ROUTE 1] PORT-ROYAL
MAUREPÂS.
Saint-Cyr, puis vendu en 1793 comme bien national, Port-Royai appartint successivement à M. Ch. Talmont et à M. Siivy, ancien avucal^ qui en a ùân don à la Société de SaiQ^Aatoin6, entre les mains de laquelle il est aujourd'hui. De rancienne abbaye, il ne reste que le colombier, grosse tour ronde située dans la cour de la ferme qui a remplacé le monastère, les fondations dts anciens bâtimenu»
d*babitatfon qui ont été retrouvées dans des fouilles, les granges sur la hauteur voisine, les caves de l'hôtel de Looguevilie attenant à l'abbaye, des tronçons de piliers de colonnes et de chapiteaux, débris de l'ancienne chapelle , ia fontaine <le la mère Angélique, et un énorme noyer, qui, suivant les traditions locales, a été le contemporain des solitaires. A l'endroit qu*occupait le maître-autel de la chapelle, M. Silvy a fait construire un peiit bâtiment en forme de chapelle, qui renferme quelques inscriptions funéraires et plusieurs peintures, entre autres le portrait de Pascal. La plupart des anciennes pierres tombales de la chapelle ont été transportées dans les églises des villages voisins ; celle de Racine est aujourd'hui à Saint-Étienne du Mont, h Paris.
De Port-Royal-d es-Champs, on peut gagner (5 kil.) Bampierre, par la route de Versailles, ou Cbevreuse, soit par les hauiours boisées de Saint- Lambert (4 kil. 1/2), soit en suivant jusqu'à Saint-Remi-lès-Chevreuse le vallon charmant qui commence à Port-Royal, et où l*on traverse successivement Saint-Lambert4eS'Boi9f c. de 225 hab. (moulin Feauvau, ancienne dépendance de Port-Koyal), MUon-îa-Chapelle, c. de 200 hab.
(ancien château appartenant aujourd'hui à Mme la vicomtesse d'Abzac ; dépôt d'étalon>}, et enfin le hameau de Rodhon, Par ce dernier chemin, la distance de Port-Royal à Chevreuse est de 8 à 9 kil. (pour plus de détails, V 1( > Environs de Farit illtuiréSf par Ao. Joanne).
De Trappes à Rambouillet, on ne voit guère qu'une route bordée d'arbrrs et une plaine bien cultivée, [jar-.cinéa de fermes et de villages, ua laisse à g.
Uùmigny-U-Bretonnmx (290 hab.), entouré de nombreuses villas.
33 kil. La Verrièrê, hameau de 75 hab. avec un château qui a appartenu au comte de la Valette, que le dévouement de sa feinnie a rendu célèbre sous ia Restauialion.
fCorresp, pour : — (12 kil.) Chevreuse {V. ci-dessous); — (3 kil.) Coignières; — (7 kil.) Maison-Neuve; — »
(8 kil. Dampierre (F. ci-dessous), et (8 kil.) les Estarti-U-Bjoù]
^ Szoanloii A Waurepa*.
Au sortir de la station de Laver-
rière, on rencontre la route de Montfort-l'Amaury, que l'on prend en tournant à dr. Elle croise presque immédiatement la route de Chartres, et, en continuant à la suivre, à travers un vaste plateau, on ne tarde pas à trouver à dr. (20 min. de marche) un chemin communal qui traverse le village de Maurepas, et qui, à 10 min, de l'embranchement, passe au pied d'une haute tour eu ruine, reste imposant d'une forteresse féodale tr^redoutée des voyageurs au moyen âge. Cette tour, placée sur un petit tertre, à la limite du plateau, est entièrement ouverte d'un côté sur la moitié de sa circonférence. Les murs ont une grande épaisseur, et ou peut eiicore distinguer, à Tintérieur, les traces des divers étages. — A peu de distance on aperçoit, à dr., TégUse, près de laquelle on remarque les vestiges d'une porte qui formait vraisemblablement l'entrée d une première enceinte de la forteresse. — Laiia, en contournant une ferme située entre la tour et Téglise, on atteint une magnifique châtaigneraie, sur une éminence d'où l'on jouit d'une vue délicieuse et étendue sur Pontchnitram. Néauphle - le-Cliàteau et sur de beaux coteaux boisée.
