‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 70 sur 408 · VALLÉE DU NIL · texte numérisé non relu

VALLÉE DU NIL

Nous insbterons surtout pour le moment sur la description 4e la yallée dtt XU dans l'Egypte proprement dite.

Bepuis rendroit où le Nil quitte la Nubie pour entrer en Egypte, en fancîhiffliant les rochers de la première cataracte, à Assouàn (L'antique Syàne), k JleuTe coule dans une vallée trâs-étroîte jusqu'à Esnèh, c'est-à-dire sur use longueur d'environ 40 lieues. Les sommets des deux chaînes qui l'enierrent à dr. et à g. ne sont séparés, au-dessus du Nil, que par un esjaœ de S kil. en moyenne, et sur toute cette longueur, la substniction SI de formation granitique : entre £snèh et le Caire, la formation est calcaire ou de grès tertiaire.

Après £snèh, la vallée s'élargit sensiblement, mais sans guère dépasser 2 lieues ju2»qu*à Kénèh et un peu au delà. Une remarque générale, pour eei preoûères parties de la vallée comme pour les suivantes jusqu'au comffleocenaent du Delta, c'est que la chaîne qui borde le Nil à dr. ou à l'E. fia chaîne arabt^u^, comme on la nomme), serre le fleuve de beaucoup plus presque celle qui court sur la rive g. ou à l'O. (la chaîne libyque), La chaîne arabique continue à s'élever depuis la rive du Nil, où elle forme soaTent de hautes falaises, jusqu'aux rives de la mer Kouge, où elle atteint use hauteur presque double. La chaîne libyque, dont la hauteur dans la nllée du Nil diffère peu de celle de la chaîne arabique, s'abaisse au con« traire rapidement sur son versant occidental^ jusqu'à la dépression des oasis. On peut donc dire que l'Egypte, outre sa pente générale du S. au Xj présente aussi une pente transversale de la mer Rouge jusqu'aux oasis. Le Nil en occupe la partie moyenne, et son niveau est plus élevé que les oasis. A une dizaine de lieues au-dessous de Kénèh, l'écartement de la chaîne libyque devient beaucoup plus considérable qu'il n'a été jusque-là. La vallée prend une largeur de 5 à 6 lieues, qu'elle conserve sans grandes variations jusqu'aux approches du Caire. Cette largeur est presque tout entière sur la gauche du Nil, comme nous venons de le dire. Une dérivation du fleuve, le Bahr-Yousef, qui commence à Farchoùt, à une dizaine de lieues au-dessous de Kénèh, y coule parallèlement au cours principal, et, alimentée par d'autres dérivations successives, se continue ainsi, sur une longueur de plus de 90 lieues, jusque dans le Fayoum. Cette province n'est elle-même qu'une plus large expansion de la vallée du Nil, renfermant un lac d'une douzaine de lieues de longueur (le Birket el-Kéroûn), le seul que possède rÉgypte (sauf les lagunes qui bordent la côte). Ce lac a été longtemps «>nfondu avec le Mœris, qui en était tout à fait distinct, et dont les traces oQt été reconnues de nos jours par M. Linant- Pacha. Du Fayoum part une vallée appelée la vallée du fleuve sans eau, Bahr-béld-md, qui va déboucher alacôte à une quinzaine de lieues à l'O. d'Alexandrie, et que l'on a cru avoir servi d'écoulement au Nil à une époque antérieure à tous les souvenirs historiques. Mais cette opinion a éié reconnue erronée par les explorateurs qui ont récemment examiné cette vallée au point vue géologique. Oq n'y a trouvé aucune trace du limon du Nil, et il est probable que cette dépression n'était qu'un ancien lit de courant sous-marin, à l'époque où toute cette région était submergée par la mer. Une autre vallée, parallèle aa Bahr-bélà-mà et située un peu plus près du Delta, porte le nom de Vàh Ue des Utet de Hatron, Ces lacs fournissent un produit salin sur la composl* Uon et l'exploitation duquel nous reviendrons p. 57.

