VERSAILLES
gauche, et la cour de la chapelle à droite. Les architectes Gahriel et Peyre dressèrent, sous Louis XV et 80U8 Louis XVI, dés plans pour dissi* muler cette regrettable ordonnance, • provenant du refus qu'avait fait Louis XIV de consentir à la démolitiuii dr< bâtiments élevés par son père. Mais ces plans, que Louis-Philippe avait eu Tintention d'exécuter pour compléter les grands travaux entrepris sous son r^e, sont restés à rétat de projet.
La cour d'entrée est séparée de la place d'Armes par une priHe dorée, aux armes de France. Aux deuA. extrémités s'élèvent deux groupes en pierre : à dr., la France irietorimue de Vempire (VAUemagne, par Maroy ; à g., France triomphant de VÉspaqne, par Girardon. Un peu plus en arrière se dressent deux autres groupes; la Fai^j par i uby fVAboiidancej par Goysevox. Seize statues colossales en pierre, représentant les généraux et les ministres les plus célèbres, sont rangée'; autour de cette cour, au milieu de laquelle se trouve la statue équestre en bronze de Louù XIV.
Les deux ailes du palais se terminent^ par deux pavillons modernes portant sur leur fronton que soutiennent des colonnes corinthiennes, l'inscription suivante : A toutes tes gloires de la France.
Sur la dr., on remarque surtout la ehapeUe, dernière œuvre de Mansart, commencée en 1699 et terminée en 1710. L'intérieur de cette chapelle, richement décoré, est orné de statues et de bas-reliofs parBouchardon, Slodtz, etc. Le maître-autel est en marbre et en bronze doré j ie plafiond de la voûte a été peint par A. Goypel, LaPosse et Jouvenet; les tableaux sont de Silvestre, de Santerre et de Louis I^ouIIongne.
Le musée (ouvert au public tous les jours, excepté le lundi) a été créé . par ie roi Louis-Philippe, en 1842.
Les sommes dépensées par le roi sur sa liste civile, pour la création de ce
musée unique, se sont élevées, suivant M. de Montalivet, à la somme de 23 494 000 francs. Cette précieuse collection, continuée sous l'Empire, occupe 173 salles, vestibules ou escaliers, où sont disséminés environ 5000 tableaux, por'mits, bustes ou statues historiqu' s, depuis les croisades jusqu'à nus jours.
Outre ces galeries consacrées à l'histoire de France, le palais renferme : une salle d Opéra, construite par Gabriel de 1753 à 1770, et où eut lieu, le 2 octobre 1789, le célèbre banquet des gardes du corps dont les suites lui eut si désastreuses pour la monarchie; les appartements royaux et un grand nombre de salons désignés par les sujets peints sur leurs plafonds. Les principaux sont les salons d'iiercuù y de V Abondance, de Vénus, de Diane, de Mars, de Mercure, (ï Apollon j de la Guerre ^ de la Paix; la grande galerie des Glaces, longue de 73 mët., peinte en 1679 par Lebrun; la salle du Conseil, la chambre à coucher de f.nw's XIV, qui a conservé son ameublement du temps du grand roi ; VŒil-de bœuf ou antichambre dans laquelle les courtisans venaient attendre le lever du maître; le Sahn, le grand Couvert 9i la salle des gardes de la Reine; enfin les petits appartements ou appartements particuliers du roi, de Mme de Maintenon et de Marie-Antoinette.
(F., pour la description détaillée du palais de Versailles et des œuvres d'art qu'il renferme, les Environs de Paris illustrés ou VItinéraire de Paris à Versailles, par Ad. Joannk, et le Musée de Versailles^ par E. Soulié).
Ce fut par les jardins que commencèrent les grands travaux d'agrai^issement qui firent de Versailles la plus vaste et la plus magnifique des résidences royales. Le Nôtre fut chargé de cette direction, et le Parc, dessiné par lui, devint le chef-d'œuvre des jardins français. Ces jardins sont séparés du palais par une magnifique terrasse. Quatre statues en bronze
DE PARIS
ÂU MANS. [ROUTB 1]
d^^p^^s l'antique, adossées au bîltiment du milieu, représentent : ^>'ilène, Antinous, ÀpoUon et Bacchus.
