‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 116 sur 257 · ROUTE 23] BALLON · texte numérisé non relu

ROUTE 23] BALLON

rorne Sonnoise près à» ton confluent avec la Sai the.

^ ÎO kiî. Montbizot, v. de 940 hab., s'élève iiur une colline entre la Sartlie êt romo Saosnoifie.

[Corresp. pour (5 k\l) Ballon, ch,-l. de c. de 1818 hab., bâti en am^ pnithéfttra sur une colline de la nve g. de 1 Orne. Au sommet de la colline se dressent les ruines pittoresques, d'un chdieau fort, consistant principalement en un gros donjon du xv» s.

à mâchicoulis, llanque de deux tourelles et entouré d'un parc boisé.

Ceinte de murs au zi* s., la petite ville de Ballon fut, à cette époque, un sujet de lutte entre les seigneurs de Belléme et les comtes du Maine. Elle eut aussi beaucoup à souffrir lors des tentatives de Guiliaume le Bâtard sur le Maine. Philippe Auguste s'en empua en 1199 et rasa la forteresse.

Les Anglais prirent la Tille en 1417 et la conservèrent jusqu'en 1484.

La démolition du château de Ballon fut conimenrée en 1764, par le propriétaire, M. Le Vayer, qui voulait le remplacer par une habitation moderne ; mais les travaux furent interrompus à la suite de Técroulement de la grosse tour d'entrée, accident qui mit la vie des ouvriers en danger. En 1794, la comtesse de Sourches, voulant donner du travail aux ouvriers de Ballon, fit démolir deux autres tours, combler les fossés et abaisser les murs d'enceinte.

Ballon est la patrie du général Coutard. Les principales industries de cette petite ville sont l'élève des bestiaux, la fabrication des toiles et la blanchisserie des fils.

À 1 kil. à l E. de Ballon, Saint- Mars-sous-Ballon (I44B bab.) conserve une belle église romane de la fin du xi« s. (mon, hist.) , ancien prieuré de ia Couture du Mans. — Le thâieau de Thouars (2 Itii. au N.) renferme aussi une ebapelle de la même époque, convertie en écurie.]

A 3 kil. de Montbixot^ le chemin

— VIVOIN. 305

de fer traverse le v. de MIU (864 hab.), où ont été découvertes de nombreuses antiquités romaines et où

l'on remarque, outre une ^p^ûe du xiu' s., plusieurs cMUeaux ou maisons de campagne.

2& kil. MareseM, v. de 126 i hab.

(château de la Bunomiir$f entoivré de belles prairies),

30 kil. Vivoin, v. de 1259 hab., est situé à 10min. à dr. de la station. La charmaute avenue de peupliers qui y conduit traverse une vaste prairie. Après avoir franchi deux fois la Sarthe , d*abord sur un pont de pierre, puis sur un élégant pont suspendu (péage 5 c. , aller et retour), on entre dans le village et l'on aperçoit, sur une assez gni II dp place, la belle église Saint-Htppolyte , ancien prieuré de Bénédictins, donné au xi* s. par les vicomtes de Beaumont l'abbaye de Marmoutiers.

Les débris des bâtiments clausiraux, occupés aujourd'hui par un corps de ferme, sont assez considérables et fort intéressants. On y pénètre par une grande porte ouverte près du portail de P^lise, et l'on peut juger de leur ensemble en se plaçant sur une esplanade plantée d'arbres, qui sert de promenade publique.

L'église, grande et élevée, date du xin» s. La nef, longue et étroite, est simplement lambrissée; la plupart des fenêtres sont aveugles. Le choeur (XV- s.), éclairé par une large fenêtre, est orné de sculptures, œuvre de Lebrun, et de quelques fragments de beaux vitraux. Noua iiignalerons aussi, à l'intérieur, une statue tumulaire (xiu* s.) et une belle pierre tombale (XIII' ou XTV s.), maintenant encastrée dans le mur. Ces deux monumentii représentent des prieurs de Vivoin. « Ce qui a donné, aux yeux des archéologues et des céramistes, une certaine illustration é l'église de Vivoin, dit M Huener dans une note manuscrite qu'il veut bien nous communiquer, c'est que l'on y voit, dans le chœur et dans la chapelle de la

3oe

BU MANS Â GAKN*

Vierge, les restes assez bien conservée d'uo dallafe incnurté, du zni* ou dm nv* s. Lt goixmmemm» a cbaigé m habile arcMlectt, M. Daref, de

faire une étude approfondie de ce curieux monument , dont la restauration est vivement désirée. »

Une mcUsonqxi'i servait dutrefoisd'hôpHal offre une portt romane du m* s.

