‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 58 sur 257 · BOITTE 3] MORLAIX. — PLBIBER-CHRIST · texte numérisé non relu

BOITTE 3] MORLAIX. — PLBIBER-CHRIST

gineuses, porc sntf', miel, cire, suifs, cuirs verts, tannes et corroyés , en toiles, chevaux du pays, lîls blancs et écrus, lin et chanvre. Cette ville exporte en entre nne grande quantité de beurres et de bestiaux, et surtout de légumes de Roscoff (460000 quintaux métriques par an).

Il y a à Morlaix un entrepôt vM et un entrepôt iictif, pour toutes les marchandises provenant de l'étranger. L'Angleterre, TAmérique, le Danemark, la Suède; la Norvège, les villes hansnatiquee y entretiennent des vice-consuls.

jrî itraux .\ vapeur pour le Havre, trajeien 20 h., tous les cinq jour^.

Corresp. pour (26kil.) Roscoff, par (11 kil ) Penzé et {%l kU.) Saint-folde-Léou (H. Ô8).J

■Avlroas âm Morlids.

Les bords sinueux de la rivière de Morlaix offrent, jusqu'à son embouchure d'agréables paysages et de nom*

breux châteaux entourés de parcs bien dessinf'^^ de bois de plaisanrp. A l'extrémité du cours Jieaumontj sur la rive dr. de la rivière, se montrent successivement les parcs et châteaux de Coaêmho, da Ne^heoaitdeKerw^ imm (curieux musée, beau parc , jolie chapelle appartenant à M. Nompère de Champ^irny). dr V Armoriqne eî de Trodtdo». Sur la rivr i:. î^e voient les châteaux de Portzanttez et de Pennelé^ le monastère de Saint-François de Cttinirîen, avec ses deux jolies chapelles, l'une construite en 1527, Tautre sous le vocable de N. O. de la Salette (style du xiii* s.), les châteaux de ÏMmntfjuy et (la Lannigou. elle v.

(]e i (icquéiiolè (496 hab.) doTit 1,1 pntile église romane est entourée d uu massif de verdure.

A rentrée de la rade se dresse, sur un rocher au milieu de la mer, le château du Taureau, forteresse oblong^uf armée d'une batterie basse de canons de gros crilibre dnii- des ciisemates voûtées par Vaubau eu 1680.

Des pièces phi> lépèrr-s, parmi lesquellf s on remaKjue deux anciemies couieuvrines à huit pans, dont l'une porte les armes de Bretagne entourées de la cordelière, défendent la plateforme, que domine une tour ronde en forme de donjon, écroulée en 1609 et rétablie en 1614. Le fort contient des logements et une vaste citerne pour l'usage de la garnison; rentrée, au midi, donne du côté de la rade, et se ferme au moyen d'un pontp-levis. Les bourgeois de Morlaix, pour se mettre à l'abri des incursions des Anglais, construisirent à leurs frai»? (1 542) cette forteresse où ils entretenaient garnison. Confisqué en 1660 par Louis XIV, le château du Taureau ne fut plus dans la suite qu^une prison d'fitat, où. furent enfermés, en 1 765 , la Chalotais, et, en 1795, les terroristes Romme, Soubrany et Bourbotte, qui se poignard tarent dans leur prison pour ne pas périr sur Téchalaud.

De Morlaix à Lannion par Lanmeiir, R. 56; — à Saint'Pol de Léon et à Roscoff, R. 58; — à Huelgoat et a CaïUaix, R. 73 ; — à Quimper, R. 81*

Une protonde tranchée, taillée dans le roc, suit ia station de Morlaix, après avoir traversé Tune des routes de Saint-PoMe-Léon (R. 58).

La voie ferrée, prenant la direction du s., s'élève par une rampe de 1 cent, p.jr mrt. sur 7 kil., jusqu'au plateau de Pieiber-Christ, en laissant à dr.

Saint-Sève (700 liab.) et la métairie de Coat-Conml; à g. la maison de campagne de Tréondal (site magnifique), Vancien château de Lesquiffiou et le nouveau château du mèmr Tiom (on ne les voit ni l'un m l'autre), édifice plus remarquable construit sur les plans de son propriétaire, M. le marquis de Lescoêt. Les montagnes d'Arrès ferment l*horizon au S.

572 kil. Pleiber-Chnst, c. de 3468 hab., située sur un plateau, à 138 mèt. d'altit. La lourde l'église est surmontée d'une flèche portant les dates de 1551 et 1688» Les me*

[HQUTB 3]

neaux des fenêtres du chevet ^ot flamboyants et fleurdelisé. JUe port4il Ukténl décoré dee statues des

douze ap6tres, olîre un Im^reHef en

pierre, aujour<rhui a<;srz frusto. Le frc■^()r possèile une riche croix professionnelle en vrrnieii, dont le pied uciugQiiai ejit orue de pilastreià^ semi'^ d'hermines et de fleurs de Us, et de niches de U Renaissance renfermant les statuettes des Ai^Atms,

De Plfciijèi -ChMst à Quimper, R. 81.

A &kil. de Pleiber-Christ, reprenant la direetion de 10., le chemin de for franchit la vallée de Coatoiilsac'h sur un remblai de Sà met. 35 de hauteur.

Un pouceau ouvert sous ee remblai contient un passage commun pour les eaus et les voitures^ et deux trottoirs pour les piétons.