Aux angles ont été placés deux vases en marbre blanc stculptés, celui du N., par Coysevox, celui du S., par Tuby. Devant la façade centrale, s'étend un parterre d'eau, ainsi nommé parce qu il oiïre, au lieu de tapis de ^azon, deux bassins bordés d'une tablette de marbre sur laquelle reposent dos figaresde fleuves, en bronze, ad> mirablement modelées. Du milieu de chaque bassin s'élance une gerbe d'environ 10 met., qu'entourent 16 jets inclinés, formant corbeille.
Le parterre du Nord et le parterre du Midi s'étendent devant les ailes du palais. On descend dans le parterre du Midi par nn escalier en marbre blanc dont les angles sont ornés de sphinx montés chacun par un enfant en bronze. On remarque surtout dans ce parterre deux petits bassins et une statue^de femme couchée. Deux beaux escaliers, de marbre de 20 met. de iMi gear et composés chacun de 103 marches, descendent à VOrangerie construite en 1G85 par Mansart. Devant ce bâtiment, et au pourtour du bassin, sont rangées dans la belle saison près de 1500 caisses d'orangers. Le plus vieux de ces arbustes se nomme le grand Bourbon.
Il fut acquis en 15110 par la confiscation des biens du connétable de Bourbon, et apporté de Fontainebleau à Versailles en 1687. En face de TOrangerie, mais en dehors des jardins, se trouve la pièce d^êau des Suisses, a.\ns\ nommée parce qu'en 1679 un régiment suisse fut chargé d«î la creuser.
Elle a environ 400 mit. de longueur sur- 140 mèt. de largeur. A l'extrémité s'élève une statue équestre de Xarcus CurUttSy par Girardon.
Devant l'aile septentrionale du palais et parallèlement au parterre du Midi, s'étend le parterre du Nord. Il est décoré de vases de bronze, de statue.s, de deux bassins dits bassins de$ Couronnei, et de la fontaine de la
Pyramide, au-dessous de laquelle on remarque, dans un bassin carré, un joli bas-relief représentant des nymphes au bain,
L*allée qui descend de ce bassin carré au grand bassin de Neptune est désignée sous îp nom à''allée d'eau.
Le bassin de Neptune est le plus remarquable de tous les bassins de Versailles, tant par le caractère gran* diose des sculptures qui le décorent que par rabondance de ses eaux- Une longue tablette, ornée de vingtdeux vases de plomb hronzé et garnie d'un jet entre chaque vase, règne le long de la façade méridionale de ce bassin ; ces jets et ceux qui s'élèventde chaque vase, au nombre de soixantetrois , sont reçus dans un chenal d'où l'eau s'échappe dans de vastes coquilles, placées aux angles, et par des mascarons, pour retftmbor <lansla grande pièce. Sur la iablelie inférieure trois vastes plateaux supportent des groupes de métal : le groupe central représente Neptune^ ayant à sa gauche Amphitrite, assise dar^s une grande conque marinej par Adam aîné (1740): celui de g., Prothée gardant les troupeaux de Neptune et appuyé sur une licorne, par Bouchardon (U39) ; celui de dr., l'Océan, par Lemoine (1740). Cette merveille hydraulique est réservée les jours des grandes eaux comme une sorte de bouquet. 11 est impossible de rendre l'effet magique de ce spectacle, quand de toutes les bouches des dieux, des tritons, des naïades, des phoques et des chevaux marins, surgissent, bouillonnent, .s'entre-croisent des jets d'eau d'une force et d'un volume extraordinaires , qui retombent en cascade écumante dans la nappe d'eau agitée.
Si, du bassin de Neptune, Ton remonte au parterre d'eau, les regards sont attirés par des perspectives non moins merveilleuses. On aperçoit à ses pieds le parterre de Latone, dans lequel on descend par un bel escalier en marbre que flanquent deux
[Route i] Versailles.
LES ÏRIANONS
jolies fontaines ornées de groupes et de statues représentant VEau, le Printemps, le Midi, etc. Le Bassin de Latone forme le centre du parterre.
