DE BRE$T A OUESSANT
50 kil. — Route de voitures de Brest au Conqaet (22 kil.). — Bateau à vapeur du rionquet à Ouessant (3S kil,). Durée du trajet très-variable.
18 kil. de Brest à la birurcation de îa routp tlir^cte du Gonquet et de la route de Saint-Mathieu (V. R. 3, p. 166 et suiv.). Au delà de la bilurcation, la route directe du Gonquet traverse (19 kil.) le hameau de Saint' Haoum et rejoint (30 kil. \/2) la route de Saint-Renan au Gonquet.
22 kil. Le Gonquet (V. p. 168).
Un bateau, faisant le service de la poste, part deux l'ois par semaine, quand le temps le permet, du Gonquet pour lUe d'Onesiant (28 kil.}, ch.-l. de c. de 3368 hab., l'ancienne UxatUos de Pline, nommée en breton Fnez heussa (île de l'éponvante). « L'île d'Oiiessant, dit M. Levot {Annuaire de la ville et de rnrmndissement de Brest, 1866), a euviron 16 kil. de circuit. Les hommes, d'une vigueur musculaire peu commune, 7 sont bons marins, et la flotte n'en compte pas de meilleurs. Henlrrs d:ms leur île, ils se livrent à la pôchc et abandonnent le tra\ail de l » terre à leurs femmes. Mais un sinibitei est-il signalé, ils volent sur de frêle»esquifs
uu secours des navires que la tempête menace de briser sur les récifs qui forment la ceinture de llle.
M Que n'a*t-on pas dit d'Ouessant?
Les uns m ont fait un paradis terrestre où l'on vivrait comme au temps de râge d'or; d'autres en ontreprésenté les habitants comme de vrais sauvages. Les Ouessantins ne méritent
Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité.
« La vérité est que leurs rapports de plus en plus fréquents avec le continent les ont initiés aux bienfaits comme aux inconvénients de la civilisation et que leurs mœurs actuelles diffèrent peu de celles des autres Bretons. »
« Les querelles des partis, dit àson tour M. Pnl de Courcy, paraissent vaines comme des rêves, quand on a mis le pied sur ce terrain tranquille et ignoré, où Von ne voit d'autre agitation que celle des flots. Il faut bien queFon s'habitue à se passer du reste du Tiîonde, puisque souvent Tétat de la mer interdit pendant des semaines entières toute communication avec la grande terre. Le plus grand inconvénient de cet isolement serait quelque milentendu tel que celui que Gresset a si plaisamment raconté dans son Carême impromptu.
« L'hospitalité pour les naufragés est un culte à Ouessant, et le vol y est chose inconnue. Un marin d'Oues^ saut vient-11 à mourir en mer, ses parents et ses amis portent dans sa maison une petite croix de bois figurant la dépouille du défunt , et lui rendent avec l'assistance du clergé tous les honneurs funèbres qu'on eût rendus au corps s'il eût été retrouvé. Pendant ce convoi, nommé proeJIa, la petite croix occupe la jdace du cercueil, et roffice du proella terminé, le porteur, qui est, autant que possible, le parrain du naufragé, va, suivi de la fouie entière, déposer dans un coffret, aux pieds d»ube statue de saint Pol, ce triste et glorieux
DE B11B9T A OUfiSSANT.
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symbole de la douleur el aussi de Tes^ pératice. >»
Les femmes d'Oaessant portent un
et chanssées a exécuté dans l'île diverse:» améliorations, motivées d'abord par le serriee dee tiavaux^ mais qui
eostume original dont la partie prin> profitent en réalité d'une manière Cipale est une coiffe plate, rappelant directe à toute la population. Le port
les coiffes italiennes, rl'nù les cheveiiY I (1(3 Poriz-Pol a été élargi, honlô do s'échappent et pendent de toute leur | quais et relié au nouveau phare par
une excellente route, qui traverse la moitié de TUe. Des tourelles-balises, des débarcadères de mer bàsse ont été construits sur divers points. Des projets de môles d'abri à établir dans les baies du Stiff, d'Arland et de Portz- Pul ont été rédigés et fournis à Tadministration supérieure. Toutes ces améliorations projetées ou réalisées tendent à faire cesser, dans un avenir sans doute assez prochain, Tisolement auquel la population d'Ouessant est aujourrrhui condamnée pendant une grande partie de la mauvaise saison.»
