‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 243 sur 257 · A CONCARNEAU. [ROUTE · texte numérisé non relu

A CONCARNEAU. [ROUTE

laire. Plus loin, (lu nirnir côté, la route a fait dispaiaùrc un auli e autel; il en reste un îroisiLme à dr., près d uii dolmen inforniei dont un MûCf ainsi que dans la grande grotte .de Leeli-ar^Crom, remplace la table ; « mais ce monument-ci est évidemment construit de main d'iiomrae. et, sur la face intérieure de la j.ierrc qui le couvre, on dii.tin{5^ue la ioime trèsgrossière et fruste d'une grande hache, près de laquelle plusieurs de ces coupes que nous avions vues sur d'autres monuments. »

I n route, qui se rapproche peu à peu de la mer (à g.) , franchit le ruisseau de Pouldohan, au pont Minaouet. Arrivé au hameau du PassagCf on peut traverser en bac le petit bras de mer de Concameau et entrer ainsi directement dans la ville close.

Si l'on continue à suivre la route de voitures, on Iranchit le bras de nier sur un pont à péage, qui doit être prochainement racheté, et l'on arrive, en contournant la baie et la ville, dans le faubourg Sainte-Croix et à Tautre porte de la \ ille close (2& ou 30 min. depuis le Passage).

30 kil. Concameau (hôt. : des Voyageurs, tenu par Mme Sergent, le meilleur ; de la Marine ^ tenu par Lorentz, bon et propre; tous deux dans le làubourg), ch.-l. de c, V. de 3555 hab., est piltorcsquement située en partie sur un îlot, au fond d'une anse communiquant avec la baie de la Furent ou de Fouesnant. La Ville- Ckue^ de 400 mèt. de longueur, ne se compose guère que d'une seule rue, qui la traverse de TU. à TE.

Elle est défendue par un rempart très-épais, flan jué de tours à créneaux et à m;khicoulis , ((ue la mer entoure à toutes les marées. On y pénètre par trois portes : la principale, àro., flanquée de deux grosses tours et précédée d'un pont-levis (c'est le seul pont qui relie la ville dose à la terre ferme) , s'ouvre au fau- Wurp de Sainte-Croix, à l'entrée du itanin de Quimper; une seconde

porte, à VE. , conduit aubras de mer, eu face du chemin de Pont-Aven, la troisituie ]torte, au N. . nommée la f ortf aux ViiiSf est celle devant laquelle les navires déchargent leurs vins et autrès marchandises. Quelques parties des fortifications sont fort anciennes, et peuvent remonter au xiv* s. Uu ba*>lion, d'un plus grand diamètre que les autres tours, est attribué à la reine Anne, ainsi qu'une citerne de 6 à 7 mèt. de largeur, dont la voûte sonore est soutenue par un pilier s'évasant en forme de cône renversé.

Les autres parties des fortifications ont été récemment reconstruites. En dehors et à l'O. des murs d'enceinte, se trouve le faubourg Sainlt^raigf qui, plus considérable et plus peuplé que la ville close, s'étend chaque jour davantage. '

Concameau était occupée en 1S73 par une garnison anglaise, lorsque le conné> table du Guesclin vint en faire le siège. 11 était suivi du duc de Bourbon, du comte d*AIençon, des sîrM de Funtenay, de Mauny, de Beau manoir, de Beaumont, de Pioh:m, de Vaucouleurs, de Ple»lran, de la BciUere et d'une fouie d'autres chevaliem qui 8*étaient signalés à la prise d*Heimebont et de Quimpprlé. Un grand assaut fut donné aux murailles; mais les Anglais le soutinrent vaillamment, et le retour de la mer obligea les assiégeants a se retirer. Il sembla au connétable que ses gens ne faisaient pas bien leur devoir: aussi voulut-il par sou exemple encourager sa chevalerie, et II sa mit à ta tète pour reoom* mcnccr une nouvelle attaque au moment du retlux. Le duc de Buurbon se distingua particulièrement à la percée du mur, où Imbert de Cœuvres, son écuyer, fut tué. La place allait être enlevée lorsque le flux de la mer contraignit une seconde fois les assiégeants à s'éloigner. Le connétable jura qull ne partirait pas de Concameau avant de s*en être rendu maître par force ou par composition. Les habitants, intimidés d^ua côté, et assnrés d'ailleurs , qu'on n'en voalidt qu'aux Anglais, lais' sèrent ces dernier? se tirer seuls (J'affaire. Ils s'en tirèreui mal; le connétable les traita avec la dernière rigoeor et n'épargna que le capitaine seul, « qu*il prit à mercy. n Le butin fut con«;i'lprable, attendu que le comte de âaii:ibuiy venait-

IROUTS 95]

<le ravitiiiler la place par mer, et du Gueselin, après avoir pourvu à sa sûreté,

leva son camp pour aller investir Rrest.