Il est orné du groupe de Latone avec jet deux enfants, Apollon et Diane , appelant la vengeance de Jupiter sur les paysans de la Lycie. Ça et là, au pourtour, des grenouilles, des îrzards, fies fnrtues, des paysans et des paysaiuies, dont la nirtaraorphosB commence, lancent conlre la déesse des Jets d*eaa qui croisent dans tous les sens leurs gerbes brillantes. A dr. et à g. du bassin de Latone, des vases de marbre représontcnt le sacrifice d'Iphiffcnic.nue fête de liacchfis, ntr.
Du parterre de Latone, on se rend au bassin d Apuilon, en suivant une belle avenue , dite du Tapis yert^ bordée d'ime double baie de vases et de statues dont la plupart méritent une étude attentive.
De cliaque cùlé du Tapis vert s'étendent des bosquets et des jardins que nous nous bornerons à mentionner.
Ce sont, à g. : le ho$<m^ de la Cascade y dit salle de. Bal, qui présente au fond une cascade composîe de gradins en rocaille et en coquilla^'es • il est enrichi de vases et de torctières en métal bronzé ; le bosquet de la Meine; le quinconce du Midij décoré d*une suite de Termet en marbre exécutés d'ajjrt-. los dessins de Poussin; le Jardin du Roi, orné des fleurs les plus rares et les plus fraîches; lebosquet de La Colonnadr , qui offre un péristyle circulaire en marbre, composé de 32 colonnes sur lesquelles viennent s'appuyer des arcades cintrées, ornées à leurs clefs de masques de nymphes, tle naïades ou de sylvains. Au centre, un grou[)e représente VEnlèvpment de Proscrpine.
A dr. du Tapis vert sont : le boS' qvet deg bains d* Apollon, qui renferme un immense rocber dans lequel a été pratiquée une grotte décorée du célèbre groupe en marbre d'Apollon servi par les nymphes; le bosijuct du Rond verti 1 bosquet de VÉtoile; le
quinconce du Nord; le hogqueî des
Dômes y orné de nombreuses statues, et près duquel se trouve le hafisin d'flncelade, dont le jet d ean a T,] mèt. — Derrière ce bassin s'étend un dernier bosquet au milieu duquel se voit le bassin de VOMisque,
Arextn'mité inférieure de la grande àWrr Ciii's vert, se trouve le Bassin d'Apollon, le plus grand du parc apr^s celui de Neptune. Au centre, uu groupe en plomb représente Àpoi- Ion mr son char traîné par quatre chevaux et entouré de tritons et de dauphins. Un des jets d'eau de ce bassin a près de IK mèl. de hauteur.
An de!:i du })'tssin d*Apolion s'étend le yiami canal, qui a (i2 mèt.
environ de laigeur et lôô8 mèl. de longueur. Plusieurs sitUves sont rangées latéralement entre le bassin d*Apollon et le commencement du grand* canat.
N. H. Les grandes eaux jouent, dans la belle saison, le premier dimanche de chaque mois et quelquefois plusieurs dimanches par mois; Tannonce eu est faite à l'avance dans les journaux et affichée dans les gares du chemin de fer.
Si, au sortir du parc, on prend les allées qui s'ouvrent à dr. du bassin d'Apollon, on se rend en 15 min. aux deux Trianms,
Le palais du Grand Trianontqui date de 1 687, se compose d'un seul rczdc-chauss6c, ivecdeux ailes en retour d'équerr»' encadrant la cour. Les proportions de la laçade sont élégantes.
Au milieu un vestibule, avec colonnes de marbre, sépare la cour des parterres. De magnifiques jardins et de charmants bosrinots entourent le palais du Grand Trianon.
Le palais du Petit Trianon ii est qu'un simple pavillon construit par Gabriel en 1766 et dont la reine Marie 'Antoinette fit sa résidence favorite. Elle y construisit le curieux hameav que Ton y visite avec intérêt.
Les maisonnettes envploppéesde lierre et représentant la résidence du curé,
DE PARIS AU MANS
ân hnWA, de la laitière et du seigneur, forment de gracieux tablca;;x.
