DE VANNES A AURAY
[Route 92 j
8 met. de baateur et 100 m&t de circonférence, on jouit d'un beau coup d'oeil. On découvre , au N. , le pav^ qui s'étend entre les rivières de Vannes et d'Auray et les villages de Baden et d'Arradon; à !'£., et pardessus Vfie aux Moines et 111e d'Arz, l'anse formée par le demi-cercle de Noyalo, Saint-Armel, Saint-Colombier et le commencement (îc la. presqu'île de Rhuis; à l'O., la cùte plate de Locmariaquer, dont on est séparé par des îles, entre autres par l'île Longue, les hauts tumulus du littoral ^ jusqu'au Mont-Saint-Michel de Ganiac; enfin au S. , l'Océan.
Le tumulus de Gavr'inis se compose en totalité de jiierres amoncelées, et s'olcve sur un tertre naturel, dans la partie S. de Tile. Dans sou ensemble , il a la forme d'un dôme à calotte déprimée. Le sommet de la butte est remplacé par une s(Hrte de cratère au fond duquel se trouve une ouverture (]ui établit une comniunicatiou avec l intérieur du souterrain.
Du côté de l'E. s'ou\ re une galerie longue de 13 mèt., large de 1 met.
50 1 composé de deux rangées de menhirs, qui constituent les parois, et de plusieurs tables de dolmens horizontalement placées sur Texlrémité des supports. Cette i^alerie, parée, dans presque toute sa longueur, de larges et épaisses dalles en granit, mène à une ehamhre à peu près rectangulaire et ayant pour enceinte huit menhirs dressés verticalement. Les dimen^inii-^ intérieures de cette cliamhrc suai : 2 met. 60 de longueur sur
2 met. 50 de largeur et 1 met. 80 de hauteur. Le plafond consiste en une table colossale en pierre de granit, ayant plus de 4mèt. de longueur sur
3 de largeur. Les parois de cette chambre, éclairée seulement au S.
par uu orifice triangulaire, sont ornées de sculptures étranges et indéchiffrables qui ont été comparées avec beaucoup de justesse au tatouage des insulaires de la Nouvelle- Zélande. Qu^on imagine des milliers
de lignes disposées en tous sens, des
droites et des courb&s , des chevrons et des zigzags, (b's licnes brisées ou ondulées, des serpents, des groupes de celtiv ou haches druidiques réunies deux à deux, quatre à quatre, les unes horizontales, les autres verticales; les unes la pointe en haut, les autres la pointe en bas, tout cela sculpté tantôt en relief, tantôt en creux, et Ton n'aura qu'une trèsfaible idée de l'aspect que présentent ces innombrables dessins, dont la concision laisse pourtant apercevoir une certaine symétrie. Dans| la chambre, à g. en entrant, se trouve une sorte de rainure de 10 cent, de hauteur sur 8 cent, de profoiuleur et 50 cent, de longueur, dans laquelle ont été ménagés deux ou trois anneaux eu gi anit. Cette particularité n'a encore été observée qu'à Gavr'inis.
c< Une observation, dit M. Gustave de Closmadeuc, qui n'échappera à aucun des minéralogistes (jui visiteront Gavi-'inis et son monument, c est que quelques-uns des blocs du dolmen, sinon tous, sont d'un gndn complètement étranger au sol de rile. Pour se procurer ces énormes pierres, il a donc fallu en chercher le gisement ailleurs, au plus pr^s sur les terrains continentaux de Baden et d'Arradon. 11 a fallu les pousser jusqu'au rivage, les embarquer sur des radeaux solides, traverser une étendue d'eau considérable, et, après le débarquement, parcourir encore un long trajet pour ne s'arrêter qu'à l extréniité opposée de lîle, au point où le tumulus s'élève aujourd liui. »
On ne doit point q[uitter Tile de Gavr'inis, sans visiter, à la ferme qui s'y trouve, un crueifix en bronze ci* selé, qui date du xi* ou xii* s. Co crucifix a été découvert dans les ruines d'un monastère qui existait autrefois dans 1 île.
En allant de Gavrinis à Locmariaquer, on contourne Vile Lon^^ qui renferme un galgal dans lequel il n'a pas encore été fait de fouilles.