Concarneau écîiappe ensuite à rhistotre jusqu'en 1488; cette année là, le vicomte <le Rohan la réduisit en l'obéissance du roi rhariM \in. Ln maréchal de nioux ia reprit sur les Français en î4H9, et eu l>t réparer les fortifications. « A cette époque, dit le chanoine Moreau, cet endroit ainsy fortifié n'estoit qu'une retraicte à voleurs, gens de corde, comme il se voit par expérience que si quelqu'un avolt assassiné son voysin, ou faict quelque vol, on ravy fille ou femme, Concarneau étoit sa retraicte. •

Au commencement des guerres de religion, Concarneau, qui, depuis IMnion de la Bretagne à la France, entretenait une garnison fixe ou à morte-hnye, fut donnée comme place de sûreté aux Ligueurs. Le duc de Mercœnr commit à sa garde le sieur le Prp-'i o de Lezonnet, (jui se laissa surprendre, au mois de janvier 157H, par quelques calvinistes du pays, au nombre de trente cavaliers, sous la conduite des «rieurs de Baud de la Vigne-le-Hou'le. et Lopriac de Kermassonnet, gentilshommes de révêché de Vannes. Peu de temps après, les catholiques reprirent la ville sur les calvinistes. Lezonnet en tran«îmit plus tard le gouvernement ù son lUs, qui remit la plaçai Henri IV, aprea la reddition de Qiiinper.

L'ancienne église Saini-Guenolé a «été remplacée par un édifice moderne sans valeur arctiitecturale.

Concarneau est encore aujoiinrimi

une place forte de ',Y classe. Sos batteries détriirîf'nt un j()orf, qui jtcut .servir de relu^^e aux navires d'un fort tonnage, et même aux ijàtiments de guerre.

C'est à rentrée de ce port que se trouve raquarinm ou vivier-laboratoire, établissement unique dont la création est dne à l'initiative de M. Coste, le célèbre professeur du Collège de France. Cet aquarium (on ne le voit bien que du côté de la mer) a été construit, il y a quelques années, sur des rochers qui ont été creusés à la mine pour former des bassins d'éducation. I.e^ bassins, au nombre de six, occupent une superficie totale de plus de liioomèt. carrés. Ilscommujiiqueut avec ia mer au moyen d'ou-

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verturcs étroites ménagées dans la muraille, et Toau s'y renouvelle sans cesse, par le flux et le reflux. Trois de ces bassins sont consacrés aux

poissons et trois aux crustacés. Toutes les conditions de la nature, fonds de sable, lierhiers, vase, roches, y ont été liabilcment ménagées. Tous les poissons qui se pèchent sur les côtes de la Bretagne ont été reçus suc^ cessivemeut dans les viviers; et 10 à 15 000 langoustes et homanls de tout ûgc y .sont habltuenemcnt nourris. Devant les bassins, du qCXo.

de la terre, s'élève un bUimeiil renfermant, au rez-de-chaussée, des appareils de pisciculture, des aquariums dont Peau douce ou Teau salée est sans cesse rerjouvelée par une pompe qu'un motilin à vent met en mouvement. Au premier étage, ini laboraloii't», l'ouiiii de tous les instruments de dissection et d'observation, est libéralement ouvert aux savants du monde entier.

L'aquarium, confié à l'inlelligentc direction de M. Guiliou, maître pilote ib> Concarneau, a déjà ofl'ert à plusieuts savants la possibilité de fau'e des travaux importants de physiologie et des obser \ atioosnouvelles d'histoire naturelle. Le garde-pêche leCapelan surveille, conjointement avec Tadministratioiide la marine, des huîtrières récemment élabbes, comme annexes de i arjuariuui, dans la baie de la i'oreat (à l'h'. de Concarneau). Sur les rives de cette charmante baie, les flots baignent, à marée haute, une riche végétation, protégée contre le vent de mer par une barjle de rochers et d1lots (les Glénans).

L arjuarium de Concarneau expédie cliaque jour, sur les faiiicipaux marchés de la France, plusieurs centaines de homards et de langoustes; mais, il est avant tout un établissement d'étude, et, 8*ilest permis d'attendre des expériences qui s'y font constamment de grands résultats économiques, il I ne faut pas oublier qu il est surtout I ouvert aux travaux de science pure.

