‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 255 sur 257 · DE QUIMPER A DOUARNENEZ. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE QUIMPER A DOUARNENEZ. [ROUTE

vei'biale envers les naufragés avait

autrefois fait surnommer les Diables de la mfr. sont aujouid hui Ifs plus humains des insulaii c^s ; on les trouve toujours prêts, leur recteur en tête, à porter aux navires en détresse les secours les plus dévoués.

DE QUIHKR A DOUARNENEZ.

23 lui. ~ Route de voitures.

La route de Quimper à Douarnenez se dirige vers le N. 0. , et, décrivant (Je nombreux zi^^zags, s'élève rapideruent à travers unpays ti'ès accidenté.

Au iiamcau de (4 kil.) Prat-an-Has, OÙ on laisse à g. le chemin d'Audieme par Plozévet (R. 99), elle atteint déjà 97 mèt.; son altitude est (le \W,\ met. en arrivant à Plonéis.

Vrat-an-Ras est un ancien fief qui a appartenu à Louis-Angilhert de la Marck, desceadaat direct du Sanglier des Ardennes^ et au prince d*Aremberg. Sous le régime de la féodalité, le seigneur de Prat-an-Ras demandait un œuf, à Pâques, à chaque ménage et faisait enlever les serrures de celui qui lui refusait cette légère redevance. Le château est un bel édifice, reconstruit en 1780.

9 kiL P^onift^, v. de 1313 hab., possède une église du style ogival, dont le portail est mutilé et le petit clocher de pierre assez élégant. — Les ridnes du château de Kerven se montrent à dr. de la route.

Après avoir dépassé ce village, on laisse à dr. le chemin qui conduit à (3 kil.) Guengaty v. de 1231 hab., dont Véglise est en partie romane (d uis la nef) et en partie o^rivale (au chevet, qui date* du xv* s.). Le clocher est mcSm ancien. Les vitraux qui garnissent les fenêtres du chœur représentent des ducs de Bretagne. Dans le cimetière, se voit la ptVrre tombale d Hervé de Saint-AKmarn, qui vivait «n 1426, et de sa femme (effigies

sculptées en bosse). Deux calices en

vermeil et une belle croix procession- ; nelle <\o la Renaissance, conservés ' dans celte église, sont dus à la munilicence d Alain, .seigneur de Guengat, capitaine de Brest et maître d'hôtel de François I*' en 1527.

Le château de Guengat, qui fut pris deux fois par les Ligueurs de Quimper, s'élevait au N. E. du village, piès de la route de Quimper à Crozun {H. 103). 11 n'en reste qu'uue tour entourée de masures et un puits orné des armes de Guengat et de Kergorlay, écartelées.

Après nne longue descente, la route remonte à 156 mèt. d'altit., au delà de la Croix-Neuve. Sur la dr., se profile au loin la chaîne des montagnes Noires.

Sur la g. se détache le chemin qui conduit à (5 kiL) Pouldergatf c. de 2353 hab. On remarque, h Pouldergat, une voie romaine appelée chemin d'AUès ( F. ci-dessous) et l'ancien manoir de Kerguélénrn. — La vue, bornée presque toujours par des collines ({ui bordent la route des deux côtés, plonge cependant par intervalles dans des vallons qui s'étendent sur la g. On traverse des hameaux insignifiants. Enfin, 7 kil. environ au delà de Tembranchement de Plonéis, on aperçoit au loin devant soi le ciolier de Ploaré.

21 kil. On laisse à g. la roule d'Audierne (R. 99), et à dr. un chemin qui conduit à (8()0 mèt. environ) Ploaréj V. de 2451 hab. Ploaré possède une église (mon. hist.) en forme de croix latine, dont les fené* très flamboyantes sont encadrées par d'épaisses archivoltes de la Renaissauce. Le clocher, riche construction du xv s., est surmonté d une flèche en pierre percée de petites rosaces et entourée de clochetons élégants.

