Voici quelques chiffres
£q U6& : importation.... 40 025100 fr.
— exportation.... 37 783100 En 166S : importation.... 462SS0UO
— exportation.... 33112400 En 18S7 : importation.... 159882635
— exportation.... 131410500 L'augmentation pour 1867 provient de
grandes quantités de blés allant en £arope où la récolte avait manqué.
Ces chiffres ne comprennent que les articles soumis i des droits d'entrée, blé, ma\8, orge, farine, léRumes, vins, spiritueux, bière, huile, bœufs, chevaux, mules.
Les tissus, les denrées coloniales» la mercerie, la quincaillerie, les bois de jonslruction, les meubles, la papeterie, etc., n'y sont pas compris.
qués. Les soldats, marins et officiers anglais, aux brillants uniformes, les policemen à la physionomie sévère, attirent surtout les regards au milieu de cette foule bigarrée.
La Maltaise, qui a eu le bon goût de ne pas échanger le costume national contre les modes de Paris, passe enveloppée dans la faldetta^ espèce de domino noir, qui recouvre la tête, les épaules, la taille, et sert en même temps de voile et de masque.
Les Maltaises sont jolies et savent jouer avec ce costume mystérieux, qui peut à volonté découvrir, cacher ou laisser entrevoir des yeux brillants, des cheveux noirs, une figure gracieuse <^ des épaules entourées d*une blancne collerelte. On a beaucoup parlé des mœurs faciles des Maltaises. Il faut certainement faire la part de l'exagération ordinaire des voyageurs en pareille matière.
> Les mœurs, dit le Guide Murray, sont à Malte ce qu'elles peuvent être dans une ville de garnison, sans cesse traversée par les étrangers, et où la population est sans ressource. « 11 faut également tenir compte de Tinfluence du climat, et aussi, dit-on, des traditions de galanterie laissées par les chevaliers. Mais c'est là une sorte de légende. Selon d'autres observateurs compétents, la population est en gé* nérid une des plus sobres, des plus morales et des plus sincèrement religieuses qui existent.
Les Maltais sont, nous l'avons dit, de laborieux cultivateurs; mais ils sont encore plus marchands et navigateurs. Ils émigrent en grand nombre dans tous les ports du Levant, où ils exercent les professions de portefaix, bateliers, interprèles, etc.; mais, dès qu'iis ont amassé un petit pécule, ils reviennent dans leur Ile. Hors de Malte, le Maltais n'étant plus contenu par la rigueur des lois et l'impossibilité d'y échapper dans une ile, devient souvent un criminel redoutable. — La langue maltaise est une espèce de paloi« dont
JMALTE. [ROUTE
l'arabe de Syrie forme la base, t qui a emprunté un certain non de mots aux langues des diffén dominateurs de l'île : mots grecs, liens, allemands, etc. Les Mal s'entendent facilement avec les ] baresques et la plupart des riverj de la Méditerranée. Pourtant il des nuances : s'ils vont en Syrie^ comprennent la langue en ud mi tandis qu'en Barbarie, il leur i trois ou quatre mois. L'écriture cette langue a été perdue, et elle très-diificile à figurer par les écrj res européennes, mais elle .se tr scrit aisément par l'alphabet ara L'abbé Agius et Boisgelin Vaisail Pazavecchia (1845) ont publié cha< une grammaire maltaise. Il n cxj aucune littérature nationaIe,si ce n^ quelques chansons et des proverli Du reste, dans l'île de Malte, ij partie de la population parle Tj lien, et, à la Valette, l'anglais même le français quelquefois.
m. Mtetoir*.
L'île de Malte, ou plutôt celle Gozzo (Gaules), répond, suivant u ancienne opinion, remontant à Cal!
