AGRICULTURE. — BOTANIQUE
Le Mtmier donne on fruit vert et gluant^ légume assez agréable et anaogue xa aubergines. Les pattéquet sont abondantes et de bon goût.
Le pM»l, dont on extrait l'opium, se récolte en avril. Le papyrus n*est p!» BtiBsé. Le tabac, le niaîr, le ni et la canne à sucre y ont été naturali- ^ daas les temps modernes. La canne à sucre est cultivée dans plusieurs. ^e de la moyenne et de la haute Egypte. Le gouvernement actuel, a ^«acoiip développé cette culture et introduit les procédés de raffinerie js phis perfectionnés.
]je%fmien se plantent à deux pieds d'intervalle; le plant dura cinq ans. l'eaa de rose du Fayoum est très- renommée.
Ijikennih {Lawsonia inermiSy Linné) est unarbrisseau originaire de I*k^: les anciens le connaissaient sous le nom de eyprus. Ils l'employaient ijiteintare des enveloppes de momies. Des feuilles broyées, ils faisaient & pâte dont ils sa teignaient les ongles en rouge orangé : c'est ce que jss liKmnes d*Orient font encore aujourd'hui.
i^oique la culture et le commerce du hennèh aient été supprimés, on ne ait trop pourquoi, par décision du gouvernement (déc, 1868), on retrouve :«ore assez fréquemment cette plante aux environs même d'Alexandrie, ta'elle embaume de l'odeur pénétrante de ses fleurs.
Bien d'autres cultures avantageuses pourraient prospérer, si le cultivateur y pouvait faire les avances qu'elles exigent.
$ 4. — Botcniqno* — Outre les plantes productives dont nous venons de ^er, nous indiquerons sommairement celles qui peuvent intéresser le Toyageur, soit au point de vue de l'aspect pittoresque du pays, soit au point de vue des études botaniques.
A. l'exception du palmier-dattier {Phœnix daetylifera) qui renferme plus de quinze variétés, depuis celle qui porte des fruits d'un brun rouge, de mis centimètres de longueur, jusqu'à celle qui fournit des dattes de six eentimètres, d*un jaune orangé, assez semblables à des prunes de Sainte- Catherine, l'Egypte compte fort peu de végétaux arborescents. — Le palmier-Doum croit dans la vallée du Nil, à partir de Girgèh. 11 se distingue des autres palmiers par un tronc rameux, qui se divise déjà très-près du sol. Son bois est plus solide, mais son fruit ne se mange pas : l'écorce de celoi-d, présente une saveur analogue à celle du pain d'épices. — Le nopal ou raquette épineuse {Cactus opuntia] avec ses feuilles d'un verl sombre, épaisses de plusieurs doigts, sert dans toute l'Egypte à faire des clôtures semblables i de hautes murailles. C'est un des arbres les plus bizarres et les plus pittoresques de l'Egypte. — Les promenades sont à demi ombragées )ttr le Tamari» orttcuiaia (Vahl.) dont le feuillage gris, plus gris encore par la poussière qu'il ne l'est naturellement, persiste toute l'année, et par VAeaeia (mssiosa) lÀbbekh, qui perd ses feuilles d'avril en juin ; tous les deux ont des troncs tortueux, fort tourmentés, lorsque l'arbre est jeune, par les Yents contraires, qui soufflent, tantôt du N. 0. tantôt du Sud. — Les Jirtfru»<i Famesiana, d'importation étrangère, croissent dans les jardins, où .on les cultive à cause de leurs petites fleurs en capitules sphéroïdes, très-odorants :. ils portent le nom de Gaxièh. — Le Mimosa ou Acacia Nilotica, qui se retrouve Jusqu'au Sénégal, est abondant partout : il produit la gomme arabique, et ressemble beaucoup au précédent, mais ses fleurs n'ont pas d'odeur : le Pftrfettuofiia aeukaia n'est pas rare non plus^ mais il a été évidemment
