‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 104 sur 257 · ROUTE 63 CHATBAULIN. — PORT-LAUNAY · texte numérisé non relu

ROUTE 63 CHATBAULIN. — PORT-LAUNAY

Ouant aux ardoisières qui bordonl le canal, elles continuent à être exploitées avec avanUge , et 400 ouvriers environ vivent et font vivre leurs familles de cette industrie.

Port-Launay (hôt. des Paquebots), en breton Milin-Vern^ y. de 944 hab., à 3 kï\. au-dessous de Châteaulin et son véritable port, présente un «uipect animé; des bricks de 100 à 120 tonneaux peuvent y remonter Jusqu'au quai, où se construisent des barques de 40 à .')0 tonneaux. T e cnmmcrcode cabotage y est tloriss.ini et s'élève aDDuellement à 25 ou 30000 tonneaux, consistant principalement en ardoises et en bois. C'est à Port-Launay que se trouve l'embarcadère des bateaux à vapeur pour Brest, auquel des omnibus conduisent do la ville et de la f;are de CliAteaulin ( V. ci-dessous) .

fRxcursion à (10 kil.) Pleybcn et à (2.1 kil.) Chàteauueuf-du-Faou (R. 79).]

De Chaieau!in k Carhaix, R. 79; — à Crozon» k Laiivéoc et à camaret, a. 104.

DE CHATEAUUN A BREST.

A . Par le ohenatn d« r«r.

72 kil. — Chemin de fer en construction.

Une tranchée d'environ 100000 mèt.

cubes conduit de la station à la rivière d'Âulne , que le chomin de fer francbit à 4 kil. en aval de Cbâteauliu (1 kil. de la station) , sur nu viaduc monumental, construit près du moulin de Guily-Glas. Le viaduc de Cuily- GlasMide Pf>rt-!.a}inay , long de 35T mèt., et haut de 49 met. .50 cent, du rail à l'étiage, se compose de 12 arches de 22 mèt. d'ouverture. La voie traverse alors le vallon de Lanvaldic, au moyen d'uu remblai de 150 000 mèt.

cubes, et les faîtes de l'enarstangctde Pcrros, en déblais mesurant ensemble 200 000 mèt. cubes; elle croise la route impériale dans .sa descente au Pont-de-BuiS) cdtoie la Douflne et la traverse au hameau de MeU-nr-Guidy , sur un viaduc mesurant 222 mèt. de longueur et 40 mèt. de hauteur, de-

puis le rail jusqu'au niveau des berges de la rivière.

Le hameau du Pont-de-Buis (à g.

de la voie) renferme une jHmàrerie impériale, qui fabrique annuellement 200000 kilog. de poudre , tant pour la marine que pour le commerce. Au mois de juin 1795, deux chefs de chduaus, Leissègues et Lantivy, s'en emparèrent par un coup de main des plus audacieux.

Les environs du Pont-de-Buis sont peut-être les plus accidentés dr toute la Bretagne; aussi le tracé du chemin de fer décrit des courbes nombreuses pour éviter les remblais et les tranchées que nécessiterait un alignement droit à travers cette multitude de vallons et de collines. La limite des pentes et des ranip»"? s'élève h 12 millim. par met., la limite lalÏTieure du rayon des courbes descend à 500 met. « Hien ne peut peindre, dit M. Polde Courcy, l'aspect varié de ces collines couvertes au printemps d'autant de fleurs que de verdure. Chaque métairie est comme enveloppée dans un petit bois de cerisiers émaiilé de fleurs blanches et rosées, qui font de cette riante campagne un véritable jardin anglais.

Aux mois de juin et de juillet, les routes semblent un marché à fruits.

Des centaines de paysans à pied , à cheval ou en charrette, portent leur récolte au Faou, débouché priucipal des cerises et entrepôt de Brest. »

De l'autre côté de la Doufine, la voie s'infléchit à dr., passe à plus d'un kil. du bourg de Lopérec (2062 hab., à dr.) et croise de nouveau la route de terre près du village de Garsargoff^ où se trouve la station de Quimerclu

^WlQtiimereh, v.de 1777 hab., situé à 3kiL à TE., possède une église du XVI' s., entourée d'ifs séculaires.

La voie ferrée s'élève jusqu'à un faîte de 160 mèt. d'altit., qu'elle traverse dans un tuni^l de 430 mèt.

de longueur et de 40 mèt. sous faite, entre les villages de Coatiscoul et de Neiz-Vrann. Sur le versant N., la nature prend un aspect sauvage

DS NANTES A BBE&l. [ROUTS 6]

et triste : de la crôte des montagnes, on découvre une étendue considérable ds brayèras paraeniées de rochers arides et pelés , de bouquets de houx, et, h ro., la râde de Brest, avec ses côtes dentelées et Tembouchure des rivières (fui y versent leurs eaux. Çàet U s'élèvent de vieux ils, dont les troncs inébranlables ne fié* ohîBsent pas 8ous les Tests les plus furieux. On entre alors, par le S.

dans la sombre forêt de CrannoUj qui étend au loin, sur la rivo dv. de li rivière du Faou, ses chênes et ses hêtres séculaires,

309 kil. Hwwt»''le^Faau» — La • station est établie à 2 kU« au N. E. du ch.-l. de la commune d'Hanvec (3350 hab ), sur le bord de la route du Fnoii à Morlaix, à proximité du v. du yio?/(/ow/iîr. Le bourg d'iianvec, que i on traverse pour se rendre au Faou, a une église en partie du ivi* s. Le ctocher porte la date de 1625 et la croix du cimetière est décorée des armes des Kerliver.

Le Faou (ville du hêtre) , ch.-l.

de cant. de 1271 hab., est assis dans une p<isiliûn riante, à 7 kil. de la station d'Hanvec^ sur un bras de mer, au fcoid de la rade de Brest, Le Faou portait autrefois le titre de vicomté et avait donné son nom à une famille puissante, connue depuis Morvan du Faou, menlionnc en 1031, dans les guerres intestines entre Alain Canbiart et d'autres barons de Bretagne.