DB PARIS
Pour Monlfort-rAmaury , situé à 10 kil. de Maurepas et à "l 2 kil. de la Verrière, et dessenri maintenant par la ligne de Dreux, F. VRinérmr$ de la Kormandie, par Ad« Joannh.
Exoursioa à caievreaie.
On se rend de la station d« la Verrière à Chevreuse en passant par (1 kil.) le Mesnil'Saint' Denis (château du xvm* 8.) et par Dampierre. A 1 kil.
au S. du Mesnil-Saînt-Denis s'élèvent sur la dr. les restes de Tabbaye de Notre-Dame delà Roche, de Tordre de Saint-Augustin. Ce monastère avait été fondé en 1190 par Guy, sire de Lévis, qui, s'étant croisé contre les Albigeoisavec Simon, comte de Montfort- TAmaary, mérita par ses hauts faits d'armes le litre héréditaire de maréchal de la Foi que lui donna le roi Louis YIII, et qui reçut des dépouilles des Albigeois les terres de Florensac et de Alirepoix, en Languedoc.
La ehapeUe de Pàbbaye, appartenant aux premières années du zin' s.^ forme une croix latine de 28 mèt, de longueur, précédée d'un porche ouvert en ogive. Les chapiteaux des piliers de la nef et des Iranssepts sont ornés de sculptures remarquables.
Dans le pavage se voient des dalles tumulaires de plusieurs abbés, de chanoines réguliers et de bienfaiteurs de l'aLbaye; le cliœur contient les tombes à effigies du fondateur Guy I de Lévis, mort en 1230 ; de Guy II , mort en 1276, dont la statue est maladroite* ment baptisée d}i nom de saint Victor, et la tombe, plus richement ornée, de Roger fils de Jean de Lévis et de Constance de Foix, mort en 1313.
M. le marquis de Lévis-Mirepoix a racheté cette chapelle et l'on espère que le descendant des maréchaux de la Foi la fera restaurer.
Dans la ferme attenante à la chapelle, une vieille cheminée de pierre décore une grande salle voûtée en ogive et divisée en quatre parties égales par une colonne cenUale à chapiteau octogone*
15 à 20 minutes de marche suffisent pour descendre de la Roche par une route pittoresque tracée dans leshoi8,à Uvy-SaitU-Nom(Z\bhab,\ petit village bien situé dans la jolie vallée de l'Yvette, au-dessus de la rive g. de cette rivière. L'église paroissiale, qui date en partie de 1537, renferme la pierre sépulcrale d'Kmmanuel de Crussol, duc d'Uzcs, baron de Lévis ou Lévy, gouverneur de Saintonge et d'Anjou, mort en 1692.
On a transporté dans la même église, sur le maîti-e-autel , une Vierge fort antique provenant de la chapelle abandonnée de Notre-Dame de la Roche. Aux fêtes de l'Annonciation et de la Nativité, toutes les mèies des environs viennent faire toucher h cette statue, les vêtements de leurs enfants sur la téte d'^squels un prêtre fait la lecture de 1 Evangile de saint Jean qui termine la messe.
JjdChdUau ne présente aujourd'hui que des ruines consistant en pans de muis formés de moellons et de briques, séparés par de larges déchirures et couverts en partie d'épais rideaux de lierre. Une maison moderne recouvre en partie ces débris.
Au-dessous de Lév y-Saint-Nom on traverse 1* Yvette, sur Ut rive dr. de laquelle une jolie route conduit à (8 kil.) Dampirrrc, v. de 669 hab., situé à 164 nù-t. d'alt. loutefois les piétons devront la laisser tle côté, et, au lieu de traverser l'Yvette, prendre un chemin charmant, ombragé , qui passe entre la base d*un coteau boisé (à g.), où Ton remarque de beaux rochers, et (n dr.) la rive g. de l'Yvette, pour aboutir "(40 à 45 min.
de marche) à la route de Versailles par laquelle, en tournant à dr., on arrive en quelques minutes à Dampierre.