578 kil. 9ainVT}iégQnneCi ch.-i.

de c. et c/d6 40ô0hal»., situé au N, de la station (3 kil.) établie au ham.

des Marqués, possoile une belle ('(jlisr plusieurs fois reconslruiîn o[ flnî]t les parties les plus anciennes ne remontent qu'au xvir s. Le pignon O. est surmonté d'une petite flèche en pierre.

Une seconde tour en dAme» beaucoup plus haute, s'élève au-dessus du por< tail méridional et porte la date de 1605. Les autels et surtout la chaire sont riches eu sculptures sur bois. On entre Uaus le cimcLière par un qi c de triompha de 1587, du style de la Renaissance. Saint Thégonnec, que Ton invoque pour les bestiaux, est représenté sur la frise et au-<lessus du portail hiénil avec un bœuf attelé à une charrellG (jui, suivant la tradition, aurait vuituré les maLéiiaux de l'église. Un osniairv de 1677, attenant k Tare de triomphe, reuferme une crypte oii un groupe datant de 1702 fi'-rnre, avec des personnages de gi andeur naturelle et d'une assez bonne exécution, la ifiAc au tombeau du Sauveur, Les principaux épisodes de la Passion sont, en outre, rappelés par une multifude 4e statuettes

qui garnissent un çalv^we exécuté en 1610.

« Le costume des paysans de SainV- Thégonnec, dit M. Edouard Vallin, est un des plus caractéristiques de la Bretagne. Il est entièrement noir, et consiste en une grande culotte p lissée, un habit carré 4 la française, une ceinture rayée, un large chapeau et des souliers à boucles. Le costume des femmes ressemble auex à celui des religieuses. »

Le territoire de Saint-Thégonnec est limité à i'E. par le ruisseau de Coatoulsac'h et à l u. par celui de ia l'enzé, que le chemin dç fer traverse, au delà d'une longue et profonde tranchée, sur un tmduc d'une longueur totale dp mèt. et d'une hauteur de 32 mût., composé de g arches de 14 mèt. d'ouverture.

Eu traversant le Madac, on aperçoit à dr. de la voie, vers le N. et sur la rive g. de le Pensé, un groupe de roctiers de quartz nommés RwHIqmI (roche du trou), sous lesquels s'ouvre une grotte naturelle dont la hauteur est de ■» mèt. à l entrée et la profondeur d'environ 50 mèt. La iiduteur moyenne est de ^ à 3 m&t. Selon la tradition, cette grotte se prolonge jusqu'au bourg de Guimiliau (% kil.J^ et un coq, y ayant été lâché, fut retrouvé chantant sous le maître-autel de l'église de Guimiliau, dev^t laquelle passe le chemiu de fer.

On côtoie ensuite à dr. Çuiwdiam (162& hab.). Uiliait, roi de la Coroûuaille, fut traitreusement assassiné par son frère Rivod, qui se fit proclamer roi vers 531. Le peuple et 1 Église le mirent au rang des saints et il est encore aujourd'hui le patron de plusieurs paroisses bretonnes, L'e'irlûe de Guimiliau date en grande partie du XVI* s. La tour, flanquée d'une tourelle ronde contenant la cage de l'escalier, e.^t surmontée d'une flèche; la plate -forme de celle tuur est garnie d'une balustrade flamboyante. Les coilatéraux et le porche méridional » qui porta la date de 1 ^pj^ennent

LROUn 3] SÂINT-THjiOONNBG. — XANDIVISUU.

au style de la Renaissance. Les voussures (^u porcl;àe renferment plusieurs scènes de rAncien et du Nouveau Testament, délicatement sculptées en Kersanton. On remarque à l'intérieur :

la maîtresse vitre, qui a conservé un vitrail représentant la Passion; le t>aldaquin de la cuve baptismale, orné de colonnes torses qu'entourent des Tigne? dta^gées de raisins, et trois bu-reliefs en chêne (buffet d'orgues) dont Tun représente David, le second sainte Cécile, et le troisiC-me une marche triomphale, reproduction d'une des batailles d'Alexandre par Lebrun.

L'arc de triomphe et Pos$mire (\ 648) de Guimilîau sonttrès-inférieurs a ceux de Saint-Tbégonnec, mais le calvaire est un véritable monument.

On en fait le tour par cinq arcades et un escalier conduit sur la platc-lornie où sont plantées les croix de Jésus- Christ et des larrons. Les quatre évangéKstes avee leurs attiibuls se trouvent placés aux angles ettoute la.vie du Christ se déroule en une multitude de petits personnages vôtiis à la mode du xvi* s. Une musique militaire, composée de tambours et d'olifluits^ précède le portement de croix; enfin, dans une setoe acoessoiie, Ca« tel Gollet (Catherine perdue) est précipitée, par des diables grotesques, dans une gueule de dragon figurant l'enfer. — • Catel GoUet, ayant caché un péché en confession, fut damnée et revint en l.seo, dit un cantique populaire, annoncer en ces terines sa co^d?Lmn^n à ees œmipagnes :

« Voici ma main, cause de mon malheur^ Bt voici ma langue détettablol •

Ma main qui a fait le péché, Et ma langue qui l'a nié. »

Ce curieux calvaire porte au frontispice la date de 1581, et celle de 1588 sous l'adoration des Mages.