— Des haches celtiques, des médailles et d'autres antiquités ont été déeouvectea dans les enviroDS de Ytroia.

f Corro-îp. pour (1 kil.) Beaumont le Vicomte ou sur Sarthe^ ch.-l. de c. de 2234 bab. Cette petite ville, qui occupe uae situation pittoresque, doit son oHgîne aux anciens vicomtes de Beaumcnt. qui lui ont donnéleurnom.

En mis. Geollroi d'Anjou poursuivit son gendre, le vicomte Hosselin, jusque dans les murs de Beaumont, prit la vUle et la brûla. Philippe Auguste Tassiégea et s*en empara en 1189. le comte Arthur de Richemont, marchant au secours dos Arraaf;,'nacs, rem[>orta li'assaut en \h\1: les Anglais la prirent en 1417; Am- Ijroise de Loré la leur enleva la même année, mais ils s*cn rendirent maîtres de nouveau quelques années plus tard .

Enfin, en 1562, après avoir évacué le Mans, les Calvinistes y entrèrent et s'y livr rent à toutes ^^ortei d'excès, rompanf le pont à coup^ (ie canLii, brûlant les églises et les maisons des catholi'iues, dont ils pillèrent tous les biens. La ville se soumit à Henri lY, en l&âd, après la prise du Mans.

Pour bien apprécier la position pittoresque de Beaumont, il faut se placer sur le beau pnnt siispeadu jeté sur la Sarthe et servant de passage à la route impériale . De là on voit la ville groupée sur la coHine, avec ses vieilles ruines et la modeste flèche de son église. La rivifTe. Inrt large en cet endroit, est parsemée de petites îles couvertes de verdure. Ses eaux , battues par les roues des maehmes hydrauliques» bouiih>mient, groudent, i^tnchinent en écomt réekne qui

les retient captives, et vont se briser de nouveau contre les piliers de Tauclen pont de pierre.

Beaumont n'a conterFé 4e ses mcienne spknéeur que les ruines peu considérables de son chdteav. dont rorigine remonte vrais' mblablemeut à la fin du x* s.; ses débris font voir qu'il était de forme carrée^ flanqué de tours et de bastions. Les angles de ses murailles et leurs épais contreforts étaient solidement cQQStrulta (le belles assises de grès roussard.

Queltjucs parties de ce vieux château s'élèvent encore à près de 'M) mèL au-dessus du niveau de la rivièr*; l'intérieur a été c(mvertl eiL prison.

Les vicomtes de Beaumont avaient leurs tombeaux dons Tabbaye d'Étival en Charnie. Ces tombeaux, au nombre de quatre (xi*, xii** et xiir s.), sont mainteuanl au musée archéologiq^ue du Mans.

Végjiise, qui pourrait bien remonter au XI' s.', a été défigurée par des remaniements et d''S repliliragps modernes. ÛD remarque, sur ie tlanc méridional, une porte qui s'ouvre sous un arc eu pLeiu cinUe décoré d'un quadruple rang de tètes giima^ çantesy de feuillages, de zigzags et de fleurs. A l'intérieur, la nâ est séparée du collatéral par une ^rie d'arcades surl)ais<ées, retombant sur ile massives colonnes à chapiteaux romans.

Vers le S. 0. et tout près de la villei. la promenade publique est établie sur la If o/to d ifadime, petite éminemse factice, en forujc de cône tronqué, dont la plate -forme supérieure et resplana<ie de la base sont plantées en quinconces de tilleuls, et dont les flancs gazonnés sont sillonnés d'allées en spirales bordées de charmillea^ d'où l'on découvre au loin la déiU* cieuse vallée de la Sarthe.]

