‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 55 sur 408 · LA VALETTE · texte numérisé non relu

LA VALETTE

pèce de tafs ritrét, qa'on nomme miraiBRL Cest là que les belles Maluoei Tiennent prendre le frais, ott se djitnire en regardant le^ passua CiBS les rues Reale, Mercante etSut^Locia, la population de Halte « Bmùt sous son aspect le plus P^nsjue. Les boutiques attirent >B^ia regards des étrangers, car eiis offrent an singulier mélange des pnàitsde rorieot, de TlUlie et de Uciniisation britannique. La ville es, éi reste, d'une propreté merveilles:», qai surprend agréablement ^^oa Tient des échelles d'Italie « <2es échelles du Levant : on voit ■iB^lipellee anglaise a passé par là.

&USK. — San Ciawinni (SaintieiadesCheTaliers) est Téglise principe de la ville. Elle fut commencée n là76 sous le grand maître la ^ère, et successivement ornée et ^l^hie par ses successeurs. Elle s'offre rien de remarquable à Textérifor. Sa façade, au fronton triangu- ^n, et flanquée de deux tours ter- Quiées par des clochetons de pierre, ^ d'une simplicité un peu trop nue «<fim style un peu lourd; mais Tin- ^rieor est d'un effet plein de granfieur et de magnificence. « ta pre- Qu^re chose qui arrête la vue, dit M- Théophile Gautier {ConttantinopU, 1 ïol. in-18, 1857, p. 29), c'est une iameose voûte peinte à fresque, qui t^«Qt toute la longueur de la nef.

'^'^^ fresque, malheureusement décorée par le temps, est de Mathias ^^'tt, dit tl CcUabrese, un de ces S^V)ds maitree secondaires qui, s'ils ^ moins de génie, ont quelquefois Pjiu de talent que les princes de ^'tit Ce qu'il y a de science, d'habi- ^té, d'abondance et de ressources ^ cette colossale peinture, est ^ment inimaginable. Chaque divi- ^oa de la voûte renferme un sujet <^ltTie de saint Jean. Ces divisions ^^ soutenues à leurs retombées par ^ groapes de captifs, Sarrasins, ^'^^ chrétiens ou autres, demi-nus ^ coarerts de quelque reste d'ar-

mure brisée, dans des poses humiliées et contraintes, espèces de cariatides barbares bien appropriées au sujet. Toute cette partie de la fresque est pleine de caractère, et brille par une force de couleur qui fait valoir les tons légers de la voûte et fait fuir les ciels à une grande profondeur. En récompense de cette œuvre gigantesque, Matbias Preti eut l'honneur d'être reçu chevalier de l'Ordre, comme le Caravage.... » — Ce qui frappe le plus l'attention après ce plafond, c'est le pavé de l'église quand il n'est pas recouvert d'une toile cirée. C'est une vaste mosaïque de marbres sculptés et incrustés avec un art infini, qui marque les tombeaux de plus de 400 chevaliers. Des inscriptions, des armoiries et des sujets allégoriques sont les motifs principaux de ce remarquable travail. Le maitre-autel, richement orné, est surmonté d'un groupe en marbre, représentant saint Jean baptisant le Christ, et dû au ciseau de Melchior Cafta, sculpteur maltais, un des bons élèves du Bernin. Les chapelles latérales, ornées avec une grande ma* gnificence, appartenaient aux différentes langues qui composaient rOrdre. On remarque : — près de la porte d'entrée, le tombeau, d'un assez mauvais goût, du grand maître.

Zondondari ; — dans les chapelles de la langue d'Espagne (côté droit), ceux du grand maître Manoel de Vilhena et de Nicolas Cottoner, dus au ciseau de Cafia, et décorés d'un assez grand nombre de personnages allégoriques et d'accessoires guerriers; — dans les chapelles de la langue de France (cdté gauche), ceux de Roban, du comte de Beaujolais, frère du roi Louis-Philippe; ce dernier dû au ciseau de Pradier. C'est aussi dans cette chapelle que se trouve la Décollation de saint Jean, un des meilleurs ouvrages de Michel-Ange de Caravage. On raconte qu'un noble romain, ayant insulté ce grand artiste, refusa de lui rendre satisfaction

sous prétexte qu'il était roturier. Caravane Tint à Malte, mérita par 9es peintures le titre de chevalier de Halte, et put alors provoquer en duel son adversaire. — « Une chapelle souterraine, assez fi égligée, contient les sépultures de Villiers de TIle-Adam, de la Valette et autres grands maîtres. Cette crypte n'a rien de xpystédeuz, ni de funèbre.... »

Les autres églises catholiques de la Valette ne méritent pas la visite des étrangers. Nous nous bornerons à mentionner encore Véglise profestante anglaise, construite en 1839 sur un petit square. La façade, de style dorique, est surmontée d'un clo- 1 cher pointu, qui domine le port de Marsa-Musceito.

Édifices publics. — Le Palais des grands mattres s'élève sur la place San-Giorgio; c'est un vaste édifice d'une grande simplicité, et n'ayant de maltais que le vaste mirador qui circule autour de son premier étage.