3 kil. plus loin, sur la g. (1 kil. de la voie ferrée), se trouve Lampaul, V. de 2433 hab,, dont ïéglise {vfi' s.) éftait autrefois eourcmnée d'un lieau etoeher. La flédie,détruite par la fisn-

dre,a été remplacée par une affreuse calotte en plomb. Cette église possède un arc de triomphe surmonté d'un calvaire et un charnier construits en ItiGR. Le porche latéral (1533) est décoré d'un acrotère en forme de niche qui coiitiont la statue de saint Pol conduisant son dragon. Sous le porche, des da;s délicatement travaillés recouvrent d'autres niches renfermant les statues des Apôtres. A l'intérieur, le bénitier orné de bas-reliefs, les nombreux détails do sculptures sur bois qui décorent les autels, les orgues, les entraits et les sablières sont dignes d'une visite.

Le chemin de fer côtoie pendant près de 6 kil. un des affluents del'Élorn, le Quillivarou, jusqu'au confluent de ces deux ruisseaux, en amont du pont de (lorré-Stor.

ÔK9 kd. Landivisiau, ch.-l. de c, V. de 3211 hab. La station est située au S. du bourg (2 kil.;, dans un vallon agreste, entre les bois de Goatquelven et ceux de Rosnivinen.

Véglisc de Landivisiau, sous Finvocation de saint Turiaff, en breton Tivisiau, archevêque de Dol au viii« s., offre un riche portail de 15!>2-1554 et un clocher (belle flèche) de 1590.

te portail est orné de délicates sculp^ tures représentant les douze ApiMres et différents personnages de TAncieu Testament. En reconstruisant cette église, dont des restaurations maladroites avaient compromis la solidité, on eût dû rétablir dans un enfeu, à l'intérieur de IVdificc, la statue tuniulaire du fondateur François de Tourneminc. Cette statue est tlepuis longtemps aharidonnée dans une |trairie, sur le bord de la roule de Brest. Le sire de Toumemine est représenté armé de toutes pièces, à l'exception de la tôte qui est nue et qui repose sur un coussin. Son épée est suspendue au côté gauche; une longue banderolle déployée à droite porte en lettres gothiques sa devise : Aultre n'auray.

I4 corniche de la façade de Vostuaire de iimdivisiau, transporté dans

DE PARIS A BREST

le cimetière neuf, est supportée par des cariatides, ])armi lesquelles on distingue un squelette armé de deux flèches y une femme en costume espagnol portant une large fraise autour du cou, et Satan ayant sur la poitrine une tôte de satyre.

Il se vend de grandes quanlités de toiles et de grains aux marchés hebdomadaires do Landivisiau.

[Gorresp. pour ('^5 kii.) Saint-Polde-Léon (R. 57).]

De Landivisiau à Lesneveo et à Saint- P(Me-Léon, r. -n.

La voie ferrée cùiuie, dans un vallon étroit et boisé, la rive g. de i'Élorn , qu'elle traverse sur le pont du Cannardie^CB pont est formé d'une voûte

en arc de cercle, de 26 mèt. d'ouverture avec culées perdues dans les remblais. Cette arche énorme donne à la fois passage à l'Hlorn et à doux chemins ouverts de chaque côté de la ligne, La rivière d'Êlorn, dont le cours est très-sinueux, a été déviée sur neuf points différent» pour éviter la construction d'un nombre considérable de ponts. La forêt de Brézal s'étend sur la f?auchc. On travorsp le petit bourg de Fonl-Clirist, en face du vieux numlin de Bréxal, dominé à droite par un vaste étang que couronnent des sapins entremêlés de rochers, dans une position romantique.

On prissf onsnite au pied du château de la lioche- Maurice (en breton llochif ort7an), au-dessus duquel on entrevoit (à g.), parmi les arbres, la jolie flèche élancée de Véglm de la Roche.

Cette église, qui date de 1559, est aussi remarquable dans son ensemble que dans ses détails. La maîtresse vitre a conservé sci» vitraux coloriés, représentant la Passion; le jubé en bois est un travail de sculpture très-compliqué. L'OMtWffVyde 1639, offre une façade corinthienne d'une grande richesse d'architecture. Sur le soubassement, on voit en relief une danse macabre, où la Mort tenant un dard a la main et prouonsaut l'arrêt fatal

[HOUTE 3J

qu'on 1 i t au-dessous : Je «oiu iue Unu !

entraîne les principaux personnages qui composent la société humaine , depuis le pape jusqu'au mendiant.

Les ruines du château de la Roche couronnent des rochers abrupts qui s'élèvent au-dessus de la route , à l'entrée d'un pont jeté sur la rivière d'Êlorn. Ce château, fort ancien, fut f')ndé par Morvan ou Maurice , roi des Bretons vers l'an 800 , et démoli en 1490, pendant la guerre que Cliarles Vin faisait à Anne de Bretagne.

On n'y distingue aiqourd'hul que quelques parties d'un donjon carré, circonscrit par une enceinte extérieure où sont les restes df' rjuatre tours. On y découvre une belle vue.

D'après la légende de saint Riok, rajeunie par M. Ëdouard Vallin , il paraîtrait qu'une autre forteresse avait déjà existé en ce lieu.

« Denz gnerrien de la Grande-Bretagne, Néventer etDenien, qui vivaient au commencement du IV* s , p;ifisant un jour près de la rivière de Dour-ûoun (eau profonde), qui sépare le Léonais de la Comouaille- Ârmoriqne, virent le seigneur de la forteresse qui dominait cette rivière s'y précipiter d une de ses tours. Us se hâtèrent de le seceurir, le retirèrent de Vwa et le firent transporter au château.

