‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 246 sur 257 · DE QUIMPER A PENMARG'H. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE QUIMPER A PENMARG'H. [ROUTE

<le Kcrsainl, et reconstruit il y a une trentaine d'années, dans le style de la Renaissance).

Le pays rhange d'aspcctj les liab> talions deviennent plus rares, et de tristes plaines de bruyères, avec des talus plantés de pins maritimes, remplacent les jolis pay<înp:es qui entourent Qiiimi'or. On tlosce'Kl \ers Pont- TAbbéen décrivant jdnsitjtiis courbes

en laissant a ^. ie faubourg et la chapelle de Lambour.

18 kil. Pont-l'Abbé (hôt. Dxiha fïiel), ch.-I. de c, V. de 4526 hab., ♦-st située sur la rivière â\\ môme nom, à 2 l^il. A l'O. de son emboucliure daii^ im estuaire de l'anse de Benodet, et a o kil. de l'Océaii.

Pont-l'Abbé est une ancienne baronnie qui envoyait aux États de Brotagne alternativement avec la barounie de Pont- CbÂteau. Les barons tle Pont-i'Abbé suiil connus dans l^histoire depuis Juhel du Pont, prisonnier au siège de Dol, en 1173, lit dont la postérité se fondit dansia maison du Cbastel, en 149*2. La seigneurie de Pont>rAbbé appartenait pendant les tron* bles de la Ligue à Toussaint de Beaumanoir, héritier, par sa mère Jeanne du Quélennec, de Charles du Quélennec et de Gitletta da Chastelf, baronne de Pontl'Abbé. Beaumanoir, qui tenait le parti <lu roi :in milM'ii d'un pays entièrement dévoué à la Ligue, avait commis un sergent de LoeronMn, nommé Tréogat, à la garde de son château, qui servait de retraite à plusieurs huguenots. Les Ligueurs entreprirent de les en déloKOren t59u; le Château fat investi et même attaqué à l'aide du canon; maïs ses murs épa s ré- ^iistaient encore, et l'on délibérait daller à la sape, lorsque le capitaine Tréogat, l'âme des assiégés, ayant été tué d'un coup d'arquebuse, la petite garnison ne songea plus qu'à capituler. Le butin fut grand pour les Ugueurs, qui mirent un grand nombre de prisonniers à rançon.

En se retirant, ils laissèrent pour gouverneur de la ville le sieur Esmez de Keriiervant, qui commandait encore a Pont- TAbbé en 1595. A cette époque. " pensant mieux faire ses orges au parti du roi qu'à celui du duc de Mercœur, il tourna jacquette.

Le costume de PonM'Ahh''', porte le long de la baie d'Audierne jusqu'aux

♦ bords de l'Odet, a conservé un cachet antique entre tous les vieux costumes bretons. Les hommes sont bixarrement habillés de plusieurs vestes de grandeur différente, dont la plus courte, garnie de franges , a une lisière sur laquelle se lisent parfois de graves sentences, brodées en laine de couleur. Les femmes ont une coiflure originale nommée bigoudm, qui recouvre à peine le sommet de la tête, un large plastron teint de jaune et d'écarlate, d'éclatantes bordures, des manchettes aux mêmes couleurs, costumes et ornements particuliers à ce coin de terre, et dont l'origine échappe aux appréciations historiques. En parcourant ces rues silencieuses, bordées d'anciennes maisons aux corniches et aox pignons sculptés, on se croirait prcsqu'au milieu d'une de ces cités du moyen âge sur lesquelles un donjon féodal étendait son ombre.

L'égtise paroissiale est celle d'u n ancien rouvcnt de Carmes, fondé en l'AHoj par Hervé, baron de Pont-l'Abbé, de (oncert avec Perronnellc de Rochefort, sa femme. La façade occidentale laisse s'épanouir, au-dessus d'une porte centrale en ogive, une rose portée sur une arcature trilobée à jour, et vers le centre de laquelle rayonnent des trèfles et des rjuatrefeuilles. Une ornementation aussi riche, mais sur une moindre échelle, décore l'extrémité du bas cAté, car l'église de Pont-l'Abbé n*a qu'un seul collatéral appliqué sur la face N.

d'une nef rectangulaire. De sveltes arcades séparent les deux parties de rédifice, dont les fenêtres sont rayonnantes dans la façade S., et flamboyantes dans le collatéral N. Des tombeaux sous arcades, avec écussons, aujourd'hui défigurés, renfermaient les restes des barons de Pontl'Abbé, dont Técu d'or au lion de ^meules, brille encore au tympan de la plupart des fenêtres. Mais la partie la plus remarquable de rédifice et malheureusement la plus mutilée, c'est la maîtresse vitre du chevet, présentant une rose de tr^ s-grande di men sion, portée sur une arcature trilobée.