Tiphaine, vicomtesse du Faou, épousa, en 1371, Jeandu Ouélennec, et leur dernier descendant, Charles, ayant embrassé le calvinisme, fut tué à la Saint-liartlieleiny, eu 1512, sans laisser de postérité. La maison de Beaumanoir hérita coUatéralement de la seigneurie du Faou, qu'elle transmit par les Guémadeuc aux Richelieu, l'an lfV!G. Aliénée au xvni* s., cette seiKH^'urio futéri^te en marquisat, en 1768, en faveur du lieutenantgénéral liagon de la Gerraisais. En 1595, le comte de la Haignane, capitiine du duo de Mercœur, entra de

nuit au Faou, pilla la ville et, mit à rançon les habitants aisés.

VéjgKsê est pittores^ement située

sur le bord de la grève. L'abside porte la date de 1567 ; le portail fut achevé, d'apKs une inscription, en 1f)93 ; le clocher est de 1628. On remarque dans cette église une litre peinte aux armes mi-parti de Magon • et de la Bourdonnaye-Montluc.

La chapeUe de Saint-Joseph, bâUe à la tôte du pont jeté sur la n?ière du Faou , est un édifice de 1541.

La rivière du Faou sépare ramMu* dissement de Châteaulin de celui de

Brest, dans lequel se trouvent, à S kil. à l'E. du Faou, le bonrcr dn 7îmincnqoly ch.-l. d'une coinrmiiir de f)0:} bah., et son église, but d uu célèbre pèlerinage.

L'église de Rumengol date de 1536> ainsi que le constate une inscription en lettres gothiques fleurennées, tracée sur la façade du clocher. Elle est dédiée à Notre-Damede-Tout-Rcm^de {Rpmed oll , dOù, par altération, Kumengol). « Bàlie à mi-côte et environnée d'ifs séculaires, dit M. Levot (Excursions dans la rade de Brest et ses environs^ Annuaire de Brest, 1866), cette église est pelile, mais élégante de forme et de croportiuns ; son clocher élancé a de la grâce. L'intérieur de i église est d'une richesse d'ornementation qui aurait gagné à ce que rorn'y eût pas été employé avee tant de proAiaiotf»

l es sculptures des autels sont soi- ^'oées, d'un dessin presque toujours pur et correct ; on y voit même des bas-reliefe qu'envierait plus d'une grande église, et qui représentent les Vertus ihéologt^. Des milliers de cierges brûlent sur ces autels, m La maîtresse vhvc de r/t-^lise contient les armes des du uuelennec, écarlelées du Faou, et celles des Kosmadec, écartelées de Poutcroia[.

Près de régliae, se trouve l'antique foniaine sacrée, accessoire obligé

[HOUXfi 6] LE FAOU* ^ RUM^NOOL. -r DAOULÀS.

de tout lieu de pèlerinage, en Bretagne. Les jours de pardon, le peuple ne noanque pas de venir boire de son eau et d'y faire des ablutions, car il attribue toujours h cette eau des vertus miraculcusc'.s. Les f(^tes patronales uu pardous de Runiengul se célèbrent le 35 mare (Annoncîatton), le dimanche de la Trinité, le 15 août (Assomption) et le 8 septembre (Nativité de la Vierge). Le pardon de la Trinité r.st le plus inipoi tant. Il attire, outre lesdt^vuls, un nombre considérable de mendiants, dont on loue souvent les servieds pour accomplir des vœux et gagner des indulgences par procuration. On voit, les jours de pardon, à Ku mongol , tous les costumes du Finistère, et leur variété imprime un aspect tout particulier i la procession qui termine ciiacune de oes fêtes.

« La procession, dit Éiniie Souvestre, sort dê réglite a^fee les bannières, les

croix d'argent et 1rs r -liques portées sur (les brancards par ceux qni en ont acheté le droit. Tous sont vêtus d'aubes ou de ebamises blanches, ceints d'un ruban de couleur vive et portent sur ! i trtc un b nnet de coton blanc. La fuule des tideles se précipite pour toucher ces précieux taliamans, que les porteurs tiennent, àcet effet, îe plus bas possible ; ils sont escortés de gardes, costumes comme eux, et qui frappent du p0n'ba$ ceux qui ne sHnelineot pas assez vite. A la suitii <ies reli(juos on porie assez ordinuiremt-'nt des saints sculptés, placés au bout de bâtons coloriés; enfin uns multitade d'enfants précèdent et accompagnent la procession avec de petites clochettes, qu'ils agitent de toutes ieurs forces.

« Le soir, quand les tentes sont replisss, que les .^tom^nirs sont partis; lorsque le silence et la nuit ont repris possession de la plaine que foulall peu auparavant une multitude bruyants, Iss mendiants se réunissent par groupes auprès des feux d'ajonc qu ils aitument. Alors c'est un speetaels dont aucune parole ne peut rendre la fantastique magie que celui de ces trois cnnts déguenillés assis autour de leur foyer en plein vent. On dirait ùn campement de Bohèmes do moyen flge. Ils sont 1;\, accroupis sur leurs lonfîs bAtons, leurs besaces à leurs pieds, comnie des

Ames en ftSt» qof ssrsleat vsuoes s'ss»

seoir autour de brasiers délaissés. Par instants, un jet de flammes éclaire ces visages grimaçants, hagards ou stupides, marqués an coin du vice eu des misères humaines; puis une rafaîe étfùnt les feux qui ram|)ênt en tournoyant, et l'on n'a-

Serçoit plus que des ombres qui s'agitent ans des ténèbres visibles. Alors tout brait meurt; les trois cents mendiants, couches sur la terre, ont oublié leurs peines aussi profondément que s'ils dormuent dans nu cercueil. La plaine apparaît de nouTeau unie, solitaire et silencieuse, et Von entre» voit seulement le clocher de Hunaengoi, qui se dresse au milieu des arbres comme un fantôme, et la grande croix du cimetière qui projette son ombro sur ies pierres blanches des tombeaux. »

A 5 ou û kil. de la station d'Hanvecle-Fa(m, prés du petit vilbige de KerdadiCf le chemin île fer, décri> vant iiiHi frrande courbe sur la g,, atteint l'un des affluents de la rivière de Danulas, qu'il rnioie jusqu'à Guernhémery, où se trouve la station de Daouias.

