A 975 kil. de Suez, sur la mer Rou^e
CLIMATS. — VBNTS. 59
:ainiiient si les progrès de U culture et les plantations nombreuses laites depuis Je règne de Mébémet-Ali jusqu'à nos jours avaient augmenté la quantité <Hi la fréquence des pluies. En comparant les tables météorologiqoes de rezpéditîon française en Orient avec des observations plus récentes, 00 a %ii que, depuis 1798 jusqu'à présent, il ne s'est pas produit de variation lâea sensible. Le nombre de jours de pluie observés de 1798 à 1800 fUiten moyenne, au Caire, de U à 16 par an. Il était de 12 à 13 on TnnytMie de lB3o à 1839. L^a plantations si nombreuses de Mébémet-Ali ont dépéri sous les règnes suivants, et celles que le Khédive a fait reprendie B0 sont ni assez anciennes, ni assez étendues pour avoir de l'influence. Les ûbsarrmtions météorologiques de l'Observatoire établi par le khédive dan» la plaine de l'Abbassièh, près du Caire, donnent, pour Tannée 1871, le dâSn de 9 jours seulemenL A Alexandrie même, avec de nombreuses piintattem, le voisinage de la mer et du lac Maréotis, la quantité de pluie c'augaieate pas sensiblement ; elle a varié de 226 milUmèU en 1867, et de 334 en 1868^ à lf4 et 73,7 en 1869 et 1870, et à 188 et 283 en 1871 et 1872. U nombre de jours de pluie a été de 22 en 1870, de 44 en 1871 et de 38 en 1872.
A ristbme de Suez, le dévek^ement de la culture depuis dix ans a moins porté sur les artères que sur les plantes proprement dites, aussi nV t-on pas eonataté que les pluies y soient devenues plus fréquentes qu'auparavant, quoiqu'on l'ait prétendu. Toutefois, le climat s'est notablement amélioré ; la température y est devenue plus égale, moins élevée en été, moins basse en biver, et cette modification est attribuée aux infiltrations qui s*éiabiiasent de chaque oété du canal à des distances variables, autant qu'à l'inflaence de la culture elle-même. (F. l'ouvrage du D' Schnepp, Sur U dcnol de PÉgypU, et la Statùtiqu» de VÉgypte, 1873.)
La neige, la gelée bUmobe elle-même, «ont inconnues en Egypte, mais les rosées sont tr軫bondantes de novembre en mars : celui qui voyage à cette époque doit donc se prémunir en conséquence : le sable s'imprègne piofèndément, et l'Arabe nomade profite de ce moment, en décembre et janvier, pour jeter en terre la semence du blé qu'il récoltera en beaux épis mûrs vers le 15 mars : la moisson faite, il va porter plus loin sa tente tissue du poil de ses chameaux, et les espaces naguère verdoyants, couverts de moissons, ne présentent plus qu'un aride désert que le vent recooyre de sables jusqu'à l'année suivante, où la m^me opération, la même moisson hâtive recommencera et donnera des résultats aussi rapides et aussi satisfaisants. En hiver, le thermomètre descend quelquefois, dans la basse Egypte, à 2 on 3 degrés centigrades au*dessus de zéro, mais communément il se maintient à tO et 12. Dans le Séfd on a, en toute saison, une dizaine de degrés de plus. En été, la température monte à 3S et même 38 degrés au Caire, et arrive jusqu'à 46 degrés dans la haute Egypte, le tout à l'ombre. Les eaux croupissantes, les marais du littoral, les eaux détrempées par les inondations, n'ont pas ici, à beaucoup près, les inconvénients qu'ils auraient sous un ciel moins chaud et moins sec; il est cependant indubitable qu'à la suite des inondations le pays n'a pas le môme degré de salubrité que dans le reste de l'année.
En mai, juin, juillet et août, e'est^-dire à l'époque de la crue du Nil, il souffle des vents réguliers du N. et du N. G.; de janvier à mars> ce sont
de se prononcer sur la date absolue à laquelle il remonte. Le doute en pareille matière augmente à mesure que Ton s'éloigne des temps voisins de noire ère, au point que, selon les systèmes, il peut y avoir jusqu'à deux mille ans de différence dans la manière de compter Tâge de la fondation de la monarchie égyptienne. ■ (Mariette, tbidem, p. 125.)
3* Monuments, — La civilisation égyptienne est une de celles qui ont laissé le plus de monuments.
' Sans compter ceux que Ton retrouve en Egypte, en Syrie, en Nubie et dans le Soudan, un grand nombre de capitales de l'Europe ont établi des musées d'art égyptien, et le musée de Boulaq, près du Caire, sous Tbabile direction de M. Mariette, s'est enrichi de toutes les belles recherches de ces derniers temps; de nombreuses fouilles augmentent encore chaque jour ses richesses.
