‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 156 sur 257 · DE RENNES A SAINT-MALO. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE RENNES A SAINT-MALO. [ROUTE

l'époque où H coTnbnttait les prétentions de Jûsselui de Rolian, évêquc de Saint-Malo , à U sou? eraineté temporelle de cette ville. Son eicellente constraclion â résisté au temps sans en porter Tempreinte. Elle se compose de trois iL'urs réunies par trois courtines percées de meurtrières et couronnées de mâchicoulis en encorbellements très-saillants. La tour de Solidor sert à la défense de l'anse du même nom et de l'anse de Saint-Père.

Le sémaphore estentonré d'une jolie promenade, d'où Ton découvre une vue magnifique.

Le port de Saint-Servan est séparé de celttt de £^nt-Malo par une grève qui assèche à marée basse et que la haute marée couvre de 10 ?i 12 met.

d'eau; il peut recevoir des navires de haut bord. Ce port est entouré d'une ligne d'édifices et de cliantiers de construction , aujourd'hui déserts.

VantiB d$ SoUdmr^ consacrée à la marine de guerre, n'est plus visitée que par les navires de la station de Granvllle. L'anse de Saint-Père est abandonnée au commerce; mais le véritable port de Saint-Servaii se trouve de l'autre côté de la ville^ dans le bassin de Saint-M^lo et porte le nom de port de Trichet.

L'industrie de S;iirt-Servan consiste surtout en arrm ments pour la pêche de la morue. 7U navires, jaugeant ensemble 1 1 000 tonneaux, sont attachés au port.

Saint-Servan possède deux établissements de bains de mer, l'un sur la plage des Bas-Sablons (casino), Tau- Ire mrVarisedes Fours-n-( iiaux, admirablement situé à aUU mèt. de la ville, au pied de rochers pittoresques.

Quelques maisons de campagne ont été construites à Saint Servan, où Ton peut visiter aussi le beau cliâtcau de ta Ballue (M. Uovins, armateur).

Bxennlon à Meale*

(Serv. de voiture», 3 départs par jour : bureau &ur le port à cùù de lu douuiio.)

U route se dirige vers l'E.^ entre

la mer et des usines à g., le port de Saint-Malo et le chemin de fer à dr.

3 kil. Paraméf v. comprenant avec

ses nombreux hameaux une population de 3532 hab., est situé sur une colline. Le dimanche, pendant la belle «aison. c'est le rendez-vous des Malouiiis qui y ont lait bàlir de nombreuses malsons de campagne et qui viennent y prendre des bains de mer, Véglise n'a aucune valeur architec* turale. Des hauteurs de Paramé, la vue domine Saint-Servan, Saint-Malo et une immense étendue de mer.

Apres avoir laissé sur la dr., à 1 m» de Paramé, la route de Pontorson, on aperçoit un instant sur la g. la mer dont on s*e8t éloigné et l'on traver=;o un pay<; bien ciillivé, où abondent les vergers et les pommiers.

On fiancliit un petit cours d'euu qui se jette dans le havre de Roteneuf. A dr. se montre une maison de campagne au milieu de grands arbres,

10 kil. Saint- Coulomb, c, de 2173 hab. A 1200 m^t. au S. du bourg princijtalj se voient les ruines du château du riessis - Bertrand , bâti au xui" s. par la famille du Guesclin, passé par alliance, en 1386, dans la maison de ChAteaubriant-Beaufort, et vendu en 1589 h Guy de Hieux, seigneur de ChAteauneuf. En l.jO?, les l.if^'ueurs entreienaient au Ples>i^- Berlrand uuc {garnison qui incommodait fort les Malouins. La Tremblayc, chef royaliste, l'ayant attaqué, fut tué dans cette tentative. En 1S98, iîenri IV ordonna que ce château fût entièrement mis hors d'état de défense. Il présente encore un portail et un groupe de tours en ruine.

Les sires du Plessis-Bertrand possédaient un cnfeu dans Véglise de Saint-Coulomb. On y voyait un sarcophage sur lequel étaient couchées les statues d'un cuevalieret d'une dame.

Le sarcophage e>i détruit; les .statues existent seules et sont placées à l'entrée de Féglise, sous le clocher. Les armoiries de leurs écus permettent de reconnaître, dans ces personnages.