Le magnifique château de Dam^ pierre, échu comme celui de Chevreuse à la niaisfui de Luynes, de la succession de Marie de Rohan, femme du connétable de Luynes, fut reconstruit au xvn* s. sur les dessins de
[ROUTE 1] BÂMPIERRE. — GHE7BEUSB.
MaDsart. M. le duc de Liiynes actuel, qui Ta beaucoup embelli, l'entretient avec uu soin religieux. Parmi les Dombreaz objets â*art que ce château Gootient, on remarque la Minerve en or, ivoire et argent de Simart, et une statue en argent par Rude, représentant Louis XII [ enfant j l'auteur de la fortune de la maison de Luynes. Un vaste parc, planté de belles futaies et tout entier ceint de murs, renferme des cascades et des eaux abondantes.
De Dampierre, on peut aller Tisiter au S. In v'illon pittoresque de<; Vauxde-Cernay et les ruines de l'ancienne abbaye du même nom (1 h. 10 min, environ). C'est une des promenades les plus agréables et les plus intéressantes que Ton puisse faire dans les environs de Paris {V. ci-dessous).
Une valh'e fertile, bordée de riants coteaux qui forment la délicieuse vallée de l'Yvette, sépare Dampierre de Chevreuse, situé à 4 liil. à TE. A g. on suit constamment le pied de hauteurs couvertes de bois. A dr.» lorsqu'on a dépassé le mur du parc de Dampierre, on trouve le rfihtenu de Mauvières et ses rh irmanis jardins, à un quart d'heure de Chevï'euse.
Chevreuse (but. du (irnnd-Saint- Jacguw), V. de 1 809 bab., ch.-l. dec, a donné son nom à une famille <^lèbre dont les ducs de Luynes furent les héritiers, en 1663.
L'nnrîon château fort delà Madeleine, qui domino la ville , î it cédé, en 1692, par la maison de Luynes, au roi Louis XIV, qui le donna aux Dames de Saint-Cyr. Déjà délabré vers le milieu du xviii* s., il fut vendu pendant la Révolution, comme bien national. En 1824, ses ruines subirent d'importants chankvments pour être appropriées aux besoins d'une exploitation agricole. En 18Ô3, il fut racheté par le duc de Chevreuse, qui mourut sans avoir pu réaliser ses projets de restauration. Aujourd'hui le château de la Madeleine appartient à M. le duc de Luynes, père du propriétaire précédent. C'est du côté du
1 N. que ce château a le mieux cf*ii^ serve son aspect primitif. Des quatre grosses tours à mâchicoulis qui subsistent encore, deux sont entières , les deux autres sent tronquées. De fortes murailles, protégées par un large fossé, relient les tours , du sommet desquellf>. ainsi que <îe l'esplanade du chaieau, soutenue par des murs couverts de lierre, on découvre un magnifique panorama. La pe* tite chapelle de Sainte^liarie-Madeleine , qui a donné son nomau chftteau et au plateau voisin, se reconnaît encore à ses portes cintrées, à son arcade ogivale el aux li^'ui es grossières qui soutenaient les retombées des voûtes. — V église paroissiale de Chevreuse a été reconstruite presque entièrement en 1304. Dans le chosur, achevé seulement en 1640, on remarque (b^^ fresques de M. Ch. de Coubertiu, qui a donné à Téglise une copie du Christ de Prud'ljon. En face de l'église, se voient les restes du prieuré de Saint'Satumin (porte du XII* s. ornée de sculptures). ^Nous signalerons, en outre, à Chevreuse, la maison dite des bannières, flanquée d'une tourelle en grès, et les restes des anciennes murailles d'enceinte, flanquées de tours.
De Chevreuse on peut gagner (U ou 12 kil.) Orsay, en suivant la vallée de l'Yvette, rivière qui serpente, en mille capricieux détours, avant d'aller r perdre dans l'Orge, l'un des affluents de la Seine et près do laquelle on remarque plusieurs magnifiques habitations entourées de grands parcs. Nous citerons entre autres les châteaux de Vaugien, de Courcelles, de Gif. (Pour plus de détails sur Dampierre el Chevreuse, V. soit les Environs de Paris illustrés, soit la Loire et le centre de la France, par Ao. JoARNE ; Paris, Hachette et Gie.)
