‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 171 sur 257 · DE PAIMPOL A TRÉ&UIER · texte numérisé non relu

DE PAIMPOL A TRÉ&UIER

«t kil. — Rente de ▼oitaiei.

A 3 kil. 1/2 de Paimpol, la route descend dans la large vallée du Trieux qu^elle traverse près du château de

Kermnrqupry sur un magnifique pont sus; endu sous le([uel les navires de 200 tonneaux peuvent passer à pleines voiles. Ce pont, construit en 1840, mesure 254 mèt, d'une rive à Fautre.

Ses câbles, en fil de fer, reposent sur quatre pyramides en granit, étaltlios sur des piles énormes. Du milieu du pont, on découvre un admiral)le point de vue sur le cours du Trieux, dont le lit forme jusqu'à la mer, à dr., un large estuaire où remonte le flot.

h kil. Leiardrienx, ch.-l. de c. de 2269 hab., est un joli bourg, situé sur la rive g. du Trieux, et dont les maisons entourent une vaste place rectnnguhire. Le port de Lézardrieux peut recevoir des navires de 300 tonneaux. Au lieu dit Àr-ChattH se trouvent des vestiges du château de Lésardré.

On croise, ^ 3 kil. de L^^zardrieux, une route qui dessert sur la g. (2 kil.) l^leudaniel^ v. de 2636 hab., près du Trieux (ruines du château fort de Badoy^ démoli en 1692), et, sur la dr.

(3 kil.) Pleumeur-Gautier (2467 hab.) et (0 kil.) Pkuhian (3797 hab.).

Véglisede Pleumeur (xiv*" s.), défigurée au xvin* s., renferme une ehaire remarquable et un Ckritt dont Texpression de tristesse, suivant H. Aurélion de Courson, est proverbiale dans le pays.

Pleubian possède un petit porf naturel fréquent» par des cabuleurs.

Dans le cimêtiire, se voit une chaire à précber, en granit (2 mèt. 30 cent»

de hauteur), dont les faces sculptées représentent de^ scènes de l ) rn:-;sinn : cette chaire paraît remonter au xv s.

Le territoire de Pleubian est protégé au N, par une chaussée naturelle (le SUkn ïalbert), formée de galets et s'avançant de plusieurs kilomètres en mer.

Après avoir franchi un affluent du Trieux, on laisse à dr. (1 kil.) Tré^ darsec (1578 hab.), où s'élève le manoir de Kerhir, puis on descend, par de nombreux lacets, dans la vallée du Jaudy et l'on traverse la rivière de ce nom à l'entrée de

15 kii. Tréguier (R. &2).

DE &UIN6AMP A TRÉGUlEIt

3S kil. — Route dé voitures. — Serv. de conresp. — Coupé, 3 fr.^ intérisor et banqaette, 2 fr. &o g,

20 kil. Pontrieux (R. 50). - A 2 kil. de Pontrieux , on laisse & dr. le hameau de Kerbistoletf et à g., derrière Keresterion , le château de Krrintff.

24 kil. Ploëxaî, v. de 3157 hab., sur le territoire duquel se trouve, à 4 kil. au N. E. du iJ<JUio^ ie cha-

fean do la Roche-làga, bâti sur la rive g. du Trieux, un peu en a?al

du confluent du Leff. Ce château, bien conservé malgré son ancienneté, fut assiégé et pris par Clis^on , en même temps que la forteresse de Frinandour (R. 50). Relevé au xV s., il consiste en un corps de Mtlmeats

LA EÛGH£- D£RRI£N.

dont la façade , au lieu d*étre en t laisse à dr. le chàieau âê CUf^dm^

figne droite, fome un angle trèscwtus et donne sur la rivière qu'elle domine. On entre dans le château,du côté oppose, par une porte basse, voûtée , décorée d'ornements golhiaues et que ferme une énorme gnile ae fer à barreaux épais et trèfserrés.

