‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 103 sur 257 · D£! NANTI · texte numérisé non relu

D£! NANTI

milles iêiipMiiriÀlfls. On voit au«i, du» la chapeUfi de Kergoat , dam fableaus justement estimés de Valenlin. Dans îe cimelipre, ombragé |>4r dos chônr"^ séculaires, se dresso une croix eu gtaiiit, entourée de pinacles gothiques. Pluaieare lalnt» pereonnages de grandeur naturelle sont agenouillés sur les degrés, et trois anges recucilîont dans des calicos le saog qui coule des plaies du Christ.

L'église paroissiale de Locronan (mon. hist) appartient au xv* s., à l'exception de deux arcades en plein cintre, à retraits épannelés, situées au bas des collatéraux. Du côté de ro., un porche en arc surbaiss(^ précède deux portes géminées à idcin cintre, qui donnent entrée dans In net et sont percées à la base d'une grosse tour, dont la plate-forme est garnie d*une balustrade quadrilobée.

Cette plate-forme /tait autrefois surmontée d'une fl&clie octogonnîo, qui a 6lé foudroyée en 1808 et remplacée depuis par une hideuse ianlerne. Un second oleoher s'élève sur le grand comble du chosiir, orné, comme tous les combles de l'église, d'une galerie à jour dessinée en c^urs. A l'intérieur, l'église se compose de trois nefs séparées par des piliers cylindriques accostés de colonnetLes et souteiiant des voûtes en pierre, à nervures. On remarque 9 dans la nef principale, laehatfs du xvn* s., dont les sculp- In"'^^ représentent la ["''/-"M^^e (fc saint Honan (les personnages portent les mêmes costumes que les contemporains de Louis XIV). Dans la sacristie (XV* ou XVI* s.), on peut voir un grand calice doré, aux armes de Navarre et de V' '\\. don de Marguerite de Foix, deuxième fenimo fin duc de Bretagne, François II, et un ostensoir de la Renaissance, que l'on croit avoir été donné à Téglise par la reine Anne de Bretagne.

Contre les dernières travées du collnléraî du S., s'élpve la rhapdle du Pmih' (maison de pùnitence), construite en 1530 aux frais de Renée de

France, duebasse de Fenare, fiUe de

Louis XII et d'Anne de Bretagne.

Cette chapelle renferme le tombeau de saint Ronan, consistant en une table mas-?ive oîi repose la statue couchée du sailli, la ItHe soutenue sur un coussin par deux anges. Six autres anges, adossés k des pilastres^ supportent la table funèbre sous laquelle les in* firmes passent en rampant pour se guérir de leurs jzàaiadies.

« Le culte do saint Ronan, quu la Uéiditiea Dons montre pratiquant dans m

même lii'U les austérités de la vie t'rémitique (n i* s.), est solenniso tous les ans par une assonihléc nombreuse ; mais, dit M. de Courcy , cliaquc ]i.'irdon septennal, appelé la Gmndt T' rnénie ^ dure huit jours et attira une alilueooe encore ]Mus considérable. Ce non de Tromënie, altération de Tromiruc'At (toorde PAsUe), est donné au parcours de plusieurs lieues que décrit ce jour-là la procession, en faisant, saivant une lifme conservée par la tradition , le tour de Tasile de saint Ronan, «qu'il souloit Taire tous les jours à jeun. » Lea légendaires ont rapporté toatee les tribulations que Ronan eut à souffrir par suite de la haine d'une méchante femme nommée Kéban, dont la demeure était voisine de son ermitage, situé dans la forêt de Névet. On ajoute A ce récit qu'à la mort de saint Ronnn, arrivée dans une autre forêt qu'il avait dé* finitivement choisie pour retraite, sur les confins de l'cvéché de Vannes, les trois évéques de Vannes, de Cornouaille et de Léon, se disputant la possession de son corps, convinrent de le mettre dans une charrette attelée de deux ba ufs farouches à la discrétion desquels on Irsissa. Ces bœufs s'arrêtèrent sur rempiacement du tonbean aetnel, après avoir fait le Conr de la montagne, usape suivi depuis pour la procession des reliques. Cette processicn, qui a lieu le deuxième dimanche de juillet, se met en marche à midi et se dirige daboril vers Ploncver-Porzay (S kil. N. de Locronan), puis vers Quémenéven.

A 4 heures, elle fait halle au noaunat de la montagne de Saint-fiAnan, au lie« dit jj/a# ar r'hnru, parce que l'un des b4£ufs qui transportait le corps du saint y tut écorné par Kéban d*on coup de battoir. De plus, les roues de la charrette, gênées par un passage étroit, laissèrent sur des rochers certaines empreintes

[ROUIS $] LOCnCMUAN. ^

devant lesquelles les femmes stériles qai désirent des enfents se livrent à des pratiques ridicules.

