‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 184 sur 257 · DB RENNES · texte numérisé non relu

DB RENNES

A VANNES. [ROUTB 65]

En 18V3, un camp de manœuvres fut établi à Plélan, sur une lande connue dans le pays sous le nom de République de Tkélin, On ne sait rien de précis sur l'origine de cette petite république. Selon la tradition, un seipneur ries Brieux, do la maison de Maure, fait prisonnier à la bataille de Pavie, en 1515, fui racheté jiar ses vassaux des brieux. De retour dans ses foyers, le seigneur, reconnaissant, donna en toute propriété à ses tenanciers la lando de Théliny qui fut transformée en république et administrée par deux préfets, élus chaque année à la fontaine de Bodine. Les citoyens Thélandais avaient leur chapelle, leurj cimetièrei où seuls ils pouyaient recevoir la sépulture ; mais, depuis quelaues années, la République a demandé le partage et se ruine en procès. Encore un peu de temps, il ne restera d'autre souvenir de cette curieuse communauté qu'unecroix de pierre éleyée, d'après Finscription qu'elle porte, « Tan mil Y* LX et six (1566) au Pont'Garin par lesThélandays. »

Plélan-le- Grand est relié par une route de 6 kil. à Paimpontf v. de 3357 bab., situé dans la forêt du même nom. Cette forêt (6070 hect)> une des plus belles de la Bretagne, offre, outre les taillis, de remarquables futaies et plusieurs étangs ayant ensemble plus de VOO hectares superticiels, y compris le grand étang de Comper, Le point culminant de la forêt (3 kil. 0. de Paimpont) atteint 255 met d'allit.

Dès le xii' s., les poëmesdes trouvères et les romans de chcvaleri" ont célébré, sous le nom de Brocéliandey cette forêt toute mystérieuse. C'est là que^ après avoir quitté la cour du roi Artur, le devin Merlin, issu d'un démon incube et d'une religieuse, Vf'cut avec Viviane, sa miCy sous Tempire (Tun cliarme invisible.

Ccsl aussi à Brocéliande que se trouve la (ontaine de Barantoa^ dont quelques gouttes d'eau, répandues

sur le perron de Merlin, opéraient d'incroyables prodiges. Celte lonlaine est située à TO. de la forêt et sur sa lisière, près du Lambrunou lande de Concoret. Quand on l'entend mugir, c'est, dit-on, un signe d'orage prochain, et dans les temps de sécheresse, on s'y rend procession neliement pour demander de la pluie au ciel.

Au xii* s. , la fontaine de Barauton était le point de réunion des seo> tateurs d'un visionnaire nommé Éon de r£toile, qui s'était construit un ermitage près du châtfau du Bojî, dans la c. de Concoret (1085 hab.), à ro. de la forêt. S'ajipuyant ridiculement sur ces paroles du Symbole des Apôtres : « Fer eum (per Eon) qui veatnrus est judicare vivos et mor* tuos, » il se faisait passer pour le Messie. Arrêté en Champagne, et traduit, en 1148, devant un concile présidé à Reims par le pape Eugène III, il fut condamné à une prison perpétuelle j plusieurs de ses disciples furent brû»

lés vifs.

D'autres souvenirs historiques se rattachent à la forêt de Paimpont.

Une abbaye de chanoines réjiuliecs y avait remplacé, au xii^ s,, un prieuré dépendant de Saint-Méen.

VéglisCj aujourd'hui paroissiale, appartient pour la majeure partie au xv*^ s. Dans son plan général, elle présente la forme d'une croix latine sans collatéraux \ seulement une espèce de cloître peu élevé règne de chaque côté de la nef. Le portail occidental (»n* s.), fort simple, mais élégant, porte sur son trumeau cen« tral une statue de la Vierge foulant aux pieds le dragon. La rose qui éclaire le transseptS.,aussidu xiii* s., est foruiée de douze rayons supportant des arcs trilobés.

Les voûtes des transsepts sont en pierre ; celles du cbœur et de la nef, en bois; romementation générale des .'•utels se composa de riches sculptures en chêne du xvir^ s.

Les dépendances modernes du couvent sont alietLeea au presbytère et d

PÂIMPONT. ^ GOMPER«

l'école primaire. Leur aspect déiabré a quelque chose de triste el de solennel à la fois. L'étang qui baigne ces murailles croulantes, environnées par la forêt de Brocéliande, dont les immenses contours leur servent de ceinture; cette vieille église isolée au milieu d'un paysas:pd(' pierres, de landes, d'étangs et de bois, tout excite l'intérêt et Ta: curiosité.