319 kil. Daovlai , eb.-L de eant.

de 1315 hab., à 1 kil. de la statioa et à Tembouchure d'une rivièro où peuvent aborder les barques de 40 4 ^0 tonneaux, est unf> ancienne chAtellenie successivement posstdéo par les maisons de Léon et de Rohan.

L'origine de Daoulas n^est ooootie que par des léfendcs^ auifant les»

quelles un seigneur du Faou ayante vers 510, massacré à l'autel deux moines qui célébraient la mosse, fut tout à cuup saisi du malin esprit^ dont saint Fol, évèqa» de Léon, le délivra. Sa ei(piation de son orime, il fonda ensuite, au lieu même où le«; mnnrtres avaient cté commis, un monastère, nommé en breton Jfmister-Daou laz (le moiia.-îU're dos deux meurtres). Le souvenir de ce double meurtre est encore présent^et chaque fois qu'un démêlé s'élève entre les habitants de Daoulas et leurs voisins, ceuT-ci ne manqnenf payle leur jeter cette injure qui amène de fré-

OB NANTBS A BREST.

[ROITTE 6]

quentes rixes: gric, Daou laxis (silence, doubles assassins).

Le monastère du vi* s. fut remplacé par une abbaye de chanoines

réguliers de Saint-Augustin , que fondèrent, en 1 167-1 173, Guyomarc'h, ctMiite (le Léon, et iNobile, sa femme.

L église de Tabbaye, bien qu'elle ait perdu le chœur et le clocher en plomb qui le surmontait, offre, ainsi que les ruines du cloître, un curieux sujet d'études. Le gable occidental de cette église présente, à 1 éiage inférieur, trois arcades en plein cintre. L'arcade dumitteu, dans laquelle s'ouvre la porte, offre une double archivolte, dont la retombée a lieu sur quatre colonnes à chapiteaux ornés.

Trois arcades simulées en plein cintre forment l'ornementation du premier étage - l'arcade centrale est séparée des autres par un contre-fort peu saillant et surmontée d'une fenêtre en entonnoir. La nef a sept arcades en pirin cintre portées par des pilastres surmoutctîs d'un simple tailloir. Le collatéral iN. est percé de fenêtres en entonnoir. Le collatéral & a des fenêtres plus modernes; deux grosses colonnes cylindriques au .bas (îe îa nef annoncent une reprise du XIV» s. ; les entrails sont ornés d'hermines; les sablières portent les armes écartelées de Kervern et de Tréanna ; un joli porche de la Renaissance a été ajouté le long du collatéral S. Son arcade, en anse de panier, est surmontée des armes timbrées d'une crosse de l'abbé Jean le Prédoui, mon un Ld Vierge^

aotm Augustin et deux anges agenouillés sur des consoles ornent Textérleur de ce porche , dont les parois intérieures sont garnies de niclies contenant les statues des Apôtres , avec la date de 1566. Les voussures des portes du fond sont remplies de feuilles de vigne; les colonnes, au lieu d'être cylindriques, sont cannelées en spirales, et la scène de la Nativité remplit le tympan de Togive. Tous ces charmants détails sont exécutés

en pierre de Kersanton. Les ruinob du chœur et de la chapelle du Faou , à l'E. de la nef, renferment un enfeu aux armes de la famille du Lec'h et la pierre tombale d'un abbé (1535).

Les bâtiments monastiques '^ont sans intérêt, à l'excpption du cloître, le plus riche monument d'architecture romane que possède le Finistère* Il appartient à l'époque de la fondation de l'abbaye, c'est-à-dire auxii's., et forme un carré présentant 44 arcades sur chaque côté. Ces arcades, en plein cintre retombant sur l'épais tailloir d'un chapiteau, sont portées par de petites colonnes de t mèt. 33 cent, de hauteur disposées de la manière suivante : un groupe de quatre colonnes à chacun des angles du cloître, puis, sur chaque côté, une colonne simple alternant avec deux colonnes accoupléM. Les colonnes reposent sur un stylohate continu formant soubassement et sont couronnées de cbapiteanx empruntés presqu'entiè rement au règne végétal.

Leurs corbeilles, variées à rinfmi, offrent tous les ornements du roman fleuri, Itels que rinceaux, enroulements , feuillages enlacés et palmettes, damiers, frcttes et zigzags ou chevrons brisés. Quelques pierres sculptées , provenant des démolitions du chœur, (mi été recueillies dans le cloître soigneusement conservé par le propriélaire actuel.

L'une d'elles porte les armes do Ch.

Maurice leTellier, fils du chancelier Louvois, qui fut pourvu de l'abbaye de Daoulas en 1651, à l'âge de neuf ans, et mourut archevêque de Reims, en 1710.

Au centre du préau est une vasque de fontaine dans laquelle les moines venaient faire leurs ablutions. Elle est du même temps et peut-être de la même main que les chapiteaux du clottre. Au coté N. du cloître, deux petites arcades en plein cintre, séparées par une colonne, donnent entrée dans les jardins^ à l'extrémité desquels se voit un petit

DÀOULÀS* — DIRiNON.

monument consacré à l.-i Vierge et d'un style très-simple (iaâO).

La chapelle de SainU-AnM, construction de 1667, offre un joli portail décoré de quatre colonnes compositos et d'une niche d'ordre ionique (statue de la patronne), surmontée d'un iroDtoû brisé.

Baoulas était autrefois le siège d*une juridiction Importante, dont les usages particuliers étaient insérés à la suite de la coutume de Bretagne, î/importance de la commune actuelle, dont la moitié de la population à peine est agglomérée, consiste uniquement dans les foires de bestiaux qui s*y tiennent. Une fabrique de porcelaine est le principal établissement industriel que Ton y trouve.

