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POINTE B0 RAZ. {ROVTE W\
tomba dans un inexprimable désordre.
Le vieux roi, retire dans son palais prèsqoe -désert , y cachait sa douleur. Un jour, comme la ntiit approchait, il vit paraître devant lui Guénolé, le saint abbé de Landévennec, dont les travaux apostoliques consolaient la Cornouaille de la noii de Corr^ntin. « Oroi! lui dit-il, hàt'^- « toi de quitter la ville avec tes fldeles « serviteurs; carDahut a ouvert l'écluse à w l'aide de la clef d'argent: la fureur des « flots n'a plus de frein! w Gradion voulut encore préserver sa ûlie des suites de sa folle Imprudenee. il renvoya chèreber, la prit en croape sur son cheval, et, suivi de ses officiers, se dirigea vers les portes de la cité. Au moment où il les franchissait, un long mugissement retentit derrière lui ; il se détourna et poussa un cri. A la place de la ville d'Is s'étendait une baie immense sur laquelle se reHélait lu lueur des étoiles. Cependant la vague le poursuivait lui et les siens, et, dans cette lutte de vitesse, elle gagnait du terrain avec une effrayante rapidité. Elle avançutf avançait toujours, dressant sa crête frémissante et couverte d'écume. La voilà près d'atteindre le roi et ses stMviteuis. Tout à coup une voix lui cria : «• Grad- « Ion, si tu ne veux périr, débarrasse-toi <« du démon que tu portes demère toi. » Dahut terrifiée setitit ses forces l'abandonner î un voile H'étendit sur ses yeux ; ses mains, qui serraient convulsivement la poitrine de son père, se glacèrent et ne lui furent plus d'aucun aecoui*s; elle roula dans les Iluts. A peine l'eurent-ils engloutie qu'ils s'arrêtèrent. Quant au roi, il arriva sain et sauf à Kemper, et se tixa dans cette ville, qui devint définitivement la capitale de la Cornouaille. Ce fut là qu'il mourut, « cassé de vieillesse «' et riche de mérites. »
M Quelques auteurs ont contesté l'existence de ce héros des légendes et de sa ville d'is. On ne peut douter toutefois qu'une cité puissante n'ait été élevée par les anciens habitants de la cornouaille dans bassin de la haie de Douarnenes; outre les chroniques relieuses et les traditions du pays , qui en ont gardé le souvenir, on a découvert sur le sol et jusque sous les flots plus d*nn témoignage de ce passé merveilleux. Un petit havre de la côte s'aprelle encore Puul- Dahulf le gouffre de mUut. Le chanoine Moreau raconte qu'en I58d on voyait, à l'entrée de la baie de Douarnenux, des restes d'édifices ayant tous les c tractères d'une haute antiquité , et qu'il
n'était pas rare de découvrir sur le rivage des cercueils en pierre creusée, comme on en faisait dans les iv« et v*s., époque supposée de la clc^truction de la ville d'Is. Il affirme également qu'on y distinguait deux anciennes routes pavées, dont il était facile de suivre le développi'mrnt , qui eontltii-^.'tirnit . l'une à Kemper, éloignée du neuf lieues, l'autre à Carhaix, située à treize lieues de la baie. Nous regrettons de ne pouvoir citer la description que donne Cambry d'un antique monument dont il étudia minutieusement les ruines pendant son voyage dans cette partie du Fidstère. « Il est «« certain ;(.inute-t-H, que Thonnète Hervé « Chenay, municipal et péctieur de « Bouamenes, trouve à la pointe du Ras « des murs à quatre on cinq brmes de « profondeur. Son ancre s'arrête sur ces u murs; en la laissant tomber des deux ■ côtés, il en suit la direction sans ren- « contrer d'inégalités comme cela aurait « lieu pour des rochers. Il calcule que « ces murs sous- marias ont une hauteur « de trois à quatre brasses. £nOn, dans M les fortes tempêtes, quand les sables « sont enlevés par les fureurs de l'oura- « gun, on apei'i^oit, au fuad de la baie, de « larges troncs d'ormeaux d^une couleur « noire et dont la position a aoe appa* n rtMice de régu arité. »
Suivant une ballade populaire, recueil lie par M. de la Villemarqué, Dabut fut changée en sirène :
« As-tu vu, pêcheur, la fille de la mer, !^ i'^nant ses cheveux blonds comme l'or, AU soleil de midi au bord de l'eau?
— J'ai vu la blanche fille de la mer, Je l'ai même entendue chanter : [flots.» Ses chants étaient plaintifs comme les
Sur les bord.s de l'étang de Laoual,.
sont les ruines d'une chapelle qui passe pour avoir été une dépendance d'is :
.Sept manteaux d'écarlate, et soixante, Sans nommer les autres, 'Venaient de la ville d'is A la messe à Laoual.
