‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 164 sur 257 · DE CAULNES A DINAN. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE CAULNES A DINAN. [ROUTE

Haut-Iionrgnenf, bordé d'un côté par de jolies maisons de- campagne et de l'autre par un mur. Deux sentiers se présentent au bout de ce chemin; celui de g. conduit à la collme qui porte le nom de Mont-Pamasse (7. ci-desBous)y l'antre, autrefois difficile peur les piétons et maintenant coupé (Fescaliers eu pierre, mène au villap-e de (1 kil.) Lehon (1336 hab.}, qui forme, sur la rivc g. de la Rance, comme nn faubourg de Dinan. Lehon est dominé par les ruines pittoresques de son antique château fort, qui peut remonter au xi" s. Cette forteresse, bâtie au sommet d'une éminence naturelle, de forme conique^ rendue plus abrupte par des travaux de main d'homme, passa au xin* s. dans la maison de Bretagne. Charles de Blois, à son retour de sa captivité d'Angleterre, y séjourna en 1356. Raoul de Coëtquen en était capitaine eu 1402. Depuis lors, le nom de Lehon n'est plus cité dans les annales de Bretagne. En 1644, les moines de Lehon obtinrent la permission de prendre des matériaux dans le château, pour la reconstruction de leur cloître, et la place d'armes a été mise en culture.

Le cbftteau de Lehon formait un quadrilatère régulier, flanqué de huit tours rondes, dont il reste encore quelques ruines couronnées de lierre.

I)e la plate-forme, on aperçoit la Kance, dominée en certains endroits par des rochers escarpés, le village de Lehon, les ruines de l'église et du monastère.

Le prieuré de Lehon (mon. hist.), dépendance de l'abbaye de Marmoutiers, fut fondé v^rs Pan 850 par Nomi noô, roi de Bretagne, en l'honneur de saint Magloire, dont les reliques venaient d*étre transportées de rîlc Jersey à Dinan. Mais Téglise et les bâtiments du monastère ne remontent pas dans leur état actuel à une époque aussi reculée. La plus, ancicnue partie de l'église (lacadeO.), annonce le su* s. La porte princii)ale,

avec archivolte en plein cintre et à dents de scie, est accompapagnée d'arcatures en ogive et surmontée d'une fenêtre ogivaie à deux baies.

Le plan de l'église est un rectangle parfait, sauf l'addition, au S.

d'une chapelle offrant les caractères du xiv" s. et désignée actuellement sous le nom de diapelle des Beauma^ noir . La nef, sans bas côtés, est divisée en quatre travées. La voûte, détruttë en grande partie, était d'Une hauteur et d\me légèreté remarquables. Les chapiteaux, tant de l'intérieur de l'église que du portail principal, empruntent tous leurs motifs à l'ornementation végétale.

Ce sont des palmettes en forme de crosses, sur les angles de la corbeille^ et les grandes feuilles polylobées qui caractérisent la première moitié du xni's. Les fenêtres qui s'ouvrent dans chacune des travées, se composent de deux simples lancettes ogivales, encadrées du côté de l'intérieur dans une ogive, et du côté extérieur du mur, dans un cintre surbaissé. Audessous des fenêtres, du c6téN.,sont des eufeux, dans l'un desquels gît encore la statue tumulaire d'une femme, la tête enveloppée d'un voile.

Dans le mur du chevet s'ouvre une grande fenêtre en plein cintre. Une petite porte ogivale donne accès à la chapelle sépulcrale des Beaumanoir, dont les tombes ornent aiyourd'hui le musée de Dinan.

Du côté du N., l'église a des arcsboutants d'une grande légèreté, se reliant à de massifs contre-forts qui reçoivent les arcades àxi cloitrey conservé dans son intégrité, à l'exception de la voûte; mais ce cloître ne date que du xvii* s. Le réfectoirCf plus ancien, au N . du cloître, a des fenêtres ogivales trilobées; la porte d'entrée du monastère , au S. , annonce le xv s. Les bâtiments habités aulrelbis par les religieux ont été convertis en lilature. Les mines sont dans un état nasiaat d'abaudun et de malpropreté.

[ROUïE 48] LEHON. — LES BAS FOINS.

La porte principale de Véglise pa~ roûsiale de Lehoîi, m plein cintre roman, donne euiree dans uno nef également romane, percée au N. de fenêtres en entonnoir, et élargie au 6. au moyen d'un collatéral à GOlonnes prismatiques, qu'éclairent des fenêtres en lancettes. La maîtresse vitre, à meneaux flamboyan!^-.

a conservé quelques panneaux de Terre de couleur, retouchés au xvii" s. De cette dernière époque date un éousaon placé en supériorité, aux armes de Charles Brulart de Sillery, prieur de Lehon, fils du chancelier de Franco sous Henri IV, en 1607.