La tête du Delta était autrefois pltis au S. qu'aujourd'hui. Le palais de Ghoubra, à 5 quarts d*heure au N. duCaire^ en marque à peu près Templaeemeut. Cétaft non Ibin de là, un peu plus bas, que la brancbe Pélusiaque^ la plus orientale de Tancien Delta, se détachait du corps du fleave et tournait au N. N. E. vers Bubaste. Maintenant le Delta commence à la jonction des branches de Rosette et de Damiette, à 4 lieues au-dessous du Caire. Ces deux branches sont actuellement les seules qui soient comptées dans le Delta; leur écartement à la côte est de 33 lieues. Les anciens en énuméraient sept principales. C'étaient, en partant de 1*0.^ la branche Canopique, qui débouchait à Canope, à 16 kil. d'Alexandriej et à 2 kil. S. E. de la bourgade actuelle et des forts d'Aboukir. On l'appelle aujourd'hui le Ma'ddièh ; la Bolbitique, qui est la branche actuelle de Rosette ; la SfbennytiqWf dont on reconnaît encore les traces dans le lac de Bourlos ; la Phatnitique, qui est la branche de Damiette; et enfin la Mendésienne^ la Tanitique SàUique, et la Pélusiaque, trois branches dont les faibles vestiges vont se perdre aujourd'hui dans le lac Menzalëh. Toutes ces branches prenaient leurs noms des villes principales oii elles passaient. La négligence des temps postérieurs ayant laissé se détruire les canaux et les digues, les eaux du fleuve ont abandonné une partie de ces anciennes bouches, et n^ont plus alimenté que les branches de Damiette et de Rosette, qui^ du reste, même dans les anciens temps, semblent avoir été les deux plus considérables. Les grandes lagunes qui bordent !a côte, depuis Alexandrie jusqu'à Péluse, existaient aussi dans les temps anciens, mais avec moins d*exten* sien qu'elles n'en ont pris depuis que les travaux qui les resserraient ont été négligés. La plus grande de ces lagunes, le lac Menxalèh, s'étend sur une longueur de 15 lieues entre Damiette et Péluse.
La largeur du Nil s'évalue à 1200 met. dans la haute et dans la moyenne Egypte; elle est moitié moindre dans le Delta. Depuis Assouàn jusqu'à la mer, il coule paisiblement à travers une plaine unie, recouverte de ses alluvions et légèrement inclinée vers le N.
Les berges du fleuve croissent en élévation à mesure qu'on remonte vers le S. Dans tes parties inférieures du Delta, elles ne sont guère qu'à 2 met. au-dessus des basses eaux. A partir du Caire, elles ont 6 à 7 met., et leur élévation graduelle arrive à 11 met. dans la haute Egypte. 11 faut donc que, dans la haute Egypte, le fleuve, au temps des crues,, s'élève de 20 à 21 coudées (Il à 12 met.), pouf que les eaux franchissent les rives, et de 24 coudées au moins (13 met.), pour qu'on ait une inondation suffisante. Dans l'Egypte moyenne, il faut qùll marque au mékias du Caire
14 coudées (7 met. 56 c), pour qu'il sorte de son lit, et de 16 à 17 coudées (de 8 met. à 9 met. 40 c), pour donner une bonne inondation. Ces chifires ne difl'èrent pas de ceux qu'indiquait Hérodote pour une époque éloignée de nous déjà de 3300 ans. Le niveau de l'inondation s'abaisse à mesure que le lit moins reserré ouvre au fleuve une plus large surface, indépendamment de la masse d'eau que les terrains absorbent. Volney avait déjà très-bien expliqué le fait au ch. m de sa Helation (TÉgypte, toujours bonne à lire, même après les meilleures du si&cle actuel. L'époque où les eaux atteignent la hauteur voulue est une grande fête pour le pays.