La décadence de Daoulas date de longues années, ainsi qm le témoignent les traces de constructions que la piocbe du laboureur rencontre fréqucment sur un vaste terrain dit le Mnrr'hallacli (la place du marché).

Parmi ces décombres est une ma zirrc, nommée maitère di'n sept saints, saints dont la tradition locale raconte ainsi lliistoire : Une iS»mme, très-pauvre de biens et déjà pourvue d*une lignée fort nombreuse, occupait cette masure, lorsqu'elle mit au munde sept enfants à la fois. Les habitants de Daoulas, effrayes d'une semblable fécondité qui leur promettait sept bouches de plus à notirrir, chassèrent les enfants et leur mère, qui ne dit que ces mots en prenant la route de Brest :

Brest var cresq^ Daoula.^ var disear; Pa gaofot etin <t, é couizn tri.

n Brest croîtra, Daoul''' Hr-cherra -, quand vous bâtirez une maisuU| il en liimbera trois. »

Depuis ce temps, l'ancienne belle ville de Daotilas disparaît peu à peu, et Brest, qui accueillit les proscrits et qui les honora ensuite comme saints, étend journellement son enceinte.

Les courbes ne sont pas moins fréquentesau delà qu'en deçà dt: Daoulas, et la distance entre Chàteaulin et

Landerneau, de 36 kib par Taucienne route, est dû 53 kil. par la voie ferrée ouverte à travers un terrain tourmenté qui a exigé des tranchées et des remblais nombreux.

Le déblai le plus important, à la sortie de la station, se trouve au village de Cnemipch et cube 130 000 mèt. 11 précède un viaduc de 400 mèt.

de longueur et de 37 mèt. de hauteur, sur lequel on iraaciul le vallon

et la rivière de Daonlas. On laisse ensuite à g. la chapelle de Trévam» Une

seconde tranchée, presqu'aussl consi-

déral)Ie que celle de Guerniech, est ouverte à 1500 mèt. au delà, point où la voie s'inlléchit à dr., puis à g., et traverse les vallons de Trévam et de Kergallay sur deux remblais cubant ensemble environ 250000 mèt. Le remblai de Kergnllny prisse au-dessus de la route impériale, qui suit le fond de la vallée , et le chemin de fer, laissant à 100 mèt. à g. la chapelle de Saint-Divy, contourne le bourg de Dirinon, à 1500 mét. à dr. de la station de ce nom, établie sur le che^ min de Dirinon à PlougasteK

336 kil. 1/2. IHnnon (la terre du Nonne) est une commune de Ui38 hab., dont Véglise, ^iuv^o h 141 mét.

d'altit., est surmontée d une belle flèche portant la date de 1588-15i*3.

La vie de sainte Nonne, qui adonné son nom à Dirinon, a été racontée par Ricemaro'h, légendaire du xii* s., cité par les Bollandistes. Le récit de cet écrivain a été amplifié dans un mystère en langue bretonne, écrit au xv*s.,et le plus ancien qui soit parvenu jusqu'à nous en cette langue. BCélarie, surnommée Nonnita (nonne) à cause de la profession qu'elle avait embrassée, était fille de Brécan, prince souverain du pays de Galles, et d'une princesse irlandaise, nommée Dinam (sans tache). Un jour qu'elle traversait une forêt pour se rendre à un pèlerinage, elle rencontra le roi Kérétic qui, épris île sa beauté merveil- , leuse, se porta envers elle aux du*

Sd6 DB NÂNTE

nirrcs vloîcnces. Passée plus tartî en Arnioriquc pour fuir un autre ]'f'r?6cutcur, elle y mit au monde un dis nommé salut l>ivy, sur un rocher qui s'amollit comme de la cire pour former !!■ iMTceaa au nouveaur-oé. Les paysans des environamontreateiicore, sur un rocher conique, près du chemin de Daoul is, lies empreintes que la Iradilioa dit èlre celles des geutaix de s«àtnte Nonne el une iigole qui passe pour le berceau de saint Divy.

Ils y portent les enfants nouvean-nés qui ont une cerlaine ligne bleue dessinée entre los sourcils. Ceux qui s..nl mùiiqués de ce- signe , dit mal dv saint Dii ij, passent pour rtro vouûsà une mort prèmuluré^^ bi le saint ne leur vient en aide«

La fimtaine df Smhie-Konn§ , ^ Jaillit miraculeusement du rocher pour permettre à la sainte de faire bapti ;er son fils, occupe le centre d'un re 'langle de 8 à 9 mût. de longueur sui- 5 mèt. de largeur , entoure de murs

en pierres de taille et garni de JMtnes à Tttsage des pèlerins ou des voyageurs fatigués. La source sacrée est ahrit6e

par une voûte en {^loin cintre, que recouvre uu toit en pierres, dont le pip:non porte la date de 16^:? et les armes des suigneursde Le^uzan^du nom de BlaulUric. Une niche contient , an fond de la grotte, la statue de la sainte, et Peau, en s*écoulant de la fontaine, remplit successivement (rois bassins ovales qui vont en s agrandissant. A 500 m^t. de distance, so trouve la fontaine de Saint-Dùy. Elle parait plus ancienne que la précédente; son fronton porte les mêmes armes; sa niche renferme la statue de saint Divy re\ôtu d'habits pontificaux, et une muUilude de pelilcs croix de bois faites sur le.> liini\ mêmes sont fichées, par les péknus , dans les interstices des pierres.