« De ce point, dominant la baie de Douar- Mues, un prêtre adresse une instruction avx fidèles : mais il n'est éeonté 4|a*i eon> dition de parler le plus souvent possible de saint Rouan. La procession reprend eneoite sa marche par le territoire de P^^.70N^^ (\'3kil.S.de Locronan) et rentre àLocroiian vers sept heures du soir.

« Les liabilants des villages échelonnés Mr la route esposent, dans une multitude d'oratoires, les irnaj^'es ou les reliques de leurs saints. Chacun Ue ces oratoin s est commis à la garde d'un liomnîe qui, uuit et jour, agite une clochette et fait ressortir les vertus du saint pour attirer l'attention des pèlerins et provoquer leurs olfrandcs. Le proverbe : « cftaaaii préefae pour son saint, » ii*a jamais été pkt vrai qu'à ho* oronan.

« Le cérémonial de la Grande ïrométiie est conservé dans on manuscrit latin du

xv<^ s., contenant les hymnes, oraisons, psaumes et évangiles qui se chantent à douze stations dillerentes de la procession. On estime que, du second ait troisième dimanche de juillet, le tombeau de saint Ronan est visité nuit et jour, et le Trominic'hi parcouru par 4uuuo pèU^rins de la basse Comouatlle, »

Sur le territoire de Hoiiévez-Porzay, à 4 kiU du bourg de oe nom et

à 7 kil. do Locronan, se trouve la chapelle dp Saintc-Anne-!a- Palue , Ijul d'un pMennage uon moins c-élèl/ie que celui de Locrouan (K. R. 103).

Au deU de la station de Quéménéven, le ehernin de fer, continuant de remonter la vallée du Steir, se rapproche do la route de terre qu'il cr(»ise en deçà de i'eïan^ au Dur i]r.\ Il s'élève jusqu'au faîte de ïiin oaiier (120 mèt. d'ailit.) , point de partage des eaux entrele Steir et TAulne, pour redescendre immédiatement en s'infléchissant à g. Le pays change alors d'aspect: au granit succède le terrain ardoisier: les failles sont plus grandes, plus ouvertes : les accidents du sol, moins multipliés , ont exigé des terrassements considérables ûcaai les plus importants sont le remblai de /jfîffowr, de 250 000 met. cubes, et les deux rembiais élevés aux abords du

OHATAAUUN. 879

viaduc de Xerlôberl iI90m) met. cubes). Ce dernier ouvrage d'art, appek"»

aussi viaduc de Chdteaulin , iVuna longueur de 117 mèt., se compose de sept arches de 12 mît. d'ouverture et aune hauteur de 2'i mèt. 60 cent. La voie ferrée, ne pouvant descendre que de 2 milliui. par mèl., est ohlif^éo do se drvolopper à mi-côte et à une assez iri ande élévation. Dans cette descenie cuuibe surChâteauIio , on découvre un vaste paysage, où I on distingue les clociiers do IMo vlien sur ladr., la ville deChàleaulm ;\ s^s pieds. Pnrt-Launay dans un des circuiis de 1 Aulne, et, à l'horizon, le bourg de Quimercli et les sommets des montagnes d*\ré, au N.

284 kil. Chftteaulin (bôt. ^randmnison; libraire, Le/<'^rre),ch.-l.d'arrond., V. de 3259 hab., est située H 2 kil. de la station, sur la rive dr. de l Aulne, rivière qui forme la partfe N. du canal de Nantes à Brest, long de 374 kil., commencé en 1806 et terminé en 1834.

A rentrée de la ville, la voie ferrée, côtoyant la route t^rre qui îonç*»

la rive g, de la rivière, laisso voir sur l'autre rive, l'église Saint-ldunetetles groupes de maisons dont se compose Ch&teaulin. Elle sHnfléchIt ensuite, pour passer à TO. de la chapelle Notre- Dame et de la butte sur laquelle. s'élevait le ohAteau. Li station, (''tablie sur la cap Sainl-Jean à 1100 mût. au N.

du ijont de l'Aulne , sur la rive g,, domine de plus de 40 mét. la ville^ dont la position est eharmante. Des prairies, qunl'pin.s montagnes schi^ teusrs bizarrement découpées ; les restes du vieux château au-dessus de la rivière; une multitude d'arbres, peuliers et chênes, heureusement mêlés de beaux tapis verts, à des rochers saillants, à des antres profonds, donnent à Châteaulin une phy i^inomie parliculirre ; mais l'intérieur de la ville, horriblement malpropre, ne répond pas aux promesses de rnx teneur.