" "Rappelé à la vie, ce seigneur leur racûiitd que le pays étant ravagé par un dragon qni dévorait indisUnetement les hommes et les bestiaux, Bristokns, roi de Brest, avait ainr? fait avec le monstre un accord moyennant lequel on lui livrerait tous les samedis nn homme tiré au sort. Mais le seigneur Élorn avait été choisi tant de fois qu'il avait succesgivfincnt livré au dragon tous ses domestiques et vassaux, si bien qu'il ne restait plus que sa femme et son fils Riok. Aussi, ne voulant pas voir périr les seuls êtres qui lai fussent chers, il avait préféré se donner la mort, Néventer et Derrien consolèrent cet infortuné et lui promirent de le délivrer du dragon s'il voulait que son fils Riok embrassât la religion catholique. Élom y ayant consenti, les deux gaerrjers se ren* dirent il ] ri cR Verne du draf:^on , rjni sortit en poussant des cris etrroyal)les. 11 et;iit, dit Albwt le Grand, « long de cinq toises, gros « par le corps comme un cheval, sa teste « faite comme on coq, retirant fort an

[Roim 3]

« basilic, tout couvert de dures écailles, « la gueule si grande que d*on seul mor- « ceau il avaloit une brebis. « Derrien le blessa mortellement, et, l'.iyant lié avec son écharpe, il le dûima à conduire au jeune Riok,qni le mena au eliàtean de aon père. Do là, les deux guerriers se rendirent àrirr'at, L't présentèrent le monstre au roi Bristokus, puis iis partirent pour Tolente, OÙ ils s'einbarqnèrent pour l'Angleterre . aprt's avoir commandé au dragon de se jeter dans la mer, ce qu'il fit au lieu appelé Poulheuxanéval ^ aujourd'hui Pon* tatval (marais où fut noyée la béte), en la paroisse de Plounéour-Trez.

u En mémoire de cette aventure, la riyière de Dour>Doun prit la nom d'Êlorn, qa*elle porte eneor» aigenid'lLiit. »

à 3 kU. de la Roche, le chemin de fer frencliit VÊÏùm au pon$ de la Filature (3 arches) et traverse sur on pont biais la route de terre.

605 kil. LanderaMm (hàt. : de

IWnirers, des Voyageurs, du Coq Gaulois; — libraire : Desmoulins) , ch.-l. de c, V. de 7853 hab., est située à la jonction des routes de Morlux, de Carbaix, de Quimper, de Lesneven et de Brest, dans la riante vallée de rÊlom que dominent dr^ coteaux boisés, d'où l'on découvre de i)eaux points de vue sur la rivière.

La station de Landerneau, qui touche à la ville au N. et dont l'entrée est reliée à la route de Lesaeven, est établie au point de jonction des chemins de fer de Paris à Brest et de Nantes à Brest. Sa superficie est de 4 hect. 13 centiares.

Landerneau, qui panit avoir remplacé

nne ancienne fnansio romaine, doit son nom a saint Ernec ou £rnoc. Ce prince breton, que la légende dit fils de Jeoicaël, roi de la Domnonée , se fit moine et bâtit, vers 669, sur les bords de l'ÉIom, rivière qui divisait^ au-dessous de Landerneau, lee évéehés de Léon et de GomoueSIle , une cellule remplacée aojoufdlioi par le village de Saint-Ernec . cl une chapelle qui a précédé Téglise des Kécollets, dont le même saint était le patron. Selon la tradition, il fut ensuite évéque du canton d'IIly, qui renfermait y'm^i ménages, et le bourg de Térégarantec «tait le siège de ce singulier évéehé.

Landerneau devint, en grandissant, le cheMlen de la vicomte de Léon, érigée en

principauté Tan î':2, en faveur d'Henri, vicomte de l\ohan, froce iln René, seigneur de boubize, el ce dernier, auteur des ducs de Rohan-Chabot, qnl possédèrent jusqu'à la Révolution la seigneurie de T.anderneau. Le château de Landerneau n'arrêta pas Fontenelle qui pilla la ville en a^i. Ce château, qui avait oneftçsde sor la fl* vière, au*des8us du pont, une autre à l'entrée de la rue des Bouchers, et une troisième défendant le passage du pont, fut démoli au xvn* s., et sur son emplace* ment fut élevé l'hôtel de Hohan actuel.

Landerneau a été Immortaiiié par sa lune et par Bss eaneans. Un gentilhomme breton dit un jour à Versailles, dont les splendeurs l'avaif»nt Iriissé f'roirl, que la lune de Landerneau était plus grande que celle de Versailles. 11 voulait, assure-t-on, parler d'une lune en enivre qui servait alors de prouette au clocher. — fly aura du brutt dans Landtmeau est un proverbe populaire, qui doit, dit-on, son origine aux charivaris qu'y recevaient ks veuves quand e!les convoUn'ent en secondes noces. Alexandre Duval s'est habilement servi de ee proverbe dans sa comédie des Bifiiiwê,

J'f^ylise de Saint - Houardon , ('■v^que de Léon au vii« s., fut réédiMuo de 1589 à 1604- Démolie de nos jours, elle a reconstruite i l'autre extrémité de la ville» La tour de Tancienne église et son riche portail corinthien, dont le Dénitier est chargé des maclea de Rohan, ont été rétablis avec soin dans l'église nouvelle. Or» y remarque un tableau un peu fantastique de M. Tan Dargent, né à Landerneau et devenu depuis à Paris un habile dessinateur sur bois. Ce tableau représente le fait suivant raconté dans une vieille légende mise en vers burlesques par M. Koujoux^ au sujet de saint Houardon :

O prodige nouveau.

Il s'embarqua sur l'caf], Dans une auge de pierre ; Entré par on vent d*est....

Dans la rade de Brest....

