‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 210 sur 257 · DE PARIS A NANTES ET A SAINT-NAZAIHE. [R · texte numérisé non relu

DE PARIS A NANTES ET A SAINT-NAZAIHE. [R

fBxeursion à Chambord (19 kil.

par la levée de la Loire, 13 à 14 kil. ])ar Vineuil, Huisseau et h Chaussée; cabriolets, 8 et 10 Tr j voiture à deux chevaux, 15 fr.)

Après avoir remonté la Loire, sur ]a levée, jusqu'à (14 kil.) SainP-JHésur^Loire (château), on s'éloigne brusquement du fleuve pour se diriger au S. à travers la vSolo^^ne.

Le domaine de Chambord, dans lequel on entre, à 4 kii. de Saint-Dié, par la porte de ce nom, est enclos par un mur de 35 kil. de tour, embrassant une contenance de 5500 hectares, dont 4500 bectares de bois, îi fermes et lA étangs. On y entre par six portes. Le château (hôtel Sainl- Michel ou du Tourne-Bride du châteaUf propre et recommandé), magnifique construction de la Renaissancei attribuée tour à tour et sans preuves certaines à Primatice, à Bossr) on h Pierre Nepveu, fut commencé en lf/2G.

sur l'ordre de François I", et terminé seulement sous Henri II. Toutes les additions ou restaurations faites par Louis TLVfy le maréchal de Saxe et le roi Stanislas n'ont eu pour résultat que d'altérer le caractère de l'architecture primitive. Résidence ordinaire de François dans les dernières années de sa vie, ce château, qui avait lei^u Charles-Quint en l.')39, continua d'être visité par les rois de France, Henri 11^ François II, Charles IX, Henri III, Henri IV, Louis XHI et Louis XIV. L'ancien roi de Pologne, Stanislas Lcc/inski, l'habita de 1725 à 1733. Duiiiié. en 1748. au maréchal de Saxe, puis, en 1809, au prince de Wagram, il a été acheté en 1831f avec le produit d'une souscription nationale, pour être offert, « an Ti'^m delà France, à S. A. R.

Mgr le duc de Bordeaux. >» Le comte de Chambord le possède depuis cette époque et y fait faire chaque année des restaurations importantes qui lui rendront peu à peu son aspect primitif.

Le château de Chambord forme un carré long de 1&6 mèt. sur 117 mèt,,

flanqué aux angles de 4 grosses tours de 19 mèt. 50 cent, de diamètre, et

dont les constructions entourent en partie un second édifice moins grand, flanqué aussi de 4 tours, à toit aigu terminé par une lanterne.

Tout autour s'étendent les anciens fossés y comblés par le roi Stanislas.

Au-dessus des terrasses qui recouvrent les voûtes des salles , s'élève un couronnement en fdrme pyramidale, de 32 mèt. de hauteur et du plus grand efl"et, ahasi composé :

colonnade formée par 8 arcade^ accompagnées de colonnes et de pilastres (fi mèt. de haut) et supportant une autre ordonnance plus éleréf» , décorée d'uDP I nlu'^îrade et s( composant de 8 coiilt ç-lorls ; au-d*'^sus. belvédère surmonté d'un campanile â*une extrême légèreté et d'ùne grande richesse de détails, que couronne une colossale fleur de lis en pierre, de 2 mèt. de hauteur. A Tintérieur, on remarque surtout ini magnifique eicoticr en spirale, à dou]»!' laiiipes superposées, dont la dii»pOMtion est telle que deux personnes peuvent y monter ensemble sans se rencontra; il s'élève jusqu'au nt?eau des terrasses. A l'époque de sa construction, on embrassait d'un seul regard la double spirale de cet escalier, de la base au sommet ; malheureusement les 4 sallés, aui yoûtes ornées de sculptures , qui l'entourent en forme de croix grecque, ont été divisées depuis en trois étages, nan"?

l'une des salles du second étage, disposée en théâtre, eut lieu la première représentation du Bourgeois Gentilhomme, — Le nombre des pièces est de 440, toutes à chemînéet sel(m le luxe du temps, mais n'aysnt rien conservé de If^iir ancien ameublement. Dans les angles formés au point de jonction de la façade el des ailes, du coté de la cour, s'élèvent deur beaux eaeolwrt à jour. On compte en tout dans le château 13 grands escaliers. — Dans la tour de ro., la ehapdlef achevée par Henri 11^

