‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 76 sur 408 · X. pAuoDB PAiBMiB. ne<« ont mis horà de discussion. Le pre · texte numérisé non relu

X. pAuoDB PAiBMiB. ne<« ont mis horà de discussion. Le pre

mier, c'est que les Égyptiens originaires, tels qu'on les voit représenté:» sar les monuments, ou mieux encore, tels qu'on les retrouve dans les momies, sont une race blanche, quoique au teint brun, aux cheveux lisses, analogue aux populations berbôresetauxrices primitives deTAsie; elle est très-ditfé rente des races nègres Ixngt' mps douteux ou controversés, que de l'Afrique du Sud. Le second point, les obeerrationa des explorateurs moder^ c'est que la civilisatioa égyptienne a com-

époqvM. — lt'Aiiei«a Empire.

Depois Menés jusqu'à la xi« dynastie.

s^ns parler des époques pnihistori- ■|i«» dout Tétude ne fuit que de cornmencer, et sur lesquels nous reviendrons p]u< loin (Section III). il y a deux points,

souvent la conséquence pir^ un état de langueur prôgrès^We. bontràirement à l'opinion connnune, la pe^ est devenue très-rare en Egypte. Depuis 25 ans, le docteur Burguières-Bey n'en a pas ru un cas au Caire. La syphilis, fréquente chez les Egyptiens, garde un caractère assez constant de bénignité. Les aflections de la peau sont fréquentes, et on observe des cas intéressants chez les mendiants du Caire : la plus commune est la gale, avec les maladies parasitaires. Parmi celles-ci, on voit souvent le Claire ou ver de Médine, qui s'introduit principalement sous la peau des jambes et y constitue un cordon sinueux, dur et douloureux {V. B' Isambert, Sur la pathologie de VÉgyptef Gaxette médicale, 1857, et, pour plus de détails, Griesinger, dans les Arehiven fur physiol. Heilkunde de Vierort, 1853 et 1854).

Le D' Ernest Godard nous a donné dans son livre curieux {Egypte et Palestine, 1 vol. Paris, 1867) une bonne étude sur trois maladies de l'Egypte : l'éléphantiasis des Arabes, la lèpre tuberculeuse et le bouton du Nil. Les deux premières maladies, spéciales aux habiunts du pays , intéressent surtout les médecins et devront être étudiées soit dans les traités spéciaux, soit dans l'excellent ouvrage que nous venons de citer. VéUphantiasis des Âràbeiy commun surtout dans le Delta, se reconnaît à ces hypertrophies monstrueuses, qui, notamment aux membres inférieurs, simulent si bien la jambe dCéléphant. Ce qu'il y a de plus intéressant dans la monographie du D' Godard est relatif à la pathogénie de cette maladie : il a très-bien montré que le développement de ces hypertrophies monstrueuses est dû aux récidives incessantes d'une maladie aiguë' qui procède à la manière d*un érysipèle, et, à là période chronique, par une série de phlébites, qui déterminent d'abord l'œdème mou, puis Tendurcissement progressif du ti^su cellulaire sous-cutané. (V. aussi sur ce sujet une thèse intéressante de Ahmed-Hamdy Mohammed-Aly-Bey, passée à la Faculté de Paris, 1869.)

La lèpre t\û>ereuleu8e s'observe aussi dans le Delta, mais plus spécialement en Syrie. Cette horrible maladie porte aussi le nom d'éléphantiasis des Grecs, mais cette dénomination est regrettable, car elle tend à confondre cette maladie avec la précédente, bien que ces deux affections n'aient entre elles aucun rapport. La lèpre tuberculeuse sembhs être une scroAile maligne^ qui entraîne les déformations les plus hideuses sur les membres, la perte des doigts et des orteils, et ces déformations de la face, avec teinte roussâtre, qui donnent aux malheureux ce qu'on a appelé l'aspect léonin. Nous aurons occasion de revenir sur cette maladie dans la partie de cet ouvrage consacrée à la Palestine. Jérusalem a élevé un asile aux lépreux : ces malheureux sont beaucoup moins nombreux en Egypte.

Le bouton du Nil est une affection qui intéresse beaucoup plus le voyageur, parce qu'il peut en être atteint lui-même, comme Ta été le D' Godard. Cette maladie présente deux formes très-dissemblables, qui devraient même être séparées en deux maladies à part; car elles n'ont de commun qu'une prétendue identité d'origine^ qui ne repose que sur une opinion vulgaire, mais que la science ne semble justifier en aucune façon. L'une, le petit bouton {hamou-el^Nil), est bénigne : c'est une éruption herpétique» sans état général, accompagnée seulement de démangeaisons et d'hypéresthésie cutanée, qui se développe sur le front, le éou, le tronc ou les membres, et qui paraît due à l'usage de 'eau du Nil non filtrée^ ou