A travers les rochers 11 courut des dangers Bien plus grands qae sur terre.

DE PAWÔ

A feREST. Cftom 3j

Un tableau (un début) de M. Jobbé- Duval r«»présente Jf^sus rendu à sa Mère après le cnicitiement.

Véglise de Saint'Tht>ma$ de Cantorbéry date en paMe âtt Mi. IM fènôtres ont cônservé leuts mèheans fiamboyants; oeUe qui s*ouvre au-^estus du maître-autel po'^srcie encore un vitrail de couleur. On rcmnrqiio sur une corniche un renard prèciiant à des poules j allégorie facile à comprendre, et une iùire «tk Vivroanerie (un porc ayaut le museau à fa clef d*un tonneau de vin). La tour porte les armes deRohanetla datp de 1607.

Le couvent ifps Crirdeliprs fui fondé en 1488 par Jean, vicomte de Rolian et de Léon, sur la rive g. de r£iorn. Ses b&timents sont occupéa aujbtitb d*hui par les daines du Calvaire.

Vh&el de ville date de 1750. — On ne peut gurrc citer parmi les maisons anciennes de Landerneau que le monlin féodal de^ Rohan , bftti au milieu du puut, avec contre-forts, portfi en arc surbaissé et àrchivolte en accolade garnie de choux frisés.

Le premier étage qui servait de prison, il y a peu d'ai)n(''es, a été (ir'îuili, et une grande jnerre de granit qlii surniiuîtait la porte, et sur laquelle on lit une inscription de 1510, est aujourd'hui déposée dans la maison voisine. « Partout, dit M. Max Radiguet, des demeures régulières et soumises aux exigences de l'alignement officiel achèvent de remplacer dans les rufs élargies ces constructions anciennes, aux étages surplomblants, percées d'ouvertures baroques, rayées d'X en charpente peinte en rouge, ornées de tarasques aUx angles en guise de gouttif'^res et coiffées d'un toit en éteignoir, avancé comme une visière sur ses trois pignons, dont le front se rappiochail afin que les voisins pussent se chuchoter, par-dessus les passants, des commérages à l'oreille. Ainsi disparaissent chaque jour, pleuréei par ceux qui n'étaient pas forcés d'y vivre, ces historiques et pittoresques,

mais aussî fort peu àgrêables demeures, j'en conviens, de la vieille ville. Hier tombait ^ sous k levier et la pioche, rhôlel eà logea, en lôOô, k MM Anne , et dont liil kMiqiiM it lierre, irollallt depiiil dés anAéM l'éeii féodal placé au-d(*ssus dU jlDrllque, indiquait le degré d'avilissement où ét n't (îescenduG l'ancienne hôtellerie royale; demain peut-être la souille maison de la sénéchaussée ne pourra plus raconter aui passants comme quoi elle fut bfttie ên 1510 par puissant ieah, vicointe de Rohan, comte de Porhoët, seigneur de Léon, de la Garnache, de Beauvoir-sur-Mer et (le Blain, et ainsi du reste; jusuu au jour oîi Ton reconnaîtra que, dâns unë Vallée sans cesse balayée par deoit vents qui font U tiavetts, soufQant l'un des trombes de ploie, l'autre des tourbillons de poussièi*e, les rues étroites, brisées et abritées, avaient aussi certains avantages. »

Des tanneries importantes, dé nombreuses minoteries, des fabriques de bougies stéariques etd« cba[)eaux cirés, et surtout la fabrication des toiles sont les principales industries de Landerneau. La Société linUre du ^iiUre possède à Landerneau une manafacture de toile qui , par sa situation ra* vissante, l'importance de ses constructions, la perfection de son outillage (turbine de de 200 chevaux; 3 machines à vapeur de 80 chevaux chacune, etc.), mérite de fixer i'aitehtion de toutes les personnes qui s'intéressent aux progrès de l'industrie. Cette mm^ nufacture, dont les ateliers de pr^'paration du lin de Moriaix et la filature de Landivisiau ne sont que des annexes, emploie dans la ville et dans ses environs, 3400 ouvriers et tisserands. Sel produits annuels sont 1400000 kilogr. de fil de lin et d'étoupcs, et 1 800000 mM. de toiles eu tout genre pour le commerce et les divers services de la marine et de la guerre.

1 A 7 ou 8 kii. à l'O. de Landerneau ,

lOtnrË 3] LANDSMfiAU. KERttUON. 148

ès de la route de Carhaix (R. 80) .

ouve le Y. de la Marhjn' (1020 hab.), ÙL se lient chaque aiint c , le deuxième mdl de juillet et les deux jours ilvànts, la plus importatote foire de hevaiil dtt Finistère (4500 chevaux nviron). Cette foire était autrefois rérôdéc do courses qui sont snpprilées depuis queUpie^années. Vf'glise, édiée au roi breton saint Salomon Werzer Salaun. le martyr Solomon) , ate en partie du xv* s., en partie du Ti*. La tour est surmontée d*ttne .èche en pierre. De belles sculptures lécorent le porchr^ latéral, du xv" s.

la Stttivité^ V Adoration des Mages, es anges, des chevaliers, etc.). Nous ignalerons encore : unô chapelle du VU» a. (style de la Renâisaancè^f àé* orée de oariatide» et dbs armes de lohan, entre le portail du S. et la our ; lef? vitraux (h\ sanctuaire et l'une chapelle du xvr' s. ; deux bélitiers, de 1601 et 1G81. d'un travail très-curieux; et le relif,uaire m argent dé saint Salomob, figurant me église ogivale. A l'entrée du ciaeiière, un beau eûAvaité en pierre c Ketsanlon s'éîi^ve sur un arc dé 'iumphe, dont la plate-formr» est ^r\v~ ie d'une rampe du style tlampyant.— Cest à la Martyre, en 1718, ae les gentilshomtaies bretons sV Ducliérent ayee un envoyé du prince 3 Cellamare pour enlever la régence Philippe d'Orléans et la transférer Philippe V d'Espagne.