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est bien conservée ; un bâtiment con-^tniit en lintN-d œuvre, à Tangle loi iné par la tour du N. cl îa façade, renferme un oratoire d'une ornemeatatiun trôs-curieuse. — Près du château, à dr. eu regardant la façade, s'élève une petite église, achevée en 1855 (tablnau de saiiil Louis tenant la courunno d'é}>incs, par Alphonse Héuaiï; à dr. et à du chœur, pciuturet» à fresque sur fond d'or, représentant les Apôtres; vitraux représentant sainte CIotiMe, saint Henri, la reine Blanche et Charlemagnc ; (Mafond émailb' nombreuses fleurs (b' lis). — Les parterres et le parc du château offrent une promenade aussi agréable que rare dans ces plaines désolées de la Sologne.

Au retour de Chambord, au lieu de revenir directement à Blois, on peut passer par Chevemy et Beauregard (excursion très-recouimandée).

La route , se dirigeant vers le S. .

passe d'abord à (7 kil. de Chambord) Bracieux^ ch.«l. de c. de 1174 hab.,au confluent du Beuvronetde la Bonne-Heure. Elle s'innéchit ensuite \ers le S. U., laisse u dr. l'ancien château de Villesavin, et traverse Tour-en-Sologiie (700 hab.), avant d'atteindre (15 kil.) Cour-Cheverny (^32 hab.; belle situation; jolies maisons; église du x\i' s.).

Cheremy (1221 hab.) est à 1 kil.

de Ck)ur-Cheverny. L'église couserve un portail du xii* s.

Le château de Ghevemy, construit en 1634, est un nuguifique spécimen de Tarchitecture de la fin de la Renaissance. La façade se compose d'une suite de corps de logis et de pavillons. Les fcuèti es du premier étage portent de riclies Irontuns rcuferniaut des bustes antiques en marbre, et des bustes modernes, en pierre, copiés sur Tantique. On remarque à l'intérieur : une galerie ornée de peintures ; une belle salle à manger y tendue de cuir (magnifique dressoir ; cheminée de l'épocjue d'Henri IV) ; [appartement du rai

(salle des gardes l)ien conservée, décorée d amours ; peintures représentant l'histoire de Persée et celle lie i heageue et de Chariclée ; tapisseries ; vieux m^ibles); un bel eircal^; une bibliothèque; une chapelle. Le propriétaire actuel, M. le marquis de Viltraye, s'efforce de rendre au château sa jthysionuniie primitive.

En sortant de Cour-Cheverny, où il iaut revenir pour regagner Blois, on prend la direction du N. 0, A 6 kil. de Cour, on trouve à g. Pavenue, longue d'un kil., qui conduit au château de Beaur égard. On ouvre soi-même la grille du |>ai c Le château, bel édifice des xvi* ei xvn' s. , appartient aujourd'hui à M. le comte Chollet, qui Ta fait restaurer. On y remarque une splendide galerie de portraits (363 figures historiques célèbres, de Philippe VI à Louis XIIl). Le carrelage de cette galerie, morceau unique en France, représente une armée du temps en ordre de bataille. Prés de la chapelle est une chancre décorée de boiseries (xvii' s.). Un magnifique parc anglais, dans lequel a été (M f usée une rivièrei entoure le château.

Euti'e Beaurcgai'd et Blois, ou traverse (5 kil.) Saim-Gervais (549 hab., crème renommée) et la forêt de Russy.

[Corresp. à BJui^ ]>our : — (58 kil.) Valençay, pai (20 kil.) Contres et Selles-sur-Cher; ^ (37 kil.) Saint- Aignan; — (32 kiL) Montrichard, par (24 kiL) Ponllevoy; - (64 kiL) Saint-Calais (R. 19) par (32 kiL) VendAnie; — (50 kil.) Montoire; — (64 kïi.) Monduuhleau ; — (17 kil.) Bracieux (T. VUimraire général de la France, la Loire et le Centre),]

De Blois h Vierzon, à ChàteaufOUX, i Lochea, au Mans, V. V Itinéraire ginini de la Franee^ la iMire et U Centré,

En sortant df la tranchée dos Granges, le chemin de fer, soutenu par d'énormes iorrassements, domine la

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Loire (magnifique poiiitdé*vue, du côté de Bloift) et descend dans la vallée du fleuve, que borde une levée en terre, haute de mèt. 7 et large de 8 mèt., datant de Louis le Débonnaire.

