DE VANNES A AURAY
sa vaste baie, la presqu'île de Rhuis et une partie de l'archipel du Morbihan. Un menhir brisé gît au pied du
tumulus.
De Dûl-er-Groac'h, on peut aller à travers champs, au S. 0., jusqu'au beau dolmen connu sous la double dénomination de Tabla de César et
de Dol ar marc'hadourien {Table des Marchands) f sur le platbrul duquel sont gravés des caractères et des moulures cnigmatiques.
Tout auprès de la table des Marchands, gisent à terre deux menhirs gigantesques : Tun se compose de quatre fragments, l'autre de trois.
Un dos fragments du pi pmier menhir H encore 12 met. de iûn<;ueur. Ce geajit, de 25 mèt. de hauteur et de & mèt de diamètre, le plus grand des menhirs connus, est désigné sous le nom de Man-ar-Oroae'h (pierre de la Fée). On estime son poids à plus de 200000 kilogr., et c'est un sujet légitime d'étonnement que l'adresse, la lorce ou la science dont a fait preuve, en dressant cette énorme masse, un peuple réputé barbare. Le second menhir avait 16 à 17 mèt. de hauteur sur 4 mèt. de diamètre.
De Men-er-Groac'h, i! faut rcdcs cendre vers le hourg juscfu au cirque et prendre le chemin qui conduit, au S. 0., à une petite maison près de laquelle est un beau menhir brisé.
Au milieu du champ Toisin de cette maisoîi , sp trouve un dolmen complétemcriL ruiné. De ce dolmen sans nom, on marche droit au .S. vers la ckapeUe Saint-Michel^ qui domine le bourg de Locmariaquer. Au S. de cette diapelle, construite sur des ruines romaines, on remarque les assises d'une tour, et, à TO. de celte tour de fortes maçonneries nommées dans le pays Er C'hnstd (le château).
A 1500 mèt. environ au S. 0. du bourg, sur le bord de la mer, se trouve le monument appelé les fiertés Plates {Men Platt) et portant des dessins symboli(|Uf s ; c'est une allée couverte, de 21 mèt. de longueur et de
1 mèt. de hauteur, arquée à son ex*
trémité S.
î^^ous ne ferons que signaler, aux environs de Locmariaquer: !p riirnhir de Kerpenhir^ les dolmens dt Kerroc h Saini'Pierre (tableb^anlante), de^treadontf de CœardeaUf de lopttec^ de Kerludf de^ Kefhan et de KerdanieL
De Locmariaquer -on peut aller à Auray :
Par eau (2 h. à 2 h. 1/2). — On sort du Morbihan à moins de 2 kil.
de Locmariaquer pour entrer dans la rivière d'Auray, que l'on remonte jusqu'à (14 kil.) Âuray, en laissant à g., sur le territoire de Crach , des restes de fortifications dites le fort Espafinol (à re.xlrrmit*'» d'un petit promontoire), le chduau de Kerentréj les ruines du château de Boenerho et le ekâieau d$ Plestit-Koer^ édifice fort irrégulier, présentant un mélange bizarre de rarchitectnre féodale et de celle qui fut adoptée n XVI" s., \ov> de la renaissance d»*-> arts. François de .Malestroil, baron de Kaer ou mieux Keraêr, le fit, dit<on, construire ou plutôt remanier au retour de l'expédition de Louis XII en Italie, où il avait suivi ce prince, qui le Cl éa chevalier sur le champ de baUille d'Ap-nad^l, en Î509. — Une voie romaine, de Lucmaria ucr à Auray, traversait la rivière sur un pont dont les débris gênent la navigation à mer basse.
2° Par terre, en passant par Crach (I6à 17 kil.) — Après avoir longe la côte pendant 2 kil. environ, la route s en éloigne sur ia g., laisse à dr. (3 kil. de Locmariaquer le hameau de JTtfreadorel et se détache, 1 Idl. plus loin, (lu chemin de Camac (V. ci-dessous), prî s de Kermanc. Se dirigeant alor* vers le N., on traverse (8 kil.) le bourg de la c. de Crach (1826 haJb.) , bAti sur une petite éminence, à 12 màt. d'altlL «-> A 1 kil. en deçà d'Auray, au moulin de Poulben^ on franchit le déversoir de Fétang du même nom dans la rivière d 'Auray.
Par terre, en passant par Carnac
[ROUTE 92] LOCMARIAQUER. — GARNAG. 569
(2& à 36 kil.).— U faut 2 h. i/2 environ pour rendre à pied de Locmariaquer à Caniac. — Après avoir laissi; àdr. la route d' Aura y parCrach (Skil. de Locmariaquer) » on atteintà (7 liil.) Kemiviliii la rivière de Crach , que Voxk traverse en bateau à Tendroit dit passage de la TnnUé (belle vue), du nom d'un ham^Mu la rive ^.