Cet écusson est accolé d'un autre écusson aux armes de Derval ou de Ghftteaugiron , et ils sont, l'un et rautre, timbrés d'une croix tréflée, posée en pal et surmontée d'une mitre. D-ms les soufflets du tympan, des anges balancent des encensoirs; au-dessous sont six panneaux entourés d'une bordure composée de fleurs de lis et de ch&teauz.

panneau, â ff. — Un personnaf^e nu, auquel apparaît un ange. Nou» croyons retrouver dans cette scène, soit le lépreux que saint Magloire guérit par le toucher, soit le serviteur de son monastère, qu'il ressuscita.

«• pantiea», à tfr. — Saint Pierre et saint Paul avec leurs attributs.

3° pfni ? ' ju, à g. — n'en reste que la bordure, aiiâmativemenV d'azur k la fleur de lis d'or et de gueules au cta&teaa d'or.

4'^ T'frnneau, à dr. — Un cmclfiement, entre la Vierge et saint Jean.

5« panneau. — Saint Magloire et le donateur agenouillé, portant sur sa cotte d'arnr's les armes du seigneur de l'Echapt, en Lehon, du nom de Guiton; derrière lui, la donatrice sa femme, avec une jupe armoriée mi- parti des mêmes armes et de celles des Labbé de la Commericre.

6« panneau. — La Vierge portant l'Enfant Jésus; un moine eu adoration.

La conservation de ces fragiles monuments du xv s. devrait être assurée par une remise en plomb neuf et par un grillage extérieur.

Hors de l'église de Lehon a été re-

léguée une ancienne cuve haptîsmah cylindrique, dont les parois sont sculptées au dedans, et qui doit être, comme la façade et la nef de Tégliso elle-même^ du zi* ouduzu* s.

Ou peut, après avoir franchi la Rance sur un pont pittoresque (3 ar»

elles), revenir de Lehon à Dinan en descendant la rive dr. de la rivière, Ijordée d'arbres et de jolis rochers.

C'est une charmaule promenade qui demande environ 20 minutes et qui ne saurait être trop recommandée.

Le IVIont-Paradâ&e.

Sur le chemin du Ilaut-Boiirgneuf qui aboutit à la porte Saint-Louis et que Ton suit pour aller à Lehon, s'embranche à g. un sentier pierreux qui descend vers la Rance et conduit au Mont-Parnasse, petit promontoire faisant saillie, au milieu d'une vallée profonde. Du sommet du Mont-Parnasse, couronné par une élégante villa que surmonte la statue d'Â potion, on découvre d'admirables points de vue. Au N., se dressent les tours de Dinan^au milieu de pelouses en amphithéâtre et de massifs do feuillaj^'e ; au S., se montrent le bourg de Lehon, les ruines de son château fort et de son prieuré, les bords pittoresques de la Rance, sillonnée de bateaux, et, au loin, le pic de Bô« chcrel ; à l'E. , le cloclier de Lanvallay domine la rive dr.de laRaDce.

Ii'aaito dM Méné; — erote du 0aiat*Esprli,

L asile des aliénés ou hospice des

frères de Saint-Jean-de-Dieu , appelé anciennement les Da\- Fnîm, est situé à g. de la route de Brest, à 1 kil. de Dinan. On peut le visiter tous les jours de 2 à 4 h., les dimanches et fêtes exceptés. Cet important établissement, fondé en 1835, est desservi par 6U frères. Les bâtiments, élevés • sur le versant d'une colline, en face de Dinan, « consistent, dit M. liazouge, en un corps de logement principal de 100 mét. de longueur sur *

DE GAULNES Â BINÂN.

12 de largeur, étendant de chaque côté ses ailes sur utî espace presque aussi considérable. Dans iaile dr., deux salles de &0 mè.t. de longueur, parfaitement aérées, servant l'une de réfectoire, l'autre de salle de récréation, ont été aménagées, en 1856, pour les pensionnaires recommandés ; la salle de récréation est pourvue d'un billard. » Une remarquable diapelle dont les clochers attirent de loin les regards, a été récemment construite sur les plans de M. ilawke.

L'enclos de l'asile (50 hectares en- TÎron) comprend des jardins, de parterres, des prairies, des cours, des plantations et des promenades. Les pensionnaires de rétablissement y sont occupés aux travaux de l'agriculture.

En longeant les murs de l'hospice et en rcmcinlant vers la roule de Brest, on arrive au pied de la Croixdu-Saint'Esprit, œuvre curieuse du ziv* s. Celte croix en gramt, supportée par un piédestal triangulaire, est ornée de belles sculptures représentant VAnnanciation , \e Couronnement de la Vierge y la Nativité, la Vierge et VEn(ant Jésus , enfin la Sainte Trinité,

OÈA%9»!Q3L de la Goninnali «t d« U Oaraye.

A 1 kil. de Dinan, près de la route de Saint-Malo, s'élève le châteaii de la Coninnais (xv^'s.), bâti dans un site pittoresque, sur l'un des versants d'un vallon, au milieu de massifs de verdure. Cette charmante habitation, flaufiuée d'élégantes tourelles, est entourée de jardins en amphithéâtre.