Au delà de la Verrière, ou dépasse, au milieu d'une plaine riche mais monotoue, la station aujourd bui sup-
D£ PARIS AU MANS
primée de l'ittoire, dépendant de ia commune des Essarte-le-Roi , ntaée k environ 500 met. à g. En face de ranci en embarcadère de TArtoire,
Tient s'embrancher sur la route impériale le chemin de Montfort-rAmaury, petite ville actuellement desservie par le chemin de fer de Paris à Dreux. (F. Vïtinéraire général de la France, Nobiundie, par Ad. Joaiinb.)
42 kil. Le Perray (695 hab.) possède un beau château, dit de Sainù- Hubert, construit pour les rendez-vous de chasse de Louis XY, au bord de l'étang de Pourras.
es kU.).
En revenant du Perray à la montée
de l'Artoire, on trouve sous l'arcade du chemin de fer un chemin qui conduit en quelques minutes à ,'l}///ar(7?s ou FargiSj ancien village où ont été découverts des vestiges de Tépoque celtique et des sépulcres mérovingiens. Auffargis appartenait à la maison d'Angcnnes, d'où sortirent les comtes d'Auffargis ou de Fargis. Qui ne connaît les intrigues de la comtesse de FargiS; sous le ministère du cardinal de Hicbelieu? En continuant à descendre la vallée entourée de bois, de rochers et de bruyères et arrosée par le ruisseau dit des Vam, on arrive, au milieu d'un paysage vraiment alpp'ître. aux ruines du monastère des Vaux- de-Cernay, situé à peu de distance à 1*0. du village de Cermy-Ui-VtU$> Nous ne saurions trop recommander cette excursion aux touristes. Les ruines, encadrées dans un site s^iuvaçe et pittoresque, rappellent le iondateur Simon de Montfort, sire de Néauphle-le-Châ* tel, frère d'Amaury de Montfort, connétable de France en tl28, saint louis et la reine Blanche sa mère.
Les parties les plus anciennes du couvent sont : l'ancienne porte d'entrée et les salks formant le rez-de-chaussée du bâtiment qui occupe le côté 0.
du cltittre. Cette porte et ces salles, dont on remarque les belles voûtes
d'arête, remontent à l'époque de ia fondation, c*est-ârdire au xn* s., et sont, avec les galeries du cloUre (son* s.) et les ruines de V^lisê, les
plus importantes constructions qui resîent onrrrc debout. On aperçoit tr?'s-l»icii 1 église, — et notamment le portail avec sa rose et sa porte ogivale encadrées entre deux hauts contreforts, — du dehors de Thabitation où l'on n'obtient pas aisément la permission d'entrer. Dans les dépendances de l'abbaye, nous sijînalerons : la forirtaine de Snint-Thiband ; le colombier qui date des premiers temps de l'abbaye, mais dont le comble a été refait au zvi* s.; une source d*eau ferfugineiues plusieurs portes attenant au moulin, curieuse construction militaire du xv« s.; le pnnt situé à Textréniilé N. de la chaussée qui retient I ciany des Vaux-de-Cernay ; la porte dite du Hameau, etc.
Des Vaux - de • Cemay, une belle route conduit à (1 h. 10 min. env.) Dampierre (F. ci-dessus, p. 9), mais il vaut mieux prendre un sentier pittoresque qui suit la rive g. du ruisseau des Vaux-de-Cernay. Près du grand moulin (30 min.) on remarque des didnes admirables : 5 min. plus loin est le petit moulin, La vallée, se resserrant, tinvient un fléfîlé où le ruisseau forme de petites chutes. De beaux arbres, entourés de curieux rochers, couvrent les deux versants de cette gorge appelée les eoecadee.
On y rejoint la route de voitures, qui passe également dans un défilé très-pittoresque, près du moulin des Rochers, et traverse Game, pre«;que en face de Senlisse, v. de ^i81 iiab.
(Pour plus de détails sur les Vaux-de- Cemay, F. les Enidrone de Parie ilkutrée, par An. Joannb.)