L^étage supérieur se compose d'une suite de vastes pièces hautes et sombres, dont (]uelqiies-unes sont encore garnies de meubles et de tapisseries de haute lice datant du xvii* s. A l'angle S. du château est une tourelle pmpet et mfteMecmlis , SQfiDontée d^sfi toH en flèehe^ sons lequel est suspendu un Ireffrol* Une porte communique de la tourelle avec la galerie couverte , à créneaux et à mâchicoulis, qui surmonte la façade donnant sur là rivière. C'est dans répatsseur du mat de eette ftfc$ade qu'est pratiauée la chapelle, écladrèe par une seule fendtre en ogive.

Ce qui donne au chtMraii de la Roche .T'iy;u an aspect original, ce sont ses nombreux tuyaux de cheminée, de forme cylindrique et surchargés d'omements, qui, s'élevAnt beaucoup ffu-dessQs des combles , ont Tapparence d*autantde toureHes élancées dont la couleur grise contraste avec la teinte sombre de la toiture et la verdure des arbres environnant»

La Roche-Jagu fut vendue en llTi par la marèelwt due de Ricbetieii à la familte le Gotridec de Traissan et a passé par siliance à la famille du Plessis-d'Ârgentr é

27 k»K Pommerit'Jaudy j c. de 26f>î h ah. Les bords du Jawdy, qui eouie & 2 kih à l'O. du bourg , abondent en sires pittoresques, Une habitation dans le style du xvii^ s. a remplacé rancien ehàtêau dê JTff-

Boit.

29 kil. La Roche-Denien, ab.-k

de c. de 17G0 hab. , petite ville bâtie à 30 met. d'altit. environ , sur la rive dr. du Jaudy qui la met en communicatioa avec la mer, doit bûu nom.

à sa situatiôu topographique et à sonfondateur Derrien, fils puiné d'Eu* don^ comte de Penthièvre, (pii y fit bâtir un chAtean en 1070. Au xiv^s., pendant la guerre de la succession (le Bretagne, la ville et le chftteau furent pn^ et pillés à diverses ie« prises par les parties belligtointis.

Le eomta de Northampton s^en «m* para en 1345. La Bocbe-Derrien esf surtout célèbre par la bataille que perdit sous ses murs, en 13'»7, Charles de Blois Après avoir reçu 18 blessures, ce pnnce s'y rendu prisonnier à ianneguy du Gbastel, commandant les troupes du comte de Montfort*

Du cbdieau de la Rocbe, il ne reste plus que la motte, au S. 0. de la ville; elle est surmontée d'un cal^ raire. Au pieti < otle butte, ont été trouvées, il y a quelques années, des monnaies du roi Jean, de Cbar* les de Bkûs et de Louis, oottte éù Flandre.

LéglUef sous l'invocation de sainte Catherine de Suède, a une flèche élevée. La nef est romane, et le transsept S., appelé la chapelle du chdttaUf appartient ao a^ La maître-autaly en cliône sculpté^ offre un beau retable de la Renaiseaaae« A 2 Ml. de Và Rnche-Dtrrien, sur l'autre rive du Uu^ly, se trouve le petit bûur^ de Lanf/oat {TMjè hab.), doni Véglùe moderne renferme le lomiMait de sainte Pompée, mlm de saint Tugdual. Ce mausolée, «a granit, est surmonté d'une statue en

mésen. possédé et h.ibité depuis phi*^ ' mrtrbre blanc d'un beau travail, perde trois siècles paria famille de Ker- tant le caractère du .\iv' s. La tête mel. On remarque, en outre, sur le est soutenue par des anges, les pieds territoire de Comment, 1 s tûmes teposeni nui un lion, et l'bistoire de do cKâieau éu PUtHM et un «Uftivlvs la sainte est représentée en bt»4«-

anUHiré de douvesi pfla de Taneief cbàteau de CoM-HetefUX, La routd^

lta& dans des niches gothiques.

Quand on a franchi le Jaudy, on

DE 6UINGAMP A TRÊGUiER. [ROUTE 52]

laisse h g. la roule de Langoat, pour se diriger vers le N. A 1 kil.'en deçà deTréguier, on aperçoit sur la dr. le Miniky-Tréguiêrili^l hab.) Veglise du Minihy, ancienne chapelle du manoir dr kormartiri, est un élégant édifice du xv*= s.; le portail principal et la tour ont été reconstruits en 1818. Le manoir de Kermartin a VU naître, en 1265, saint Yves, patron des hommes de loi, Advocatus et non latrOj Res miranda populo, dît une hymne composée en l'honneur de ce saint. Le 19 mai de chaque année, jour de sa féte, une procession solennelle, sortant de la cathédrale de Tréguier, se rend en grande pompe à réglise du Minihy.