Sainte Nonne mourut à Dirinon, au commencement du vr s., et sur sa tombe fut élevée une cb i pelle qui servit primitivement d'ét'-li •* [•jroissial'^. ' ♦ ■; travaux «iâ ou^u uvtiou avaient

été commencés d'abord à Cnm''-!an- Urran , mais le maUre de l'œuvre, voyant qu'une puissance invisible?

renversait les murs à mesure qu il les cettstruisftît , pla^a une des pierres destiuées à Tédifice sur une elianrette attelée de boeufs qui se rendirent d'eux-mêmes à l'endroit qu'av-i it rlîoîsî la sainte. Cette pierre se montre encore dans la chapelle Sainte-Nonne , ainsi que le tombeau de la sainte, sur lequel les débiteurs étaient autrefoâ appelés à jurer en justice. Sainte Nonne est représentée eonchée; la fête , couronnée par un dais , repo«ÇQ sur un coussin que soutiennent deux anges; les mains tiennent un livre à fermoirs, et les pieds foulent un dragon vomissant des flammes. Les statues des apôtres , séparées par tin ange tenant un écusson , sont sculptées sur les deux grandes faces fîn sarcophage. Ce moniiment en granit ne porte pas de date , mais il a les caractères du xvr« s. , et paraît contemporain de la chapelle Bâtie en Les reliques de sainte Nonne sont conservées dans un reliquaire en varrneil ayant la forme d'une cbapeite o^'ivale.

Des hîiufeu rs de Dirinon, la vue s'étend à TE. sur les mouiagnesd'Aré et au S. SUT la rivière du Faon.

Le chemin de fer descend au petit étang du manoir de Lcsquitit, puis s'ouvre un passaj^e entre le hois dti Rouajile, à dr., et Vctanfj du même nom, à g. Les bords piitor(\s(pies de cette belle pièce d'eau, derrière laquelle on entievoit la rivlàre de Landerneau, sont dominés par les rochers à pic de Quillien et de ToulouierHf et embellis par 1rs ruines de la c/?^pellc Saiiit-Alhin , ('levée m |S().'^,et par un moulin leoilah^uu iilcunstruire ainsi que le témoigne nue inscription , Olivier de CoÔtnempren , seigneur du Rouazle, l'an 1622. La voie s'infléchit alors à g. et se rappiucbo de la rivière de Landerneau. dont elle remonte la rive g. Dans ce parcours, on aperçoit^ sur la nve opposée, la ii-

[ROUTE 6] DIRINON. — ROSNOËN.

gne do Laridomo'in i\ Brest. On fran- ' chit, près du manoir de Kerliézcc, (à g.) , le Tdlon étranglé du Stangsonii^ puis la nouvelle route impériale de Quimper, en laissant à le couvent du C.ilvairf\ La voie ferrre croise! , h rentrée tic L'indenieau, Fancienne route de Quimper, entre le château de Peuanruc, à g., et la chapelle des Anges, à dr. ; décriTant ensuite uoe uouTene courbe de 500 mèt.

de rayon, eile contourne par TE. tan derneau, nu moyen de plusieurs ponts et passages à niveau, croise l'ancienne et la nouvelle route de Carhaix, traverse TÉlorn sur un pont d'une seule arche (20 mèt. d'ouvertnre), puis la route Impériale de Paris, et vient se raccorder au chemin de fer de Rennes, à lUO mèt. seulement en amont de la viiic.

337 kil. Landerneau (R. 3).

956 kiL Brest (R. 3).

DË CHmAULIN A tKEST, B, par la vMArt*

le kIL Baleaa à vapeur.Deax 4«ptr(8

chaque jour correspondant avec Tarrivée des trains de Nantes. Trajet en 4 h. à la descente, en 5 h. à la remonte. — ire chambre, 4fr. 5o c. ; 2« chambre, S fr. 50 c, y compris lomnibus (i fr.) qoi <widuit de la gare de Châteaulin au Mteaa k rapmr, — J. L*ftnibarquement a lieu sûit à Port-Launay, soit en aval de ce peiit port, saivaat l'état de la marée.

Descendant de la gare vers TAulne, qui porte en aval, jusqu'à son embouchure, le nom de rivière de Ch;\teau- Hn, ou lia\erse la rivière pour en suivre la rive dr. jusqu'à (3 kil.) Port- Launay { f. ciHiessus,p. 380)» où l'on s'embarque quand lamai éc est haute.

A marée basse, il faut aller s'eml>arqutT un ou deux kil. plus bas, encore le bateau trouve-t-il à peine assez d'eau au milieu du lit de la rivière.

On passe sous le beau viaduc de Port- Launay et on laisse à dr. les ardoisières qu'exploite ce bourg. L'Aulne , bordée des deux cà^s de colliue:»

couvertes, les unes de bois taillis, les autres de landes sauvages, décrit de grandes et nombreuses courbes.

Après avoir dépassé le hoig dB Rolsach (rive g.), qui descend d'un cotf' Mi de 144 nv t. d'altitude jusque sur la berge, on aperçoit , sur la rive dr.,dans un repli de la rivière , Femboucliure de la Duufine qui fait tourner le moulin de la poudrerie du Pont-de-Buis {V. d-dessus), puis le clocher de Logonna-Quimerch, c. de 279 Iiab. Bientôt la rivière s'élargissant prend l'apparence d'un fleuve.

A g., la chaîne dentelée des Montagnes-Iftiires f s'abaissant graduelle<> ment de montagnes en collines, vient mourir sur la rive même que couvrent les bois (te Knscannu. Au delà , le j)etit bour.g de Trégarvan (532 hal).) se cache (rive g.) derrière un promoulûirej en face du bourg de Uomoini (1768 bab.) dont le clocher se dresse sur un tertreàride (rive dr.},àl80mèt* d'altitude. Les barques des pêcheurs trouvent un refuge au fond de ïanst; de Roscoai sur la rive opposée, dont le versant se couvre de bois touffus, — le bois de Lampigou ou du FoU goat, qui se prolonge jusque vis-à- \ îs de 111e et du passage de Térênes, situés sur la rive dr. Ce bois est nommé Folt;oat ou fou du bois à causo d'une chapelle érigée en 1645 sur le bord du ruisseau qui le divise en deux parties , en mémoire de Salaun ar foll (Salomon le fou), qui vécut dans un bois aux environs de Lesneven, où il mourut saintement vers KiôO. Au F(tlci:oat, pr's de Lesucven, une mayimiijue église a été construite de 1393 à 1423, en mémoire du même personnage (F. R. 59).