1 Au S. de l'église s'étendent les bâ-

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[Rouie 97] pont-l'abbé. — loctudy.

fiments claustraux (commencement du xV s.). Leclnî're, dc'coré des arîTies de Bertrand de Rosniadec, évôquc de Cornouailles, offre un eiisem ble aussi gracieux que complet. Les travées consistent en une série d'intersections de cintres formant des ogives trilobées, qui renferment des trèfles ('vidés à jour.

A rentrée du pont, le clocher découronné de l'église de Lamhourj atteste la colère & Louis XIV. La paysantaWe du lieu s'étant révoltée, en 1673, contre l*imposition du papier timbré, le grand roi fit raser ignominieusement la flèche de Lambour.

Le c//'//('au, de l'orme elliptique, était llanquc de distance en distance de tours rondes ou à pans coupés, environnées d'un fossié plein d^eau; il avait deux portes, l'une du côté de la ville, l'autre donnnnt sur la rivière, à l'entrée du pont et de la route de Quimper. Il n'en reste aujourd'hui qu^une grosse tour et un corps de logisdu 3CVU* s. ^transformé en mairie,

[En descendant la rivière de Pontl'Abbé jusqu'à son embouchure dans Tanse de Beiiodet (iolie nromenadc), on arrive (5 kil.) au 'boui '^ de Lootiidy (18fô hab.)y ainsi nommé de siânt Tudy, abbé du v* s. qui édifia^ dans rile voisine, un monastère trans féré après sa mort au lieu où est aujourd'hui l'église de Loctudy. Cette église (mon. hist.) fut, suivant Albert le Grand, donnée, en 1187, aux Templiers étaldis à llle Chevalier, et c*est de cette époque que date la construction de Tédifice actuel de Loctudy, l'un des plus curieux spécimens de rarchitecturc romane en Bretagne, dans lequel se voiejU quelques vestiges a un ediiicc du ou du VII* s. Elle se compose d'une nef bordée de collatéraux, foisant le tour du chœur, et de trois chapelles absidales. La longueur de l'édifice est de 37 mM., sa largeur de 12' met. Les arcades de la nef, au nombre de cinq, sont en fer à ciie-

val avec double archivolte. Reposant sur des massifs flanqués de colonnes engagées, elles sont surmontées chacune d'une petite fenêtre cintrée. Le chœur est enveloppé par cinq arcades dont les cintres , trëssurhaussés, retombent sur des colonnes monocylindriques. Toutes ces colonnes sont ornées de chapiteaux variés et couverts d'ornements compliqués mais d'un dessin assez barbare. Au-dessus du collatéral du chœur, surmonté d*une voûte d*arâte, règne un triforium qui reçoit le jour par (les fenêtres en meurtrières.

Le porche méridional et quelques fenêtres du collatéral S. datent du xiV s.^ la façade et la flèche ne remontent qu'à" 1760.

On remarque, dans le collatéral N;, deux tombeaux du x\* s.; un troi' sième tombeau^ dans le bas côté S .

est proté^'é par une arcade en ogive.

Un tableau , du xvn* s. , e.\])0sé dans l'église, représente la. JJt'scente de Crùix, La grosse doçhe porte la date de 1676 et les armes du duc de Richelieu, possesseur h cette époque de la baronnie de Pont-i'Abbé.

Dans le cimetière, la chapelle Notre-Dame de Portzbihan est un édicule de l'époque de transition. Son clocher s'élève sur une arcade romane entre la nef et le choeur, et ses vitres sont cmaillées des armes de Pont-l'Abbé. Un menhir, ])ortant une croix, se dresse à l'entrée du cimetièie.

