LA CHUB DU NIL
nier. D» février en mai, il reste à peu près stationnaire. Ces changements oQOititBeBt, pour ainsi dire, trois saisons régulières en £gyple, on, depuis il ph» haute antiquité, tout ce qui regarde Tagriculture, etc., se règle sur \a TariatîoQs du niveau du Nil.
ÏÏB tteoin oculaire, Tingénieur Lebas, qui a transporté à Paris et ^Jtssé sur la place de la Concorde l^obélisque de Loulêsor, décrit ainsi r<speeC des croes dans la moyenne Egypte : « L*eau perd d'abord peu à peu A tiaosparenee ; on remarque ensuite de légères oscillations. Quelques jsan aprèn (vers le milieu de juin), elle prend une teinte verdâtre et la en» derient sensible. Plus tard la couleur passe au rouge foncé, la vitesse èa eamot augmente, et les eaux charrient des masses de mousse. Le d'ascension a lieu sans trouble, sans agitation, sans produire bonleversement des terres. Avant que les eaux aient atteint leur Boimum, on ouvre les canaux de dérivation pour faciliter et étendre liaondation. Communément tout le terrain de la plaine n'est pas couvert psr les eaux ; les parties laissées à sec s'humectent par infiltration. >
Le principe de la fécondité du Nil est dû au limon qu'il charrie. Ce iiiQoo se dépose partie sur le terrain inondé, partie dans le lit du fleuve ; !e reste se précipite dans la mer. Les premiers de ces dépôts, ceux de la ▼illée qui bordent le fleuve, sont visibles et faciles à constater. Le sol qui nent d'être arrosé est couvert d'une couche de terre noire, à laquelle chaque isondalion superpose nécessairement une couche nouvelle. Cest lin phéoemène palpable, que nul ne peut révoquer en doute. Le sol de TEgypte éprouve donc nécessairement un changement séculaire d'élévation. Et cependant, d'un autre cété, comme nous avons la preuve hlsto* rique, ainsi qu'on l'a vu tout à l'heure, que depuis Hérodote au moins rien n'est changé dans les conditions extérieures de l'inondation du sol égyptien, il s'ensuit nécessairement que la hauteur des crues restant la Btême, le lit du fleuve s'exhausse d'une quantité précisément ou à trèspeu près égale à l'exhaussement de la vallée. On peut discuter sur le plus oa moins d'épaisseur des dépôts limoneux, et de l'exhaussement qui en résulte ; mais le fait en lui-même est hors de discussion.
On peut d^ailleurs le vérifier par Tobservation directe. La base d'un grand nombre de monuments, dans toute la longueur de la vallée du Nil, se trouve aujourd'hui à plusieurs mètres au-dessous du niveau du fleuve. Ainsi les socles qui portent les deux colosses de Memnon^ dans la plaine de Kournah i Thèbes, ont presque entièrement disparu sous les oooches du limon; ils se trouvent à 5 met au-dessous du sol actuel, qui cependant n'a pas cessé d'être annuellement inondé. Le temple de Karnak est actuellement inondé tous les ans, et il est à craindre que, si des précautions ne sont prises, et des travaux f^its pour préserver cet admirable monument de l'antiquité, ses fondements ne soient minés peu i peu par les eaux, et sa destruction certaine dans un avenir plus ou moins rapproché. M. Lebas a constaté que si l'édifice voisin des obélisques de Lonksor était déblayé des décombres modernes qui l'entourent, il serait couvert aujourd'hui par les eaux jusqu'à une hauteur de 6 met. Les ingénieurs français de l'expédition d'Egypte ont évalué à 126 millim. (4 pouces 1/2) Texhausaement séculaire du sol par les dépôts du limon. Sir Oardner Wilkinson, dans un travail spécial sur celte question, arrive à un résultat presque
bk EGYPTE.
communément dans li haute Egypte^ et dont la piqûre est très-redoutée des feUabs:
Animaux de Vaneienfie Egypte d'après kt monuments. — La faune actuelle de rÉgypte ne diffère de celle des temps antiques que par la disparition de certaines espèces : comme l'hippopotame, répandu dans tout le pays aux temps antiques et qui se maintint jusqu'au zvir s. dans les marais aux environs de Damiette ; Iç lion, qui hantait la lisière du désert et que l'usage des armes à feu a exterminé dans les temps modernes ; le chien hyénoîde {Canis pichis) qu'on ne rencontre plus qu'en Abyasinie ; Foryctérope, sorte de fourmilier, représenté sur les monuments et qui n'existe plus aujourd'hui qu'au Sénégal ou au Gap; enfin l'ibis sacré {TantakuMs)^ qui a complètement disparu de l'Egypte. Aujourd'hui, le crocodile ne se rencontre plus que rarement dans la haute Egypte.
A part ces quelques espèces, les nombreuses scènes de chasse ou de vie rurale retracées sur les parois des tombeaux montrent, dans l'ancienne Egypte, les mêmes animaux qu'aujourd'hui. Les principéux carnassiers y sont déji la hyène, le grand et le petit chacal, dont le premier était appelé loup par les Grecs, l'ichneumon. Plusieurs peintures des tombeaux de Beni> Hassan représentent les mêmes espèces de chauve-souris que l'on rencontre encore actuellement en si grand nombre dans toutes les parties obscures des mines et dans les grottes funéraires, entre autres la plus grande, la roussette. Les espèces de singes auxquelles les Égyptiens attachaient un caractère sacré , et qu'Us élevaient dans certains temples, ne paraissent pas avoir été réellement indigènes du pays; on les tirait des régions du haat Nil, comme les individus des mêmes espèces que montrent aujourd'hui les bateleurs du Caire. Diverses espèces d'antilopes habitaient le désert où on allait les chasser, mais en troupes plus nombreuses que de notre temps. Le bouquetin bedden (Capra sinaitica) se rencontrait, comme aujourd'hui, dans les montagnes entre le Nil et la mer Rouge. Le lièvre était commun dans les campagnes cultivées ; le sanglier, considéré comme un animal impur, dans les marais du Delta.*
Parmi les oiseaux, ceux dont les monuments offrent la représentation la plus fréquente et qui habitent encore tout le pays, sont : le grand vautour fauve, dit vautour de Nubie; le perenoptère; Tépervier; l'aigle; le grand hibou cornu ; la huppe ; l'hirondelle ; l'alouette ; la tourterelle ; l'outarde ; l'autruche, qui dans l'antiquité était abondante dans les parties du désert les plus voisines de la vallée du Nil; le petit héron blanc, dit garde-bœuf; le héron cendré; la grue; la cicogne; le héron ou cigogne; la spatule; le flammant rose; le pluvier armé; le pélican; l'avocette; enfin les nombreuses espèces d'oies et de canards qui pullulent encore aujourd'hui.
Reptiles. — Outre le crocodile, un des animaux sacrés de TÉgypte, le Nil nourrissait la grande tortue ou trionyx, et le ouiran du Nil ou sauvegarde, et le ouaran du désert, qu'Hérodote appelle crocodile terrestre et qui figure sur les monuments. On a aussi quelques représentations du gecko. Les serpents ont toujours été très-multi plies en Egypte; on le^ voit représentés dans les écritures hiéroglyphiques, et sur les sculptures et peintures : on reconnaît surtout le céraste et le serpent urœus ou naya (F. ci-dessus), devenu historique sous le nom d'aspic de Cléopatre, et qui figurait, dans la symbolique sacrée, la dignité royale. — Les grenouilles d'Egypte sont ce-