SECTION I. — GÉOGRAPHIE
$1*. —Tue générale. Iilmites. Étendue. DiTiiions. — L'Egypte, c'est à proprement parler la vallée étroite et sinueuse où coule le Nil^ ^s la cataracte d'Âssouân jusqu'à la mer. Très-resserrée dans sa par- 'ii fiipèrieore (S kîl.), un peu plus spacieuse dans ses parties moyennes (de ^i25 kil.), la vallée du Nil ne se développe en une large plaine qu'à son '•itrémité inliérieure, là où le fleuve, se partageant en deux bras princi- ;i«i, forme ce que, d'après sa ressemblance avec la lettre majuscule de '^phabet Grec A, on a appelé le Delta. Assouàn ou Syène est par 24* 5' 23*^ ^^Ittitttde; la côte du Delta s'étend en moyenne sous le 31* degré 1/2. llntemlleest de 181 lieues de 25 au degré, ou de 831 kilomètres, distance '^^'ooûmiqae ; mais en suivant les contours du fleuve, il y a 318 lïQiien UlSkil.). La vallée du Ntl est partout entourée de déserts. A l'E., jus- -ni'i la mer Rouge, s'étendent des solitudes pierreuses et aciûdentées, que '>a regarde comme appartenant elles-mêmes à l'Egypte : ce sont de larges "^Wteaux montagnevi, divisés seulement par quelques grandes coupures '^'^osTenales, dont les principales sont: celles qui, à la bauteur de Gebel- >:U{lèh et de Rédésiyèh, gagnent la mer Rouge près de l'ancien port de ^nmee; celle» qui de Thèbes et de Kénèh vont aboutir à Kosséir; celles 1<udeSyout, deCheikh-Abbadèh et de Atfièh,vont aboutir aux couvents de Sùnt-Aatoina et de Saintr-Paul; enfin la grande vallée de l'égarement qui <^ ennroDi du Caire va aboutir un peu au S. de Suez. Au N. £., s'étendent t<3piaioesnues de l' isthme de Suez. A l'O., le désert sablonneux du Sahara. lius une dépression qui s'étend du S. au N., sur une direction presque P^èla à celle du Nil, et à quelques journées de marche à l'O. du fleuve, ^ trouvant les oasis (el-Oualûit), qui sont au nombre de trois principales et *«ne&i encore de stations aux caravanes qui arrivent du Darfour dans la ; *^dQ Nil. Les points du Nil les plus rapprochés des ports de la mer ^««e (Kosséir), en sont.à 30 lieues (125 kil.) ; les plus éloignés, à 50 lieues '^l\U kilomètres. La longueur du Delta, depuis la bifurcation du fleuve 1^'à U e6te, est de 43 lieues en Ugne droite, et de 60 en suivant le ^^:ia plus grande larseur de sa base en la prenant depuis Aboukir jus- I ^^'^ Nuse, est de 60.lieuies.
OaiBNT u. 3
En largeur, ou de TO. à l'E., l'Egypte proprement dite s'étend entre le 33* et 34* longitude E. de Paris. Sa superficie est de 29400 kil. carrés c'est presque exactement l'étendue de la Belgique (29455 kil. carrés). M&i une grande partie de l'Egypte ^st recouverte par les sables du désert, et 1; partie cultivée est de 5 millions de feddans, ou 21 000 kil. carrés en y com prenant la surface du Nil et des canaux. La population étant de 5 250 0O4 htb.y la densité de celle-ci est de 178 hab. par kilomètre carré; elle sera.! do 249 hab. par kilomètre carré, si Ton ne tenait compte que des terrains réellement cultivés. La densité de la population, môme avec le chiffre 1< plus bas, est donc supérieure à celle de tous les pays d'Europe (Belgique. 173; Angleterre, 101'; Allemagne, 76;' France, 69). {V . Statistique de VlÉgypte, publiée par le ministère de l'intérieur égyptien, le Caire, 1873. l vol. in-8.)
En dehors de l'Egypte proprement dite, il convient de ranger le Soudan, qui, sous ce nom générique, comprend la Nubie, le Sennaar, le Dongola, leTaka^ le Fazoglou, le Kordofan, et les provinces du Nil Blanc et de Khartoum, ainsi que les rivages de la mer Rouge, de Suez à Massaouah, qui sont réunis aujourd'hui sous la 4ominati(m du gouvernement égyptien.
La superficie totale de toutes les provinces Égyptiennes ci-dessus énumérées, est de 200 000 000 d'hectares environ; 2 500000 hectares seulement sont inondés par les eaux du Nil. Les lacs Menzalèh, Bourlos, Edkô, d'Aboukir et Maréotis pourraient peut-être être desséchés et livrés à la culture, et couvrent une superficie de 500 000 hectares.