Un bateau de passage fait communiquer Loctudy avec Vile Tudy^ d'une

superficie de 30 hectares, dont 4 seulement sont cultivés. Celte île forme une comrainie et une paroisse de 629 bah., tous pêcheurs, où les femmes parLagent les travaux et même les fonctions administratives de leurs maris. « Nous y avons été autrefois témoin, dit H. Pol de Courcy, d'un mariage civil célébré par la fille du maire, en l absence de ce magistrat parti pour la pèche du merlus. »

Leyltse, duxvi* s., ainsi que la plu-

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part (les maisons do l'île, est r^nloiirée de quelques arbres et proté'-'ée par une digue de galets et par des (iunes sablonneuses situées entre Fanse de Benodet et les marais de Combrit, en partie livrés aujourd'hui à l'agriculture et à la pisciculture. Ces marais sont traversés par une chaiis<;('e qui conduit au château du Cosquer (F. ci-dessus).

De Loctudy, on peut gagner, en se dirigeant vers TO., (4 kU.) Plohan^ naiec, c. de 1910 hab., qûi possède une cqlise dos xii*, xin* et xvii* s., et de nombreux monuments druidiques, dont plusieurs comptent parmi les monuments historiques. Les hameaux de Kékm (2 kil. à lU du bourg), de Trévignon (2 kil. S. 0.) et de letconil (3 kil. S.) sont les plus riches de la commune en monuments de ce genre. La vaste nécropole de la montafïne de Lesconil occupe, près de la mer, un espace de 3 à 4 hectares, sur lequel s*élèvent douze ou quinze monticules, tous couverts de pierres druidiques et de tables de dolmens renversées, avec des fragments de galeries encore couverts et intacts, des chambres et des lignes de pierres afTectant un ordre symétrique très-marqué, quoique souvent irrégu lier. L'eicploration récente de plusieurs de ces tombelles, par M. du Chatcllier, a amené des découvertes intéressantes de nombreux objets celtiques. De Lesconil, on jouit de beaux points de vue sur la mer.

On peut revenir directement de Plobannalec, à (5 kil.) Pont PAbbé ou se rendre à (9 kil.) Penmarc'h, en passant p-w Kélern et en traversant le territoii e de TreffiagcUf v. de 800 hab., situé à g.j

De Pont-l'Abbé à Pont-Cruix, R. 98.

A 2 kil. 1/2 de Pont-l'Abbé, la route de Penmarc'h Jaîsse à g. (600 met.) le château de Kernux, édifice du XVI" s. (style ogival) environné d'une cncciulc d un kil. de tour. On y remarque surtout les portes et les fe-

nêtres du rnz (le-chaussée. Une de> salles de 1 intérieur renferme une peinture à fresque du temps d'Henri IV. Le parc contient le tombeau (XV* s.) d*un seigneur de Kernuz. Le cbâteau, qui soutint une attaque à répoque de la Ligue, et qui communiquait, dit-on, par un souterrain avec celui de Pont 1 Abbé, a été restauré avec goût par son propriétaire actuel, M. du Châtellier, Thabilc et savabt explorateur des monuments druidiques de la contrée.

24 kil. Flomeur, c, de 2956 hab,— Le pays qui s'étend entre Plomeuret Penmarc h est couvert de monuments celtiques. Nous signalerons surtout deux dolmens i g. de la route, uu troisième dùlmm à Goumamchy el deux menhin à Kerttaven, près de Penmarc'îi.

30 kil. Penmarc'h (2227 hab.) doit son nom, qui signiiie tH^ de cheval^ à une pointe rocheuse près de la (juélle il est situé et qui a la forme d'une tête de cbeval. Le nom de la paroisse de Bcuzec-Capcaval, limitrophe de Penmarc'h, au N., a la même étymologie. Le sol de Penmarc'h est peu élevé; c'est un plateau de roc recouvert d'un peu de terre sablonneuse et de marais salants; mais ce plateau, sur une surface de près d*une lieue carrée, est semé d'édifices antiques* et de ruines dispersées çà et Ifï. Deux p:roupes principaux de maisons, encore habitées, se remarquent à chaque extrémité de cet assemblage de décombres : Tun à l'E., et le plus enfoncé dans les terres, forme aujourd'hui le bourg; l'autre, désigné par le nom deKeritij, est au bord de la mer, au S. 0. (2 kil. de Penmarc'h) sur cette pointe do Penmarc*h d*où s'étend au large uoe chaîne* d*écueils signalés aux navigateurs par un phnre âje 41 mèt.

d'altit. , dont la lumière se projette jusqu'à 'i2 milles. L'ancien phare occu])ait, derrière le phare nrtuel, une vieille tour qui faisait aulrciois partie d'une commanderie de Templiers.

