‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 247 sur 257 · DE QUIMPËK A PENMARC'H. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE QUIMPËK A PENMARC'H. [ROUTE

en 1488, Sftint-Ouenolé en suoeursale de Beuzec-Capcaval.

Le manoir de Kerbervé, pi's de Saint - Gupn ol (' . était autrefois habité pai- dus seigneurs si riches, à ce que rapporte la tradition, qu'ils tapissaient en soie le parcours des processions et huvaient leur vin dans des hanaps d'or. Cette richesse, générale à Peiiniarc'h. avait pour source principale la viande de carême, c ostâ-dire la pèche do la morue et du merlus, ol»jet d'un commerce très-lucratif, plus encore dans le moyen Age qa'aujourd*hui, surtout avant la découverte de Terre-Neuve, (jui enleva à Tiéoultré le monopole de cette pêche. Les ducs de BretUL'HP possédaient dans la rade de Poulbras (au S. de Peiuiiuic lij une pêcherie abritée par une jetée en pierres de taille dont on retrouve encore des vestiges.

Pltt^eurs des sentiers qui conduisent au port, ont conservé les noms des rues qu'ils ont remplacées; on les appelle la Grand'lUie, la rue des Merciers, la rue des Argentiers. 11 reste aussi des tronçons de rues pavées près dupharOi de Notre-Dame de la Joie, de Saint-Guénolé et de Tanse de la Torche. Du reste, chaque four, les débris du vieux Penmarcli sont enlevés pour servir à de ik um IIps constructions, de sorte que, dans quelques années, il n*en restera plus de trace.

Tréoultré-Penmarc'h est un des noms les plus importants de notre ancienne histoire maritirae, une cité qui marchait de pair avec Nantes, il y a quatre siècles, pour l'importance de ses exportations, de ses armements, de ses privilèges. Au XIV» s., son commerce s'étendait jusqu'aux portes de la Oîilice et dos Astiilies, et il était encore florissant au xvi« s. On en trouve la preuve dans le privilège accordé en 1556, par le roi Henri II. h celui des nrqiielujHiers de Penmarc'h qui abattrait le pa|i««/au<, de débiter quufante-cinq tonneaux de vins, exempts de toutes taxes et redevances. A cette époque, la population de Penmarc'h était d'environ louuo hub., sur lesquels elle pouvait bien fournir, dit le chanoine Moreau, 2Me arqnebosiert. C9 nombre

d'habitants, aujourdliuî réduit des quatre citiquièmes , se compose en maji nr tpartie de cultivateurs. Les causes de cette décadence paraissent être un affaissement du sol, Tappantion d'un ras de marée, qui, au xvi* s., détruisit une partie de la vide, en combla les poris et éloigna la morue de ces parages; enfin, les ravages de Fontenelle vers la fin de la Ligue ; cependant, en IGOO, Penmarc'h fut encore une des villes qui députèrent aux Ëtats de Nantes. Jnsqu*à Tannée I59S, elle n'avait l)as ressenti les misères de la guerre. Les habitants, qui formaient entre eux une espèce de république, soneeant seulement à leur conservation particulière, sans se soucier de leurs voisins, avaient forlifH'; l'église de Tréoultré et construit un antre fort à Kerity, pour se mettre a couvert des insultes de Fontenelle, qui, reU*anché à l'île Tristan près de Douarnenez. levait des contrihnrtniis dans tous les environs et écuinait les mers avec quelques vaisseaux armés en guerre. Fontenelle sur> prit néanmoins la ville et la saccagea. En 1597, Sourdéac, gouverneur de Brest |)Our Henri IV , ayant réussi à reprendre Kerity, fit passer au fil de Tépée tous les soldais du partisan.

Eotre la pointe de Penmarc'h et Vante de la Torche (4 l^il. au N.), la côte est bordée de rochers. De ce

côté se trouvent aussi de nombreux tumuli. M. du Châtellier a trouvé dans celui du Hosmetir une galerie couverte, iormée de grosses pierres et renfermant quatre tables horizontales mesurant jusqu'à 2 mèt. 10 de longueur sur 70 cent, de largeur.

Dans l'anse de la Torche se dresse le rocher de la Torche, qui lui a donné son nom. Ce récif est séparé de la terre ferme par le Saut-du-Moii^f espace franchi d'un seul saut, suivant la tradition par saint Viaud quand il arriva d'Hybcrnie, pourprendre terre à Penmarc'h. Par les gros temps, la mer déferle sur cette niasse de pierre, incessamment minée par le flot, avec fureur et avec un bruit tel qu'il s'en tend de Quimper. Nulle partie de la côte de Bretagne ne présente alors un aspect plus sauvage. Des roche»

noirs et séparés se prolongent jus qu'aux bornes de l'horizon; d'épais

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[BOUTS 99] PËXMÂRG'U. — PLONÉOUR..

nuages de vapeurs roulent en tourbillons; le ciel et la merise confondent et Ton n'aperçoit dans un sombre brouillard que d'énormes

blocs d'écume, s'clcvaiit et se brisant en bondissant dans les airs. av«; un 1)11] it somblable aux détonations lointaines du canon.

ROUTB 98.

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