Corresp. à Landerncau pour : — (hh !•) GJj^Lteauliu, par (14 kil.) Daoulas ^« > — (15 kil.) Lesneven, par ; kil.) Ploudaniel (R. 59).]

De Lauderneau à liantes, R. — à isneteUf R. SO; — i Carhaix, R. so.

Le chemin de fer, côtoyant la rive ^. de i'£lorn, passe au pied des rui- M de VigHsê 4ê Bev^Mii-Conogan^

•iii renferme la belle tombe de Trot- 18 de lfontdfa|;on, gentilbomme esignol, marié au xvi*s. à Françoise^ amedela Palue. On croi<?e ensuite la

jute de terre et l'on franchit le ruis-

<?eau de la ï>alue sur un viàduc de 14 nièt. de hauteur [ trois arches de 9 mèt. d «luverlure chacune). Rien de plus charmant i^ue cette partie du trajet. De jolis eoteaul, ici tuoheut et boisés, là éUUivés et riants, dominent les deux rives de la rivière, qui s'élarj^it en formant de gracieux contours. Ou entre alors dans la forêt de Landemeau (655 hectares), à l'extrémité de laquelle la voie ferrée cro i se Ta • veouedu château de la Jo^f(BU99-Mâe, célèbre dans les romans de cheva* lerie jiar les exploits du roi Arthur, de Lancelot 'în Tnc et de Tristan du Léonais. Il ii t ii sutjsiste plus qu^un souterrain voûté en plein cintre, et un portail ogival du xti* s., couvert d*krbttstes et de guirlandes de lierre.

La voie ferrée coupe ensuite une johe petite baie, puis la grande baie de Kerhuon sur un viaduc «le 200 mèt. GO de longueur et «le ;}9 mèt. de hauteur au-dessus du niveau des vases.

Oe visduc est formé de 11 arches de 14 mèt. d'ouverture ebaeune, dont les pértles visibles sont en piirrtsde taille : mais les fondations des piles ont donné lieu à de longs et roAteux travaux. Il existe dans l'anse une couche de vase de 8 mèt. d épaisseur, qu'il a fallu traverser pour éM^ blir des maçonneries de fondation sur un sol résistant. En conséquence, chaque pile a ôù Ahe entoiîri^e de batanieauv qui ont altemt plus do lo mèt. (le hauteur, et c'est dafiN Tintérieur de ces bulanieaux, uiaiiitenus

à sec psr dee épuisemeots, que se sont élevées les fondations des piles.

916 kil. Kerhuoriy station établie

au-dessus de la rive dr. de Tan^^e^sur ie territoire et à 3 kil. de finipavag.

Vnnse ou brrT^ ih» mer de Ket kuon .-iur l'£iorn, de àii iiuciares de superficie, sert à la marine de dépOtde bois de oonstructioD. On évalue à une valeur de 10 millions de francs environ la quantité de bois de l'État que renferme actuellement ce dépôt, h La grande supcrticie de l'anse, dit M. P.

Levut {Escursiom dum la radt de

144 I>£ PABIS A BREST. [ROUTE 3]

Bre/^t ei sea mmrons^ Annuaire de ranoniiissemcnt de Brest, 1866), la profondeur d*eau que l'on pourrait y obtenir, en faisant des dragages faeilesy et rinterception à volonté des communications entre elle et h raie, — la digue établie à l entree de l anse en est la preuve, — permettraiuiiL, s'il était nécessaire, de la transformer en un vaste bassin à flot et d*y créer un port de commerce. »

La station de Kerhuon dessert la commune de f^niparaf; (6Af)8 hab.) et son erns bourg, situé sur la route de Hennés à Brest, où viennent abc u m plusieurs routes vicinales. Guipavas, avec ses deux places plantées d'arbres et entourées de maisons assez élégantes, rappelle les villages des environs de Paris. Véglise principale, reconstruite il y a quelques années, n'a conservé d'ancien qu'un gracieux portail de 1565, orné de statues. De l'autre côté de la route de terre, une ehapelte du xvr s. est consacrée à iqotre-Dame duRun (du Te trc) Deux ou trois vionhirs se voient sur le territoire de Guipavas. Enfin, plusieurs bastides bâties sur les coiliues, particulièrement sur le versant S. qui regarde la mer, donnent à cette localité un gracieux aspect.

«L'£lom, dit M. Hipp. Violeau, berce dans ses capricieux méandres les bateaux de Plougastel aux voiles blanches et rouges ; plus loin l'Océan gémit autour des vaisseaux de la rade ; sur la côte de GomouatUe, des blocs de quartz se dressent sous mille formes différentes; de vastes garennes remplies de fougères, d'ainnr; aux fleurs dorées, s'étendenl jus ju'à la grùve, tandis que, sur les riauLs coteaux du Léon, s'étagent de nombreux manoirs couronnés d'un dôme ^ de feuillage. » Ainsi des cha uips fertiles et des landes incultes, des bois et des rochers, des villages et If > remparts d'une ville, de grands vaisseaux et de petites barques, tel est le panorama qu'offre le chemin de fer entre Kerbuon et Brest.