Ce clocher, haut de 55 mèt., s'aperçoit de plusieurs lieues en mer. La porte iirincipale de l'église doit être signalée pour la singularité de se»?

sculptures. Des navires et des poi.s-

[ROOTB 10 il PLOARÉ. DOUARKENEZ.

sons indiquent que la construction de i pt édifice est due en partie aux arniaieurs de Douamenez. Au porclie occidental, comme sur plusieurs églises des villages voisins, on remarque, au-dessus des sardines, qui ont toujours fait l objci (lu commerce de ces parages, le mesyoul, grand goéland qui plonge siu' les bancs immenses de ces petiti» poissons.

A g. s'étend le large estuaire formé par la rivière de Poul-David, que dominent des mâts de navires, et que la route îonpo pendant 2 kil. On ne tarde pas à apercevoir Douarnenez, lient la belle rade est bordée de coteaux couroaiiés darbrcs verts,

23 kil. Douaiuenoi (hôt. : de Norvège, du Commerce) j ch.-l. de c, V. de 5434 hab., agréablement située sur la belle baie de ce nf^-ni. n'offre de remarquable ([ue sa faraude industrie de pèche et de salaison de sardines. Du 20 juin au mois de décembre, 600 à 800 bateaux s'y livrent à la pèche et prennent chaque jour environ 4 800 000 sardines.

La beauté de la baie de Douarnenez attire chatjue année dans cett'^ ^ille uu certain nombre de baigneuia. Les bains se prennent au hameau du Riz Çà kil. à TE.), sur la route de Locronan. Un service de voitures y conduit chaque jour de Douarnenez.

l:v(jiïse Sainte-Hélène est un édifice à trois nels, du xvii* s., dont les fenêtres sont garnies de vitraux modernes. La voûte en berceau de la nef principale est peinte en bleu avec étoiles d'or.

La chapelle Saint-Miclipl (1664), surmontée d'un clocheton assez gracieux, offre^ à l'intérieur, une voùlc cintrée, en bois, recouverte de peintures remarquables par leur naïveté, surtout avant une restauration exécutée il y a quelques années.

Deux chaussées, qui iinr-feiit le nom de Grand et de retii-Port, sont d(>min«'es par l(>s rochers sur lesquels la ville est bâtie.

La baie de Dmarnene;^, Tune des

plus belles des cô'cs de Bretagne, a 70 i\ 80 kil. de circonférence, de ia pointe du Van à celle de la Chèvre. Du milieu de cette nappe d'eau, la vue s'étend sur des amphithéâtres de collines rocheuses , dont la plus élevée est le Méné-Hom (R. 104).

Douarnenez éf;nr sur la voie romaine nommée par les Bretons h^nt- Àhès (chemin d'Ahès), qui conduirait de Vorgantum (Kerahès ou Carhaix) à la pointe du Raz. où la tradition met l'emplacement de la ville d is. Le peuple fait de la princesse Ahès, qu'il désigne aussi sous le nom de Dahut, une fille du roi Gradîon, et lui attribue souvent, ainsi qu à son père, les monuments dont il ne s'explique pas l'origine (F. R. 99).

Pendant les guerres civiles du xvi' s., Douarnenez fut prise par Jacques de Guenfîat,qui tenait le parti du roi. Maisellelut reprise par Foiiteneile eu 1,')9:> et ses maisons furent démolies pour fortifier Vile Trisianf située en face de Douarnenez. Ce dernier nom, qui sif^nitie littéralement la terre de l'Ile, a été donné à Douarnenez en raison de son voisina^i;e de Tîle Tristau. Cette île, en effet, est tuliemcnt rapprochée de la côte, que Ton y arrive presque à pied sec à marée basse. Elle renfermait un prieuré dédié à saint ïutuarn ; Fontenelle s'établit dans le prieuré, et le viol, le mem'lre et les blasphèmes y remplacèrent les prières des cénobites. Les efforts réitérés de la garnison de Brest ne purent forcer le repaire de ce bandit, (|ui, pendant trois ans, s'élança de 1 île Tristan, comme un oiseau de proie, sur les villes et les bourgs du voisinage, pour y commettre mille atrocités. Des débris d'antiquités ont été découverts dans Ttle Tristan.