Au bois du Folgoat succède le hois di's yfuinrs. Eu cet endroit , la rivière , se repliant eu une courbe fortement prononcée de PO. à TE., forme, vers la rive g., une rade fermée [ ar la pointe N. E. de la presqu'île de Crozon. Cette rade, parfaitement à l'abri des vents et d'un coup de mata , sert de mouillage » depuis

1836; aux vaisseaux déaarmés du port de Brest. Doublant ensuite la pointe

dêPenforn^ on découvre à dr. lapoiidrière de la presquHle d^Arvn, à g.

lesrestps de l'ahhave de r.andrveiiiiec.

■ L'aJsbaye de Landévennec, le ' plus ancien établissement monastique de la Bretagne, fut fondée au s. par saint Guénolé, fils d'un guerrier de nie de Bretagne qui, voulant fuir l'invasion Saxonne, ^'étnit réfiit^ié en Armoiique. Saint Guéaolé ^"établit d abord, avec quelques moinei), dans lUe de Tlbidy (maison de prière), à Vemboucliure de la rivière du Faou , mais la stérilité de ce rocher battu flf's vents le força à passer sur le continent, au fond d'une anse abritée du terrible vent d'ouest et où la mer vient mourir au pied de jardins délicieux. Le roi Graïlon, qui combla de dons Tabbaye de Landévennec, y fut inbumc au commencement du w s.

î.'f construction (]eVé(jlise abbatiale reiiiouLe au xi* s. Le plan primitif de réditice forme un parallélogramme divisé en trois nefs et terminé à TE.

par trois absides 8emî-<ïircu]aîres. La façade occidentale est percée d'une porte sans décoration extérieure , accostée de deux arcades bouchées correspoudiint à la largeur des bas-cOtés.

On pénètre , par une porte en plein cintre ornée d'un tore retombant sur deux petites colonnes à chapiteaux , dans une chapelle souterraine pratiquée sous le collatéral S. Cette crypte, voiMée en arête , et dont les parois sont parsemées de larmes, de fleurs de lis et d'hermines, contient un autel massif en pierre et une voûte d*enfeu qui renfermait la tombe du roi Grallon, consistant en un simple sarcophage ou colTre de pierre, l'ne cliapelie, sous le vocable de Notre-Dame, formant une espèce de transsept au . , avait été ajoutée à la nef et renfermait la tombe de saint Guénolé. Ce tombeau, <i<' même que celui de Grallon, n'était qu une auge de pierre, supportée par des pilastres. Plusieurs aut.res abbés étaient inhumés dans la

même chapelle élevée par Jean du Vieux-Châtel , dernier abbé régulier

de Landévennec, mort cii 1522.

La statue tumulaire de cet abbé , œuvre d'art remarquable, est aujourd'hui déposée , ainsi qu'un fragment de meneau décoré de ses armes, dans la cour du manoir abbatial. Une autre statue, en pierre de Kersanton , gisant sur le sol, au fond de l'abside principale, représente saint Corent fn tenant sa crosse d'une main et un livre de l'autre. Sa chape est ornée de riches pierreries, trois anneaux se remarquent à ses doigts, et ses pieds reposent sur un écusson aux armes de l'abbé Jean du Vieux-Cbâtel, qui fit probablement exécuter celte belle statue. Dans l'abside du S., une sorte de petit fronton qui gît à terre porte les. armes de Pierre de Roban , comte de Crozon (xv* s.).

Il reste bien peu de débris du cloître et des bâtiments monastiques de Landévennec; «mais la nature a eu pitié de ces ruines, elle a voilé leur nudité en les enveloppant, comme d'un linceul, de l'immortelle parure de son lierre et de ses églantiers, de ses herbes grimpantes et de ses fleurs agrestes. >» Le logis abbatial, nommé anciennement le manoir du Penily. est seul entretenu; ses plus anciennes parties remontent à Tabbé Jean Briant mort en 1630. Les armes de Jean Briant se voient sur Tun des piliers de la grille d'entrée et sur trois reliquaires lamés de feuilles d'or et d'argent, aujourd'hui possédés par Véglite pa/roiuialê de Landévennec, dont le clocher se mire dans la rivière de Châteaulin.

« Rien de plus romantique, dit M. Levot {Excursions dans la rade de Brest et ses environs), que Landévennec et ses abords. Des hauteurs qui dominent l'anse de Penforn , on voit à ses pieds, rangés en demi -cercle, les vaisseaux que l'encombrement du i)orl de Brest obliere la marine à y tenir eu réserve. Un autre spectacle s'offre à celui qui se transporte sur le

RIVIÈRE DE CHÂTEAUUN.

versant abrapt opposé au monastère, du côté de la rivière deCiiûteaulin.Là, à mi-côte, est une très-haute pierre, plantée verticalement, et qui, vue de profil, présente la silhouette d*an moine à longue barbe, dont la tfite est encapuchonnée. Tous les marins qui fréquentent la rivière l'appellent le Moine. D'après la tradition du pays, un moine Uub-dibsolu lut reiéguti, eii expiation de ses désordres, dans une grotte voisine, et pétrifié jusqu'au jugement dernier; cette pierre est le moine lui-même.

[De Landévennec, on peut aller visiter Lan véoc, Crozon et ses monuments druidiques, Camaret^ Roacanvel, etc. (R. 103)0

La rivière de Châteaulin , qm' n'a pas 100 mèt. de largeur à Trégarvan, mesure 500 à GOO met. devant Landévennec, au confluent de la rivière du Fbiou. Décrivant une nouvelle courbe sur la g., on laisse àdr. Vile de Tibidy, l'antique Thopaja, où les archéologues visitent , sur remplacement du premier monastère de saint Guenolé, un devant d'autel en pierre sculptée contenant, dans deux niches de la Renaissance, décorées de pilastres ioniques, la scène de VÀnnmciation, et, au centre, deux anges servant de tenants à un écusson carré, timbré d'une crosse abbatiale. Un jour, dit la légende, quelqu'un ayant voulu enlever cette pierre, y fit attacher 24 paires de bœufs qui ne purent la transporter qu'à quelques pas. — L'ile de Tibidy est située au contluent de la rivière du Faou et de la rivière de Perros. Plus loin, du même côté, débouche la nvïkTe ûeVHàpiUU'Camftont, ainsi nommée d'un bourg de 790 hab. (église d'une ancienne commanderie de Malte), situé à 3 kil.

plus avant dans les terres. Entre la rivière de l'Hôpital et celle de Daoulas, au N., s*étend la presqu*Ue âê LO' gimna, large Ue 3 à 4 kil. Le bourg de Loganna'Daoulas j ch.-l. d'une commune de 1588 hab., situé à 1 kil.

