et sa constitution géologique, l'archipel de Malte se rattache à la Sicile, dont il a suivi longtemps la destinée politique. L'île principale, Malle, n'a pas plus de 8 milles anglais (13 kil.) de large, 17 milles (27 kil.) de long. £lle compte U8â96 hab., d'après le recensement de 1861, dont 1 16 207 maltais, et 1263 anglais, non compris l'armée, la flotte anglaise et 1126 étrangers, population. considérable pour une île si petite et si pauvre qu'elle peut à peine nourrir le tiers de ses habitants. Aussi estelle obligée de tout demander à l'importation; la misère est extrême, et les Maltais émigrent dans tous les ports de la Méditerranée.

Le premier aspect de Tile de Malte est singulier et peu attrayant. Au delà des fortifications de la capitale, on aperçoit une campagne poudreuse, découpée comme un vaste damier par un nombre infini de clôtures, et couverte de villages aux proportions

1. K. Ualle et le Goste, par M. F. Lacroix, dans l'I^nirert pUloreêque^ Afrique, t. IV. — De Miége, MoUb, 3 toL in-ii«, 1841, l'ouvrage (e plus récent et le plus sérieux sur Malte. i

monumeatales : des xnonUgnes sai arbres, un sol sans verdure, partoi des pierres blanches, qui reilètei le soleil brûlant de l'Afriqtie, et doi le détritus forme un sable fin qi vous aveugle et vous étouife^ yoii Malte.

La température de l'Ile est celle d l'Afrique». En été, le thermomètii marque ordinairement 30* centigr^ et dépasse rarement 35*; en hivex il ne descend presque jamais au-de^ sous de 10*. Les variations de temj pérature sont fréquentes et hrusquc:^ Le vent d'Afrique (scirocco) produil une chaleur accablante et insuppori table^ surtout pendant îles mois d< juillet et d'août. Les vents de N. ej N. 0. amènent une agréable fraîcheur; mais jamais un froid rigoureux.

Malte n'est qu'un rocher calcair^ et argileux. L'argile de Malte a éiç considérée comme douée de proprié^ tés médicinales, surtout celle de ^ grottede Saint- Paul, dont il se fait un assez grand commerce. C'est une terre bolaire, qui se divise très-facilement et a été employée comme fébrifuge, mais ses propriétés à cet égard sont très-problématiques.— La pierre calcaire de Malte n'a pas de consistance ; l'eau de la mer la corrode; elle se laisse tailler avec la plus grande facilité : aussi ^ dans l'île, tout est bâti en pierre de taille. Selon Houei, les roches de l'Ile auraient la singulière propriété de condenser les vapeurs atmosphériques, et de ks laisser filtrer par leurs parties inférieures pour Constituer des sources. La culture du sol est extrêmement remarquable. La terre végétale manque sur un tiers environ de la surface de ri le et elle est remplacée par le roc. Mais souvent le roc recouvre la terre végétale et le cultivateur peut la mettre à nu sans de trop grands efforts . De plus sur un terrain trop inégal, et par cela môme peu susceptible de culture^ il y a souvent des monticules de terre végétale que le paysan n'a qu'à déplacer et à porter autour

[ROGTK 11 COMMBRG£. — POPUIATIOM.

des Tin«,dBTîIhg«s et dés habitations. Gale terre qu'il reeueille arec un somaiBatieiu, il la dispose alors dans desddics creusés dans le rocher, eCeaÊiarésd'aoe petite muraille qui k ntàeai : !e rocher est d'ailleurs amésafépoorrécoalement des eaux.

Oo a pnÉieiKiQ que les liai tais allajcat àiercber la terre jusqu'en Sicile. Cest D&e fable mentionnée par on ÀBénain nommé Robertson, en 17S0, et répétée depuis par plusieurs aditan; Terreur provient sans doute ue ce goe ce voyageur a pris pour ■k ÎM. terre végétale les pouzzolanes Zjt Too importe en assez grande •V-i3Uté pour fabriquer les ciments T^ soot iodispen5ables à la consric^ion des citernes, aqueducs, et ^-^asdes terrasses destinées à receler les eaux pluviales. C'est grâce ^ a prodiges de patience et de tra- ^f<ie le Maltais parvient à récoi- ^'**€ ûié, l'orge^ l'avoine, le cumin, ^ t'èfle, la luzerne, le coton, des léiis^ et des fruits savoureux : les cniiges de Malte jouissent d'une répiuiua méritée, surtout les manda- '^^; OQ les recueille même en hl- ^s% mais elles supportent difficilece-L le transport quand elles sont ^àres : aussi celles qu'on mange en ^^jpe donnent-elles une idée im- >k*ùite de ce que cet admirable fruit ^i''Qttous le ciel de l'ile.

^te produit une race d'ânes très- "^^c, et les petits chiens connus y^ ie nom de bichant. Les chèvres J^t remarquables par l'abondance ^ ^ar lait et la beauté de leur toi- -'^ Elles sont en général blanches; "^ en envoie en Algérie^ à Gonstanti- ^''^i Marseille et ailleurs. Elles se K'^ jusqu'à 100 francs. Les ânes *4&as9oiit connus pour leur taille ^^^r force, et servent à obtenir de ^*i bétes de somme. Ils sont ^nb même pour TAmérique.

•«Oiseaux sont ceux de l'Europe ^^rÀfrique,et surtout les pigeons ^^e*, qui viennent reposer à ''^^iirsailes fatiguées. Leur quan-

tité en a beaucoup dixmhué depuis que le nombre croissant des navires à vapeur leur offre plus souvent en mer un abri temporaire. Les habitants de rtle leur font d'ailleurs une guerre acharnée. Les poissons abondent dans la mer de Malte : les huîtres y sont mauvaises; mais on y trouve en revanche plusieurs coquillages très-délicats. Malte nourrit encore les abeilles, d'où elle a tiré son nom dans l'antiquité.

Le commerce est malheureusement très-restreint; car l'Ile n'a rien à exporter que ses cotons et ses dentelles^ qui, d'une qualité inférieure, ne sont pas admis en Angleterre, et s'écoulent en Italie. Les orai^s, les citrons, les abricots confiR, le licheui le cumin, l'anis et la pierre de construction sont les principaux articles du commerce de Malte. L'importa* tion dépasse donc de beaucoup l'exportation*.

Rien de plus varié que la popula« tlonde Malte. Elle se compose en effet de Maltais proprement dits, qui offrent un contraste frappant avec la colonie anglaise, et d'étrangers de toutes les nations, dont les costumes ne diffèrent pas moins que les moeurs et les manières. Des Turcs, des Arabes, des Tunisiens, des Grecsy avec leurs costumes éclatants et pittoresques, s'y mêlent aux Ëuropôensaux habits sombres et éth-

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