Le testament de saint Yves est écrit sur un tableau placé dans l'église et l'on conserve, dans la sacristie, les restes de son bréviaire, magnifniue manuscrit sur vélin. Le manwr de Kermartin t acheté par Mgr de Quélen, archevêque de Paris, au général la Fayette, a été reconstruit en 1834 ; une plaque en marbre placée au-dessus de la porte, en 1827, par les soins de l'archevêque, rappelle qu'en ce lieu naquit saint Yves. Les fermiers de Kermartin prétendent posséder toujours le lit en chêne du saint, dans lequel couche de génération en génération le doyen de la famille.

33 kil. Tréguier (hàt. de France), ch.-l. de c, V. de 3643 liab., s'élève en amphithéâtre sur la langue de terre formée par la jonction du Jaudy et du Guindy.

« C'est un aimable pavs, ce Trtguier, dit M. L. Veuillot'(fd et là); une jolie petite ville, bien assise sur sa colliDe, les pieUs dans sa rivière salée qui lui &it un petit port au milieu des terres et qui lui apporte le bon air marin» sans Tempécher d'avoir de beaux arbres. Il y a des endroits où l'on peut prendre des bains de mer .sous l'ombrage des châtaigniers et même assis dans les hranches. D'un côté, la campagne verte, de Tautre la mer; les côtes

déchirées ne sont pas loin, les vallons joyeux sont tout près. Pays de chasse y pays de légendes» pays de* braves gens. Il y a une belle vieille cathédrale, un beau vieux cloître assez bien conservé. Le peuple se souvient de saint Yves de Vérité^ avocat des pauvres, qui naquit ici et fit plusieurs miracles. On se souvieut aussi de Tapôtre saint Tugdual.

Yves et Tugdual sont des noms qu*on donne de préférence aux garçons.»

Tréguier ne se composa à i'originè que de quelques cabanes groupées aotonr du monastère de Trécor, fondé parsaint Tugdual au VI* s., ruiné paries NorniHnds au LX'' s. et rétabli en 855 par ^ominQé qui en flt le siège d*unévéché. En 1346, les Anglais pilli rr-nt la cathédrale de Tréguier, et, trente-neuf ans plus tard, le connétable de Ciisson s'y embarqua pour l'Angleterre, avec un chftteao de bois qoi se démontait et q I] i devait servir à camper dfuis le pays ennemi.

Les paroisses des en^iroQS de Tréguier se soulevèrent au commencement de la*

Li^ue, et vinreîit investir relie vtlle le 15 novembre isSi). Les babiUnts se barricadèrent dans la cathédrale, ainsi qne les gens de guerre que Guy de Rieux, sirur de Châteauneuf, lieutenant général pour le roi en Bretagne, v avait laisses en garnison. Mais ils entrèrent bientôt en composition avec les paysans, auxquels ils remirent la ville, à condition qu'ils se retireraient avec Tépée et chacun un courtauH (cheval).

Les Étals de Bretagne se tinrent en 1607 à Tréfïtiier. Ptine des quarante-deux villes de Bret^ne qui députaient à ces assemblées. En 1788, lors de la tenue des derniers ïîtals à Rennes, la municipalité de Trégui«>r s'associa d'abord à la résistance du cierge et de la noblesse contre les atr teintes portées aux franchises de la Bretagne. Elle envoya nux ftr^ls c^ëiieraux un chanoine cl un recteur comme députés du Tiers, puis eile se sépara des deux ordres privilégiés pour se rallier aux idées nouvelles Mats, après des décrets qui supprimaient l évécbe, le chapitre et les juridic* tions qui s*ezerçaient à Tréguier , en ou • mot tout ce qui donnait de l'aisance à la ville, les Trégorois acceptèrent froidement

Ila déclaration des droits de Ihommt, C'est l'Sbbé Siéyès, ancien chanoine ds Tréguior et d^té du chapitre aus ttats

[ROUTB 53]

TEÉGUIBR.

de 1786, puis vicaire général de Chartres et membre de l'Auemblée mtionale, qui avait préparé ce manifesteetqai fit mander à la barre de rAssemblëe, en février 17S1, jUgr le Mintier, évéqae de Tréçuier. Le prélat ne erot pas devoir obtempérer à cet ordre; il émigra à Jersey, mais il conserva toujours des relations dans son diocèse.

