AGRICDLTURB. — PRODUITS DU SOL
«ia état iaotile. Quant I I^ttelttg« lui-même, il «st des plus târiables: éa Mfcs, ébameamc, ânes et chevaux y soht employée, et parfois accdu* V.és es la façon la plus étrange. Entre Alexandrie et le Caire, nous avons «a le kofSe et le chameau attelés de compagnie, nous avons même vu é» cÉannes tnilnées par des fellahs. Li où manquent les soins du lal)OUn^, « rîDoodation du Nil et son limon productif les remplacent. Les terres 4»petitarrirer finondation, on les couvre de limon, comme en Europe 42 ftoBler, et on les arrose par des moyens artificiels. Les bœufs servant à lez* aoovoir les machines i roue pour élever les eaux et arroser la terre. C^ K ponrraity sans les arrosements artificiels, ni cultiver les champs fL isBt andessus de l'inondation, ni se procurer une seconde et une troi- «i^récolte. »
* Les moyens artificiels en ilsage pour i'arrosement sont de deux espèces.
I^pimîer consiste à élever les eaux par le moyen d'une roue à pots qui est
Cl? par nne paire de bœufs. ((Test ce que les Arabes nomment Sokyih, On
rappelle en Syrie i^aoura.) Une de ces machines suffit pour dix feddans,
sais il faut alors dix paires de bœufs.
' Le second moyen est le déUm ou chadouf. C'est nne espèce de grande ttoupe, souvent un simple panier, suspendu entre deux cordes comme me espèce de balançoire : à chaque oscillation l'écoupe s'emplit en rasant 1 mrface de Teau pour se déverser au plus haut point de sa course, dans ^ae rigole disposée A l'avance. Deux hommes, placés de chaque côté, font sottvoir l'appareil, tandis qu'un troisième saisit l'écoupe remplie au pasâge, et la déverse aussitôt dans le conduit dont la pente la répand pinni les rigoles d'arrosage. Le délou le plus simple, marche même avec in seul homme.
• A l'aide de cet appareil si simple, un homme élève l'eau de !2 à 3 mètres. 0 &ut deux délous pour un feddan de terre (qui équivaut environ à 6/10 ■Hiectare). Deux délous, l'un sur l'autre, élèvent l'eau à environ 6 mètres; trois à 9 mètres. On pourrait en mettre à l'infini, mais alors la dépense iépasserait le produit. On n'emploie d'ordinaire que deux délous, l'un audessos de l'antre.
« Cette terre d'égypte produit plusieurs récoltes. La première est la principale. Cette première récolle est produite soit par la culture des terres inondées, qui s'appellent hayady et aussi rdyt, soit par la culture des terres arrosées artificiellement, qui s'appellent nahary ou eharakt. On cultive dans les terres inondées, ou le bayady, les blés, l'orge, les fèves, les lentilles , les pois chicbes, les pois lupins, les trèfles, le fenugrec, le gnilban, le lin, le carthame. Au mois do novembre ou de décembre, ao^itôtque les eaux sont rentrées dans tes canaux, que la terre est décoaverte, mais encore à l'état de boue, lés cultivateurs sèment. Le poids de la semence la fait enfoncer dans la boue. De cette époque aut mois de fériier, mars et avril, elle germe, pousse, croit, mûrit, et devient en état d'être récoltée. Le blé se recueille en mars. La terre a conservé suffisamment d'humidité par l'inondation pour n'avoir plus besoin d'arrosement. Les rosées sont d'ailleurs très-abondantes. Un feddan de terre reçoit un demiHirdeb de blé (l'ardeb est égal à 180 litres], un ardeb d'orge, un ardeb de fèves, un demi de lentilles, un demi de pois chicbes. Un demi-ardeb de lupin produit neuf ou dix fois la semence.... Le trèfle se coupe trente
jours après la semaille ; les deuxième et troisième coupes ont lieu chacu i vingt jours de distance. Le fenugrec s'arrache soixante-<Uz jours api la semaille, le guilban soixante jours; il sert à la nourriture du bœuf, lin s'arrache en mars; on en épare la graine, on fait séjourner ] gerbes vingt jours dans des fosses carrées de 6 mètres de côté sur 1 de pi fondeur, pleines d'eau. Un feddan produit 660 rotls de lin (le rotl va. 445 grammes), et deux ardebs de semence. Le carthame (Carthamus <t^ torum Linné) est indigène de l'Egypte, il donne le safranum, qui sert à teinture. La récolte commence en avril ; elle dure un mois. Le feddan rcx 3 quintaux de safranum (le quintal, kantar, vaut 100 rotls) et trois arde] de semence. On fait de l'huile avec les graines de lin, de carthame, de colz^ de laitue. »
Le dourrah est une sorte de millet; c'est la nourriture du peuple dans ] Nubie et dans la haute Egypte. Cette culture se restreint de plus en plus mesure qu'on s'approche du Caire. Elle donne 240 pour un. La tige s'élèv à dix ou douze pieds. Le rix est cultivé dans divers districts du Delta et ai Kayoum : il rend 18 pour un.
Le coton se sème en mai : le plant dure 2 à 4 ans. Cette culture a pri un grand développement en Egypte lors de la guerre de la sécession dei États-Unis d'Amérique, et a rapporté à cette époque des sommes considé râbles à TÉgypte. Cette prospérité ne s'est malheureusement pas mainte* nue au môme niveau, depuis que les cotons d'Amérique sont revenus sui les marchés européens.
L^ palmier-dattier (Phœnix dcLctylifera linné) abonde; il commence à être productif à quatre ans. Sa floraison a lieu en avril. Indépendamment de la valeur du bois, qui est employé aux constructions, la feuille sert à faire des paniers, ainsi que des cages, etc., des bois de lit, très-légers et très-commodes, appelés kafas^ et des coffres. Quand le bois est exposé à l'air, l'intérieur se durcit. La datte est une fort bonne nourriture. Les meilleures viennent du Sinaî, où l'on en fait une sorte de marmelade enfermée dans de petites outres en parchemin.
Le mûrier prospère mais sa culture n'est pas destinée à se développer, dit-on, parce que les grandes chaleurs de l'été sont nuisible à l'élevage du ver à soie. Les orangers ne sont pas aussi multipliés qu'ils devraient l'être. Mais la variété appelée mandarine (en arabe Youssouf-efendi), trèsrépandue à Alexandrie et au Caire, dans les jardins, donne un bon rendement et commence à être un article très-productif d'exportation en Europe. Il y a quelques oHviert dans le Fayoum. Hormis le palmier, tous ces arbres sont en petite quantité. C'est que l'on coupe et que l'on ne plante pas. On étaye des ruines, on ne les répare jamais. La cochenille, la vigne pourraient prospérer dans ce beau pays. La vigne, autrefois trèsrépandue, est maintenant confinée dans le Fayoum. On a pourtant fait dans le Delta des essais qui réussissent et l'on croit qu'on pourrait les multiplier sur les collines de la chaîne arabique qui borde le Nil. On affirme que, sur les terres non cultivées de l'Egypte, il serait possible de rendre encore 1 million 400000 hectares à la culture. Le gouvernement du Khédive est entré cependant, dans ces dernières années, dans une voie nouvelle d'encouragements sérieux à l'agriculture dont le pays ne peut manquer de ressentir les bons effets.