‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 216 sur 257 · ROCHE-BERNARD · texte numérisé non relu

ROCHE-BERNARD

' la forêt de la Bretesehe ( 'lOO hcct }, ' qui s'étend à dr.. le chdtfaH rlu mAm-^ nom, bAti en 14(1 j'ar Jeande Laval, baron de la Rocbe-Bemaid. Ce cbftteau, assiégé en 15D] |>ap les Ligueurs, qui en démolirent les fortifications, incendié en 179.1 parles RépuMicainn, a été restauré par un de ses derQiers« propriétaires.

72 kil. La Roche-Bernard, ch.-l.

de c. de 1218 hab., sur une hauteur, au bord de U Vilaine, dont on franchit un petit affluent avant d'entrer dans la ville, possède un petit port,, des maisons en hnh de¥> xv^ct xvi* s., et un pf fi' suspendu de 197 mèt. de longueur. Le tablier de ce pont, sur lequel la routa franchit la Vilaine, est élevé de 33 mét. au-dessus du niveau des hautes marées d'équinoxe.

De la Roche-Bemard au Crcrfsfe, R. SS.

On laisse à dr. (1 kil.) Mnrzan (1767 hab.), bâti sur une colline qui domine la Vilaine. Ce village renferme une églite dont le chœur appartient au style de transition, et un chàteaa^ propriété de M. du Breil de Marzan, (fenêtres à frontons et pignons à crochets de la Renaissance). — Sur le bord de la Vilaine (3 kil. au S. 0. du bourg), se voient qiiel]ues débris du château de VlslSj qui appartenait aux ducs de Bretagne et où moururent Jean I'' (1280) et Arthur II (1312). A 1 kil. à ro. rie ces ruines se trouve Ariai, v. de 1230 hab., dont dépend le port pittoresque de Vieille- RocAe. Dans le cimetière existent d'ancienslom^iw engraniten forme d'auges.

I-a route laisse à p:. le chemin qiiî conduit à (3 kil.) Arzal, puis celui de (1 kil.) LarJirrn ['^liapcHe de transition en forme de T ayant appartenu aux Templiers), hameau de Muzlllac.

88 kil. Hniillae, cta.-l. de c. de 2402 hab. Véglise, située au hameau de Hoiirg-Péanfe , e^t en partie de transition. Au bord de l'étang de Penmur, se trouvait autrefois le bâtiment de 1.1 cour des Comptes do Bretagne,

JDE SAUNT-NAZAIRE AU CROlblC [ROUTE 84]

qui, pendant trois si^des, fut établie à',MozLllac. La matfati des Frères, dans le bourg, renferme une cheminée polygonale provenant, dit-on, de l'abbaye de Prières.

[Une Toute conrîuit fie Muzillac à (3 kil. stir la g.) BiUters , v. de 931 httb., dont Véglise possède un Christ en ivoire provenant de l'abbaye de Prières. Cette abbaye de Prières y k>\ kil. au S. du village, fut fondée an XIII* siècle, par Jean le Roux, duc de BreUgne. Son église, reconstruite pn 1716 sur les dessins do Cole, premier architecte du roi, a été détruite il y a quelques années. Billiers est situé à 2 kil. de Temboudiure de la Vilaine et de la riyière de Saint-filoi, qm vient de Muzillae.

Une autre route rolic Muzillac à (5 kil. sur la dr.) Noyal-Muiillac , 0. de 5420 hab. V^gUse de ce village, édifice de l'époque de transition , en forme de erolx latine avec nefs latMes, renferme quelques tableaux de valeur. Le château de Keralio^ qu'on laisse à g. en allant à Noyai, a conservé ses tourelles et ses fenêtres en accolade du iv s.]

A peine a-t-on quitté MuzilLir que, franchissant la rivière de S:iii.l-l^loi, on traverse le bam. de FtnescUu (200 bab.), qui possède une chapelle ayant appartenu aux TempHers. La cbapeUe a été reconstruite, maie deux statuesde chevaliers, hautes de imèt. , y ont été conservées. — On laisse k g. un chemin conduisant à (4 kd.) Amhon, c. de 1139 hab., où se trouvent deux dolment et trois tombeUei celtiques. Véglite^ à trois nefs, appartient, comme celles des villages précédants, à l'époque de transition.

Au S. E. d'Ambon, à 1 kil. de la mer, s'élèvent quelques tourelles, restes du château de Trémelyon. A m bon est situé sur la rive dr. de Testuaire appelé la «rtêre de Pénerf, que forme la Drague à son embouchure.

On franchit la Drague, et on laisse

à 4 kil. sur la g. Sur^wr^ c. de

hab., dont Véglise^ en croix latine, appartient nu style de transition.

97 kil. La ( larlé, hameau qui possède une éclise.

98 kil. La Trinité, c. de 293 hab.

— On traverse le ruisseau du Plessis.

103 kiL Theix, c, de 2558 hab., sur le territoire de laquelle existent quelques monuments druidiques et un retranchement romain bien conservé.

La chapelle de Notre-Dame la Blanche est couverte d une voûte en bois, dont les sablières offrent des sculptures grotesques (la truie qui 'file, la truie qui joue du biniou, etc.).

A g. se détache la route de (4 kil.) Nnyalo, C. de 421 hab. (monuments dru 11 lues; débris romains derrière la chapelle de Notre-Dame de Uiséricorde). PluslOin, du même côté, on aperçoit une profonde découpure formée par la baie du Morbihan, puis le château de Limur.

112 kil Vannes (R. 6).

DE SAINT-NAZAIRE AU CROISIC Il k GUÉRANDE.*

DE SAiNT-NAZAtRE AU CROISIC.

