LA VALETTE
mais ces restes ont entière*
ment disparu. Les faubourgs bâtis sur ces presqnlles, le Bourg ou CittA-Vittorioea, la Sangle et le faubourg de Burmola, situé derrière les premiers, sont protégés du côté de la terre par une double enceinte, dont la plus extérieure porte le nom du grand maître Cotoner. Au fond du port, la hauteur du Corradin n'a pas été fortifiée, mais elle est dominée par les bastiQns de la Sangle et de la Floriana '. Enfin, la cité Valette est protégée du côté de la terre par une première enceinte, celle de la Porta-Reale, et, au delà, par une seconde, celle de la Porte des Bombes. Ces immenses fortifications ont été creusées dans le rocher. Leur seul défaut est leur grand développement, qui exige une garnison considérable. Sur les murailles de la cité Valette, du côté du Grand Port, au lieu dit Lower-^BarrachjOh remarque le monument élevé à sir Alexandre Bail : il a la forme d'un temple grec. Un autre monument, représentant un penonnage couché, se voit sur le bastion, à dr. de la Porta-Reale.
Le faubourg de la F/on'ana, situé entre les deux enceintes de fortifications dont nous avons parlé, renferme deux jardintf trop vantés, car ils sont une boniie partie de l'amnée brûlés par le soleil. L'un n'est qu'une allée d'arbres comprise entre deux murs; l'autre s'étend sur les bastions, près de la Forte dee Bombes, On 7 jouit d'une belle vue sur l'intérieur de l'Ile. Le faubourg possède quelques églises et établissements publics peu dignes d'intérêt.
Les faubourgs de BorgOy ou Città^ Vitloriosa^ de la Sangle, ou Isola f et de ButmoUtf ou Cospicua, ne contiennent non plus rien de bien curieux : des couvents et les établissements de la marine. Sur la place Saint-Laurent, à Vittoriosa, on voit
f . Oq a troové eo 1840, sar la colline du Corradin, tes deux entrées et les deux hémicycles d'un temple phénicien analogue i ceux de Grendi (V. ci-après;.
MALTK.
une statue de la Victoire , élevée
en comznémoratioa du siège de 1685.
Il est intéressant de parcourir en
barque les différents ports de la ville.
▼l. ■xoanloiis dam rintërl«nr d« IHe de Malte.
l» DE LA VALETTE A CITTA-VECCUIA.
8 milles 1/4 anglais oa io kil.
On sort de la Valette par la Porta- Reale, et de la Floriana par la Porte des Bombes. Pendant 2 mil. on longe l'aqueduc de Vignacourl, à g. de la route. Du même c^léi on aperçoit le V. de Catal-Kurmi ou Ciità-Pinto, Bientôt Taqueduc franchit la route sur une arcade, qui porte une inscription en rhonneur de Vignacourt; puis il dispafait sous terre. Cet aqueduc a plus de 16 kil. de long. Il vient de la partie de l'île la plus éloignée vers le S. 0. A dr., on laisse plusieurs gros V. dont nous parlerons plus loin.
On traverse le v. de Casaî^HcUtar, où l'on remarque l'église Santa-Maria.
Les trois portes de sa façade sont ornées de fines sculptures, et sur les côtés on voit des pilastres corinthiens dont les chapiteaux sont surmontés de pièces de canon sculptées en pierre.
Gittà-Vecchia, ou NoUbile {Me- Uta des Grecs, Médina des Arabes), est l'ancienne capitale de l'île. Sa situation sur un plateau élevé, ses fortifications, dominées par le palais des grands maîtres et la cathédrale, lui donnent de loin un aspect important, l^n gravissant la côte qui y conduit, on remarque une fontaine sculptée.