Troguer dépend de la eommmt de CUdm-Cap-Sixvn (2388 hab. ), située à 4 kil. à TE. La côte, au N. de Ofr bourg, est aussi très-pittoresque. A.
Te. de Cléden se trouvent ('i kil.) le v. de Goulien (1108 hab.; menhir de 6 mèt. de hauteur) et (Il kil.) celui deB(nft;r«e-Cap-St2U7i, c. de2219hab.,
ILE DK SEIN
qui possède les restes d'un camp tch»âDcien, dit camp de FmUneltê, et un clocher remarquable.
ILE ni SEIN.
Le passage entre le bec da Rax et (S à 10 kil.) i'ile de Sein se fait au moyen de petits bateaux pêchenrs, qui s'abritent dans les anses de Saint-Yves et de Portf-Bihaii.
N* B. n ne font pat entreprendre
cette course si le temps n'est pas au he-m fixây car les variations du temps sont queiqoefois si brusques dans ces parages, ' qne l'on risquerait d*étre retenu k l*lle de Sein par la groBse mer.
Le passage de la pointe du Raz à nie de Sein est très-dangereux» surtout par les vents d'ouest, à cause d'un violent courant qui se porto cnti e le cap et Pîlc. De lù vient ce dicton : « Jamais homme n'a traversé le Raz sans avoir peur ou mal ; » de là aussi , la touchante prière du matelot breton engagé dans ces parages : « Mon Dieu, secourez -moi pour traverser le Ra/, car mon navire est petit et la mer est ^^ande. » Lo port où Ton aboi'ie est situé a i exuemité orientale de nie.
L'Ile da Soin, nommée par Pomponius Mêla Sena, est appelée parles Bretons Eue:: Sizun (Tîle de la Semaine, |>ar contraction de Seiz hun, lit téralement sept sommeils), ou Senn Inis (île des Vieillards, parce que les druides y étaient ensevelis après leur mort). Elle a 2 kil. 1/2 à peine de longueur, de TE. ftTO. Elle est large d'un kil. à ses deux extréniitf's, et devient très-étroite dans sa pailic moyenne. Sa superficie est de otihect.
Elle forme une commune de Gl 1 h<ib., A Textrémité N. 0. s'élèvent Véglise de Saim-Cùrentin et un phare à feu fixe, du l" ordre, de hb mèt. d'altit. et de 20 milles de portée.
Les nombreux courants et les récifs dont est rempli le détroit qui la sé-
pare de la terre ferme portent à croire que l'île de Sein a été violemment séparée du contiiieîit dans quelque cataclysme. Au rapport de Pomponius Mêla, qui vivait au i"s. de notre ère, rtle de Sein renfermait un célè^ bre oracle, dont les interprètes étaient neuf prêtresses vouées à une virginité perpétuelle. C'est de l'île de Sein que l'illustre chantre des Martyrs a tiré l'épisode de Velléda, la dernière des neuf vierges qui y desservaient le sanctuaire de Teutat^s. A Torade des Druidesses, succéda un collège de philosophes gaulois.
Il ne reste plus d'autres monuments celtiques dans Tîle que les rochers de Gador (la Chaise)^ deux menhirs rapprochés, nommés FistiHerit n (les Caiieeurs) et la rocfae vacillante de Men* Cognoc (la pierre an^u^se) , informes et muets témoins d'une religion terrible au nom de laquelle les Sibylles {gauloises exigeaient du sang. S'il faut en croire les habitants de lîle, ces pierres n'ont pas perdu toute vertu; les fiévreux font déposer à leur vied neuf galets apportés dans le moucboir du malade et celui qui ramasse ensuite ces galets prend la fièvre, u Dans chaipie ména^^e, rapporte M, Hippolyte Violcau, un suspend, au-dessus de la table à manger, un petit navire en croû te de pain. Le j eudi saint, ce navire est descendu solennellement à la fin du repas; puis chacun se découvre et le chef de la famille ejitoime le Veni creator , auquel l'assistance répond en chœur. Un autre petit vaisseau viendra alors rem lacer Tanden et celui-ci sera l»rôlé. La prière qui accompagne le repas du navire^ a pour but d'appeler îa ])rotecf5nn du ciel sur l eniSarcatioa de pèche, qui nourrit la lamille ; le navire façonné en forme de pain est un emblème de foi et d'espérance, parce que les paroles de la Cène ont fait du («in un aliment sacré. »
L'île de Sein ne produit que de rorge et ne renferme aucun arbre.
Les habitants, que leur férocité pro-