On entre dans la Forêt-Verte, qui se relie à celle de Rambouillet, puis on traverse les plaines fertiles des Pd<û, de Grange-CoUmbe et de Gre- \ nonvàlieri.
[^OÙTB 1] LES VAUX-DB-CERNAT. — RAlfBOUILLET. l3
48 kii. Rambouillet (bôt. : du Liond'Or, — de Sm nt-Pierre, — du Dauphirij — de la Croix- Blanche), V. de 4228 hab., ch.-L d'arreiid. du départ, de Seine-et-Oise, Mt située à 145 mèt.
d'alt., dans un, petit vallon peu profond, arrosf' pa" un afHuentde l'Eure. Pour se rendre au château, il faut suivre la Grande-Rue (la rue Impériale) qui s'ouvre à dr., quand, après être descendu de la station^ on a déparé le viaduc du chemin de fer.
Rambouillet y bâti dès les premiers temps de la raonarehie, tn milien de la
vaste forêt d'Yveline, faisait alors partie du domaine royal. Sous les rois de la troisième race, il appartenait à la maison des comtes de MoDtfort; il pana ensuite, par alliance, aux seigneurs de la Roche-Tesson, en Normandie, puis à la famille Bernier qui le donna en ecnange d autres terres, en 1S6S, i Regnaalt d*Aiig6imeB, écuyer, premier valet tranchant de Charles VI. Celui-ci agrandit sa terre en se faisant successivement acquéreur de tous les fiefs enfironnants et de la seigneurie des Essarts dont il était le vassal. Son arrière-petit-tils, Jacques d'Angennes, y reçut, avec une grande partie de ta oonr, François 1"^ qui y mourut le 3i mars 1S47. En 1562, Catherine deMédicis, accompagnée de son fils Charles ix, vint attendre & Rambouillet lissue de la bataille de Dreux. En 1588, Henri m, fuyant de Paris après la journée des Barricades, y vint prendre gîte et « y coucha tout botté, » suivant le Joumai de l'Estelle. Érigée en marquisat en Tannée 1612, la terre de Rambouillet appartenait alors à Charles d'Angennes, dont la femme, Ca> therine de Vivonne, exerça, sous le nom de marquise de Rambouillet, une si puissante influence sur 1c monvpmf^nt litt^^raire du xvii^'s. Apret» la mon de Charles, Ramboaillet échut au duede Hontausier, mari de li célèbre Julie d'Angennes. La seconde fille de Julie l'apporta en mariage au duc d 'Uzeîi, niuia elle luuurut sans postérité, et, après la mort du duc, Rambouillet, saisi féodalementsurses héritiers, fut, par décret du parlement, adjugé au directeur général des ûnances, Fleuriau d'Armenonville, qui y fit des embellissements consiflcrribies; mais il le revendit bientôt an comte de Toulouse, dernier fils légitimé de Louis XXV et de Mme de Moniespan, en ùnwc duquel la terre de Ramboaillet,
avec les chàtellenies, fiefs et seignenriae qui y avaient été ajoutées en grand nombre
par ses différents propriétaires, fut érigée en diiehé-pairie. Louis XIV y vint souvent avec Mme de Maintenon. Plus tard, Louis XV y fut attiré par la belle eoBH tesse de Toulouse. Knfm, le duc de Penthièvre, cédant aux instances réitérées du roi Louis XVI, lui vendit son domaine de Rambouillet.
Louis XVI se prit d'une vive prédilection ] our ce domaine, qu'il augmenta et embellit encore. 11 y fit élever de vastes bâtiments pour loger sa vénerie et ses équipages de chaf^sc ; il construisit la laiterie de la Reine et la ferme modèle dans laquelle il établit, en 1786, une bergerie pour la proptgation des bêtes à laine fine en France. Un troupeau de mérinos, acheté à grands frais en Espagne^ y fut installé. La bergerie, confiée à des directeurs ha biles et protégée depuis par tous les gouvernements, en particulier par celui de Napoléon a prospéré au delà de toute espérance,
Louis XVI posséda Rambouillet comme domaine privé jusqu'au jour où la constitution de 1791 i'eut réuni à la liste civiie. Mais, lorsque la royauté fut abolie, ce domaine fit retour à l'Étal et fut compris dans l'administration des domaines nationaux. Il fut alors démembré : l'État vendit tentas aes dépendances, maisons, terres, et tout ce qui n'était pas forêt, et conserva seulement le château, le parc et toute la forêt.