La ville, entourée d'une enceinte bastionnée, est déserte. Elle renferme cependant de beaux édifices, entre autres le palais des grands maîtres, le palais de l'évéque, le séminaire et la cathédrale. Cette église est un édifice moderne, assez vaste, de style corinthien, avec deux clochetons audessus de la façade et un dôme. L'intérieur n'a rien de remarquable, mais il est grand. Derrière le maitre-autel se trouve une fresque assez médio-
cre et confuse, représentant le Na frage de saint Pavl, On y voit u figure de saint Paul en relief, de les draperies sont couvertes d'arge plaqué. On remarque enfin dans pavé quelques dalles d'une date i cente, représentant des figures ail goriques bien exécutées, et qui ra pellent le pavé de l'église Saint-Jea
— ce sont les tombeaux des chan( nés de la cathédrale. — On ne dev pas oublier de monter sur la terras élevée de la cathédrale, d'où la v embrasse presque toute l'île de Mali U ne reste aucun vestige du temp grec d'Apollon qui s'élevait à l'e droit où s'étend aujourd'hui la pla de l'Hôtel-de-Ville. La population Città-Vecchia est de 5916 hab. On trouve de bons hôtels si Ton veut résider.
En dehors de Città-Vecchia s'étei le faubourg de Ràbhato, plus peup aujourd'hui que la ville. — On y ^ sitera l'église et la grotte de Sair Paul, et les catacombes. Végîise Saint-Paul^ surmontée d'un dôc élevé, a beaucoup souffert du trei hlement de terre d'octobre 18ô6.
l'intérieur, on remarquera : le table du jaaître-autel, Saint Paul mon par une vipère] il est de Gherar( peintre maltais, 1668, et ne manq pas de valeur; — le Martyre de sai Etienne f par le Calabrcse, bien inf rieur; — une Tête de la Madom delta Grazia, par Sébastiano Corre
— une Madonna di Loretta^ couver d'une robe d'or, avec la figure et 1 mains noires. Cette peinture, d'u époque inconnue, a été, dit-on, ra portée de Rhodes par les cheval iei
Pour descendre dans la Grotte Saint'Paulj il faut traverser la sacr lie de l'église. Cette grotte est cre sée dans la roche calcaire de l'île, divisée en trois parties par des gr les de fer. On y voit une statue ( saint, attribuée au Bemin, mais pi remarquable. Une autre statue t saint Paul, bien supérieure à la pr mière, et due au ciseau de Melchi
[ROÏTTB 3]
EXCURSIONS DANS L'iLE.
€>&, «m un autel voisin. A en croire il légende, saint Paul aurait biMtéwtogrotte pendant trois mois.
On 7 reeacUle Targile fébrifuge dont iKw mas péri é. Bien qu'on en enlève coBtinueUement, la grotte a, <fctHn, k nngulière propriété de ne paisV^sdir.
hsiCÊtêeambes sont près de Féglise àt Sàt-Pkiû; on y est conduit par ieflcristain de cette église. On descod par un couloir et un escalier ^ et étroit dans des galeries plus l^fes, garnies sur les côtés de grot- (a sépokrales de toute grandeur, i^'à celle du plus petit enfant.
Cm salle plus large, soutenue par •^ piliers taillés de la voûte au sol <iaos le même roc, servait d*église.
Od ne sait pas au juste à quelle épo- ^ remontent ces catacombes : p posément à la domination bysantise. Leur étendue est considérable, aùs on a fermé les couloirs principiQX. Des conduits sont ménagés to le sol pour l'écoulement des ^x qne les pierres poreuses de la ^«vte laissent filtrer.
A 1200 met. environ au S. £. de Qtti-Vecchia , près de Kattam-el- («viflit, on peut visiter un hypogée ^^ypftm, formé de 3 chambres cornffiuiiqaant ensemble. La première, à %. ea entrant, est la plus grande et Doore 10 mèU 1/2 de long sur 4 met.
ndfl large; les autres n'ont pas plos de S met. 1/2 de long sur 4 met. U de large. Le plafond est horizon- ^ et toaies les lignes sont droites.
Oii lemarque plusieurs sièges sculptés dans les murailles, et une citerne orrée d'environ 4 met. de côté. Cet ^?P^ parait avoir é(é un lieu de ^fuge et non pas un temple.
Botchftto, à 2 milles (3 kil.) S. 0.
4«Gttà-Vecchia.- En allant de Città- ^«cchia à Boschetto, on rencontre <^>boTd le château de Verdoie, confit par le grand maître de ce nom ^ l&tb. C'est aujourd^n une villa ^ Souverneur. Ce ch&teau est flan- <i^ i ses angles de quatre tours car-
rées, surmontées d'embrasures à canons, qui lui donnent de loin l'aspect d'une forteresse. On descend ensuite dans la petite vallée de Botch«Uo, la seule vallée de Tile véritablement boisée. On y trouve un beau jardin d'orangers et une grotte en caiUoutis, avec un frais bassin. Boschetto est une des promenades favorites des MalUis. Il faut 1 h. 1/2 de voiture pour revenir de Boschetto à la Valette.