Il est surmonté d'une tour élevée, ancien observatoire du grand maître Rohan, qui, aujourd'hui, ne sert plus qu'à signaler les navires au large.

On a transporté dans la cour la statue de Neptune, qui était auparavant sur la fontaine de la Porte-Lascaris.

— L'intérieur contient de beaux appartements, qu'il est facile de visiter en s'adressant aux gardiens (pourboire fi pence}. Les salles contiennent des peintures représentant les exploits des chevaliers, ou les portraits des grands maîtres, par Matteo de Lecce, le Trévisan, l'Espagnolet, le Guide, le Calabrais, etc. Un des portraits les plus remarquables est celui du grand maître Vignacourt, par le Caravage. Les portraits de Louis XIV, de Louis XVI, de Georges IV, et de la famille régnante d'Angleterre, avec le trône et ses armoiries, font un contraste singulier avec ces anciennes peintures.

Le Musée des Armures^ contenu dans ce palais, est moins curieux et moins riche en armes turques qu'on

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ne pourrait s'y attendre. Dans ud< armoire au fond, à dr., on verra le armes enlevées au corsaire Dragut L'armure la plus curieuse est celh de Vignacourt, richement incrustée d'or, et qui a servi de modèle au Caravage pour le portrait de ce granc maître. La plupart des armures soni celles des chevaliers. On remarque pourtant quatre grandes coulevrines turques.

La Bibliothèque puhltque et le Mu^ sée, contenant quelques antiquités de Malte et de Gozzo, sont installés dans un bâtiment attenant au palais.

On y remarquera surtout les anciens monuments phéniciens, les statuettes des dieux Cabires trouvées à Crendi (V. p. 27, 6), des vases, des ornements sphériques, ovoïdes, le crâne trouvé à Crendi, des cippes, des ngurines, le candélabre phénicien, pendant de celui qui fut donné au roi Louis XVI par le grand maître de Rohan, et qui se trouve actuellement au Louvre. On sait que c'est diaprés 1rs inscriptions bilingues tracées sur ce candélabre que Barthélémy arriva au déchiffrement définitif de l'écriture phénicienne. — Des verreries phéniciennes et des médailles de même origine. — Quelques objets de sculpture et de plastique égyptienne:

un sarcophage de terre cuite très-analogue à ceux que l'on trouve àAmrit en Phénlcie, un tbalamiphère en l'honneur d'Osiris, une Isis et un Harpocrate en bronze, etc. Une lame d'or, couverte de hiéroglyphes, — enfin une statue grecque d'Hercule thébain (dont la tête manque).

Nous signalerons encore à la Valette : — les anciennes auberges deCastiiie et de France; celles de Provence et d'Auvergne, strada Reale; celles d'ilra^on éld* Allemagne, strada Ponente, etc. C'étaient les lieux de réunion des chevaliers de chaque langue; un des leurs, nommé le Pilier, s'était chargé de recevoir les cotisations; — V Université, bâtie par Rohan; — VHÔpital militaire des hospi'

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tolton ^4» fttr. Hereante); — la ionnr fi Je Tkéd^e, qui sont des constrndttB modernes.

Bm me maison particulière, les saviBb peareot roir une curieuse ijssenpti» phénicienne, stipulant la I>vt àe propriété que les GauUtes (hi^tsats de Gorzo) avaient sur les teo^o de Malte. Cette inscription a ^ n?rodoite dans TouTrage de SefcnEder.

f^xrmcjLTJons et ports. — Les ftrUfutions sont une des principales csrkMités de Malte : il est permis •^Gi &ire le tour entier, sans être ^aqaiété par les sentinelles anglai- ^ Cest d'ailleurs de leurs bastions qa« l'oa peut le mieux étudier la coaâgBration assez compliquée des ?^' Deux tkaies profondes et rami- ^ scmt séparées par la presqu'île ^Sceberras, qui porte la Valette. A ^mrémité de la presquMle s'élève le '^ Saint-Elme, qui croise ses feux ifec eeax du fort RieasoHf pour dé- 'fldre rentrée du Grand Port, et avec ce^xdu fort Tigne^ élevé sur la pointe ^^t, pour défendre l'entrée du portdeXarsa-Muacetto.À peine a-t-on fnachi l'entrée de ce dernier port "î^'oiiToit s'ouvrir, à dr., le bassin <ie [a Qoartntaine^. dominé par l'Ile ^ Lazaret et le fort Manoel, qui ^^^^ ses feux avec les murailles êicTées de la cité Valette et de la ^'OTiaoa. Du côté du Grand Port, la <^lens6 est encore plus formidable.

^ lace de la cité Valette, on rencoatre soccessivement trois pres- ^ttllea et trois ports, gardés par des OflTrages de la plus grande force : le m Jltûuo<t\ le château Saint-Ange ^U« ouvrages de la SangU. Sur le proaontoire du ch&teau Saint-Ange hélerait dans l'antiquité le célèbre ^P^ de Junon« la déesse protectrice ^Carthaginois. Ce temple fut pillé ^ Verres (Cicero, in Verrem, iv et \'* On eo a vu longtebps les sub- '^ODs daos les fossés de la forte- ;*** (7. Ouintinus, Dacriptio Meli-

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