[ROUTB 3^1

GANGàLE.

Jean de Châteaubriant, sieur de Beaufort, du Plessis-Bertrand et d'Orange, et sa femme Jeanne d'Ëspinay, fiUc de BéÂtrix de Montauban et petite-fiUe de Bonne Visconti, dite de Milan.

On remarque, en outi e, sur le territoire de SaiiiL-Coulomb, le fort du GuescUn, rebâti en 1757, sur remplacement du chAteau (jui a donné son nom à la iamiile du coniiélable, et le ehâîeau dê la Fosse-Hingant, où est né le jeune Desilles, qui périt à Nancy, en 1790, victime de son dévouement.

Pour éviter l'elTusion du sang^, dans une émeute populaire, il se jeta au devant de la bouche des canons cl fut tué eu arrachant les mèches des mains des canonnière. C'est aussi dans le château de la Fosse-Hingant que fut organisée et qu'échoua en 1793 la conspiration de la Houërie.

En approchant de Cancale, on découvre à dr. la pointe de la Houle.

14kiU Gancale (hôt. : de VEurope, dei Voyasewn; café du Boehef)t(sh -l de c, V. de 6400 hab., célèbre par ses rochers et par ses huîtres, occupe une admirable situation à l'K. de la baie du même nom, sur une côte élevée d'où l'on découvre un magnifique {»anorama.

Au x« s. , Cancale, connu sous le nom de Cancaven, recueillit l'hérifap:e de Porspican ville voisine, qui fut ensevelie sous les flots. V.n 1032, elle devint une dépendance de l'abbaye du Mont-Saint-Hichel. En 1758, elle fut pillée , par les Anglais qui avaient établi leur camp sur la fa> îaise et qui bombardèrent de nouveau la ville en 1779. Un des boulets qu'ils lancî rent à cette derni^^c époque se voit encore incrusté dans les murs du presbytère.

VéglUe paroissiale renferme (à dr.

en entrant, en fiice du collatéral) le mausolée (colonnes de marbre Ijlanc) d(; ^Villiam Hamon Vaujoyeux, fondatenr tîe l'hospice de Cancale, né dans cette ville en 1749, mort à Philadelphie en 1816.

te port de Cancale est situé au S.

du bourg (l kil.), à la Houle , qui forme, au bord d»» la grève, un village important (2000 hab. environ), habile presque eiclusivement par des pêcheurs (bon hôtel propre, cuisine renommée, prix modérés). C*est, en efl'et. de la Houle, blottie an fond de la magnifique baie de Cancale, et où aboutit de Cancale une descente fort roide, que partent les innombrables bateaux qui vont draguer les huîtres et pêcher les soles si renommées.

« La Houle, dit M. Charles Lecoq, forme un arc de cercle autour d*une chjiussée ((ui la garantit des lames.

Des règlements trés-sévères maintiennent la pèche, qui; abandonnée à elle-même, serait bientôt ruinée (il y a, en effet, peu d'bultres sur cette cûte et on ne les prend qu'aux jours de grande marée). Dans certains jours, il n'est permis qu'à quelques bateaux de sortir. Rien n'est admirable comme le magnifique spectacle que présente la baie quand, aux premiers rayons du soleil , mille voiles la sillonnent en totit sens. La marée qui se retire les ernini'ne vers la pleine mer. La mer montante ramène toutes les barques. A mesure que les bateaux approchent de la terre, on les voit s'arrêter les uns à 200 les autres à 300 mètres du bord, puis jeter h. la mer leur carcaison d'iiultres. C'est que chacun d'eux sait juger, par des points de repère, quMl esi parvenu au-dessus de son parc, et que les huttres quMl jette ainsi vont s'entasser sur celles qu*il a déj.l réunies. En elTet, la mnr se retire do nouveau, et Ton voit une {copulation ' de femmes et d'enfants sortir pour ainsi dire des anfractuosiics des rochers et se précipiter dans les parcs clayonnés (il y en a 600) qui se des^ sinent sur cette vaste plage. »

Du port de la Houle, on découvre non-seulernent toute la baie de Cancale, mais encore, au loin, le Mont- Saint-Michel et le Mont-Dol. Kn suivant le pied des falaises, au N., dans la direction de la Houle, on voit ap-

Page 1