maque et reproduite par Strabon p. 44; VII, p. 299), à l'île d'Ogygi décrite dans V Odyssée comme la d meure de Calypso. Quoi qu'il en s< de cette attribution fort douteuse i la géographie homérique ^ il est c« tain que Malte fut de bonne heuri
1. Homère décrit Tlle fabuleuse de C lypso comme le centre de la mer (o:x9a) igîkàffoni)» Les seules données topo'grj phiques de 1 Odyssée sont les suivante^ Ulysse y aborde ayant été porté hu jours ei huit nuits sur la mer, apH qu'il a échappé a Charybde. Puis quarl il la (juitie, il navigue pendant soizani dix jours et nuits avec un bon ven ayant la grande Ourse a main gauct (c'est-à-dire vers TE.) pour arriver à H des Phéacieus. . Odyssée^ I, r*o, ss ; V, 5 'i58-'i80; XII, 44S.) Si cello-ci doit, comm on le fait communément, être assimila à Corcyre on Corfou, la direction ei assex exacte, mais la distance très-exï gérée. Au reste, Homère parait n'avoir e, sur la partie occidentale de la Méditei
\^RocrE3j
HISTOIRE
vîron ISA lu avant J. C, colonisée
par Jk néâdens qui y ont laissé
des ameats encore existants, et
pÎBS bri, rers 736, selon quelques
himene^ par les Grecs de Sicile,
xaz^dledut le nom de Mélita
(nzJsTs, dKilie, en dialecte dorien) ,
fbà Je oem moderne est dérivé. En
â3&, )& Carthaginois s'emparèrent
d'osé partie de la colonie et la pos-
iè6rtal bientôt tout entière. Prise.
paapefdoe par les Romains, elle no
jesr ^parunt définitivement qu'à
psrtjr de la deuxième guerre puni-
•7» (318 avant J. a). Si les Romains
«B expolièrent les Carthaginois, ils
àn<rijèrent la colonie greoque, et se
rutadièreot par la prospérité qu'ils
ftrsat régner dans Tile. La tradition,
«iôceiHtl avec le texte des ^clea de»
ifkres (chap. xkn), a placé à Malte
> âéàtre du naufrage de saint Paul * .
-eaii les Maltais ont raison d'honorer
nftée qae des ootioDS très-incomplètes, i>Tt'^%aaDt sans douta des récits tres-am- P^^ des narigatenrs phéniciens. (K.
^ la géographie homériqoe. Ukert, vf-jjrapate der GriêChen und Rùmtr^ -; parti, p. 19-SI.)
*■ Uae opinion, qui remonte à Cons-
'^âa ?«rpbyrogénete, vent cependant
P^cr, ion pas à Malte, mai» à llie de
Ueieia, dans rAdnatique, près de Ra-
PM (r. notre tome I, Grèi-e et Turquie
d£i»rope, p. S33), le lieu du naufrage
^ umtFaul. Cette opinion a été parti-
c^remeat défendue par M. Frédéric
Uroii {Maiie et le Gatze, p. 17-iS, dans
«'iwcrt pùtortMque, lie* de l'Afrique],
I^aaeeiifflnlé des raisons, en apparence
^^^pécieosee, pour en démontrer l'exao-
tit«<ic. Mais cette tkèae, déjà réfutée
^» \& même volume (p. il, en note)
"^M. d'Avezac, n'est pas soutenable. En
'-«*f Perreur principale prorient du
*^3t attribué ao nom de mer Adriati-
9^ [Asie iet ApOtrtif xxvii, a?) auquel
f^ aiodemes ont donné le sens res-
''J ût de golfe de Venise ; il est aujour-
V^^&ar^ndamment démontré par le
^*^age des écrivains grecs et ia-
^^i dans l'aDiiqaité, le nom d'A-
^4tHiQe s'a^liquait à ce grand carré
^,^r libre compris entre la Sicile,
r^ et la Tanisîe. à l'O., le Pëlopon-
'***«tlacrèu i I^, l'IiaUe méridio-
'^^t'i{iire ao N., et la c6te d'Afrique
ORir.XT If.
la mémoire de Tapôtre, mais ils vont peut-^tre un peu loin lorsqu'ils montrent la haie où il fit naufrage, la grotte qu'il habita, etc.
A la chute de l'empire romain, Malte fut prise en 434 après J. C.
par les Vandales, et dix ans plus tard par les Goths. Les Grecs du Bas- Empire, sous la conduite de Béli« saire, la reprirent en 583 ; mais elle ne retrouva pas son ancienne prospérité sous le gouvernement corrompu et oppresseur des empereurs de Byzance. En 870, les Sarrasins, appelés par le rebelle Euphèmius et secondés par les indigènes, s'emparèrent de Go220, puis de Malte, et massacrèrent tous ies*i&recs. Ils la reperdirent presque aussitôt; mais ils ne tardèrent pas à la reconquérir.