Nous devons mentionner les belles forges de Paimpont (sur la lisière S.

de la forêt, à 3 kil. 1/2 de Plélan), qui existaient il y a d6jà deux siècles, mais auxquelles le dernier proprié-, taire, M. Formon, a apporté tous les perfectionnements de la science moderne. Il faut annuellement plus de 40 000 stères de bois pour alimenter cet établissement qui occupe 400 ouvriers. Les forges de Paimpont offrent un coup d'oeil vraiment saisissant, lorsque Ton arrive sur Tétroite langue de terre servant de chaussée à Tétang près duquel elles sont bâties. Cette fournaise immense, le bruit des énormes marteaux, le bruissement des laminoirs, forment un contraste frappant avec le ealuie de ce bel étang qu'ombragent des arbres séculaires.

D'autres établissements industriels dépendent de Paimpont; ce sont, entre autres : la cirerie de Beourat.v, au S. o. de la forêt, et les papeteries de la VilLe-Danety à TO.

Vers le N. 0. de la foret, et à G kil. de Paimpont, s'élève le château de Gomper, b&ti sur un roc et bordé par un étang profond dont les eaux alimentent ses fossés. Démantelé en 1598 par ordre d'Henri IV, le chfiteau deComper futbriUé en partie pendant la Révolution. Outre les restes d'une belle chapelle du xv* s., on y remarque la salle où d'Andelot avait établi un précbe en 1558. Les quatre angles du cbâteau sont flanqués de tours, reliées entre elles par des courtines trc.s-éievées. La porte d'entrée, en cintre brise, flan(|uéed(3 meurtrières, offre les traces d'une herse. Le propriétaire actuel, M, de Gbarette, foitl

exécuter en ce moment (mai 1867), au château de Comper, d'importants travaux de restauration.

[A 3 kil. dtî Paimpont et de Comper, on [)eut aller visiter les débris de la chapelle (en partie du xiii* s.) et de la maison priorale du couvent de Tellouet, fondé en 1134.]

A 3 kil. de Plélan , on franchit le ruisseau de l'AfT, qui sépare le dé* parlement d'Iile-et-Vilaine de celui

du Morbihan, où les landes commencent à se montrer. Ou laisse à g. une route desservant (9 kil.) Guer, cli.-L de c. de 3327 hab.

38 kil. Beignon, v. de 1432 hab., ancienne baronnie dépendant de Tévôché de Saint-Malo, possède une église de 1539, ornéede jolis vitraux dontles principaux représentent la Vie de saint Pierre et ÏÀrbre de Jessé. Ces vitraux sont décorés des armes de François Bohier, aumônier du roi François 1*', évôque de Saint-Halo et seigneur de Beignon, mort en 1569. Les sablières du chœur sont chargées de sculptures (p'^i-sonnages et ;i ni maux). De belles boiseries ornent les quatre angles de Pintertranssept.

31 kil. LaVille-QuiniOf hameau de Beignon. — La route descend en zigzags d'abord, puis en ligne droite, vers la vallée de l'Oyon, que l'on franchit au Pont-Garnier,

38 kil. (ampénéac, v. de '2279 hab.

— Le château de Trécesiou, à 3 kil.

au N. du bourg, a conservé son aspect féodal^ bien qu'il ait été converti en ferme-école. Sa porte & pont-Ievis est défendue par deux tourelles rondes en encorbellement et par une troisième tourelle polypronale. garnies de mâchicoulis. A l'intérieur, \3kchambre dite du châtelain f voûtée sur croisée d'ogives, est décorée de peintures. La teinte sombre des murailles schisteuses de cette forteresse baignée par un étang*, sa position isolée , son antiquité , en font un monument très-curieux — A moins d'un kiL au N. s*étend une chaîne de collines

DE BBMNBS

dont les sommets atteignent 175 199 met. d'altit

43 kil. Gourhel, v. de 190 hab.

45 kil. (67 kil. de Vannes). Ploermel (f, Gi-^eBious).

s* |»AR MOBDIILI.BS ET PX4l^N-i£-0aAND.

50 kil. — Route de potte.