■sonrtioa i PloiifMt«l.

Un bac, établi sur l'Élorn au hameau de Camfrouî , fait communiquer la station de Kerhuon avecPiougastel-Daoulas. Vanse de Camfrout sert d'abri aux bâtiments d'un faible tirant d'eau contre les vents du S. 0. qui, quelquefois, soufflent avec violence de la rade de Brest. La presqu'île de Plougastel-Daoulas, qui est très-visitée par les habitants de Brest» forme une vaste commune de 4682 hectares et de 6282 hab.

Près du petit port du Pat$age^ où Ton débarque, se trouve la fcntame de Saint-Lanifuy t dans les eaux de laquelle les paysans viennent plonger les chemises des enfants en langueur.

La cour du manoir du Cof^quer, près du Passage, renferme un -puits dont l'eau baisse quand la mer monte dans la rivière de Landerneau et viee versa, sans qu'il y ait aucun mélange de l'eau de la mer à celle du puits.

Un mémoire adressé à l'Académie des sciences, en 1717, par M. Ilobeijn, directeur des fortifications à iiresL, explique ce singulier phénomène en établissant que le fond du puits est plus élevé que le niveau de la basse mer, quelle que soit la marée.

Le territoire de la commune de Plougastel, découpé en une foule de petites anses formées par la mer, occupe toute la pointe de terre qui sépare la rade de Brest, au N., de l'embouchure de la rivière de Daoulas , au S. Les riants horizons de la côte S. , où se cultivent en plein champ les arl res fruitiers, les fraises, les melons et les petits pois qui alimentent les marchés de Brest et de Paris, font un contraste frappant avec les rochers qui bordent la côte N., saillants, brisés et surplombant l'un sur l'autre, moussus ou enveloppés d'une épaisse bruyère, au milieu d'un terrain dépoiiilléet inculte, où de petits moutons bruns broutent Pherbe rigide qui perce les cailloux. Rien de plus pittoresque en Bretagne que l'aspect

PLOUGASTBL-DAOULAS.

des villages de Keréra%ilt,deRoc'hqué' resen, de Roc*hnivden, de Roc'hqtiil' liuu , bâtis en regard de la rade parmi (les blocs de grès quartzeux rongés par le temps, le vent et les tempêtes. Une multitude de corneilles grises, des éperviers, des buses y font en tout temps leur séjour. Suivant une tradition populaire,, les rochers de Plougastel couvraient primitivement le sol du pays de Léon. Mais un druide, ayant été très-bien reçu par les Léonais et médiocrement accueilli chez les Gomouaillais^ témoigna sa reconnaissance aux uns et son mécontenleraent aux autres, en jetant les pierres de Lé»n eu Cornouaille, depuis Plougastel jusqu'à Huelgoat.

Derrière ces rochers, fendus verticalement, aui crêtes découpées en aiguilleSy vit retranchée la curieuse population de PlougasteL La physionomie de ces paysans, moitié cultivateur et moitié marins, coitrés d'un bonnet phrygien ou d'un capuchon de moine^ n'est pas moins bizarre que le sol qu'ils habitent et que le costume traditionnel qu'ils ont gardé intact.

Végîise de Plougastol, "bâtie à 2 kil du Passage, au point culminant de la commune (133 môt. d'altit.), et entourée d'une centaine de maisi)ns, possède un portail latéral de la Renaissance. La tour est surmontée d'une flèche du style ogival flamboyant, aocostéé d'une tourelle ronde pour la cage d'escalier.

Le curieux calvaire que renferme le cimetière de Piougastel mérite buitout d'attirer l'attention des touristes. Ce monument, le plus considérable de ce genre qui soit en Bretagne, a été érigé de 1602 à 1604, îi l'occasion d'une peste qui s^^vit en lô98. Il se compose d'un arc de triomphe percé d'arcades, avec pilastres et entablement de Tordre toscan. La Irise est ornée d'une multitude de bas>reliefs représentant la vie de Jésus-Christ.

On y remarque particulièrement la Fuite en Égypte, la Cène et le Lave^

BRBTAGNB.

ment des pieds. Le grand drame de la Passion se déroule ensuite en une véritable armée d'acteurs rangés sur le pourtour de la plate-forme. Le nombre de ces statuettes dépasse deux cents; elles sont taillées sans art, mais avec une verve digne de Gallot.

Parmi les différents groupes, il en est un qui se distingue surtout par son originalité; c'est celui de l'Entrée triomphante de Jésus-Christ à Jérusalem y où Notre -Seigneur est précédé par des paysans Inretons dans leur costume national, jouant du biniou, de la musette et du tambou* rîn, seuls instruments en usage dans les campagnes de l'Armorique. Ce calvaire a été restauré récemment par M. Lapierre, avec le produit d'une souscription des habitants du pays.

A 2 kil. à l'E. du bourg est la chapelle de la Fontaine Blanche , et sa fontaine, où les parents baignent pour les fortifier, leurs enfants rachiticiues ou atteints du carreau; dans la direction de la rade de Chftteaulin, se trouve (4 kil.) la fontaine de Saint* ClaudCy à côté de laquelle s'élève une' chapelle où se bénissent de petits pains qui, mangés par les enfants, doivent leur délier la langue et les faire parler.

Sur la rive g. de la rivière de Landemeau et un peu en amont du Passage, la chapelle Saint- Jean de

Piougastel attire chaque année^ le 25 juin, jour de la fête patronale, une affluence considérable de visiteurs. Ce jour-là, des bateaux à vapeur partent toutes les heures de Brest (de 8 h. du matin à 9 h. du soir) pour Saint-Jean et réciproquement, tandis que de nombreuses embarcations montent et descendent la rivière.