Lors de la première Uvét pour le recrutement de IVirmee, les eonseritt assaillirent à coups de bilton les autorités réunies dans réi;lis*; de Coulcolvézou, lieu désigné pour le luagej aussi Tréguier acquit nne réputation très-prononcée d'tn- Cil i.sme, et fut même mise en état de siège en 17 D8.

L'église de Tréguier (mon. hist.), autrefois cathédrale, offre malgré son extrême irrégalariié a dit M. Mérimée,

un aspect noble et imposant. Ce que l'on sait de son histoire, c'est rjup, fond ée vc rs 1 e c 0 m m e n c e m e n t d u i x ' s . , elle lut dévastée li détruite à plusieurs reprises. On meruioune une grande restauration qui aurait eu lieu en 1296» restauration à peu près inutile, ou du moins suspendue bientôt, puisqu'on 1339 il fn!!ul reconstruire l'église presque entièrement. »

Le plan de la cathédrale de Tréguier est une croix latine de 75 mèt. de longueur sur une largeur de IT mèt.

45 cent, en comprenant les trois nefs.

La longueur des transsepts est de 39 met. oO cent.; et la hauteur sous voûte, Ue 18 mèt. Ce monument a été depuis vingt ans l'objet d uue restauration presque complète.

Le porche muré qui s^avanee à l^extérieur le long du collatéral S., au-dessous du transsept, et qui sert aujourdh»}i do chapelle des fonts, de vait être l'entrée principale de l'église au xiv s., c'est-à-dire avant que le porche flamboyant de ce transsept fût élevé. Au-dessus de cette construction, terminée en pignon, règne une terrasse garnie d'une balustrade où l'on nccède par une ouverture surmontée d'un dais, sorte de chaire à prêcher extérieure, percée au milieu du pignon.

La façade occidentale, que tersUne

un gable garni de crochets sur ses rampants, est tlanquée de deux contreforts. Du portai], dans tequél s^ou* vrent deux portes géminées en trilobe, on descend par douze marches dans l'i glise. Ce portail est prôc^vlé d'un porche dont les parois sont garnies de faisceaux de colnimcltes enga^jées, et dont l'entrée est divibce par

deux ogives trilobées, que sépare un trumeau et que surmonte un quintefeuille à jour. La voûte de ce porche est recouverte d'une terrnsse audessus de laquelle une grande lenôtre rayonnante occupe toute la largeur du pignon.

A Textrémité du transsept N. se voient deux arcades en plein ceintre, avec des piliers et des colonnes engagées, dont le style roman annonce le xn" 8. Derrière ces arcades, s'élève une tour carrée à deux étages, à la^ quelle on monte par un escalier pratiqué dans une tourelle cylindrique, engagée à Vun des angles. Cette tour à baies en plein ceinlre, qui porte le nom de four d'Tfastihg, et dont la construction a été attribuée à ce chef (le pirates Normands au ix*" s., ne parait pas antérieure au xit* s.

Une seconde leur carrée, dite dt»

Sanehu, et percée de fenêtres ogi* vales, s'élève au point d'intersection des transsepts. de la nef et du chœur; clic est tcrmiiu e par une balustrade en qualre-ieuiiies et par les premières assises d'une pyramide de pierre, que remplace aujourd'hui un toit A huit pans.

Une troisième tour s'élève à l'extrémité du transsept S.; elle paraît dater du commencement du xv s. A sa ilèche en plomb a été substituée, de 1785 à 1787, une belle flèche en pierre de plus de 30 mèt , ce qui donne au clocher tout entier une hauteur totale de 63 mèt. environ. Audessus du portail S. s*ouvre, sur la largeur entière de la façade de la tour, une immense fenêtre à meneaux flamboyants, encadrée par des oontre-foris ornés de consoles et de dais.

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