L'entrée principale est décorée de cariatides. Près de la porte de la cour, s'élève un joli pavillon de la Renaissance. On remarque, à rintérieur du château, dos salles lambrissées, dts moublesantiqiies et phisipiu-s tableaux historiques de diverses époques. Dans les jardins se voit une grotte, ornée d'une statue de saint Pierre, et au fond de laquelle jaillit une fontaine.

Une belle avenue de 200 mèt. de

longueur, bordée de hêtres, précède ce qui reste du château de la Garaye (xvi* s.), situé sur le territoire de la commune de Tadm (1498 hab.}, à 2 kil. de Dinan et à 1 kil. du château de la Coninnais. «Ces ruines disparaissent d'année en année {Bretagne contemporaine), ci l'on n'y remarque plus que quelques pans de murailles en granit de grand appareil. Ceux-ci sont soutenus par une tourelle octogonale à trois étages, dont les fenêtres» encadrées de colonnettes, ont des lintaux en anse de panier, au-de<îsus desquels s\'paijùui5sent d'tilégantes accolades à crosses et à panaches.»

L'un des derniers propriétaires du château de la Garaye, le comte Claude Marot et sa femme Mlle de la Motte- Picquet, se sont rendus célèbres dans toute la contrée par leur inépuisable charité. Leurs restes reposent dans le petit cimetière de Taden. — A3 kil.

N, de la Garaye, sur le territoire de Saint-Sanwm (684 hab., château de Carheil), se voit un menhir de 10 mèt.

OoffMvI. — MmtafllaoS.

Le bourg important de Gorseul, (c. de 3266 hab.), situé à il kil. de Dinan, sur la route de Plancodt^ exerce depuis longtemps la sagacité des antiquaires. A l'inspection des voies romaines qui convergent vers ce point et des innombrables ilébris antiques que reci le, sur une grande étendue, le sol de Corseul, les bénédictins D. Lobineau, en 1707, et D. Bernard de Montfducon, en 17'2^, n'ont pas hésilé à y reconniuire l'ancienne capitale des Curiosolites, l'un des peuples de l'Armorique cités par César et par Yltiniraire d*Antonin.

D'autres érudits ont placé à Gorseul le Famm Martis de la table Théodosienne. On ne peut nier tout au moins que Gorseul n'ait été Ifui'^ionips occupé p ir les Romains. Des touilles plusieurs luis renouv( lécs ont mis à jour des fragments de ntarbre, des mosaïques, des statuettes, des armes, des anneaux, des poteries, iiui rap-

[ROUTE 44] GORSËUL. — MONTAFILANT*

peilent la plus belle époque de l'art Tomiiii, enfin une suite de médailles tant consulaires qu'impériales, depuis le premier siècle de notre

ère jusqu'à l'avènement de Marcien (450-457). Les musées de Dinnn et de Saint-Brieuc conti jnnent plusieurs de ces objets précieux.

Bans Végltse paroissiale est encastré un eîppe dont Tépitaphe, commeoçant par les lettres D. M. S. (JHù manihjfs sacnm), est consacréo à une femme Silicin à la mrmoiie de laquelle sou fils Januarius a édj^é ce monument.

Au village du Baut-Bieheréif (i kil. 1/2 au S. de Gorseui), on remarque les rviines d'une four octogonale, construite en moyen appareil tres-régulier . et couverte en grande partie par ua iiene énorme. Au pied de cette tour^ que Ton croit le Fanum MarH$ ou temple de Mars de la ta))le Théodosienne, il a été trouvé à diverses reprises, de<; médailles romaines , des fragments de tuiles imbriquées, des placages en marbre, poU d'un côté et portant de l'autre des traces de scellement, et une élégante console dont la destination était de supporter une statue.

De Corseul à Plancoet, on compte 6 à 7 kiî. A g. de la roule {i kil. au N. 0. de Corseul), se voient, sur une colline escarpée, entre le ruisseau de Cambœuf et Tua de ses affluents, les ruines du château de Hontafilant {xW s ), successivement possédé par les maisons de Dinan, de Laval et de Tûurneaiine, et qui paraît avoir succédé à uu camp romaui. Sou enceinte murale, à peu près intacte, est triangulaire. A Tangle S.^ se trouvait rentrée de la forteresse, défendue par deux tours jumelles et par un pont-levis jeté sur un fossé profond, creusé dans ris hiiie très étroit de la presqu'île. Deux tours croulantes flanquent les courtines aux angles N. £. et N. 0., et chacune de ces courtines est, en outre , protégée par une autre tour placée à peu près au milieu de ia

BHBTAONB,

muraille. Il existe encore dans Tune d'elles une petite chambre voûtée en ogive, avec nervures retombant sur des consoles giimaçantes (Pour Plancoet, 7. K. 48).

ftontes parUat de ninan.

De Dinan à Saîat-Malo, R. 44 ; à Cornbourg, R. 45 } — & Dol, R. 46 i — à LambaUe, R. 47.

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