12 kil. Carnac (liôt. des Yoijageurs, propre et bon), v. d(> 3915 hab., situé à 17 kil. de Quiberon, à 14 kil. d'Anray et à 3 Ml. de Ploubamel, au fond de la baie de Quiberon, au-dessus d'étangs et de dunes. CVst sur la pla^c do r-irnac que fut débarqu('o. le 27 juin 1795, la première division de l'armée émigrée qui périt si tristement à Quiberon.
Véglige paroissiale esl un édifice de 1639 entièrement construit en pierres de taille, ainsi que sa flèche élnvcc Los voûtes de la nef, en bois et en forme de berceau, sont couvertes de peintures. Sur les lambris, des fresques retracent les principaux détails de la vie de saint Cornély. Un portail latéral dorique est suononté d'un baldaquin en plemy en forme de coiironne royale. Cinq aiitels sont surmontés de retables en marbre de la Henaissance. Dans la sacristie se conserve un riche ostensoir en vermeily du n vit* s., sur le pied du* quel sont représentés en relief la Cène et le repas des Disciples d^Emmaûs.
l e houTff de Carnac, dont les habitations dénotent l'aisance et la ytropreté, est un centre d'où les touristes peuvent rayonner pour visiter tous les monuments de la presquile voisine. C'est à Carnac que se. voient les réunions les plus considérables de pierres levées, de dolmens et de tuniulus. D'ailleurs, toute cette côte en est comme parsemée et l'on ne peut s'empêcher de la considérer tout entière comme une terre sacrée. Son aspect général est celui d'une plaine légèremeht accidentée; çà et là des tumulus se distinguent parfaitement des mouvements de terrain naturels.
Pour avoir une idée d'ensemble
des monuments druidiques qu'offre cette rruitrée, il faut se rendre au tumiiius ou galf?al nppelé le Mont-Saint- Michel (15 min. cuviron au N. E. du village) . Ce tumulus, dont le sommet, en forme de terrasse, atteint 44 mèt é'altit.,a 20 mèt. de hauteur absolue sur 80 mèt. de lonpruei'ir. Il oM presque entièrement composé de pierres comme celuide Gavr'inis. Des fouiller, opérées en 1862, par MM. le buub m tendant Galles et le docteur Fouquct, y ont fiiit découvrir on dolmen souterrain ou chambre de 8 mèt. de longueur sur 2 mèt. (le larpoiir et 1 m» t. de hauteur environ, renicrmant, dans un mélange de terre et de cen dre, des o.ssements calcinés, une quarantaine de ceUœ en jadelte et en trémoiitbe, des grains de colHers, etc. Du sommet de cette éminence, qui porte une rhapelle consacrée à saint Michel, on découvre une belle vue sur la mer, le {zolfe (lu Morbihan, Belle-Isle, les îles Houat et Huëdic, Quiberon, le fort Penthi'vre, Ploubarael, et enfin sur la plaine de Carnac qui s'oiTre aux regjurds dans son ensemble, avec ses bruyères sauvages, son horizon bordé par des bois de pins, d'une part, et i)ar la baie de Quiberon <lo l'autre, et surtout àvec cette phalange de pierres, cette surprenante armée de rodiers informes, mais symétriquement alignés*
Les célèbres alignements de Carnac commencent à la ferme du Ménec, à l kil. environ au N. du bourg, et suivent d'abord la direction de ro. à l'E. « Les bâtiments de la ferme du Hénec, dit M. Cayot Délandre (to Morbihariy son histoire et ses menuincnts), sont comi)ris dans une aire curviligne formée par des peulvans (menhirs, pierres debout qui ont pour la plupai i 4 à ô mèt. de hauteur; cette figure présente à peu près la forme d'un arc sur la corde duquel les avenues viennent tomber presque perpendiculairement.
« Ces avenues sout au nombre de
IHB YÂNNËS A AURAY.
dix, formées par onze alignements de menhirs qui se prolongent pendant environ 1500 mèt., en y comprenant une lacime de '.OOmèt. à 10. de Kermario. Au delà de ce village, les lignes recommencent, descendent une colline, tniTeraent le TÎlla^ de VitrivimU, remontent la colline opposée et continuent dans la même direction, en passant auprès d'un moulin d*où Ton découvre une grande partie de ces immenses alignements. De ce point de vue, on peut prendre une idée de leur ensemble et de leur direction, qui, au lieu de suivre la ligne droite, décrit plusieurs légères courbures, tantôt à dr., tantôt à g.