Le jardin du Petit Trianon olTre, outre ces charmants paysages, de belles pelouses» des lacs^ des grottes, des pavillons, des ponts rustiques, des cascades, des rochers, etc. On y voit plusieurs irbre?; remarquables, parmi lesquels nous signalerons un magnifique chêne pyramidal, un pin Montezuma et uu chône-Iiége d'un incroyable développement.
iif. B, Les Trianons sont ouverts tous les jours ; la salle des voitures est ouverte le jeudi et le dimanche.
On y voit des chaises à ])orteurs du temps de Louis XIV et de Louis XV, la voiture du sacre de Charles X, etc.
En quittant la gare de Versailles,
on entre dans un souterrain courbe long de 140 mèt. et suivi d'une profonde tranchée. Puis les talus s'abaissent et l'on entrevoit un moment, sur la dr., à travers les arbres, la pièce d'eau des Suisses, l'Orangerie et Taile S. du palais de Louis XIV.
22 kil. Saint-Gyr (1931 bab.) est un village devenu célèbre depuis que Mme de Maintenon y établit en 1686 une maison d'éilucatitjn pour les filles de la noblesse pauvre. La maison des Vûmes de Saint- Louis recevait gratuitement 250 demoiselles, &isant preuve de 140 ans de noblesse paternelle. C'était une sorte de commurauté religieuse, dans laquelle la fondu nce allait passer tous les moments dotit elle pouvait disposer, et où elle fit représenter Ealher et Àthalie, que Racine avait composées tout exprès pour ses pensionnaires. Après la mort du roi, elle se retira définitivement à Saint-Cyr, et elle y mourut en 1719.
La Révolution supprima cet établissement qui comptait parmi ses élèves Marie- Aune -Élisa Buonaparte, plus tàrd princesse Bacciocchi et princesse de Lucques. Napoléon vint cbercher sa sœur à Saint-Cyr le septembre 1792 et la reconduisit en Corse.
Devenu empereur^ il revint à Saint-
Cyr en 1805 visiter l'école militaire qu'il y avait fondée en 1800 et qui fournit animeliement à l'armée environ 250 jeunes officiels age:> de 20 ans. Les édifices de Véeole consistent en douze corps de bfttiments d'une grande simplicité d'arcbitecture. Une partie fies jardins, qui servaient de promenoir aux Dames et aux Demoiselles de Saint-Cyr, est aujourd'hui transformée en champ de Mars pour les eiercices et les manœuvres des élèves de Técole actuelle (F., pour plus de détails, les Enoironi de Pari* iU lustrés y par Ad. Joanne).
De la sUition de Saint-Cyr part un embranchement conduisant à ( 58 kil.) Dreux, à Argentan et à Gran- TiOe (F. VIHnéraire général de la France, NoRKANDiB, par An. Joannb; Paris, Hachette et Cie.). — Le chemin de fer s'élève sur la plaine de Trappes, la plus haute et la mieux nilîivée du (lép'irtL'ineiit de Seine-el-Oise.
28 kii. i iappes, v. de 7 74 iiab. est situé près du Taste élang de Sain^ Quentin dont les eaux alimentent en partie les bassins et les cascades de Versailles. Il possèfle une église fort ancienne, ftenx distilleries agricoles, une féculerie et une scierie mécani- (jue à la vapeur.
[A 4 kil. au S. de IVappes^ s*oum une petite vallée solitaire, mais
peuplée de souvenirs. Là s'élevait jadis l'abbaye de Port-Royal-des- Champs, qui occupa une si grande place dans l'histoire religieuse, philosophique et littéraire du zvn* s.
(Pour aller la visiter, il faut traverser le bois de Trappes.) Cette abbaye servit de retraite aux Arnault, ainsi qu*à Lancelot, le Maistre de Sacy, Pascal, Nicole, Philippe de Champaigne, Racine , Achille de Harlay. Au souvenir de Port-Royal se rattachent les Iongues querelles des Jansénistes, terminées en 1709 |»ar la dispersion des solitaires et la démolition du couvent.
Devenu la propriété des Dames de