CHEF
CfïlîF-I^ Chef-lii
Routm i
Haut* /
rwHt cJiex Enft
J^arie-fntp.. Hosw^oq,^, r. Jm^<v\
[RODtB 3] SAlNT-LAtmËirr-DtJ-POtîLDOUR,
laisse du même côté la niottô û\ï château de ce nom, que du Guesclin détruisit en 1364, puis le village dé fiMffeUrUùysan (1389 hab.}. le prettiiér l'on aperçoit âprès élM pàssé du départ, des Cdt»8-da-flohl dàhs teiui du Finistèï^.
À 1 kil. au s. du bourg de PlouAgat-MoYsan, se trouve la rliapelle de 8alQt-Laureht-du-Pouldour (de la (bliiftiÉie). QStte chapelle, iatil valeur architectuiftte, éftt te but d'Utf dîlàbt^ pèlttriHâge.
« La huit du 9 au 10 aoû^ de chaque année, une foule de dévots, dit Pol de Courcy (De Renneê à Breêt ; Paris* Hachette et C'«), s'y rendent des paroisses environnantes ei, quand ils ont fait sur issgenoos le tour du cimetière, ils entrent hn rampant dans un four pratiqué sous l'autel, pour rappeler le supplice du feti * infligé à saint Laurent, baisent la piern és l'Être et resèorlent par l'étroite ou ver ture qu'assiègent d'autres pèlerins impa tients. Puis, après s'être frotté les mains et la ligure aux pieds de la statue du saint, Us Se dépouillent eotnpiétëoiéni db leurs tèteiiienis et Se plongent à l*en«i dans (jne fontaine pacrée, construite en forme de niche, avec un siège en pierre pour asseoir las ]»ajgaeura. L'eaa de sooroa a*éehappant avec abondance par un canal supérieur,
Sour retomber dans le bassin de la fon Une, jaillit en cascade sur leur téte, et bhaittta btignaur, avant dë céder la place à un autre, pronoilba aai patûlea iaeiap mentelles :
«5an< Lorans hon préservo hag a lamo diganéomp or boan ixilL » {Qn saint Laurent non s préserre et iioUs guIHÉie des rhumatismes.)
« Si un voyageui" se trouvait conduit laaa étri aterti parmi eéa Brottfwfc dliointtiès hus poussant des clameurs confuses OU des invocations dans une langue iaeonnoe, et se livrant avec une sorte de frénésie à eea ablutions nocturnes, il se croirait transporté par un rêve dans quelûne tle sauvage de la Polynésie. Mais un dmidé iwparaiMant stir la terre de serait point étonné de ce spectacle; alettl de vingt siècles, il reconnaîtrait encore ses descendants. Seulement il maudirait la l^ère chiétienne qui, par ana anomalie dont la Breta^ oifre mille ezemplefe, accompagne aujourd'hui une cérémonie loate païenne dans son principe. La vertu ,
dé ces ablutions wt, comme nous l'avons vu, de préserver ou de guérir des rhumatismes; quelques'ima des pèlerins, moins fervents ou plus frileux, se font ronpiaeer par des mendiants qui s'offrent, moyennant une légère rétribution, de recevoir coup tnr coup plusieurs douches pour le compte d'antrui; nous avons en person' ueliemenl recours à cet intermédiaire pour prendre à peu de frais un bain par proearatibn.
« Au coup de minnlt la faola aftandonna la fontaine du Pouldour, pour se porter dans une prairie où commencent, à la darté db la Intae en à celle des cierges empruntés à la chapelle, des luttes qui durent plusieurs heures. Des vieillards, les juges du camp, ont procédé, dans de lon«a aoaailUittlea) A l*adibisden def concurrents, à leur classement suivant leur âge. Les hommes mariés sont formellement exclus. 11 n'y a point de prix, ou plutôt il n'y en a qulih digne de la i^wàt des combattants : on lutte pour l'hortneur de la paroisse. Quand les préparatifs sont terminés, d'anciens lutteurs, réduits au rôle de hérants, crient t Kes/ liûêl comme on le faisait dans les tournois, et rangent en rond les nombreux spectateurs. Cette opération s'exécute avec un ordre merveilleux ; et cependant l'autorité civile est absente : elle dort. Quant i l'autorité ecclésiastique, elle a, depuis soixante-dix ans, interdit la chapelle, où aucun office religieux n'est célébré; mais cette prohibition n'a pas fait perdre à cette f-hupftHft ses titres à la vénération.