Leur administration fut sage, humaine et tolérante pour les chrétiens; toutefois, rile devint un re-
au S. L'erreur n'est pas moindre sur la direction attribuée tout gratuitement à la direction du vent Eurociydon (ou EuraquUoa) dont M. F. Lacroix fait un vent du S., identique au sirocco. Le récit des Acteê des Avôtres (xxvii, 7-20) nous montre saint Paul contournant la côte orientale de Crète (cap Salmone), suivant ia côte S. de l'ile, relAchaot au port de Kali-Limene» (près du cap Littinos), puis, entraîné par l'fiuroclydcn de cette côie jusqu'au-a(>9sous de lllot Clauda (aujourd'hui Gavdo, ou Gouo), c'est* à-dire dans la direction de l'E. S. £. L'of»inion des gens du bord était oue le navire courait sur les Syrtes de rAfri-
3ue. Ce n'est pas la direction du golfe e Venise. Considérons d'ailleurs la situation de 111e de Meleta, aitueeprès de Raguse. Comment saint Paul, quittant plus tard Meleta pour se rendre à Rome, toucherait-il à Syracuse, Rhegium et Pouzzoles, ao lieu d'aborder directement a la côte orientale d'itahe, notamment à Urindes ? Tous les autres arguments tombent devantces impossibilité» géographiques. Il faut donc s'en tenir a la tradition ordinaire (K. pour plus de détails: Wiener, BibURtai-WoêxltHitêchy art. Me* lite ; — Conybeare et Howson, the Life of aaifil pQ/ul. t. II, p. 3S1 et suiv.: — i, Smith, thê Voyage aud SkiptcrecK of sainl Paul (Londres, iS4B) ; — Renao, Saint Paul, p. 252 (in-S, Paris, 18C»^.
MALTE
paire de piratée. X^es Normande lai reprirent en 1090| sous le commandement du comte Roger, conquérant de la Sicile, et traitèrent d*abord les Arabes avec douceur; mais ceux-ci, s'étant révoltés en 1120, furent définitivement expulsés.
En 1186, Malte, comme la Sicile, •«chut en héritage à Henri VI« empereur d'Allemagne. Sous cette domination elle fut réduite à la plus extrême misère. Elle passa, en 12S8, aux Français de Charles d*Anjou. Le célèbre complot des Vêpres siciliennes (1282) y fut, dit-on, tramé; mais cette opinion est contestée avec grande autorité par de Miége (ouvrage cité). Toujours est-il que l'île de Malte, après cet événement, resta encore deux ans aux mains des Français. Une bataille navalo sanglante la livra aux Espagnols; toutefois, la citadelle résista encore quelque temps et ne céda qu'aux supplications des Maltais. La domination espagnole acheva la ruine de rtle, qui, alternativement donnée, rendue, mise en gage à des courtisans et à d*auguste8 bâtards, se racheta en 1428 au roi d'Espagne pour se rattacher à la Sicile. Charles-Quint la réunit à ses domaines, et, comprenant son importance stratégique, il la donna aux chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem, qui venaient d'être expulsés de Rhodes par Soliman le Magnifique (1522). Cet ordre militaire', en s'établissant sur ce rocher aride et désolé, allait donner au nom de Malte une gloire immortelle.
Le grand maître Villiers de l'Ile- Adam commença à couvrir l'tle de fortifications et de travaux splendides. Le nouveau siège de l'Ordre fut établi sur la presqu'île du Borgo (depuis Città-Yiltoriosa), dont la pointe sur le grand port fut protégée par le château Saint-Ange. L'Ordre
1. F. dans notre quatrième partie, Syrie, Palestine, les articles Rhodes et Jemsalem, pour les commencements de rhtsM>ire de l'Ordre,
prit part â un si grand nombre d'ex péditions contre les Turcs et les Bar baresques que nous ne pourrions le raconter toutes. Rappebns seulemen qu'il se distingua dans les expédi tiens de Charles-Quint contre Tuni en 1535, et contre Alger en 1536. E] 1551, le corsaire algérien Dragu vint débarquer à Malte : il n'osa as siéger le fort Saint-Ange, menaç Cittâ-Veccbia, et se retira après avoi saccagé Goxzo. On éleva alors le châ teau Saint-Ëlme sur la pointe di mont Sceberras, et le château Saint Michel sur le Borgo. Le grand maîtr la Sangle adieva de fortifier la près qu'Ue qui porte son nom. En 1562 Soliman fit attaquer Malte par un flotte considérable, avec plus d 30 (XX) hommes de débarquement sous les ordres de Moustafa-Pacba Les Barbaresques Dragut et Uassai^ pacha d'Alger, l'appuyèrent chaouj d'une armée. Le grand maître 1 Valette n'avait pas plus de 700 che valiers et de 8000 hommes en toul Le siège dura près de quatre moij et des prodiges de valeur furent a< complis de part et d'autre. Les Turc s'emparèrent du fort Saint-Elme mais tous leurs efforts échouèrei contre le château Saint-Ange, VU la Sangle, et le Borgo, qui prit àl lors le nom de Città-Vittoriota, C fut à la suite de ce siège que 1 grand maître la Valette éleva sur 1 mont Sceberras la ville qui porte se nom. — Plus tard, nous voyons h chevaliers de Malte assister â la bi taille de Lépante, aux différents sU ges de Candie, etc. A l'intérieur, I de Vigoacourt construisit, vers 1611 l'aqueduc qui porte son nom et U fortifications de la Cal le Saint-Pau de Marsa Scirocco, etc. Sous Lascar (1636), l'ingénieur Florian bâtit 1< belles fortifications destinées â prot ger la cité Valette du côté de la terr et donna son nom au faubourg de Floriana. Nicolas Cotoner (1663) 1 élever la vaste enceinte â protéger Cittâ-Vittoriosa, la Sangle et la Bui
[ROCrre 3J HISTOIRE. — ADMINISTRATION.