Nous citerons parmi les monuments les plus intéressants :
1* Un papyrus consente au Musée de Turin et renfermant une liste, qui parait un document officiel, de tous les personnages historiques ou fabuleux qui ont régné sur l'Egypte depuis les premiers temps jusqu'à Ramsès II. Chaque nom de roi y est suivi de la durée de son règne, donnant ainsi le total de la durée de chaque dynastie. Malheureusement, ce précieux document n'existe plus qu'à l'état de fragments et a beaucoup perdu de sa valeur, qui serait immense, s'il était complet.
1" La Bibliothèque nationale de Paris possède une petite chambre, dite salle des Ancêtres, sur les paiois de laquelle est représenté Thoutmcs II! faisant des offrandes devant les images de ses ancêtres; mais ici la liste n'est pas continue, un choix a été fait par Thoutmès III parmi ses prédécesseurs, sous rinspiration de motifs que nous ne connaissons pas, et de longs intervalles de temps régnent souvent entre deux noms consécutifs des rois de cette liste.
3' Un monument connu sous le nom de Tahle d'Ahydos, et qui se trouve aujourd'hui dans le Musée Britannique de Londres, rcpréscnie Ranisès II rendant aussi hommage à 50 de ses ancêtres. Malheureusement, plus de 20 noms manquent à la nomenclature; ici, comme dan^^ le cas précédent de grandes lacunes existent, et surtout nous n'en connaissons pas le couimenceraent. Elle a été cependant d'un grand secours à ChampoUion pour le classement des rois de la xvui" dynastie, et à M. Lepsius pour mettre à leur rang respectif les Aménomhàt et les Ousortcsen, et identifier ces rois à la xïi* dynastie de Manéthon; mais son rôle semble devoir se borner là.
4" M. Mariette a découvert à Abydos une seconde table : « Cette seconde table d'AbydoSf prototype du monument de Londres, bien qu'admirablement conservée, n'ajoute pas grand'chose à nos connaissances. Elle nous révèle quelques rois nouveaux; elle nous certifie le classement dynastique de quelques autres; mais elle est loin encore de nous livrer une série régulière et suivie de tous les rois qui ont régné sur l'Egypte, depuis Menés jusqu'à Séti. » (Mariette, ibidem, p. 131.)
5" Des fouilles opérées à Saqqarah par M. Mariette ont fait découvrir un monument très-intéressant dans la tombe d'un prêtre égyptien nomme Tounar-i, qui vivait du temps de Ramsès IL Cinquante-huit rois y sont représentés; mais, bien que des lacunes dans les dynasties y existent comme dans les listes précédentes, le monuvfient de Saqqarah a une utili lO
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immense, surtout parce qu'il nous donne la liste des souverains des six (premières dynasties presque aussi complètes que dans Manéthun.
Tels sont les plus célèbres monuments qui ont servi de bases aux rechcrche> de la science.
S IL Grandes divisions de' l'hiftoire d'Egypte.
X. Mariette, dans son Aperçu de Vhùtoire de VÉgypte publié en 1870, prenant pour point de départ les diverses civilisations qui se sont succédé àui.^ oe pays, divise l'histoire de l'Egypte en trois grandes périodes :
l* Période païenne, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 381 aprèi J. C. (durée totale 5385 ans).
T Période chrétienne, depuis 381 après J. G., époque où l'empereur Théo- <i «e proscrit les anciens dieux et établit officiellement la religion chré- L<>]:De, jiisqu*en 640 apn's J. C. Pendant cette période de 2b9hns, TÉgypte re.ève des empereurs byzantins, dont le siège est à Constantinople.
:r Période musulmane, qui part de la conquête de l'Egypte par les lieu- :«oants de Mahomet (640 ans après J. C.)^ et de l'établissement de Tislam^meen Egypte; cette période dure encore.
Les rois qui ont gouverné Tt^gypte pendant la longue durée de la période païenne sont distingués entre eux par groupes qu'on appelle dynastie». Toutes les dynasties n'ont pas pris la même ville pour capitale; Memphis, Thèbes, Éléphantine et plusieurs autres villes, ont été tour à tour le siège officiel du gouvernement, et les dynasties sont désignées par le nom de la ville qu'elles ont choisie. On a en outre des dynasties éthiopiennes, persanes y grecques et romaines, du nom des peuples conquérants qui ont sojmis VÈgypie. Le nombre total de ces dynasties s'élève à trentequatre.
M. Mariette, poursuivant toujours son système de grandes divisions, répartit les trente-quatre dynasties en cinq grandes époques :
L'Ancien Empire de la i" à la xr dynastie.
Le Moyen Empire de la xi* à la xvin* dynastie.
Le Nouvel Empire de la xviti* à la xxxi*.
L'Egypte sous les Grecs, xxxu' et xxxiii* dynastie.
L'Egypte sous les Romains, xxxiv* dynastie.
Après ces données générales, nous pouvons résumer Thistoire d'Egypte sous la iorme d'un simple tableau chronologique.
§ III. Tableau chronologiipie.