« Lès spectateurs des detii premiers rangs se tiennent accroupis sur les taloaa, les autres sont debout; tou? suivent, avec l'anxiété des Romains et des Alhains au moment de leur duel national, les péripéties d'un combat dont l'issue doit décider quelle paroisse aura le droit de mLpnser les autres pendant une année. Enfih les vainiffienra font ialëÉI d'applandla»> ments assez sonores pour étouffer les imprécations des partisans du courage malheureux. Alors les gradins vivant^ du cirque se décomposent; des groupes litfii. veaux se forment en attendant le jotir; les uns écoutent le flux de paroles intarissable des improvisateurs populaires; d <iutrea dansent à la veia, en poussant de temps en temps et en cadence des cris sauvages ; tous emplissent successivement les tentes des tavemiers.
M Quand lé soleil se lève, les fetfimci,^ qui n'avalent pas encore paru, Remplacent ies hommes à la fontaine ; seulement leur
DB PABIS A BRBST.
eottnma est moins léger que celui de ce^ derniers; elles passent derrière une haie Dour Quitter la chemise, qu'elles y re- Sîennent ewiiito; «ai» elles conservent KoHope. et les cheveux épars la gorge tvle d'un mouchoir sous lequel personne ne songe à jeter des regarde indiscrets rflee vtennent à leur tour courber S téte sous les flot, de i'eau lustrale. Toutes ces ablutions s'accomplissent avec une gravité et une simplicité de mœurs mi wrsient peu eomprises dans nos eUbUssTments dW thermales en France.
Mais les Trégoroie ne «ont pas aigsiavances en civilisation qw le» habitues de Vichy ou de Bade. »
A 5 kil. ae la station de Ploijnérin, on croise la route de Rennes à Brest, au V de Ponthou (36Î hab.), et l'on francbit U «liée du Douron sur un ÎSduc de m mèt. de longueur, fondé sorte roc, voûté en plein cmtre et parementé en granit (8 arches).
La voie ferrée s intlécliit ensuite vers le S., puis s'élève, à travers des Undes marécageuses, SOT le platean de Ploui-
^STkil. Tlouigneau, ch.-l. de cant.
etc. de 5123 hab. (156 met d'altit.).
situé à 500 mht du chemin de fersui la dr. V église, qui datait du xvi« s., a été récemment reconstruite, a 1 exception du clocher.
Au delà de Plouigneau, on découvre SUT la g. la chaîne nue des montagnes d'Arrès, et la voie ferrée, tracée entre la vallée du Jarlot et la route de Rennes à Brest, franchit celte même route à Trévidy sur un ^aduc de trois arches. On atteint ensuite la station de Morlaix, en passant sur un admirable viaduc décrit ci-apr'f^s.
au-dessus desclochers de la ville et des mâts des navires ancrés dans le port.
563 kil. Morlaix (Omnîbus à tous les trains : de la gare au bureau central aux hôtels et à domicile dans la viUe, à l'exclusion des quarUers hauts* — le jour, sans bagages, 40 c.: 'avec bagages, 60 c; la nuit; 60 et 80 c; - HAtels : de Provence, de l'Europe, Thomas, des Voyageurs; — LiBRAiHfc;b : Bnant,
Haslé, Lédan, Mme Hoger, Mme Petit; — Journaux : lÉcho de Morlaix, le Journal de Morlaix, paraissant une fois par semaine), ch.-L d*arr. du depart, du Finistère, V. de 1404(^ hab., est située au connuentdu Jarlot et du OuefHeut, dont les eaux réunies, coulant, par un canal voûté, sous l'hôtel de ville et sous la place, forment le joli port de Morlaix, i 7 kU.
de la Manche. Ce port, avec bassm à flot et pont tournant, est garni de deux quais bordés de maisons modernes et de magasins deniè re lesquels s'élèvent en amphithéâtre un pôle-môle étrange de construcUons et de verdure, des coUines escarpées et boisées, des façades bizarres revêtues d'ardoises, des rues en escaliers, et des jnrdins étagés nommés combots. De l'étage supérieur du viaduc la vue se reporte, de l'intérieur des maisons, sur la foule des piétons et des voitures, cheminant au milieu de la circulation active du port, entre deuxlignes de magasins et de navires.
La gare (7 hect. de superficie) ost établie sur la rive g. de la rivière de Morlaix , à l'embranchement des anciennes routes de Brest et de Saint-PoK Une voie d'accès y conduit du bassin à flot, etron y arrive du côté de Rennes par un viaduc gigantesque, l'ouvrage le plus considérable de ce genre qui iiit, jusqu'à ce jour, été construit eu France.
La longueur totale de ce viaduc est de 284 met. 50 cent.; sa hauteur, au-dessus des fondations, est de
64 met. et de 58 met. au-dessus des quais. Il est divisé en deux étages composés, l'étage inférieur, de 9 archeede 13 mèt. 50 cent, d'ouverture, et, l'étage supérieur, de 14 arches de 15 mèt. avec un passage pour les piétons entre les deux étages. La hauteur exceptionnelle de ce viaduc, entièrement construit en pierres, en dissimule la masse, et sa construction, qui ne laisse rien à désirer, atteste l'habileté de l'entrepreneur, M. Périchon, et surtout le mérite de Tingé-
. .d by Googl
MORLADC.
nieiir, M. Fenoux, qui en a ronçu le plan et qui en a dirigé J'exûcution.