Se détachant sur la g. de la route de Brest (1 kil. de Rennes) » la route de PloSnnel croise le chemin de Ter, laisse à dr. l'avenue du ehdteau de Montigm^, puis celle qui conduit au châtrnu de la Fredonnière, cl francliit la Flume, près de son coulluunt avec la Vilaine dont ou s'éloigne.

14 kil. Uordellesj ch.-l. de c. de 2507 hab., sur la rive g. du Meu» existait dès le TL* s. et a donné son nom à Tune des portes de Rennes, la porto Mordoîai.'e. Ce viliaj.'e fut pris et repris plusieurs lois pendant les guerres de la Ligue, tantôt par les Anglais au service du roi, en 1592, et tantôt par les Espagnols, en 1593. V église a été récemment reconstruite dans le style ogival. — A 3 kil. à l'O. du bourg, dans une île formée par le Meu, s'élève le c}uUeau d" Artois ^ iief érigé en vicomte en 1679 pour la famille de la Porte, et qui fût transmis par alliance au marquis de Chftteaurenault, maréchal de France, on 1703.

Quand on a liani hi le Meu, on croise (17 kil.) une route qui conduit, à g., k(\bOQ mH.), Bréal (2186 bab., beau château gothique moderne), et, à dr., à (11 kil.) Montfort-sttr-Meu (R. 3) par (4 kil.) le château de la Bédoyère et (7 kil.) Talensac ( V. ci-dessus).

On franchit le rui-seau de la Chaise, qui baitjne à g. les muis du château des ÎMngraia; et, traversant plus loin le ruisseau du Rohuet, on laisse à dr. (1500 mèl.) Trelfendel, v. de 968 hab.

— A 1 kil. en deçà de Plélan, on rejoint la route directe de Montfortsur-Meu à

36 kil. mrlan le-Grand (V. ci-des- SU8). — De Pléian-le-Grand à (23 kil.) Plodrmel (F. ci-dessus).

50 kil. Ploérmel (hôt. : des Voyageurs, du Lion-d'Or) , ch.-l. d'arrond. , V.de 5697 hab., doit son nom (P/ou- A rmel , pe uplade d*Armel) à un anachorète du vi*s. , qui se retira dans ce paye et autour de l'ermitage duquel se groupa le premier noyau de [lopulation. Les souvenirs les plus populaires dans celle ville sontlalégendude saint Armel et le combat des Trente, livré dans les environs, à mi-chemin de Josselin (F. R. 66).

Ploiirroel (ut prise et reprise plusieurs fois aax xn* et ziii* s. c'est dans ses murs qnc fut public, en 1240, rairêt qui chassait les juifs de la Bretagne. En 1273, le comte de Richemont, & iOR retour de la Pa* lestine, fonda à Ploërmel l'un des iiremiers couvents de Carmes qu'ait eus la France; dans cette ville enUa, se réunirent, eo Vi9kj les principaux seigneurs de Bretagne pour y rédiger les O.sts du duc Jean c'est-à-dire la déclara lio a do nombre d hommes qu'ils devaient fournira son armée, solvant limportanoe de leur fiel.

Ploermel eut beaucoup à souffrir des guerres du xiv* et du xv* s. Mouard IIî s'en empara en 1346 et y laissa i>our capitaine Richard Bembro, lué an eombat des Trente en i35i. Les Français l'enlevèrent d'assaut, en 1487, et brûlèrent entièrement la ville, où il na reste ni une église ni une maison tntérleiire à cette époque. Le couvent des Carmes, situé hors des murs, échappa seul à cedéâaâlre; mais ce célèbre monastère, visité, en 1664, par Charles IX et sa cour, fot .brûlé, en i.t92, par les auxiliaires Anglais, du parti d'Henri IV» et ne fut relevé gu'en l année 16'i'i.

Les calvinistes se répandirent dans Ploërmel, y construisirent un temple et y tinrent deux synodes. Les Ligueurs firent contre la ville une tentative inntile en 15!)4, et, en mémoire de leur victoire, les habitants institueront une procession annuelle que la Révolution a supprimée.

ploérmel est la j^atrie du lîeuteDsntgénéral Dubruton, célèbre par la défense de Burgos et par la retraite do HanovrOi sous riilmpire.

L'église de Saint Armel (mou.

hist.), recouâtruile de Jijll à 1602, s(3 compose de trois nefs sans trauisept. Les fenêtrcts qui rôclairent sont ornées de riches meneaux iUuaboyanta

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