Rambouillet, tel que l'avait laissé la Révolution, fut compris dans la liste civile impériale, constituée en 1805. Napoléon y chassait quelquefois et y rendit, en juillet 1810, îe décret qui réunit la Hollande à son empire. Le 2f^ mars 1814^ Marie-Louise, ayant quitté Paris, menace par les Alliés, passa la nuiti Runbottillet. Elle fut remplacée le lendemain par Texroi d'Espagne. Joseph Bonaparte. Elle y revint le 12 avril, y séjourna dix jours, avec le roi de Rome, et en repartit pour
vienne, escortée de 2000 SolJals autrichiens. Apres Waterloo, Rambouillet servit aussi d'étape à Napoléon sur la route de l'exil. L'Empereur y passa la nuit
du 25 au 26 juin 181 5.
Sous la Restauration, Rambouillet Ht partie des listes civiles de Louis XVIII, qui y vint une seule fois, et de Charles X, qui y chassait plus que partout ailleurs. Le 26 juillet 1830, ce roi quitta le château de saûu^Uond pour venir chasser ftRamboulllet. En dsBcendant de voiture au pied de la
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DB PARIS
grosse tour crénelée, il cUtd*liatoik<{ui ne loi était pu familier: • Notre prédécesseur
Franrois l'^ est mort ici après une chasse à courre, et moi, sans doute, je sui» destiné à finir comme loi.... » Peu de jour» après ces paroles prophétiques, la famille royale s'éloifînait précipitamment de Saint-Cloud et entrait le l'"" août, à neuf heures du soir, à Rambouillet. La maison militaire du roi fnt placée au bivouac dans les jardins anglais; les troupes de la garde et l'artillerie dans le parc et sur le» hauteurs qui dominent la ▼lUe; Mais, le lendem^n, Charles X et le Dauphin signèrent à Rambouillet, l'un son abdication, l'autre sa renonciation au trône en faveur du jeune duc de Bordeaux.
Le 3 août au soir, trois commissaires, députés par le gouvernement provisoire.
MM. le maréchal Maison, de Schonen et Odilon-Barrot, forent introduits clies le roi et lai annoncèrent qu'environ ^r. ooo parisiens armés marchaient sur K;imbouillet pour le contraindre à quiLLer ie royaume. Les commissaires ajoutaient qu'ils avaient peu d'heures d'avance sur les Parisiens et que, par conséquent, il ne fallait pas perdre un instant pour éviter la gravité dn péril. A 0 heures, le roi donna l'ordre du départ et se rendit à Cb^rîtonrp, où il s'embarqoa pour un exil qui devait être éternel.
Après 1B30, la Chambre des députes ayant refusé de comprendre le domaine de Rambouillet dans la liste civile du roi Louis-Philippe, le château et le parc ftawa% affiché» comme une maison de campagne et loués, pour douze ans, par le baron Schickler. ils furent ensuite occupés par le comte Ducbâtel. A la suite de la révolution de 1848 . le cbàtean fut loué à un entrepreneur de fêtes, qui le convertit en cabaret et en bal public. Le parc et le jardin, administrés parle régime forestier, virent tomber en ruine leur mur de clôture et abattre sanspitié leurs magnifiques . avenues. Aujourd'hui Rambouillet est rentre daus la liste civile impériale.
Le domaine de Rambouillet se divise en trois parties biea distinctes :
le cil iieiu, le parc et les jardins.
jLe château , qui n*a conservé de sa première construction au xiv* s.
qu'une grosse tour à créneaux et à mâchicoulis et quelques salles basses attenantes, a été depuis successivement restnnré , agrandi ou mutilé à diverses époques. Les coiisLiuc-
tions modernes, rangées autour des débris de la vieille forteresse , forment un mélange de bâtiments irré»
guliers dont la partie principale se
compose de deux .corps de logis perpendiculaires. Quand il n*est pas habité, on peut en visiter Tintérieur, aussi peu intéres^^aut d'ailleurs que rextérieur. On y remarque seulement dans la salle à manger, dans le boudoir et dans le petit salon, de belles boiseries en chêne sculpté, exécutées sous ie règne de Louis XV par Tordre du comte de Toulouse.