Un phare du quatrième ordre (35 mèt. d'altit., portée 10 milles) s'élève au milieu de l'île Tristan. Vue du haut de ce phare, la baie de Douarnenez offre un splendidc coup d'oeil.

Au N. E., s'élève la pointe de la Chèvre (R. I03)i avec ses rochers rongés

DE DOUABN£N£Z À GROZON. [ROUTE 10]

par les flots; ati N., apparaissent les sommets du Méné-Hom ; près dp soi, l'on voit i> étendre les frais ombrafff^s et les prairies deDouai uenez, dePlou- Téf de PouUan, et le regard peut suivre les aspérités de la côte, qui s'éloigne vers PO., jusqu'à la pointe du Van et la Ijaie des Trépassés.

Une ancienne tradition veut que l'île Tristan ait reçu son nom du vaillant Tristan du Léonais, l ua des chevaliers de la Table*Ronde, qui partagea avec la bUmde Tseult le tH*ire amoureux destiné au roi Marc'h.

Marc'h (en français cheval) avait une habitation sur remplacement du village de Pouhnarr'h : comme le roi Midas, il faisait muuiir tous ses barbiers, de peur qu^ils ne racontassent que ses oreilles étaient des oreilles de cheval. L'un d'eux fut cependant épargné après n\oir juré de se taire ; mais le besoin de parler fit qu'il confia ce secret aux saUes du rivage.

Trois roseaux poussèrent en ce lieu ; les bardes en firent des hanches de hautbois qui redisaient : « llarc'h, le roi de Poulmaro'h, a des oreilles de cheval.'»

A :,(}() met. à l'E. de la ville île Douarnenez, est bâti le hameau de Poulmare'hf où Ton remarque, sur la voie d'Ahès, cptelques suhstructions romaines (mon. hist.), débris du palais du roi Marc'h. Des briques romaines et des pans de mui's IVu-t anciens ont été découverts on diverses parties de la baie de Douanienez.

Sur la rive g. de la rivière de Poul- Bavid) anciennement Poul-Oabut, qui forme à son embouchure le port de Douarnenez, est un second petit port nommé Tréboul, d'où 1 oji peut se diriger vers l'O. pour visiter la presqu'île du Cap. On rencontre d'abord trois menhirs de hauteurs diverses; puis le pays se dénude et perd son riant aspect. Les habitations deviennent aussi rares que les cultures, et, au lieu des frais hocaj^^es des environs de Quimper, ou n'aperçoit que desplantations de pins maritimes.

i: église de P milan, v. de 3360 hab., où IVm arrive d'abord (6 kil.

de Douaruenez) est une construction du XM" s. y dédiée à samt Cadouan, abbé, qui quitta la petite BretagnOi sa patrie, pour aller, vers 434^ avec saint Germain d'Auxerre, combattre rbérésie des Félagiens, dans les îles Britanni(jues. A la sortie du bourg, le manoir de Kfrténargan montre, au milieu des arbres, sa cheminée et sa tourelle. ,En 1793| les Girondins proscrits, Buzot, Petion^ Guadet, Barbaroux et Louvet, trouvèrent momentanément un asile à Kervénargan, au péril des hôtes qui leur donnaient l'hospitalité.

11 faut traverser les bourgs de Beu74C Gâp-Si2un (14 kil. de Douaruenez), de Goulien (21 kil.) etdeCléden-Cap-Sizun (35 kil.), si l'on veut .!inr(ner le hameau de (30 kil.) Tmguer. la baie des Trépassés et la pointe du Haz (K. 99).

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