moU, aÎBSi ^e le fort Ricasoli et le Lazintlnoel de Vilheoa acheva k Floritti, et eoiutruisit les fortifieattûvàport de Mana-Huseetlo et doUarei.
Mus en legird de cette gloire militiin,rhisttHre enregistre avec peine h ^éadeoee de l'Ofdre, sa dureté «renie» sajets maltais, l'esclavage craeiiaqaei il réduisait les prisonfiicn oasalmaiis, et enfin la vie àmèat de ses chevaliers. Aussi TOràitf ifâibli par ses dissensions intotises, ses disputes avec le saintaége, et surtout Taccroissement de Japcissaiiee maritime des différents ââii de TEarope, capables de se pAéffiT désormais eux-mêmes contre les Turcs dégénérés, était-il de- Tem une institution inutile, sans ^ et purement bonori6que, qui, pnrée peu à peu de ses biens en £unpe, se vit réduite, en 1796, à se feodre presque entièrement à Temrereur Paul i-' de Russie.
£q 1198, le ^général Bonaparte, se tadm en Egypte, parut devant ^bke.U grand maître Hompesch, <a loi refusant Tratrée du port, lui ^oonitoQ prétexte pour attaquer ce ^^n^e de gouTemement Le 10 mai , yvmtb débarqua sur tous les points ^ï% et fut appuyée d'ailleurs par ^ Biieontentement des Maltais; le 8^ maître signa une eonverUiofif fù remettait lUlte aux Français, ^«tûnsi que Bonaparte s'empara, ADsooap férir, de cette importante toeresse, et que finit TOrdre de ^\e. U grand maître se retira à ^rieste, les chevaliers se dispersent. Les Français établirent un gou- '^"ttûsat provisoire, avec une muf'ûpaliié. Le général Vaubois fut '^ dans File avec 3000 hommes ; ^^i peine la flotte française s'é- ^yt\k éloignée, que Malte fut bloqaéc |Mr les Napolitains, les Portu- ^ et les Anglais. La population ^'^^iue^ dont ies Français avaient ^^anosement blessé les idées ^^^pfmê en pillant les églises, se
souleva bicn(6ty et les Français se trouvèrent renfermés dans la capitale. Nelson» victorieux à Aboukir, vint en septembre 1799 établir autour de rile le blocus le plus rigoureux.
Continué par L'amiral Keitb, ce blo* eus dura deux ans et un jour, et la garnison française, épuisée par la pénurie la plus complète, essaya vainement de faire sortir le vaisseau le Guillaume Tell et les frégaUs la Diane et la Jwftice pour aller soUici* ter des secours en France. Ces navires furent capturés par les Anglais. Enfin Vaubois capitula le 8 septembre 1800. La garnison sortit avec les honneurs da la guerre et fut reconduite en France. La paix d'Amiens (1802) stipulait le rétablissement de rOrdre de Malte, avec une constitution plus libérale, l'admission des Maltais dans l'Ordre, et garantissait l'indépendance et la neutralité du petit archipel. Le refus d'exécuter cet article du traité, représailles fort justes d'ailleurs opposées par les Anglais à de bien autres infractions commises par Bonaparte <, ralluma, personne ne l'ignore, la guerre européenne. Pendant les guerres de l'Empire, Malte ne fut pas inquiétée. Les traités de 181 & confirmèrent les Anglais dans la possession de cette Ile, qui leur assura, avec Gibraltar, la do- Qiination de la Méditerranée.