Le parc, l'un des plus beaux et des plus grands qui soient en France , contient plus de 1200 hectares clos de murs, plantés de taillis et de hautes futaies, coupés dans tous les sens par de longues avenues admirablement dessinées. Les terres en sont cultivées par la ferme Impériale que Louis XVI fit b&tir. On visitera avec intérêt les bergenetAu premier troupeau de mérinos introduit en France, et le lieu appelé Vile des Roches, où Catherine de Vivonne donnait dos fôtns mythologiques en l'honneur des beaux esprits qui formaient son cortège assidu et qu'elle y amenait de Paris.
On y Toit encore dans une roche la grotte de Rahetats, introduit à Rambouillet par le cardinal du Bellay, parent des d'Angennes.
Les jardins, qui s'étendent au S. du château, sont divisés en deux parties : le parterre et le jardin anglais. Le parUm renferme : un magnifique quinconce; de belles avenues de til' leuls; une salle de tulipiers; des avenues d'acacias séculaires; de longues et vortespelouves; un champ de roses; de superbes plates-bandes de rhododendrons, et une avenue de cyprès de la louislane» unique en Europe.
Une immense pièce d'eau, divisée en nombreux canaux par des îles plantées d'arbfps et semées de gazon, sépare le parterre du jardin anglais, dans lequel on entre par deux portes, Tune à rextrcmiLc de la pièce d'eau, à ro., près de la laiteriCi Tautre au
Digitizod by C<.jv.' .ic
[ROUTE 1] RAMBOUILLET. — ÉPSRNON.
S. E., près de la grande pièce d'eau voisine da chemin de fer. Le parterre a été dessiné à la française du temps du comte de Toulouse ; dans toute sa partie haute, il est piaulé d'arbres forestiers do îoutps !es essences; parmi lestjuels se trouvent de nombreuses variétés d'arbres verts semés souB le premier Empire. Le Jardin anglais, dessiné sous le duc de Pentbièvre et restauré sous Napoléon I", abonde en arbres exo'ifjnrs tirs plus belles variétés ; les prairies on sont capricieusement sillonnées par des allées sablées qui suivent ou traversent des rmères aux nombreux contours.
Ici l'eau se brise en écume en s'échappant d*un rocher artificiel ; là c'est une chaumière dont l'intérieur est tapissé de coquilles produisant le plus merveilleux effet; plus haut c'est uu rustique ermitage, avec sa chapelle et sa cellule, caché sous Tépais ombiage des hêtres, des mélèzes et des pins. On peut y faire de belles études fl'arhres et de charmantes promenades,
A l'extrémité N. 0. du jardin auj^'lais, mais en dehors, au pied du monticule sur lequel s'é&ve la Ferme, est la laiterie de la Beine» Louis XVI l'avait fait bâtir, orner et meubler pour Marie- Antoinette : le premier consul la fit dépouiller et démeubler pour la laiterie de Joséphine à la Malmaison. L'Ëmpereur la fit enfin restaurer pour Marie-Louise. C'est un petit temple bâti en grès et qui ressemble à un tombeau. A l'intérieur, on montre une rotonde décorée d'une vaste table et de consoles de marbre blanc, puis une salle carrée, au fond de laquelle l'eau s'échappe des fissures d'un rocher artificiel, pourtom ber dans une vasque rustique où se baigne une nymphe sculptée par Beauvalet. Cette nymphe a remplacé le beau groupe de la nymphe à la chèvre, de Julien, qui est aujourd'hui dans les galeries du Louvre.
Dans le pavillon de g. (ni entrant),
meublée est décorée de quatre jolies gritaiUet en relief par Sauvage.
Véglite de Rambouillet, qui n'offre aucun intérêt , maisqui doitétrerecon-
strnite, possède un ancien tableau attribué à Thévenin {le Christ en croix) j un autre de Carie Vauloo {Conversion de saint Hubert) y et un tableau {saint Lubin) de M. Eugène Toumeux, donné par H. de la Motte.