La division en haute et basse Egypte est tellement indiquée par la nature même, qu'elle a dû se présenter dès l'origine à la pensée des habitants. On la trouve en usage dans les inscriptions des plus anciens monuments de l'époque pharaonique. Il est moins aisé de dire où en était la séparation précise, car sûrement la désignation de basse Egypte ne s'appliquait pas seulement au Delta, mais aussi à une fraction quelconque de la vallée. Plus tard, le nombre des divisions est porté à trois; on a la basse, la moyenne et la haute Egypte ou Thébaïde, Cette triple division est celle qu'on trouve dans les auteurs grecs et latins de la période romaine, indépendamment de la subdivision en districts (appelés nomes par les Grecs), qui remonte aussi aux plus anciens temps, mais elle n'est pas acceptée par l'administration moderne.
Le gouvernement actuel ne considérant l'Egypte que comme divisée naturellement en deux parties, la haute Egypte et la basse Egypte, a divisé la première en sept provinces, à savoir,
1* à TEst de Damiette :
Celle de Kaloubièh, chef-lieu Benha.
^ iCharkièh, — Zagazig
— Dakalièb, — • Mansourah.
2* Dans le Delta : Menoufièh, — Chibin.
Garbièh, — Tantah.
3* Efitre Rosette et la Chaîne Libyque :
Béhérrah, — Damanhour*
&isèh, ^ Gisèh.
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UUnteÉ^jrpia «si dkv'uéê en sept provinces, eu moudirièhs^ à sayoir :
UproTxnce
de Bénisouef,
chef-lieu Bénieouef
Ftyoum,
Médi net^l-Fftyoum
MiDièh,
Minièh.
Syoul.
Syout.
Girgèh,
Soubag.
Kénèh,
Kénèh.
Rsnèb.
Esnèh.
Qtaeaoe de ces provinces s «on gouverneur, nommé Moudir^ et leurs toiidnrtfions sont sous le direction d'un sous-gouverneur, ou Natir*
Le Caire, Alexandrie, Suez, Ismaîlia, Port-Seîd, Rosette et Demiette ont cbieone leur gouverneur, leur police et même des tribunaux Indépenduits k ceaz des provinces dans lesquelles sont situées ces villes.
Gâtes de la mer Rouge :
Hassaoua,
Souakin^
Tàka.
Le Soudan (administré par un gouverneur général) est divisé en h mou* 4irièhs:
Khartôum, chef-lieu Khartoum.
Dongoia et Berber, — Dongola.
Sennaar et Fazoglou, — Seonaar.
Kordofan, — Kordofan.
Bahr-el-Abiad (fleuve blanc}.
§ 2. «- !■• Hil. — Le Nil, des lacs Nyanza, ou se trouve sa source présua«« depuis les récentes découvertes de Grant et Speke ei du D' Livingstone, juqa'à la mer Méditerranée, coule sur une longueur de 38400 kil. Nous aosioeeuperons dans un chapitre ultérieur des origines équatoriales du Nil, ie ses affluents dans le Soudan, de sa jonction à Khartoum avec le Nil bleu Bahrel-Axrak), qui lui apporte la majeure partie des eaux de l'Abyssinie. De Khartoum, situé à peu près au 30* degré de longitude orientale de I^s, le fleuve court d'abord au N. puis se détourne bientôt à TE. pour déenrc nno large courbe qui embrasse le désert de Bahiouda. De Khartoum à Cbeady le fleuve est navigable. De ce derBîer point à Bl-Kab, il y a trois âUncles. Dans ce trajet, où d'une manière générale il reprend la direction du N., il reçoit à TE. le vaste affluent Atbara (l'antique Astaftoras) qui iû «pporte les eaux du Tigre et de l'Abyssinie septentrionale. Près de Ber- W, il tourne brusquement vers le S. 0. pour décrire une boucle bien plus **ste que la précédente, et qui enveloppe le désert de Korosko. Entre El- Uk et Oam-Deras, le fleuve présente une série de rapides. A Vieux-Don- |oU il reprend sa direotion générale vers le N. On compte sept cataractes estre Oum-Deras et Guérendid. Entre Dalé et Ouady-HaUa, il y en a neuf mtm. La cataracte de Ouady-Halia est celle que Ton nomme la seconde cataracte ou grande cataracte. Cest une série de rapides de deux lieues de ^ et alMolument infranchissables. De Ouady-Halfa à Phylae, le fleuve '^«nt iiavi^le; e( pas^e dç nouveau I VE. du trentième méridieii.
JBntre l'tle de Phile et Assouân s'étend encore une cataracte^ c'ett la pre mière cataracte ou cataracte d'Assouân, au-dessous de laquelle conunenc« l'Egypte proprement dite.
D'Assouan à la mer, le fleuve est régulier et navigable sans interrup tion, avec une pente moyenne de 1 1 c. par kil. entre AssouÀn et le Caire et de 4 c. au plus par kil. entre le Caire el la mer. Entre Kénèh et Souhag il passe de nouveau à TO. du trentième méridien. Entre Syout 6t Minièh, i reprend la direction du N. jusqu'à la tête du Delta.
Nous empruntons à la Statistique de VÉgypte le tableau suivant des alti tûdes des principales stations de la vallée du Nil, depuis Kbartoum jusqu' la mer :