Le chemin de fer, descendant la rive g. de la Sarlhe, auis>e «MOiie

une fi^ïA la iimUa de teri« près d»

JuiUé (483 hab.)) dont les maisons

[AOUT£ ^1 BEAUMONT. — FRSSNÀY-LE-VIGOMTE. 307

s'étageot sur un coteau qui domine la rivière et aux environs duquel ont été découvertes des poteries et des tuiles romaines. On laisse ensuite à dr. Piacé, v. de 1 106 hab., bâti sur la pente d'un coteau dont le pied est baigné par la Brionne, qui va se jeterà 200 aièi. de là dans la Sarlhe. Le chemin de fer nanchit bientôt celte rivière, avant de dépasser (à dr.) Saint- Cerma in-dé-la-Coudre, v. de 966 bab., où l'on remarque une église romane des x' et xi' s. , et les châteaux de Saint -Thibault et du Haut-Breil.

41 kil. La Hutte y hameau de la c.

de Couîombiers (970 hab.), où se labriquent des toiles dites d'Alençon.

(Corresp. potti* (7 kii.) Frcsnay4e- Vicomte. ]

Une route, que le chemin de fer croise tout près de la station de la Hutte, conduit directement, à g.,

à (7 kil.) Fresnay-Ie-Vicomle, en passant près de (4 kil. 1/2) Saint-Oven de-Minibré,\. de 1073 hab., qui possède un « /idf^ftiu conslruit au XV Ji' s.

Frosnay-le-Vicomte, ch.-l. de c.

de 3336 hab., bâti sur un coteau de la rive g. de la Sarthe, était autrefois une place importame.

Du pont qui relie cette ville à son faubourg, on découvre un cliarmmt paysage. La Sarthe, large et limpide, mine incessamment la base de la colline qui s'élève sur sa rive g , hérissée d'énormes rochers calcaires , que des filons schisteux tiavcrsent dans tous les sens. Au delà de ces blocs confusrijieut entassés, se dresse, à plus de 6Q mut. au-dessus de la rivière, une enceinte de vieilles murailles tapissées de lierre, demère lesquelles se cachent les ruines du château. De l'autre côté, sur la rive dr., les colliiK's. couvertes en été de riches moissuns. de vignes et de verdure, présentent un ravAS.'ïant contraste avec ces ruines pittoresques et imposantes.

Fresnay-le- Vicomte faisait partie de la seignearte de Btomndiit. Cette vfRe était

déjà forliflt'c au xi"^' S. Elle fat prise denx fois par (iiiiHaume !n Conquérant (en f©73 et en lu»^) Les iroupea de Guiliaume le Roux y eKsuyèieut an éelMe peu impartant. Pendant la guerre de Cent ans, les Anglais s'en emparèrent en 135G, 1417 et et y lef'oussèreat les attaques du cunnétable de Richemont, en t43S. Fresosy était alors possédée par le capiiaine an- ;;]ais Mathieu Got ou Matagot, qui en jouit jusqu'en 144S, année où elle lui recouviee par le duc d'Alençon. Les guerres de reli«> gion causèrent He grands désordres à Krcsnuy. Les habitants embrassèrent le calvinisrtie; l'église fut pillée en lâtiî; la ville fut de noBveaa sacoigée par tes hagnenots de Normandie, en tfiGH Fn i',i>9, René de Saint-Denis de Beortre s eu empara pour Henri IV, qui lui e» donna)» seigneurie. Louis XIV, voulant, en 1701, agrandir ses domaines de Versailles et de Marly, où René de Froulay possédait des fiefs, lui donna en échange Seanmom et ftewaj.

Cette dernière ville eut encore à sotrtFrtf pendent iee gaermdein Vendée, en »7M»

L'église Notre- Dama » entourée

de rues étroites et mas(]uée par de vieilles maisons, est un curieux spécimen de l'architecture romane du xu" s. et de Tépoquc de transition du plein cintre à l'pgive. Son uniq.ue portail s'ouvre à VO. dans un arc en plein eintrey décoré de dents de scie, de tores arroïidis et d'étoiles. Il offre deux vantaux en bois de chêne, divisés eu vingt-quatre panneaux pour les deux côtés; c'est un échantillon intéressant de la menuiserie de la première partie du xvi* s. Sur le vantail de dr., on remarque : Jésus en troix eiitre les deux larrons, Jésus apparaissant à Madeleine après ^^a rcîiurrectlon, les douze ApntreSj et enfin uii abrégé du Credo écrit en lettres gothiques. Le vantail de g. pi ésente f arbre de JesU sortant du sein du patriarche, et étendant ses vameaux eutre les douze panneaux, que remplissent les [ ortraits des douze rois rie Juda. Ces sculptures sont bien cuuservées^ luais recouvertes d'uue caucha épaisse d« peinture les .

empote* Aa-dfsssiis de la porte sotit

DU MÂNS A GAEN.