La tète du Delta était autrefois plus au S. qu'aujourd'hui. Le palais de Choubra, à S quarts d*heure au N. du Caire, en marque à peu près remplacement. C'était non loin de là, un peu plus bas, que la branche Pélusiaque, la plus orientale de l'ancien Delta, se détachait du corps du fleave et tournait au N. N. E. vers Bubaste. Maintenant le Delta commence à la jonction des branches de Rosette et de Damiette, à 4 lieues au-dessoas du Caire. Ces deux branches sont actuellement les seules qui soient comptées dans le Delta; leur écartement à la côte est de 33 lieues. Les anciens en énumëraient sept principales. C'étaient, en partant de 1*0., la branche Canopique, qui débouchait à Canope, à 16 kil. d'Alexandrie, et à 2 kil. S. E. de la bourgade actuelle et des forts d'Aboukrr. On l'appelle aujourd'hui le Ma'ddièh ; la BoWitique, qui est la branche actuelle de Rosette ; la Sébennytique, dont on reconnaît encore les traces dans le lac de Bourlos ; la Phatni^ tique, qui est la branche de Damiette; et enfin la MendétiennejldiTanitique Sàitique, et la Pélutiaque, trois branches dont les faibles vestiges vont se perdre aujourd'hui dans le lac Menzalëh. Toutes ces branches prenaient leurs noms des villes principales où elles passaient. La négligence des temps postérieurs ayant laissé se détruire les canaux et les digues, les eaux du fleuve ont abandonné une partie de ces anciennes bouches, et n*ont plus alimenté que les branches de Damiette et de Rosette, qui, du reste, même dans les anciens temps, semblent avoir été les deux plus considérables. Les grandes lagunes qui bordent !a côte, depuis Alexandrie jusqu'à Péluse, existaient aussi dans les temps anciens, mais avec moins d'extension qu'elles n'en ont pris depuis que les travaux qui les resserraient ont été négligés. La plus grande de ces lagunes, le lac Menzalèh, s'étend sur une longueur de 15 lieues entre Damiette et Péluse.

La largeur du Nil s'évalue à 1200 mhX. dans la haute et dans la moyenne Egypte; elle est moitié moindre dans le Delta. Depuis Assouàn jusqu'à la mer, il coule paisiblement à travers ime plaine unie, recouverte de ses alluvions et légèrement inclinée vers le X

Les berges du fleuve croissent en élévation à mesure qu'on remonte vers le S. Dans les parties inférieures du Delta, elles ne sont guère qu'à 2 met. au-dessus des basses eaux. A partir du Caire, elles ont 6 à 7 mèt.^ et leur élévation graduelle arrive à 1 1 met. dans la haute Egypte. II faut donc que, dans la haute Egypte, le fleuve, au temps des crues^ s'élève de 20 à 21 coudées (II à 12 met.), pour que les eaux franchissent les rives, et de 24 coudées au moins (13 met.), pour qu'on ait une inondation suffisante. Dans l'Egypte moyenne, il faut qu'il marque au mékias du Caire

14 coudées (7 met. 56 c), pour qu'il sorte de son lit, et de 16 à 17 coudées (de 8 met. à 9 met. 40 c), pour donner une bonne inondation. Ces chiflres ne difl'èrent pas de ceux qu'indiquait Hérodote pour une époque éloignée de nous déjà de 3300 ans. Le niveau de l'inondation s'abaisse à mesure que le lit moins reserré ouvre au fleuve une plus large surface, indépendamment de la masse d'eau que les terrains absorbent. Volney avait déjà très-bien expliqué le fait au ch. ni de sa Helaiion d*Égyp(€f toujours bonne à lire, même après les meilleures du siècle actuel. L'époque où les eaux atteignent la hauteur voulue est une grande fête pour le pays.

Crue du ffH* — Le fleuve croît régulièrement tous les ans depuis le

15 juin jusqu'au 15 octobre, 'et décroît depuis cette époque jusqu'en fé-

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