BaSTAONt.

delà rive s. de la presqu'île, possède une église (1710) décorée de sculptures et surmontée d'un élégant clocher. Près de la rivière, une minoterie, dite le mollit» à msr, s*élève au débouché d'un petit étang qui reçoit et retient, à chaque marée, les eaux de la mer en quantité siiffisante pour l'exploitafion de i'usuie. Dans la commune de Logonna, cumme dans toutes les anses de la rade de Brest, depuis la rivière du Faou jusqu'à la rivière de Landcrneau, s'exploitent des carrières d'un porphyre jatme et tendre, et d'une roche feldspath i que extrêmement dure, couleur gris de 1er, dite pierre de Kersanton et très-employée au moyen Age dans la construction des églises et des calvaires de Bretagne.

A la pointe S. O.de la presqu'île de Logonua, toute plantée d'arbres fruitiers, se montrent les ilols du Bind ou du Bendy, au delà desquels on voit, à dr., l'embouchure de la rivière de Daoulas etVanse de PenfouL Sur la rive (Ir. de !:î rivièro dr> Daoulas, à 4 kil. de l'eraiiuuciiure, se trttuve le hameau de Kersanton^ qui a donné son nom au granit dont les gisements sont particuliers à cette partie de la Bretagne. — On remarque à g. les falaises qui bordent la côte septentrionale de la presqu'île de Crozon, dominées par les huis taillis du Loc, d'Hirgars et de Voulmic; puis, on dépasse du même côté la pointe de P^n-or-ttr et celle de Lanvéoc (R.

103), dont le fort commande une partie de la rade de Brest. A dr., au delà de la pointe de Doubidy, s'ouvre l'anse de Lauberlach, où la marine de rÉtat avait établi, en- 1823, un dépôt de bois pour les constructions navales, aujourd'hui supprimé. L'an.se de Lauberlach est bordée de coteaux où s'étageDt (le nombreux petits champs de fraisiers, de framboisiers et de cerisiers (pendant la saison, il s^ezpédie de là, vers Paris, environ 30000ki]og. de -fruits par jour). En été, des promenades à l'anse de lauberlach sont

DE RAMBOUILLET A DOURDAN. [ROUTE 7j

trèsvSÔiÎTent fttites ptr les habitants de Bresty qui oirt donné à ces excur Mons le nom de par lies de fraise a.

L'anse ^"^^ divisée en deux |\nrties par une digue naturelle de ^Miets : l'anse de Lauberlach proprement dite^ et l'arec de Saint-Adrien on. étang de Pmarereff, près duquel se voit, sur ta rive dr., la petite chapelle de Saint- Adrien (1569), encadrée dars tin bouquet d*arbres qui lui donne un aspect tout à la fois agreste et poétique.

Celte chapelle renferme plusieurs statues grossièrement sculptées, entre autres celle du saint patron, qui est représenté tenant ses entrailles entre les mains , parce qne les paysans l'invoquent contre les maux de ventre.

La pointe et le fort de VArmoriqnc leimiiieut, au S. 0., la grande pies qulle de Plougastel-Daoulas (à dr.).

Kn amont de cette poidte, se dresse Vile Rondej autrefois plus considérable, aujourd'hui simpln tertio do lOU met. environ de diamètre, dont les carrières de pierre calcaire ont été abandonnées. En face de 111e Ronde, S*étendf de la pointe de Lanvëoc à Itle Longue (à g.), la courbe gracieuse de Vçmse dn ïrct, bon mouillage abrité des vents du S. 0. C'est dans cette anse que s'embar(iua Jeanne de Navarte, veuve du duc de Bretagne Jean IV^ lorsqu'elle se rendit en Angleterre (1403) pour y épouser Henri 1 V de- Lancastre. Vile longue , sorte de promontoire boisé, renferme un fort et <ies carrirres d'un porphyre (piat t zifere, fournissant un excellent pavé.

Dans la baie qui sépare cette Ile de la presqu ile de Koscanvel (R. 103), limite de la rade de Brest à 10. , se trouvent Vanse de llosfrllcc^ ancien dc|iôl de boi^ de la marine, TiVe ffc.K itnrtx, on a été élahlie eu 18U1 une importante poudrière, agrandie en 1 83 1 , et Vile de Trébétm, rocher granitique de 400 mèt. de longueur sur 100 naèt. de largeur. Sur cette île, aux bonis ^'. ii^jiMlcment escarpés, t «^îA construit. (!n lHo6-1858, nnlaza- Yt't pouvant contenir près de 200 lits.

Bn doublant la pointe de l'Armeri que, le bateau à vapeur entre dans

la rade de Brest proprement dite, dont Taspecl offre un map^nifique spectacle, a A dr., dit î^mile Souvestre, vers la rivière de Landerneau, tout est calme, bleu, riant: lestlots apaisés se déroulent dans oes golfes sinueux et vont se perdre dans la COUl^^e ombreuse de TÉlorn, tandis fpic les Iwrques de Kerhor, mollement bercées au roulis, dorment au pied des promontoires ou gU.^sent sur les ondes scintillantes; à g. au contraire, tout est austère, immense , mena* çant; c'est la mer ayac sa eouiaiv glauque, ses grandes vagues montueuses et son retentissement solen-» nel. A l'horizon s'ouvre le goulet^ semblable de loin à une porte gigantesque dont le seuil est formé par l'Océan et la hauteur par le ciel. Çà et Ih les vaisseaux de guerre dansent à la lame, tout festonnés de leurs voiles; du reste l'aspect que présente laradé change à l'infini, selon 1 heure du jour, la pureté plus ou moins grande de l'atmosphère, le calme ou ragitation des flots.» Enfin, on atteint (50 kil.) Brest, étage en nmpbilbéfttre, avec SI ceintui^e de remparts et les tours de son vieux chAteau. au pied duquel s'arrête le bateau à vapeur.