[HOtrrE â3J

trois fenêtres accolées (une seule est ouverte), également en plein cintre et surmontées d'une autre plus petite.

Tout près du toit, à rextrémité du gable, OQ voit, sur une pierre, une figure de guerrier sculptée en ronde bosse. Les fenêtres, cintrées comme le portail, sont ornées comme lui d'étoiles et de délits de ^cie, aulour desquelles se groupent des ligures de monstres, d'anim&ux et de saints personnages. Au milieu de lanef,s^éiève une grosse tour d'une construction fort remarquable , percée de fenêtres accolées deux à deux et flanquée de quatre clochetons. Cette tour n a pas été achevée du premier jet ; les deux fenêtres de TE. sont en plein cintre, les quatre autres sont légèrement ogivales, et les ouvertures des clochetons sont purement gothiques. Une n?^ chc octogonale, couverte en ardois s, termine, sans aucuue grâce, celle curieuse partie du clocher. La nef et l'abside appartiennent tout entières à l'architecture romane. A l'intérieur, le plan de Téglise est celui d'une basilique, avec abside, sans collatéraux ni transsept. Les arceaux des arcades retombent, les uns sur des colonnettes et des pilastres, les autres sur des colonnes aux chapiteaux diversement décorés. Sous le badigeon qui recouvre les murailles subsistent d'anciennes peintures à fresque, antérieures au xni*' s., et dont les dernières ont ete recouvertes en 1825.

Suivant une tradition locale, l'église Notre Dame en aurait remplacé une autre, tomlée au commencement du XI* s., ainsi que plusieurs églises des environs, par la reine Berthe, en expiauun de la faute qu'elle avait commise en épousant, contre les lois de l*£glise, le roi Robert à qui elle était unie par des liens de parenié spirituelle. Lorsque les deux époux se !nreut séparés, cédantenfin à l'exconimulucaiion dont iU avaient été frappés, (terthe lixa son séjoursur le territoire de MmUreHU'le'CkétV (1091 bab.), à 0 Ittt. au S. 0. de Fresnay. On voit

encore, en eflet, dans ce village, un petit c/i(2(eaîi rebâti au xv* s., et qui a conservé le nom de la Bertkerie, Sur le territoire de Montreuil, de Moiifùn (810 hab.; restes d'une commanderie de Templiers), de 5atnl« Christophe du Jamhrt (753 hab.; é^^lise de l'époque de transition, sur l'un des points les plus élevés du départ, de la Sarthe), et de baint- Aubin de Locquenay (1134 faab.)^ s'étendent de vastes terrains communaux connus sous le nom de Ber* thons ou grands et petits Berçons.

Ces terrains passent pour avoir été donnés à chacun de ces villages par Berthe elle-même. Jusqu'à la Révolution de 1789, des prières furent récitées chaque dimanche, au prône de la messe paroissiale de Fresnay pour le repos de l'âme de cette bienfaitrice, dont le souvenir se transmet de génération en génération parmi les habitants de la contrée.

Du château fort de Fresnay, il ne reste plus guère, sur la place d'Armes, que l'entrée principale, composée de deux tours rondes (9 à 10 met. de hauteur sur 5 à (j mèt. de diamètre), entre lesquelles s'ouvre une porte étroite. L'intérieur des tours renferme un escalier et des cachots, dont quelquesuns servent encore de prison. Les cachots supérieurs sont éclairés par d'étroites meurlrièrps ; ceux d on bas sont tout à fait obscurs. Les tours ont niadieureusement perdu leur ancien aspect, l'administration municipale les»

ayant, sous le règne de I^uis-Fhilippe, fait badigeonner et recouvrir d'un toit disgracieux. En franchissant la porte, on entre dans une petite cour carrée, réservée pour le service de quelques administrations ; dane les murailles qui Tentourent, on re* trouve des assises de maçoone'rie alternée. Des jardins disposés enterrasses superposées, qui occn]ient le reste de remplacement du c h iueau> OU découvre un vasle panorama.

La ehapeUe du ch&teau, entièrement souterraine, subsiste encore à

biyilizûu by GoOglc

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