188 kil. Chouzy (1442 hab.), sur la Cisse, n'a conservé de son abbaye de la Guiche qu une égliu souterraioe, un débris du cloître etdeux tombeaux.

193 kil. Onzain, v. de 2480 bab., d'où l'on aperçoit, sur l'autre rive de la Loire, le château de Chaumont, sous son plus bel as|)ect. Un pont suspendu réunit Cliaumont à Escure.

[Excursîonà(2kil.) Ghavmont-snr- Loire, y. de 1000 faab., Le château

de Chaumont (mon. hist ), fondé au x« s. au sommet d'une colline escarpée et reconstruit au xv* s. par les seigneurs d'Amboisc, principalement par le cardinal d'Amboise, dont on voit encore les armes sur les portes, se compose à l'extérieur, du côté du plateau, de deux corps de logis irréguliers, flanqués d'une tour à chaque angle et réunis au pavillon de la voûte d'entrée par deux autres tours pourvues de mâchicoulb. Un pont-levis donne accès au porche; La cour d'honneur, compléiemeiit ouverte sur la Loire, offre une vue admirable. A g.

sont les bâtiments d'habitation ; au fond une charmante galerie bien restaurée^ à dr. la chapelle ornée, à Vexténeur de plusieurs fenêtres du style flamboyant, et renfermant à l'intérieur un retable de bois sculpté très-curienx, dr beaux vitraux, le siège en ( liûue sculpté et le chapeau du cardinal Georges d'Amboise. La grande galeriCy les salons^ les appartement sont décorés dans le style de la Renaissance. On visite surtout avec intérêt : la chambre de Catherine de Médicis, encore intacfe, la salle du conseil f d'autres picces historiques contenant des tableaux , des meubles curieux et de belles upisseries. Chaumont a été possédé par Diane de Poi* li ers ( 1 559) , qui réclian gea avec Catherine de Médicis contre Cbenonceauz;

par la duchesse de Bouillon , par le père de TurennCi habité sous l'Empire par Mme de Staël et Benja« min Coni^tant. Après diverses vicissitudes, il a été restauré sous la direction de M, la Morandière dans le stvle pur du XVI* s. par ses derniers propriétaires, le comte d'Aramon et le vicomte Walsh. — Près de Chaumont^ dans les sables de la Loire, a été découverte une ?;tatue antique d'Ariane^ en marbre, aujourd'hui déposée au musée de Cluny.J

On passe du départ, de Loir-et-Cher dans celui d'Indre-et^Loir.

205 kil. limeray (1177 hab ). — Sur la rive g. de la Loire se montre le château de la Roche (39H hab.).

211 kil. Amboise (hôt. dn Liond'Or y où l'on trouve des voitures pour Chenonceaux, Chaumont» Loches et Tours), ch.-l. de c, V. de 4188 hab., est située sur la rive g. de It Loire, au pied d'un rocher, près de l embouchure de rAmasse. Pour s'y rendre de la station, il faut traverser un faubourg et les deux bras de la Loire, séparés par Vile Saint^ean.

En face du dernier pont, se dresse le château, au-dessous duquel s'étend une double et triple rangée de maisons qui ont, pour la plupart, conservé le caractère architectural de la Renaissance.

Le chftteaii (mon. hist), construit, agrandi et embelli, depuis Charles VII, sous plusieurs rois de France auxquels il servit de résidence (Charles Vlil y mourut), mérite encore la visite des étrangers, malgré les nombreuses mutilations qu'il a subies. On y remarque surtout: la profte lour (M mèt.)y construction originale «al spacieuse et si artificiellement construite que charrettes, mulets et litières y montent aisément; » une délicieuse chapelle aduu i al)lcmen trestaurée sous Louis • Philippe, avec façade ornée d*un curieux bas-relief, et dont l'intérieur est une ravissante merveille de l'art gothique; de bi^ux chapiCeeiix

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sculptes ; les salles occupées, de 1847 à ltf52, par Abd el-Kader, ses femmes et ses serviteurs ; la salle des gardes (de la fenêtre, joli point de vue) ; le cimetière arabe dans le jardin, etc. — Des tours et des terrasses, on décou^Te de beaux points de vue sur les bords de la Loire. Sous le château s'étendent d'immenses silos appelés greniers de César; ils forment quatre étages suj»erposé<î, reliés par un escalier de 120 marches.