27 kil. — Route de voitures. --- Serv. de corresp. — Coupé, 4 fr.; intérieur, 3 fr, so c; rotonde et banquette, 8 fr.

On laisse à g., presqu'au sortir de Saint-Nazaire, une route conduisant à (12 kil.) Pornichetf V. de 111 hab., petite station de bains de mer. Sur ia dr. de la route du Croisic, se trouvent les chd'eawc du Plessis, de Beauregard ei de f rsncrac. Ce dernier, entouré de verdure, est relié à la route par une ma[,'nirique avenue que terminent deux pavillons en briques. H a remplacé un ch&teau du xvi* s. dont quelques fenêtres et une tour élégante ont été conservées dans la construcr tion actuelle

13 kil. E8C0ublac,v. dell57 hab., situé à 2 kil. de la mer, est célèbre

[ROUTB 84]

ESGOUBLAC.

par SCS sables mouvants qui ODt peu à peu envahi et recouYert Taneien iKwirg.

« Les danes d^flconblac, ditÉmfle Sonvastra (fin Bretagne) , forment une terrasse naturelle, d'où l'on peut contem* pler un admirable panorama. Elles-mêmes n'en sont pat one des moindres nenrellles. Le sable, apporté grain à grain par la Lrise de mei', îps a lentement élevées à la hauteur que vous voyez aujourd'hui.

Bâties par le vent, elles tournoient éter* nellement sous son aile. Le ruisseau qui les sépare du bourra forme une han it re impuissante; à chaque rafale, un iiuuigc de sible s*élève, traverse Tean et va se répandre sur les champs cultives Le laboureur d'Escoublac regarde avec inquiétude cette cendre de la tner qui, comme eelle do Vésuve, avance toojoors et semble devoir insens blemfnt tout engloutir. Déjà elle a recouvert une paroisse presque entière, et celte plaine aride a son Uerculannin enseveli dans le sable. Qaand l'ouragan la laboure, l'œil découvre tout à coup, au fond des mobiles sillons, des débris de muraille, des ob^ements entassés OU la pointe do clocher englouti. Un arbre seul a survécu au lésistre : il marque la place de l'ancien bourg d'Escoublac et verdoie sur cette grande tombe!

Ce fut en 1779 que les habitants abandonnèrent définitivement leurs anciennes demeures. Ils dépecèrent leurs cabanes, déjà à demi enfouies , en transportèrent plus loin les débris des murailles et bâtirent le bourg que l'on voit aujofi''(i'hni.

Le pays est plein de traditions sur l'ensevelissement du vieil Eseoublae. Llmagination populaire ne poovait admettre l'î'^tion lonte et progressive qui l'a fait disparaître; elle a voulu un désastre dramatique, un jugement de Irïeut L'histoire de Sodome et de Gomorrhe n'avait-elle DOS déjà enfanté la fable de la ville d'is ^F. R> 99) et de tant d'autres sur lesquelles range eitemdnateuf vida lu seaux de la céleste eoUre I Interroges les vieilles fileuses du pays, elles vous ra conteront qu'un soir deux étrangers se présentèrent au bourg et y demandèrent l'hospitalité : c'étaient un vieillard vénérable et une jeune femme d'honnête figure, mais si pauvres qu'auprès d'eux les Briéron* (les pauvres ouvriers qui exploitent la brière, V. R. 5, p. 'i24) auraient paru des négociant ! Ils allèrent de porte ea porte sans pouvoir obtenir ni un morceau de pain pour leur souper, ni une

botte de paille pour la nuit. Qnand Us eurent dépassé la dernière maison, tooti deux s'arrêtèrent. Le vieî lard semblait indigné, et la femme pleurait^ non pas snr elle, mais sur ceux qui avaient été sans pitié. Alors elle joignit les mains comme pour demander gr Acf» : maïs son compagnon arracha trois brins de sa barbe, qoll louffla vers la mer; puis la femme et lui s'envolèrMit dans le ciel! A peine avaient-ils disparu qu'il s'éleva un vent d'ouest tel qo'il n'en avait jamais soufflé depuis la création du monde. Il roulait dans l'air des nuées de sable «i épaisses, qu'un homme avait peine à y fourrer U bra»y et que le lendemain, au soleil levant, le bouig avait disparu. On n'apercevait plus que le coq du clocher, qui se trouvait au niveau du sol. Les gens comprirent alors que le vieillard et la pauvre femme repoussés la veille étaient Dieu le Père et la Vierge Marie, qui avaient voulu éprouver les gens d'Escoublac et qui les avaient punis de leur manque de charité I •>

Véglise actunlle d'Escoublac dair de 1782. — Au moyen âge, ce village s'appelait £pûcopt lacus (le lac de r£véque) et il est probable que le lac ou étan;; auquel ce nom fait allusion occupait remplacement actuellement man]ué par les marais salants {30 hectares, 500 œillets), à l'O. du bourg, près de la route du Pouligucn.

L'extraction du sel est, en effet| la principale industrie des habitants d'Escoublac.

A Escoublac. les hommes portent le costiim'^ des métayers de Ûuérsnde, très-distinct de celui du paludier; la coiffe des femmes s'arrondit en diadème sur le sommet de leur tête, où leurs cheveux tressés sont en* tourés d'un ruban roule en torsade, d'où retombent deux bandeaux semblables à ceux des sphinx et des statues égyptiennes.

D'Escoublac À Guérande, K. ci-dessous.

Pour allrr il'Kscoublac au Croi*!ic, il fallait autrefois passer par Guérande ; une nouvelle route, ouverte il y a quelques aauees, abrège le trajet de plus de 8 kil.^ en reliant directement Escoublac au Croisic,

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