Dans un caveau muré s<jnt ensevelis plusieurs membres de l'illustre famille d'Angennes. — Vhôtel de ville, 1787, sert de mairie et de halle aux grains. La salle du conseil renferme deux beaux portraits attribués à Mignard. — Vhotpiee a été fondé par la comtesse de Toulouse^ en 1731.
[Corresp. pour : — (19 kil.) Ablis (R. 8); — (22 kil.) Dourdan, par (9 kil.) Sonchamp et (15 kil.) Saint-Arnoult 7); — (26 kil.) Auneau, par (22 kii.) Orsonville (F. Vitinéraire de la France^ la Loihb bt lb centre, par Ad. Joannb) , et (8 kil.) Clairefontainêf (le 487 hab., qui possède une manufacture de dentelles et un hospice établi dans les bâtiments d'uneahhaye fondée au xii* s.]
A Dourdan, R. 7 ; — à Ablis, R. 8.
Au delà de Rambouillet, la voie* passe sur deux petits viaducs. Au delà du mur des jardins du château et du v. de Gué ville, on ne tarde pas à apercevoir sur la dr. les ruines du vieux manoir féodal de Gaxmm; on longe le parc du cbftteau Voisin, puis on entre dans le département d'Eure-et-Loir, en même temps que dans la vallée de Saint-Hilarion. On traverse la Drone eu deçà de la station d'Ëpemon.
une salle (le salon de la reine) dé- 1 quel s'étagenten partie ses maisons ,
61 kil. Épernon {café et hôtel de la Care; — aub. delà Grâfp de Dieu), V. de 1683 hab., est située à dr.
sur le penchant et au pied d'une colline baignée par la Guesle, affluent de TEure. Du sommet du plateau de 106 mèt d'altit. sur les flancs du-
DE PARIS
on découvre un vaste panorama que terminent au S. 0. les clochers de Cbartres.
Autrefois entourée de murs et de fossés, la ville d'Épernon reçut de Simon seigneur de Montfort, comte d'Évreuz, et vert la fin du xi* s., une charte d'allhinchissement. Dans le courant du xiii'' s., Laure de Montfort , fî!le du corate Amaury YI, apporta ea dut à Ferdinand de CastiUe, comte d*Anmalef la baronnle dTÊpernon, qui passa successivement de la maison d'Aumale dans celles des comtes de Vendôme et des rois de Navarre.
La seigneurie d*fipemon fat érigée en duché l'an 1581, en faveur de Jean-Louis Nogaret de la Valette, un des mignons d*Henri III, pour prix de ses indignes eomplaiaanees. Ce favori parvint dans la suite à gagner toute la confia nre d'Henri IV et se trouvait dans le carrosse du roi quand ce prinee fat assaBsiné. Le duc d^pemon se rendit odieux par sa hauteur et sa violence, qui donnèrent sans douta naissance à ce vieux dicton populaires
Épernon, Petite ville sans renom^ Rivière sans poisson.
Justice sans raison.
De son mariage avec Marguerite de Foix, comtesse de Caudale, le duc d*Épernon laissa trois fils; le plus célèbre d'entre eux fut le cardinal de la Valette, arche- . Tèqne de Toulouse, qui s'engagea dans le parti du caodinal de Richelieu dont il fut toujours le servile adhérent. Il fut par cette raison désigné dérisoirement sous le nom de cardinal«valet, par opposition au cardinal-ministre. Au commencement du xviii« s., le duché d'Épernon, dont la pairie s'était éteinte, fut vendu par le mar> qnis d'Antin, partie au maréchal de Noailles et partie au comte de Tonlouss.
II ne reste du châkau d'£pemon, dont on fait remonter la construction, à Amaury II de Montfort et au milieu du XI' s., que des caveaux voûtés et quelques vieux pans de murailles.
V église de Saiîil-Pierre ne présente de remarquable que des restes d'auciens vitraux et un caveau qui servait, dit-on, de lieu de sépulture aux seigneurs d'Ëpemon.— Une construction plus curieuse, à laquelle on accède par de larges escaliers degrés^ dans la