VégliseSaini'Denis (xii*et xiii*s.), bien conservée (décoration intérieure remarquable), a donné son nom à une commune voisine et n'appartient plus à la ville. — On remarque, dans la chapelle Saint' florentin, un curieux monument en terre cuite (xyi* s.), composé de sept personnages groupés autour du Christ au tombeau. — A l'extrémité du Mail, un obélisques été érigé, en 1835, à Chaptal. — Sur le quai, Vhôlel de ville occupe une mai son bâtie vers 1500 ou 1502. — Une ancienne porte de la ville féodale a été conservée dans la rue principale. — Amboise fait un commerce assez important de vim, (le cuirs et de draps; elle renferme des manufactures de laine et de limes.

' [Excursion i Chenonceaux (prix des

voitures de l'hôtel du Lion-d'Or, aller et retour : cabriolet , 8 fr. ; américaine ou petite caltche, 10 fr. ; calèche à deux chevaux, 15 fr. ;) parla Pagode de Chanteloup^ dernier débris du château de ce nom. C'est uo édi- 6ce à sept étages, surmonté d'une boule dorée, et construit (1775-1778) avec les débris du château de la Bourdaisière, y>ar le duc de Choiseul. Au delà, on ii ;i\ f r^e la forêt, pour descendre vers le Cher, dont on remonte la rive dr., à partir de la Croix- de- Bliriy T. de 1336 hab.

17 kil. GhêiiOBoaaux, v. de 368

hab., possède une église du xi* et du XVI" s., renfermant d'élép-ants fonts l)a]itismaux de la Renaissance. — Le château {mon, hist.), bâti sur un|

pont qui traverse le Cher, fut commencé par Thomas Bohier, général

des fînriMcn-^, mort en 1524, puis continué par Diane de Poitiers et achevé par Catherine de Médicis. Il appartient aujourd'hui à M. Pelouze, hlsdu célèlnre chimiste de ce nom. C'est une œuyre charmante de la Renaissance, dans une situation délicieuse^ au milieu d'un beau parc.

On visite à l'intérieur du château de Chenonceaux : — Ife veatibidp, ancienne salle des gardes, orné de vieilles armes et de bahuts ; 2« la salle à manger (portrait de Diane de Poitiers, attribué à Primatice ; portrait de Louis XIII, habillé en Romain, par Charles Véronèsc; tableau représentant un tournoi; beau plafond; vieux meubles); — 3* la chapelle, charmante construction du xvi« s. (six beaux vitraux; belle voûte ; belle tribune; confessionnal de François I"; tète du Christ, attribuée à Michel-Ange):

— 4" le salon de Catherine de Médicis (belle cheminée attribuée à Germain Pibn); — 5" le boudoir de Catherine de Médicis (portrait de la reine; buste d'Agnès Sorel, au-dessus de la cheminée) ; — 6" la bibliothèque de Louise (le Lorraine : le plafond est le plus remarquable de tous ceux du ch râteau; — 7" le salon de Diane de Poi- Uen; — 8* la salle du Trôner ornée d*une curieuse collection de portraits, et d'une copie du François I'*^, de Titien, par Gémrt] : — oMe théâtre (au socond éfRfro 'ie la galerie), dans lequel Jean-Jacqut'-, Rousseau fit représenter pour la premièr-e fois le Devin du village; lO» la galerie construite par Catherine de Médicis sur le pont qui réunit le château à la rive g. du C3ier (portraits; empreintes en pljltre de^ plus curieux monuments r\o l'ancien musée des Petits-Augusuns, fondé par M. Alexandre Lenoir, à Pai is, pendant la Révolution.* beau tableau de Lesueur, représentant trois Muses).

Excursions à : — (16 kil.) Chaumont (F. ci-dessus); mêmes prix que pour

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