2» PARUE OCCroEîïTALK DR L'tLS.
Ben-Gemma, à 3 milles (5 kil.) 0.
de Città-Veccbia. — Une mauvaise route, qu'on peut parcourir à Ane, conduit de l'ancienne capitale au mont Ben-Gemma, le point le plus élevé de l'Ile (18(T met. au-dessus de la mer). Des grottes sépulcrales fort anciennes ont été creusées sur cette montagne : les Maltais les appellent Ghirieri'el'Lhoud (grotte des Juifs, mais ils appliquent le nom de Lhoud à tous les autres cultes inconnus).
Ces tombes sont attribuées aussi généralement aux Phéniciens, et par d'autres antiquaires à l'époque grecque. On en compte une centaine :
elles reçoivent le jour par de petites ouvertures, dont quelques-unes ressemblent de près à une décoration de porte. On pénètre d'abord dans une antichambre, et de là tantôt dans une chambre sépulcrale, tantôt dans un couloir allongé sur lequel s'ouvrent de chaque côté plusieurs chambres contenant chacune un, deux ou trois lits funèbres. Ces chambres semblent avoir été fermées avec soin par une grande dalle encastrée dans la muraille. Les tombeaux qu'elles contiennent sont d'une remarquable exécution.
Grotte de Calypso, à 8 milles (1 3 kil.) N. 0. — Rien dans cette grotte ne répond aux poétiques descriptions d'Homère et de Fénelon. Dans un rocher à pic d'une assez grande élévation, s'ouvre une large fissure horizontale^oiil'on monte par desescaliers.
On trouve alors deux étages de giot^ tes sombres et humides, qui n'offrent nullement Tapparetice d'une demeure agréable. Le prétendu bouduir de la déesse n*est qu'aune chambre que l'é^ lévation de son entrée distingue seule des autres. On n'a aucune raison pour regarder cette grotte plutôt que toute au ire parmi celles que renferme rtle, comme la grotte de Calypso.
Nous avons dit d'ailleurs que, se»
Ion Tancienne opinion de Callimaque reproduite par Strabon (F. p. 16, b), Tanlique Ogygie d'Homère serait plutôt Gozzo que Malte.
Baie de Melleha(à 1 kil.).~L'armée sicilienne qui vint secourir le grand maître la Vallette à la fin du siège de 1565 débarqua dans la baie profonde de Meileha. Une chapelle voisine renferme une image miraculeuse de la Vierge. A peu de distance est Ifar/a, où l'on s'embarque pour passer de Malte à Gozzo.
En revenant à la Valette, ou rencontre, à 2 mil., la CaUe ou Port de Saint-Paul, qui, selon la tradition, aurait été témoin du naufrage de l'apôtre; 2 mil. plus loin, se trouve la Calle des Salines , ou Port ds Benliottarra. Toutes ces baies ont été fortifiées par les chevaliers. On revient ensuite à (4 mil.) CattU-Naseiar, oii se trouvent encore quelques grottes sépulcrales. A 1 mil. au S. , on peut visiter à Casai- Mousta une église nouvelle, bâtie sur le plan du Panthéon de Rome, et dont la grandeur doit surprendre dans un simple vil* lage. Elle a été élevée par les contributions volontaires des Maltais. Casal-tia, Casal-BaUal sont tout à côté, ainsi que Birkircara, qui contient aussi une église assez remarquable.
Le Jardin de San-AnUmiOf ancienne villa des grands maîtres, et actuellement du gouverneur de l'île, est une véritable conquête de l'art sur ce sol aride et pierreux. On y voit de magnifiques orangers : des fontaines et des bassins y entretiennent
MALTK. [aoOTE 3J
une agréable ftratoheur. Dana cesba»^ sins, on remarque des paipyrus,^ Oc rentre à la Valette par la Floriana (3 mil.). -«^ De ce côté de l'Ile, mai^ plus pi^s de la ville, on peut aussi faire le tour du port de la Quarantaine, voir la villa dite le Kremlin, et la baie de Saint-Julien, avec le jardiin de Spinola et quatre villas anglaises.