« Les enrieuz, dit M. P. Levot (ExcW'»

sions dans la rade de Brest et se» environs), sont attiri's pa!- le désir de voir les costumes, jusleiueut renommes, des paysans de Piougastel, parés de leurs hal)its de pala, tout à la fois gracieux et expressifjB. Laissant à ceux qui les portent

PB PARIS A liM^Slr

toat leor aatanl, tonte Jew loniplMae, toate liberté d'allares . ils ne contribuent pas peu à développer la vigueur et à entretenir la santé qu'accusent la fraîcheur et ItA fonnM mmealaina de ces paysans.

Lm. vêtements de l'homme consistent en une veste longue et un giiet cl étoffe blanche ou verte, et (pour les jours de noces on de fêtes) en une culotte rouge, le vrai bra(jou-bras flottrinf jiis.[irau-dessou8 des genoux, où elle est retenue par d'épais cordons retomJiaia ea «Budsior !a juDiM. Une MUplA «etttum d« «ouleur voyante lui entoure les reins; un feutre à larpes bords, d'où s'échappent de longs cheveux ondulant snr ses épaules, est subetitué au bonnet de laine rouge, sa coiffure la plus habituelle. La toilette des femmes n'est

rs moins élégante. La robe, d une forme peu (ièt fl^mWablei eeiIie4M o» ^wH usage sous Louis XIII, est ouvrée avec soin et recouvre plusieurs jupes de diverses couleurs, le pjus souvent jaunes, ronges , lilas, amartntes, et formant des plis qui prennent de la taille et descendent à terre. l.e tablier, en soie gorge de pichea ies unes, est ren^plaçé ekez & aatraa par m étoffe 4e l9iae« mais toujours il se fait remarquer par son peu de largeur et le grand nombre de ses plis verticaux étagés. Un mouchoir de batiste ou de mousseline brodée tient lieu de fichu* hi coiffe est p-arnie de dentelles.comme ses barbes retombant sur les épaules. U est rare, toutefois, de trouver toutes les parties de l'anclea costume ainsi réunies. Le contact des habitants de Plougastei avec les villes voisines les a insensiblement conduits à le modifier, et, pour k retrouver dans son ensemble, il faut aller le chercher dans quelques familles çtu pa^s où l'on en cooserve reiigisusemeiit des «p^lmens. Quoi ^u'il eo soit, ce qui en est resté suffit pour établir un coiili aste des plus piquants quand on le conjpare aux vêtements étriqués des êltadins CMbiouables et aux vastes crinolines de leurs compagnes, confondus les uns et les autres avec les paysans qui se pressent aux abords de la chapelle. Là, dans un espace étroit, on se coudoie, et beaucoup vont chercher les moyens de tenip' rer la chaleur sous des tente», où des cubaretiers nomades débitent, à titre dé ^n, de bière ou de cidre, les boissons les plus acides et parfois les plus nauséabondes. Plus sage est celui qui sait préférer, à ces breuvages frelatés et aux grossiers comestibles qu'ils arrossat, la •lêpa brstonoA et lajatta de Ult.

<t Le PoitdcNiSBt animé par la variété du

spectacle que présentent, ici des danseurs s'ébattant au son d'un biniou plus ou radas diseordant (pendant ees danses qui durent de longues heures , les paysans bretons n'échangent pas une parole), là une famille prenant un rep<u> champêtre égayé par la vue des baleaux qui déposent les promeneurs sur les deux rives de î i rivière de Landerneau. A'out';': que, le jour de la Saint^Jean, l aaïaieui d'oiseaux ' y trouve diabondantes ressources pour garnir ses volières. Dès le matin, après la première messe, il s'y établit une veri- Ubie foire, où les cxjiîanis apportent, de plusieurs lieues à la ronde, les oiaeMU( qu'ils ont dénichés et qu'ils vendent avec les cages d'osier dont ils sont eux-mêmes les grossiers artisans. Le débit des larckis faits à l*eiroitbologie départe owmtate justifie le nom de P^do» des Oùtamx ésuoÀ

Au-dessui de la cliapeUe Sainte

Jean, sur les rochers qui surplombent, se trouve la charmante habitation de Beatwoir, entourée d'un parc accidenté, qui est ouvert au public le jour de la fête (beaux points de vue) . Le manoif de KerérauU, voisin de Beauvoir, propriété de Mqie'Teuve Honmin Desfûssôs , se fait romarque.r par les rochors et les accidents de terrain qui reiilourcnt, et par la vue magiiiUiiue que l'on y découvre du baut d'un belvédère bâti $ur uoe roche.

Du bourg de Plougastel, on peut aussi aller visiter, à 6 kil. kVO., les rochers du fort du Corbeau, et plus au S. (3 kil. du fort), la pointe de l'Armorique, d'où l'on peui continuer son excursion sur la côte, par Tai^sç de Lauberlach et pa,r Saint-Adrien (K., pour ces points, la B. 6, en sens inverse). De Saint- Adrien à Plougastel^ la distance est de 5 kil. environ.

Après avoir, au delà de la station de Kerbuon , laissé à dr. , dans le^ arbres, la cbapelle de Natre'Dçme

du Relecq, et avoir traversé, dans la direction de l'O., la presqu'île que termine au S. 1» pointe Sai»k^M(urti€,

iJinrrnirc Ar la France par AD. JOAJïTîR.

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