DE RAiBOUILLET A DOURDAN.

22 kil. — Route de poste. — Voit, deisor^ resp. — Prix unique, 1 fr.

On sert de Rambouillet par le faubourg de Pierrefite. et. après avoir croisé le chemin de 1er de Paris au Mans (H. 1). on laisse ;i dr., au delfi du boi.s et du ruisseau de la Droue, la route d'Ablis (R» 8). On eôtoie en<r suite la lisière 6. 0. de la forêt de Hambouillet, près du ham«au du Gref'' fur (à dr.), puis on travei-se le ha-* Mieau de Irt Hufn'ère (donjon du s.).

9 kil. StMichampj v. de 1073 hab.

[ROUTE 10] DE CHARTRES A CHAtEAUKEÛP.

(abbaye de Cl ai refontaine; découvorle médailles romaines). — On descend la vallée de la Remarde.

14 kil. SaifO-ArnouU, v. de 1374 hab., près de la forêt des TTelines, était défendu jadis ]>ar une enceinte fortifiée dont il subsiste des vestijres. Vi' glise rf'nf"«'rnip de beaux vjti iux du xvi* s. et une curieuse inscriplion de la même époque reproduisant une charte de 1301. — On traverse la forêt de Dourdan et on laisse à g. le château Svmnnt, avnnt de descendre à

22 kil. Dourdan (F. Vîtinéraire gé- Tieral de la France, In Loire et le Centre, par Ao. Joanne).

BOUTK 8.

DE «AHIOUIUIT A AlilS.

ff kil. — Route de poste. — Voit, corre«p. — Coupé, 1 fr. 35 c.} intérieur et banquette, 1 fr.

A 2 kil. 1/2 de Rambouillet, la route se sépare à fr. do celle de Dourdan (R. 7) et continue de se diriger eu ligne droite au S. sur un plateau nu.

A 6 kil. de Kambouillet, on laisse à dr. (2 kil.) le T. d'OreemofU (306 hab.). situé dan?; une vallée qu'arrose le ruisseau de la Drouo.

9 kil. VAhbéy ham. de {]9 hab. — On aperçoit à dr. (1 kil.) Craches (154 hab.) et, plus loin, le château des Fauves, à g. ÈenainviUe, puis on traverse un bois et Ton franciiit le ruisseau du Perray.

15 kil. Ablis {V. Vîtinéraire général de la France, la Loire et le Centre^ par Ad. Jûannb).

OC eHAATHIS A VOVU.

SS kiL — Route de voilures. — Serv. de «orresp. — Prix onique, i fr. li c.

La route remonte la vallée de TEure.

2 kil. Le Coudray, v. de 661 bab.

— On laisse à dr. Ver-Us-Chartres (565 hab.; pierre druidique) et l'ancien chemin de Blois.

5 kil. Mcrancex, t. de 490 hab. On voyait autrefois sur le territoire de Morancez un {^TàTid nombre de monuments druidiques, dont les pierres ont vié employées, poiirh plupart, ;\ Vvntrelien des routes. LV<//at', .sans bas côtés ni cbapelles latérales, date du ix« ou du X* fi. — A Gaurdex^ hameau de Morancez, se trouvent deux châteaux dont Tun a ^ervi pendant quelque temps (lu résidence au prince Jérôme Bonaparte.

10 kil. Corances, v. de 308 bab.

(pierres druidiques) . — Au delà de Fovclles (à dr.), la roule laisse à g.

Pézu (175 hab.), AVcorW«,le château de Lnunsville ci Villarceau, à g. Viilenetirt'Saint- Nicolas (296 hab.).

22 kil. L'IlôpHcaUy bameau.

33 kil Saxcray, bameau.

2â kil. Voves {V, VrUniraire général de la Francif la Loire êt le Centre, par Aj>« Joanne}.

DE CHARTRES A CHATEAUNEUP.

25 kil. ~~ Route de poste* — Toit, de

corrcsp. — Coupé, 3 fr.; httérievr et banquette, l ir.

Après avoir croisé le chemin de fer de Paris au Mans(R. 1), la route

monte vers le N. 0.

9 kil. B aille au -VÏA'cque^ v. de 712 liab., au delà duquel on traverse le bois de Bailleau.

13 kil. Dangers, v. de 276 hab. — On franchit le ruisseau du Tronehet,

15 kil. Vniyny, v. de 314 hab.

(beau château). — On aperçoit à g. les iiameaux (VAfJ'onville, de Morieriile et le V. de Gaieiles (378 hab.). Au hameau de la Bourse, la route atteint 230 mèt. d'altitude. A 2 kil. de Gatelles, près de la ferme de Belluêt, se voient les ruines d'une ancienne forteresse, entourée de fossésl

D£ CHARTRES À CHÂTËÂUDUN. [ROUTE 12]

24 kil. Thimertf v. de 82G hab., anâeime capitale du Thîmeiaîs, possède une belle égUn du xii* a.» trè»-

bien conservée, et les restes d'un prieuré convertis en une jolie maison de campagiif ui se conserve religieusement intacte la chambre du dernier prieur avec son antique ameublement et quelques poriraîts d*abbés. Le château de Thimert, très-ancien^ fut détruit en 1050 par Henri I"; ses débris servirent à Ja coustnu t on de. la forleresse de ChAteauiieui.

25 kil. Châteauneuf-en-Thimerais (F. VIHnéraire général de la France, Normandie^ par An* Joaniib^ Paris, Hachette et Cie).

Page 1