VWe d'Ouessant nourrit plus de 6000 moulons et une race de petits chevaux à deml-satlTages.
Ouessant est la plus grandé île du groupe auquel elle a donné son nom, nmis elle est h plus éloignée du cou- Liiicnt. Parmi les autres îles de l'arcliipel, nousmentionnerousseulement celles de fiéniguei, de Molène et de Ouémenez. — LHle de Béniguêt {itê Bénie)i la plus rapprochée du continent, est une propriété particul ère, en partie cultivée, en partie consacrée l'incinération du varech servant à la idbricatiou de la soude. Elle est peuplée de lapins dont la chair a un goût délicati — Molène fait une exporiaiion considérable de terre végétale empilnyijc comme engrais sous le nom 'îi> rnndre de Molène. — Vilot dr iJueiiiLhes est diVisî; en deux parties (Quéraenezet Lédemz-Quênunez) reliées par une jetée qui assèche à marée basse. Chaque année les envaliis* sernents de la mer rongent une partie de la surface de cet lldt.
I,a grande île d'Ouessuit est séparée «lu i^M'oupe par le passage du t'romveur ; le rheiial du i uur sépare rarchipel du continent^ à l'Ë., et le emuii de Vïrom^ vers le S. Daoa ce
longueur sur les épaules
L'île d'Ouessant fut évangélisée au VI' s, par saint Pol Auréfien, qui y bfttit une chapelle au fond de Tanse appelée, de son nom, Portz-Pol^ mx l'emplacement occupé aujourd'hui par Lambnl, principale agglomération d'habitants et port de débarquement de l'île.
En 1388, les Anglais ravagèrent Oiiessant, dont la seigneurie fut érigée
en marquisat en 1597, en faveur du gouverneur de Brest , René de Rieux, sieur de Sourdéac. Ses descendants la vendirent au roi, en 1764, pour une somme de 3U UUO livres et une rente viagère de 800 livres. C'est dans les eaux d'Ouessant que fut livrée, en 1778,1a glorieuse bataille que la flutle française, commandée par le comte d'Orvilliers, ayant sous ses ordres le duc de Chartres (Philippe-Ëgaliié), gagna sur la flotte anglaise aux ordres de ramiral Reppeh
Au 3tvm* s. , rîle d'Ouessant renfermait une église principale (à Lainbol) et sept chapelles. Véglise de Lamboi a été récemment reconstruite par M. Tritschler.
la pointe N. E. de 111e est signalée par un phare du premier ordre (83 mèt. d'altit ; 18 milles de portée), construit en 177 4.
Sur la pointe 0. ^ s'élève depuis 18G3 un autre p/iare du premier ordre, tour cylindrique de 45 mèt. de hauteur. « L'appareil lenticulaire, dit H. Levot, est peut-être le plus beau qui ait encore été construit; il rstà éclipses; les éclats s" produisent de 2U en 20 secondes; un éclnt rmiire alterne avec deux éelals blancs. La portée de ce feu est de 2k milles.
« A Toocasion de rétablissementde 'i phare^ l'adminietiatieo des pente
[route 65] PLÉLAN-LB'GRÂND*
canal, tout semé (recueils, appelés la chaussée des Pierr es- Noires ^ <c lamer, ditChâteaubriand {Mémoires d^outTB'tombe)^ boursoufle ses flots comme des monts; tantôt ils s'épanouissent en écume et en étincelles; tantôt ils n'ofTiT'iit qu'une surface huileuse et vitreuse , uKirbréo de taches noires, cuivrées, venlàtres, selon la eoaleur des ba^-fonds sur lesquels ils mugissent. Parrois les vagissements «le Tabîme et ceux du vent se confondent ; l'instant d'aprt-s , on dislin^^ne le dùtaler des courants, le sifflement des récifs, la voix de la lame lointaine. Au milieu de cefraeas, des bruits sourds, pareils à ceux d'un vase qui se remplit, sortent de la eoncavité des gouffres, puis la mas^^e épaisse des va'jii'^s vient avec un froissement affreux se biiser contre les roches, et des torrents d'eau s'écoulent eu tourbillonuuni comuie à récUappée d*une écluse. Les matelots bretons ont ce proverbe : « Celui qui voit Belle-lie voit son île : celui qui voit Or.jîx voit sa j'ne; ce'ui qui voit Ouessant voit sou sang. »