[ROUTE 92] GAVR'INIS. — LO€MARL\QUER.
Il faut peu de terni»», surtout quand le vent est favorable, pour atteindre
(4 ki! rn Iiltic droite)
Locmariaquer (hôti l liagous (le seul), très-peu recDuuuaiul.ihle, f» fr.
par jour}, v. de 205G liab., situé, à 14 mèt. d'altitude, sur la rive occidentale du Morbihan, à rextrémité d'une presqu'île formée par les rivières de Crach ot (rAiiray,et à 1« kil. au S. do cette dernière ville. En face du bourg, s'ouvre uue baie large et proioiidc, abritée d'îles, qui offre aux narires une relâche facile et sûre. Le port de Locmariaquer est protégé par une jetée à pierres perdues, attribuée aux Celtes ou aux Romains.
Véglisc de LneTu.iriaquer date, en grande pai ue, du iii^ s.; le carré central et le chœur cffirent de grandes arc»des en plein cintre, soutenues par des colonnes à cha] liteaux romans présentant des oves, des ileurs. (les entrelacs et des têtes d'aruniaux, malheureusement emi)âtés sous un éj[>ais badigeon. L abside est eu culde-four, et le chœur a conservé quelques traces d'éeussons aux armes parlantes de Keraër, ancienne baronnie qui a donné son nom à la paroisse de LocmariaKeraêr, a^iourd'hui Locmariaquer.
Les restes de. monuments celtiques et romains que possède cette localité ont &it supposer que le bourg actuel recouvrait l'emplacement de l'ancienne vi]!n de Dariorigumy que d'autres antiquaires placent à Vannes.
Toujours est-il adinissii)ie qu'une ville, soit que au iondaliou lemonte aui Vénètes, soit qu'elle ait été construite par les Romains, a jadis existé en ee même lieu. 11 parait au moins certain que les f omams, après la conquête de la p<''iuusuie armoricaine, y ont éldljii ime station.
L'inspection des lieux, le sol junciic de briques et de poteries en terre rouge vernie, les clôtures environnant le bourg composées de petites pierres cubiques comme celles
par les Romains pour le revètemeut
des anciennes murailles dont quelques portions existent encore, la découvert** (le médailles et de statuettes, sont iU > indices certains de l'existence d un établissement romain dans la presqu'île.
«c Pendant l'hiver de 1853 à lâSS, dit M. le docteur Alfred Fou({uet, à qui nous empruntons de nombreux renseiL'TH'nirrtt^ ^nr cttc excursion (Guide lies lounates it des arclukilogues dans le Morbiluin), on a découvert, au milieu du bourg de Locmariaquer, dans la cour ds la maison le H oie, les assises d'une habitation gallo-romaine, qui avait dO f tre construite sous le tyran Magnence, de 3iSi) à (le notre ère. Ces ruines sont aujûurd'bui recouvertes. »
En sortant du bourg au N., par la route de Caraac, on a devant soi les ruines d'un cirque romain, dont le côté E. a été détruit pour l'ouverture de la route qu'il faut suivre, si l'on vent aller, au del.^ du circjue. jusqu'au tumulus de Mâué-Lud <>u Mané-en- HeUudf dont le nom signifie Monta- QMée Cendret, sans doute panse que ce tumulus renferme une grotte sépulcrale. On descend facilement dans cette grotte par un escalier qu'y ont pratiqué les habitants du villa;.îe.
Du Manc-Lud, en continuant à se diriger vers le N. 0., en atteint un barrow au pied duquel est situé le hameau du Nélud. A sa base, du côté de 10., est un dolmen compose de neuf supports disposés en eerclo et su])portant une table de 9 mèt. de lougueur sur 4 mèt. 60 cent, de largeur, qui malheureusement est brisée parle milien. Ce dohnen, appelé Doler-Groac*h {Table de la Fée), est précédé d'une allée formée de douze pierres verticales que recouvrent trois autres blocs. — Près de ce monument, s'élève un tumulus portant le dolmen dit Mané-4sr-Groac^h (Monta^ ffne de la Fie)* Du sommet du tumulus (12 mèt. de hauteur) on découvre Belie-lle, UouatetHœdic^Ouiberon et