SECTION II. — HISTOIRE
S 1.— Aperçu général.— Sources de no8 connaissancet historiques sur l'ancienne Egypte ^ — L'histoire de l'ancienne Egypte est restée couverte d'une obscurité profonde, elle n'a été pour les savants qu'un champ de stériles controverses, tant qu'on ne l'a connue que par les notions imparfaites que nous en ont laissées les auteurs grecs et latins. Les récits d'Hérodote et de Diodore de Sicile, la liste des dynasties égyptiennes écrite en grec par le grand prêtre Manéthon, étaient les principales sources d'informations. Quant à l'étude des monuments, ces témoins authentiques qui avaient assisté à l'évolution, au développement et à la décadence du peuple qui nous occupe, et sur lesquels chaque génération avait tracé son histoire en caractères prétendus mystérieux, nul n'y avait songé, les hiéroglyphes n'ayant pas encore livré le secret de leur déchiffrement.
£n retrouvant la clef si longtemps cherchée de la lecture de ces caractères, GhampoUion déchira le voile et remplaça les tâtonnements et les incertitudes par une méthode vraiment scientifique. Grâce à lui, on a pu déchiffer les inscriptions dont les monuments sont couverts, et dans ces inscriptions, on a trouvé, en même temps que la confirmation générale des listes de Manéthon, un guide sûr pour en ressaisir la véritable signification, pour les compléter en beaucoup de points, les rectifier sur une foule de détails, et remonter avec elles jusqu'à l'origine de la monarchie.
Aujourd'hui, les égyptologues possèdent donc trois grandes sources de renseignements qui, contrôlées les unes par les autres, leur ont permis
1. V. pour plus de détails : Mariette-Bey, Aperçu de VBittoire d'Egypte. Pari». 1870, chez Franck. —Henri Brogsch, Histoire tT Egypte, depuis les premiers tem)M de son existence jusqu'à nos jours. l'« partie, l Egypte sous lee roie indigènes. Leipzig, 1859, gr. in-4*. « Fr. Lenormant, Manuel de VHiêt. anc. /'OrtenI, 1. 1, le^ Êgyptienê. Paris, 1888. — Maspero, Hi$L anc. dee peuples de VOrient, Paris 187».
d'arriver à la rérité historique. Ce sont, en commençant par les moins imp«irtanles :
I* Les récits des auteurs grecs et latins;
2* Les Listes de Hanéthon ;
3" Les monuments égyptiens.
î* ÂmUurg greeg et Joitnr. — Bien que les auteurs ne soient pas d*un grand ptC'JUTs au point de yue parement scientifique, Hérodote mérite cependant one grande confiance lorsqu'il décrit les mœurs et les usages des RgyptieQ«. Observateur judicieux et narrateur fidèie, il expose avec une exacti> tjde pleine de charmes les faits intéressants dont il a été témoin pendant un Tojage en Egypte qu'il accomplit vers Tan 4âO avant J. C. ; et Tétude des iBonumenis vient chaque jour donner une nouvelle autorité à ses té- Œe^pages.
L» récits anecdotiques et souvent fabuleux que Diodore de Sicile (8 ans nut J. C.) a entassés au sujet de TÉg^'pte dans les premiers livres de sa tùliùthèque historique fournissent quelques indicalions utiles sur les 3.y;hes et les coutumes des bords du Nil, mais on ne doit les accepter ^'avec une certaine défiance.
Le «avant géographe Strabon (à peu près contemporain du précédent) toyagea en Egypte jusqu'aux cataractes; il compulsa à Alexandrie les ê-rits géographiques d'Ératostbène, d'Hipparque et de Posidonias. Sa Géographie fut le résultat de ses nombreux voyages et de ses lectures; à et té de descriptions géographiques on y trouve des ren<;eignements intéressants sur la religion, les mœurs et les institutions de l'Egypte.
Enfin Plutarque écrivit en l'an 90 après J. C. un traité en grec sur Isis et OsiriS; dont les découvertes de la science confirment en entier les données.
2* ManHhon. — Sous Ptolémée Philadelphe, c'est-à-dire au m* s, avant J. C, Manéthon de Sébennytès, grand prôtre et garde des archives sacrées du temple d'Héliopolis, composa, avec les documents qu'il avait Sf.*u^ la main, une Histoire de VËgypte. Cet ouvrage a malheureusement disparu ; quelques fragments cités par Josèphe dans ses Antiquités juives ^ par Eiisèbe, par Georges le Syncelle, écrivain grec du viii* s., sont tout ce qui nous en reste. Mais la liste de tous les rois, qui se trouvait à la fin de Touvrage de Manéthon, nous a été conservée dans les écrits de quelques c'ironologistes chrétiens qui l'ont reproduite en entier.