SA DfiSCKlPnoK^PAH AlIROU. 68

i ï*»hm» dm excitants» tMê, Uqii6un, etc. Xhk trÉitamènt «Milff (bâîas, purgatifi Mgers) en Tient à bout rapidement. L'autre , le^rtM bouUni {Dim" iMiM-iVtl) très-analogne au bouton d'Alep et de Biskra, est évidemmeiit oonséeutif à an état général, et paraît tenir à Tinobservation des règles hygiéniques propres à ce pays. (V. Iniroduetiim générale). Cette maladie règne surtout an moment de la crue du Nil, et la plupart des étrangers en sont atteints sa bout de quelque séjour en Egypte ; elle est essentleHement endémiqae , propre au pays, et la crue du fleuve ne nous paraît avoir sor elle qu'âne influence saisonnière. Peut-être est-elle une des conditions de racelimatement, car, d'une part on ne Ta qu'une fois, et, d'autre part, 4» lui attribue en général une action dépurative ou préventive d'autres maladies, action que le IK Godard semble admettre jusqu'à un certain point, mais contre laquelle son propre exemple fournirait un argument, car, après en avoir été gravement atteint, lui-même n'a pu échapper à plusieurs maladies qui ont terminé son existence peu de temps après. Quoi qull en soit, le bouton du Nil proprement dit est un ukér9 très-douloureux, qui succède à plusieurs pustules trè»>difformes ; l'ulcère suppure longtemps, et se couvre à plusieurs reprises de croules rebelles; il se termine enfin par une cicatrice brunâtre, déprimée et qui reste longtemps douloureuse. Le traitement en est encore assez mal connu. Le mercure, Hodure de potassium, le fer, le quinquina, les purgatifs sont sans effets; La cautéHs9tioa, les emplAtres phis nuisibles qu'utiles; Uei^'iédàtif» généraux et locaux, les bains, et surtout les bains teolé* prolongés, sont les moyens qui ont procuré au D' Godard le soulagement le plus réel.

Pour résumer cet aperçu général de l'Egypte, nous rapporterons un curieux document des premiers temps de la conquête arabe, encore applicable aujourd'hui : c'est la lettre écrite par Amrou au khalife Omar, qui lui avait demandé une peinture assez exacte et assez vive de l'Egypte pour (|u*tl pât sMmaginer voir de ses propres yeux cette belle contrée. Amrou écrit au khalife (vers 642 ou 643) :

« O prince des fidèles 1 peints-toi un désert aride et une campagne magnifique au milieu de deux montagnes : voilà TÉgypte. Toutes ses productions et toutes -ses richesses, depuis Assouân jusqu'à Mench&, viennent d'un fleuve béni, qui coule avec majesté au milieu du pays. Le moment de la crue et de la retraite de ses eaux est aussi réglé par le cours du soleil et de la lune ; il y a une époque Hne dans l'année où toutes les sources de Tunivers viennent payer à ce roi des fleuves le tribut auquel la Providence les a soumises envers luii Alors les eaux augmentent, sortent de son lit et couvrent toute la surface de TÉgypte pour y déposer un limon productif. Il n*y a plus de communication d'un village à l'autre que par le moyen de barques légères, aussi nombreuses que les feuilles de palmier. Lorsque ensuite arrive le moment où ses eaux cessent d'être nécessaires à la fertilité du sol, le fleuve docile rentre dans les bornes que le Destin lui a pres^ criies, pour laisser recueillir le trésor qu*ii a caché dans le sein de la terre.

m Un peuple protégé du Ciel, et qui, comme rabeille, ne semble ^destiné qu'à travailler pour les autres sans profiter lui-même du fruit de ses sueurs,

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ouvre légèirement les entrailles de U terre, et y dépose des semences dont il attend la fécondité de Celui qui fait croître et mûrir les moissons. Le germe se développe, la tige s'élève, l'épi se forme par le secours d'une rosée qui supplée aux pluies et qui entretient rhumidité féconde dont le sol est pénétré; puis à la plus abondante récolte succède de nouveau la stérilité.

• C'est ainsi, ô prince des fidèles, que TËgypte offre tour à tour Vimage d'un désert poudreux, d'une plaine liquide et argentée, d'un marécage noir et limoneux, d'une ondoyante et verte prairie, d'un parterre orné de fleurs et d'un guéret couvert de moissons dorées. Béni soit le Créateur de tani de merveilles !

« Trois choses, ô prince des fidèles, contribuent essentiellement à la prospérité de l'Egypte et au bonheur de ses habitants : la première, c'est de ne point adopter légèrement des projets enfantés par l'avidité et tendant à accroître l'impôt; la seconde, d'employer le tiers des revenus à l'entre* tien des canaux, des ponts et des digues ; la troisième, de ne lever l'impôt qu'en nature sur les fruits que la terre produit. Salut. ■

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