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P£NMARG'H.

Les ruines qui couvrent l'esp icc compris entre Penmarc'b et Kerity prouvent que ces deux endroits étaient

anciennement réunis, ce qui donnait à la ville une prande étendue. C'est sans doute à ce vaste périmètre (ju il faut attril)uer l'absence de toutes fortificatioQs; mais, comme les habitants se trouvaient exposés aux invaidons des pirates et des Anglais, qui descendirent plus d^une fois sur leurs côtes, chacun s'était retranché chez soi de manière à se mettre à l'abri d'un coup de main. On voit encore quelques-unes de ces grandes maiaont (XV* et xvi* s.) entourées d'un mur crénelé et à mAchicoulis, et fortifiées par une tourelle surmontée d'un petit beflroi pour sonner l'alarme à l'apparition de l'ennemi. Le grand nombre d'églises disséminées sur tout le territoire ne permet pas non plus de douter de la grandeur de Tancienne ville de Penmarc'h et du nombre considérable de ses habitants. On en compte six, savoir l'église paroissiale de Saint-Nonna, et les chapelles plus OU moins importantes de Kerity, de Saint^Pierre, de Notre-Dame de la Joie, de Saint-Fiacre et de Saint- Guenolé.

Saint-Nonna (mon. hist.) est la plus vaste de ces églises; la paroisse dont elle était le chef-lieu se n(Mûmait, suivant les pouillés du xv* s., Tréoultré-Penmarc'h. Klle appartient tout entière au commencement du xvi" s. Sur la façade, on remarque des navires sculptés. La nef est accostée de bas côtés et de chapelles latérales, dont les fenêtres ont des meneaux flamboyants ou découpés en fleurs de lis. On y remarque de beaux vitraux, surtout à l'abside. Le tympan de la maîtresse vitre est conslellé des armoiries des familles qui avaient contribué à l'érection de l'église. On voit, à l'intérieur, une tombe armoriée, un tableau représentant la Proc*gs%i»n du vœu (le Lmnt XIU^ une statue de saint Jean provenant de réglise des Templiers de Kerity,

et quatre hoi-reliefs en aii>àtre, du XIV» s.

Un petit clocher à flèche, très-ori-

ginal, s'élève au centre de l'édifice.

La fîic^de est précédée d'une grosse tour carrée, flanquée de contre forts, avec des vaisseaux sculptés sur la grande arcade ogivale du portail, dont les voussoirs sont profondément refouillés en feuilles de vigne; on lit sur ce beau portail la date de 1508.

Véiilise de Kcrihj, sous le vocable de saiiite Thumette, l'une des compagnes de sainte Ursule, est aujourd'hui en ruine. Sa construction remonte au xii>* s. Suivant la tradition, elle aurait appartenu aux Templiers, qui avriient à Kerity une commanderie encore assez bien conservée.

VA\e n"a jamais eu qu'un collatéral; son portail occidental est surmonté d'une grosse tour fortifiée, avec une tourelle ronde accolée.

L'église ou chapelle Saint-Pierre, à ro. et tout près de Kerity, est uti édifice du xv" s., surmontée d'une tour carrée avec meurtrières et cornières d'angles représentant des figures bizarres dMiommes et d'animaux. — Sotrê'Dame de la Joie (au bord de la mer, à l'O. et à 3 kil. de Penmarc"h)et Saint- F > ai re ont moins d'importance ; mais les ruines de la C apeUe de Sainl-Guemlé (près de ia mer, % kil. 1/2 au N. O, de Penmarc'b) présentent encore une masse imposante. Kiles consistent en une belle tour carrée, surmontée (îe guérites en pierre et flanquée de contreforts terminés par des pinacles en forme de pyramides à crochets. .Un riche portail s'ouvre i la base dé la tour, au-dessous d'une vaste fenêtre divisée par de nombreux meneaux.

La façade, comme celle de Saint- Nonna, est chargée (le navires sculptés en relief et d'une longue incription maintenant indéchifl'rable. Elle faisait sans doute connaître la date de cette construction; mais cette date est indiquée approximativement par une bulle d Innocent VIU érigeant,

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