Au delà du moulin, les avenues s'interrompent encore une fois; on traverse un bois de pins, puis un mis* seau, et l'on retrouve les alignements se dirigeîmt au S. E. vers le village (le Kcrhf^rant. Au point où ils recommencent se Irnuvf; un vaste tumulm, à peu près semblable à celui qui termine les lignes de Kerserho (tt. 93), mais plus considérable. Vissà-vis de ce tumulus est un cromlech ou sanctuaire de irhsgrande dimension. Cette enceinte paraît circulaire au premier coup d'œil ; mais elle forme ré(îllement un carré à angles émoussés, dont chacun des odtés a environ 80 mèt. de développement. Les côtés S. et 0. sont formés de larges pierres peu épaisses, comme celles de Faire curviligne du Ménec, et qui semblent avoir été contigues comme ellcsj le côté E. est formé par les pierres des extrémités des avenues; enfin le côté N. est borné par le tumulus dont Je viens de parier et qui a près de 100 mèt.
de longueur.
« A partir de ce tumulus de Kerlescant. où les pierres ont, en général, & mèt. de iiauteui, les avenues se trouvent flanquées de deux lignes additionnelles qui se prolongent jusqu'aux abords du château du Lax (5 kil. environ du Ménec). Là, les pierres deviennent clair-semées; on traverse |
de grands espaces sans retrouver d'autres vestiges d'alignements que q^ielques menhirs isolés,etl'o*i arrive ainsi au village de la Trinité, sur la rivière de Crach. Les lignes traversaient sans doute ce bras de mer, pour se diriger ensuite vers Locmariaquer , où il est probable qu'elles devaient aboutir, »
Au XVI* s., le clianoino Moreau comptait 12 000 à 15 000 menhirs à Cai nac Aujourd'hui on ne voit plus, depuis la ferme du Menée jusqu'au hameau de Sainte-Baiiie (4 kil. environ) , sur le territoire de Ploubamel^ que quelques pierres druidiques, entre autres plusieurs mtnhirs à l'E. du chdtenv de Kerfjonan] mais il est certain ipie, depuis le commencement de ce siècle, plus de 2000 pierres semblables ont été détruites sur ce seul espace par les paysans, qui en emploient les fragments pour élever des clôtures autour de leurs champs.
Plusieurs auteurs ont essavé d'expliquer la destination des avenues de Caruac; les uns y ont vu des allées d'un camp de cha/r ; les autres un dracofittum ou t^ple consacré au culte du serpent et à la religion ophîol a trique, d'autres enfin un vaste cimetière où les morts d'Erdeven et de Carnac auraient étéinhumés après une bataille. Aucune de ces hypothèses n'est satisfaisante; la première, la seule ridicule, est due à un officier du génie, M. de ia Sauvagère, qui écrivait au xviii«s., et suivant lequel ces pierres auraient été érigées par les Romains pour caler leurs tentes contre les vents furieua:. Les habitants de Gamac ont une explication plus naïve. Ils racontent que saint Comély, poursuivi par une armée de païens, courut se sauvant devant eux jusqu'aux bords de la mer. Là, ne trouvant pas de bateau, sur le point d'être pris, il usa de sou ijouvoir de saint et métamoii^osa en pierres les soldats qui croyaient' le saisir. C'est pour cela que les pierres des alignements s'appellent encore dans le pays soudar det sant Cornély (soldats de
[ROOTE ni GàRNAC. — PLOUHÂRNBL.
saint Cornély). Co ^nitU est devenu le patron (leCarnac Un l'invoque contre les cpizootics et on lui oflVc des vaches que la fabrique vend au ^lulil de Téglise, ainsi que les atlaehef qui ont servi à les conduire et qui passent pour garantir les bestiaux des maladies contagieuses.
De Carnac deux routes conduisent à Auray. La nouvelle, longnie de 13 kil., rejoint la roule de Ouiberon à 5 Ûl. de Caraac; Tancienne, plus longue d'un kilomètre, se raccorde à la route de Quiberon à 7 kil. 1/2 de Carnac, après avoir passé (4 kil.) près du hameau du Moiistoir, o\\ s'élève un lumulus, fouillé en 18G4, par MM. René Galles et Mauricet. Ce tumtilusy haut de 5 à 6 mèt., mesure 85 mèt. de longueur de i'E. à TO. et 36 mèt. de largeur moyenne. Son extrémité orientale porte un menhir.
A l'intérieur, ont été découverts deux cellules funéraires, un grand dolmen sépulcral, un vase, des ossements d'animaux et les restes d'un ibyer.
Si l'on ne veut pas revenir directement de Carnac à Auray. ou peut ga^^ner (3 kil.") Ploubai ne!, sur la route de Quiberon (13 kil. d'Auray), et aller, de là, visiter les monuments d'£rdeven, « les plus beaux alignements du Morbihan après ceux de Carnac, » comme le dit avec raison M. Fouquet.