CONGARNJSAU.

DE GONGARNEAa A QUIMPER. [ROUTE 96]

La pûche de la sardine occupe, à Coiicarneau , environ 400 bateaux.

Un grand nombre de femmes sont employées à la salaison^ la mise en presse, en baril et en botte des sardines préparées à rimile, et il est intéressant de visUer. ppnflant la saison, les établissements où se font ces préparations.

Nous empnintons k H. Hippolyte Ëtiennez {Guide du voyageur à Nantes et aux environs) quelques délails sur la pécbe de la sardine, qui se pratique à peu près de la même manière h Coucarneau qu'au Croisic et à Beiie-ile.

« Lm sardines arrivent sur la côte aux environs du mois de mai; mais la pèche ne commence que lorsqu'elles se présentent par bandes; alors les équipages se forment; généralement réqni; ifie d'un bateau de pèche se compose d'un patron, de deux rameurs, de deux ou trois péebears et d*on moosse.

« Le temps catme est le plus favorable. On met un filet à la traîne, à Tarrière de la chaloupe; ce filet ressemble beaucoup à une êeine; sa longueur varie entre So ot 00 pieds (15 à w met.), sa hauteur entre 6 et 7 pieds (2 mèt. à 2 met. 25) ; il est garni de plomb à sa ralingue de fond et de liège & sa ralingue supérieure.

« Il fairt ramer doucement et garder le plus profond silence. Toot en tenant la barre, le patron appâte à dr. et à g. du filet. T/aippAt, connu sous le nom de rogne est coiiipo^p d'rriifs de morue sèche délayés dans i eau de mer. La rogue se fabrique spécialement en Danemark; elle est fort chère (75 à 8o fr. les 130 kilogr.); aussi la remplace-t-on souvent par une autre rogue que les pêcheurs font euxmêmes avec du frai de poisson, des têtes de sardines ou des chevrettes de marais pilées et putréfiées ensemble. Cet appât se nomme de la gutrdt. On comprend que le séjour de cette substance dans le corps de l'animal ne peut guère tarder à le corrompre; c'est à cela qu'on attribue la rareté des bonnes sardines.

« Rien de plus curieux que le spectacle qui s oiïre aux regards quand l'appât a étejetéà l'eau. La sardine, nageant a Heur d'eau, se jette sur la rogne, et, ehangeant à chaque instant de position, fait succéder lô bleu asuré de son dos à l'éclat ar- Sentin de son rentre. Des troupes nom-

breuses s'engagent bientôt dans le filet, et les écailles brillantes qui sVn détachent couvrent la mer d*nii tapis de nacre.

" Lc^ sardine'^ se viniilrnt plus ou moins promptement, selon qu'elles sont plus on moins abondantes et çlns on moins troublées par les marsouins, qui les suivent toujours en grand nombre pour les dévorer. Quelquefois le filet disparaît totalement sous sa charge pesaute; le paton le laisse aller, puis, fai* sant tourner subitement la chaloupe, le ramène en cotrp^edu bord; deux hommes s*en Mdsissent, le secouent adroitement et le poisson tombe dans le bateau, sans qu'il soit n!''ccssairc d'y toucher. C'est une cûXiditiau requise cl sans laquelle la sardine ne saurait se eonaerver. »

De Concameau k Quimper, R. M*

DE CONCARNEAU A QUIMPEA.

23 kil. — Ronte de Toitwee.

La route, sortant de Coucarneau par le Taubourg de Sainte-Croix, s'é* lève à 65 môt. d'altit. , avant de laisser à dr., près de la Mai son- Blanche (2 kil.), le chemin de (12 kil.) Rosporden (R. 6). Plus loin, à g., se détache un autre chemin qui mène à (5 kil.) Fouesnant, ch.-l. de c. de 3442 hab.y célèbre dans tout le Finistère par la beauté et la coquetterie de ses femmes. Son église daie du xir s., à l'exception de la façade occidentale. Les arcades qui séj)arent la nef principale des bas côtés sont en plein cintre surhaussé et supportées par des piliers flanqués de colonnes à chapiteaux ornés de feuillages ou d'animaux fanlasliciucs. Des colonnettes ornent les fenêtres du traT:<so]>t Un clocher, dont on voit encore 1 e.scalier, s'élevait autrefois au centre de la ciroix. «Les côtes de Fouesnant, dit M. Pol de Coarcy (lo Bretagne ton* fewporaine), offrent de riches aspects, principalement sur les hords de la baie de la Forest (entre le boni et la route de Concameau), où le chêne trempe pour ainsi dire ses branches dans la

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