Cette liste, qui s'étend depuis le commencement de la monarchie jusqu'à Alexandre, partage en grandes dynasties ou familles royales tous les souverains qui ont régné sur l'Egypte jusqu'à cette époque-là.
L'indication des années du règne, quel({ues rares détails^biographicfues, sont les seuls renseignements qui accompagnent cette nomenclature.
En faisant le total des durées successives de chaque dynastie mentionnée par Manéthon, on arrive au chiffre de ïtOO\ ans avant J. C, date à laquelle
remonterait la fondation de la monarchie égyptienne. Ainsi l'histoire d'Egypte existerait déjà à une époque où elle n'était chez
les autres peuples qu'une suite de traditions et de faits légendaires. Pour expliquer les chiffres de Manéthon, certains auteurs, préoccupés dî
mettre la chronologie égyptienne d'accord avec la chronologie biblique,
ont supposé que l'Egypte avait été, à diverses époques de son histoire, divisée en plusieurs royaumes particuliers, et que les dynasties que Manéthon
OBIKNT II. ^
de ohauXy 0,9, oxyde de fer, 0.2, eau, 9.7.*Berthollet a expliqué .depuis longtemps sa forauti<m par la réaction mutuelle du sel gemme et du carbonate calcaire réduit en poudre fine sous Tinfltience d'une température élevée et d*une humidité permanente. On ne trouve pas, en etfet, de gise* ments de carbonate de soude pur, et partout oîi il se forme du natron, on trouve du eel gemme et du carbonate de chaux. Le natron se forme dans des bassins d'eau douce qui s'imprègnent de sels ; il couvre leurs rives de ses efûorescences^ il grimpe sur tous les ol^otSy notamment sur les ro- .seaux, ei arbrisseaux, qu'il revêt, comme dans nos climats le givre revêt les plantes de fines arborisations. — Les prétendus natrons venant du Sennaar sont principalement composés d'alun et de silice, la produit des lacs amers de l'isthme de Suez est surtout composé de sulfate de soude, de chlorure de sodium et de magnésium. L'absence de carbonate alcalin établit une différenoe considérable entre ces différents sels et le natron véritable.
Les ^produits minéraux ne^forment qu'une partie restreinte des richesses de rÉgypte. On exporte encore les beaux granits de Syène, et depuis trente ans» le beau marbre appelé albâtre oriental, qui vient des environs de Syout et de Kosséir. Les porphyres, les quartz et quelques pierres précieuses sont aussi un objet de commerce.
Le natron a beaucoup perdu de son importance depuis que l'on fabrique en Europe la soude artificielle; cependant son exportation représente encore la majeure partie des produits minéraux de l'Egypte. Le sel marin est exploité sur toute la côte du Delta et dans l'isthme jusqu'à Suez. Le gouvernement a aussi établi huit fabriques de nitre ou salpêtre {Statistique de VÉgyide), — Le charbon fossile manque, et ce produit serait bien précieux dans un pays où le bois est rare, et où l'on emploie comme combustible des mélanges de paille et de fiente d'animaux desséchée.
Les métaux sont rares; cependant des minerais de fer se trouvent dans le Kordofan, le Fazoglou et les environs de Souakim, ainsi que des sables noirs aurifères exploités par les indigènes.
Des mines fort riches en soufre , à Temesèh * ont été concédées, il y a quelques années, à M» le marquis de Bassano. KUes ont même été exploitées, mais des dif acuités survenues entre le concessionnaire et le gouvernement du Khédive ont arrêté les travaux, au grand détriment du pays.
$ 7. — GlimaU. — Vents. — Maladies. — Les pluies sont très-rares dans la haute Egypte, presque nulles dans l'Egypte moyenne. A Alexandrie et dans tout le Delta, elles régnent en décembre et janvier, pour cesser graduellement en février, où elles prennent, pour ainsi dire une forme intermittente : ce sont alors des averses qui reparaissent de dix en dix minutes d'intervalle ; le nuage chargé d'eau vient de la mer, on peut suivre sa course et se ménager un abri dans quelque maison arabe pour le moment où il éclatera. Au Caire, en janvier, quelques grandes averses, qui ne durent jamais tout un jour, transforment en une boue épaisse le sol des rues et des promenades, et c'est tout. 11 en est à peu près de même dans tout le Fayoum.
On s'est demandé si le climat a changé en Egypte depuis que des observations régulières et précises sur la météorologie y ont été faites, et no-