Le oartelsire de Landévennee, écrit au XI* s., BOUS apprend dans la Kie de uânt

DE NANTES A BREST. [ROUTE 6

(iuénolf, composée deux siècles plas t6t, que ce saint lUilié venail de Landévennec, visiter le frère Idnnet«qiii résidait dans un endroit montafîneux appelé A'in, sur les bords du tleuve Aou (Aulne), où il coosaeniit k Dieu aee jours et set nuits.

iVtn est donc, suivant le savant M. de Bloif ^ Xntieemr Châteaulin), la première appeliation du lien devenu Castel Nia, et, par une mutation csonforme au génie de la 1 an g u e b re toune, Gaatellin, ou» en français,

Châteaulin.

A l'ancien ermiUge de ^iaint idunet, situé sur la rive g. de l'Aulne, succéda, sur

la rive dr., le prieuré de Locquidunct, devenu église paroissinle de rhfitcauliii , ville qui a, suivant d aulres elyiuuiugiste^, emprunté son nom à un château bâti sur la rive g. de l'Aulne, à la fin du x- s., par Budic, comte de Cornouaille, surnommé Casteilin.

Lorsque Hoël, comte de Cornouaille , monta, au siècle suivant, sur In tr me dt- Bretagne, par son mariage avec Uavoise, héritière du dnehé, Ghàteaolin, suivant le sort des autn» possessions du ccMnté, fut incorpore au domaine diical.

Kn 1163, Kuélin, vicomte du Faou, en guerre avec Hervé, comte de Léon, se sentant trop faible pour tenir téte à ce puissant seigneur, lui ofTrit une entrevue, et, étant parvenu à se rendre maître par une odieuse surprise du comte et de son fils Guiomarc'h, il les enferma dans la forteresse de Chûieaulin. Hamon, cvéque de Léon, l'un des ûls d'Hervé, n'eutpasplutot appite le traitement infligé à son père et i son frère, qti'il appela aux armes la noblesse et le peuple de Léon, et réclama de plus l'assistance du duc. Conau IV vint en personne prendre part à llnvestissemcnt d« rh;\teaulin. Le Cf mte de Léon fut délivré, et le vicomte du Faou, fait prisonnierà ion tour, fut détenu dans leeliâteau de Daonlas, où il périt de faim et de misère. C'est le seul siège qne rhàtenulin paraisse avoir jamais soutenu , et cette ville est à peine citée dans l'histoire jusqo*è répoque de la Ligue.

Au mois de décembre 1595, le comte de la Maignane, chef de bande, attaché au parti du doc de Merccsnr , ravagea les environs de Châteaulin , pilla les paysans, et se retira chzrgé de butin, après avoir passé quinze jouru daus ces quartiers.

La Révolution fit perdre à Cbftteaulin sa juridiction royale, mais elle l'éleva au rang de chef-lieu de district, avant la création deschefo-licux d'arrondissements, ou souspréfectures, et changea son nom en celui

de Cité-sur-Auine, que la ville ne conserva pas longtemps.

L'église fie Saiwt-Idunet a suhi des remaniements qui Tont complètement

transformée. Les fenêtres du transsept

et k porte occidentale, qui appartiennent au xvr s., en sont les seules parties un peu anciennes. La tour est de 1664.

La ehapeïle Notre-Dame, aneienne chapelle du château , a été édifiée à plusieurs reprises. A l'intérieur, les quatrcs premiers piliers de la nef et des bas côtés sont cylindriques et flanqués de colonuettes dont les chapiteaux accusant le zni* a. Quelaues ornements dans la décoration d'un chapiteau et d'un pilier de la croisée méridionale offrent môme une réminiscence de répoque romane. Les meneaux flamboyants des fenAlres et les cintres surbaissés de l'ossuaire adossé à la façade S. doivent faire attribuer ses "murs extérieurs au xvi' s., tandis que la tour est dusiècle suivant ainsi (jue le porche mért* dional portant la date de 1722.

Le cnftteau est construit sur une montagne rocheuse, taillée en escarpement abrupt sur toutes ses faces.

Ses ruines, au milieu desquelles ont poussé quelques sapins, consistent principalement aujourd'hui en une tour ronde couronnée de lierre, élevée à l'angle de deux pans de mur ou de courtines qu'entourent des fossés , et les traces d'une seconde enceinte.

La célébrité de Châteaulin consistait dans sa pêcherie de saumons et dans ses ardoisières. Le snumon était si abondant que les domestiques avaient soin, dit-on, d'imposer à leurs maîtres futurs la condition qu*on ne les obligerait pas à en manger plus (le trois fois par semaine. La pêcherie , afféagée par lé roi en 1790 pour la somme de 450U livres p;ii an, a été sacrifiée à un plus grand mu rôt, celui de la canalisation de la rivière,

travail rendu à son tour inutile par rétablissement du chemin de fer.

biyilizûu by GoOglc

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