Crue du Nil. — Le fleuve croît régulièrement tous les ans depuis le
15 juin jusqu'au 15 octobre, 'et décroît depuis cette époque jusqu'en fé«
LA GHUfi DU NIL. 39
Trier. De fêfrxer en mai, il reste à peu près stationnai re. Ces changements coortHuent, pour ainsi dire, trois saisons régulières en Egypte, on, depuis la ph» haute antiquité, tout ce qui regarde l'agriculture, etc., se règle sur les Tariations du niveau du Nil.
Ua témoin oculaire, l'ingénieur Lebas, qui a transporté à Paris et irtasé sur la place de la Concorde Tobélisque de Loulûor, décrit ainsi respect des entes dans la moyenne Egypte : * L'eau perd d'abord peu à peu sa tnasparence ; on remarque ensuite de légères oscillations. Quelques josn ^irès (vers le milieu de juin), elle prend une teinte verdfttre et la cne devient sensible. Plus tard la couleur passe au rouge foncé, la vitesse da coaranl augmente, et les eaux charrient des masses de mousse. Le BOQfemeot d'ascension a lieu sans trouble, sans agitation, sans produire aacaa boaleversement des terres. Avant que les eaux aient atteint leur Buimum, on ouvre les canaux de dérivation pour faciliter et étendre rîDoiNiati<m. Communément tout le terrain de la plaine n'est pas couvert ptf ks eaux ; les parties laissées à sec s'humectent par infiltration. »
Le principe de la fécondité du Nil est dû au limon qu'il charrie. Ce limon se dépose partie sur le terrain inondé, partie dans le lit du fleuve ; le reste se précipite dans la mer. Les premiers de ces dépôts, ceux de la vallée qui bordent le fleuve, sont visibles et faciles ft constater. Le soi qui vient d'être arrosé est couvert d'une couche de terre noire, à laquelle chaque inondation superpose nécessairement une couche nouvelle. G'e^t on phénomène palpable, que nul ne peut révoquer en doute. Le sol de f'É^ypIe éprouve donc nécessairement un changement séculaire d'éléva* tion. El cependant, d'un antre cdté, comme nous avons la preuve historique, ainsi qu'on l'a vu tout ft l'heure, que depuis Hérodote au moins rien n'est changé dans les conditions eitérieures de l'inondation du sol égyptien, il s'ensuit nécessairement que la hauteur des crues restant la même, le lit du fleuve s'exhausse d'une quantité précisément ou & trèspeu près égale à l'exhaussement de la vallée. On peut discuter sur le plus OQ moins d'épaisseur des dépôts limoneux, et de l'exhaussement qui en résulte ; mais le fait en lui-même est hors de discussion.
On peut d'ailleurs le vérifier par l'observation directe. La base d'un grand nombre de monuments, dans toute la longueur de la vallée du Nil, se trouve aujourd'hui à plusieurs mètres au-dessous du niveau du fleuve. Ainsi les socles qui portent les deux colosses de Memnonj dans la plaine de Kournah à Thèbes, ont presque entièrement disparu sous les couches du limon; ils se trouvent à 5 met. au-dessous du sol actuel, qui cependant n'a pas cessé d'être annuellement inondé. Le temple de Kamak est actuellement inondé tous les ans, et il est à craindre que, si des précautions ne sont prises, et des travaux fkits pour préserver cet admirable monument de l'antiquité, ses fondements ne soient minés peu à peu par les eaux, et sa destruction certaine dans un avenir plus ou moins rapproché. I. Lebas a constaté que si l'édifice voisin des obélisques de Looksor était déblayé des décombres modernes qui l'entourent, il serait couvert aujourdliui par les eaux Jusqu'à une hauteur de 6 met. Les ingénieurs français de l'expédition d'Egypte ont évalué à 126 millim. (4 pouces 1/2) l'exhaussement séculaire du sol par les dépôts du limon. Sir Gardner Wilkinson, dans un travail spécial sur cette question, arrive à un résultat presque