Son aspect, en amont comme en aval de la rivière, est auan grandiose que pittoresque.
Bfstolre.
Morlaix parait avoir emprunté son nom latin de Mons Rclajous à son château qui existait du temps de roecapatioii romainp, h en juger par le grand nombre de médailles de Gordien à Gailicn (i38- 388), trooTées dans ses substructions. il est moins prouvé que cette ville ee soit appelée antérieurement Julia, et surtout que les Morlaisiens aient été convert;s à la foi chrétienne, l'an 72 de notre èrt, par Drennalus, disciple de Joseph d'Arimathie et premier évéque deTréguier, ainsi que Ta écrit dans sa description des deux Bretagnes, composée en 1167, Conrad, archidiacre de Saiisbury.
Quoi qu'il en soit, cette localité ne.
fut pendant longtemps qu'un petit port de eommerce et de péclierie, et ne fonnait encore au xi« .s. qu'une seule paroisse, Sainrt-Mathieu, située au faubourg actuel du MarcheiXf renfermant dans son sein la ^le elose, et au S. 0., sar le Mons Rcîaviis, le château dont remplacement, entre les deux rivières, est anj ourJ hni planté d'arbres. Lerempartqui enveloppait la ville elose, et dont on voit encore les restes à l'O. du château, descendait au pont et à la porte Bourret, démolie il y a peu d'années, et se continuait jusqu'à la rue actuelle d*Atguillon, en psesant au-dessus de la porte Notre-Dame. De là, il gagnait à dr. la tour d'Argent, rasée récemment, atelier monétaire des ducs au xv^ puis, remontant la me des Lavoirs, que la mer baignait anciennement, se prolongeait jusqu'au pont Borgne ou de la Prison ft jusqu'à la place du Dossen, pour joinure la porte SaInt-TVes et le chAteau, apparten:\nt aux comtes de Léon. Mais bientôt ces seigneurs se virentdisputer cette propriété par les ducs de Bretagne dont la puissance s'accroissait de jour en jonr. En 1179, le duc Geoffroi s'empara de Morlaix, que Guyomarc'h deLéon reprit, avfn ]' dde de quelques habitants, sur les ofùciei bau duc en 1186; mais Tannée suivante, en 1187, Henri II, mi d'Angleterre, s étant constitué tuteur du jeune duc Arthur, vint en Bretagne et se rendit maître, après uu aiége de neuf semaines, de la ville et da château de Morlaix. Les ducs, qui les ont toujours possédés depuis, y résidèreut À
diverses reprises, et firent entourer de murs, pour s'y livrer aux plaisirs de la chasse, an vaste paro d'environ Yoe arpents, entra lechAteaii et la rente da Car-
haix
Morlaix fut occupé par les Anglais, puis par les Français dans les gnerres du
xiv* s., et pillé par kw Anglais en 1522. En 1.S48, !Nî.'irie Stuart, encore enfant, débarquée à Hoscoif pour venir épouser le dauphin, depuis François II, fit à Morlaiz son entrée triomphale. La future reine logea au couvent des Jacobins et assista au Te Deum qui fut chanté à Notre-Dame du Mnr.Commeelleretonmaitan couvent, dès qu'elle eut passé la porte dite de !a Prison, le pont-!f»vis, trop charge, se rompit et tomba dans la rivière; il n'y eut toutefois aucune victime, parée qm les eaux étaient basses. Les Écossais de la reine restés de l'autre côté du pont, ne comprenant rien à cet accident, commencèrent î crier : Tre^isonl traMêotil Mais In seigneur de Rohan h cheval près de la litière royale se retournant avec vivacité, reprit à pleine tète : Jamaiè Breton m fit trahison! Parole véridiqua, qne la masse de la popolalion bralonna n'a
riémen lie.
Les habitants de Morlaix se déclarèrent pour la Ligue , et le ehâtean fut assiégé et emporte de force, an nom du roi, par le maréchal d'Aumont, en iâ94. Depuis lors, les annales de Morlaiz ne présentent guère que des fondations d'établissements reli* gieux , d'interminables discu'^sions entre la communauté de ville et les juges royaux, et la relation des entrées des gouverneurs de la ville on de la province, avec exercices militaires, feintes d'assauts, cartels, tournois, courses de bagues, nanmachies et attaque d'un fort artificiel flottant sur l ean, harangues, eomédies,bals et festins. Ces r^'ouissances se renouvelèrent en 1772. pour la session des États de Bretagne, tenne à Morlilx an couvent des Jacobins. Le duc de Fits-James, commissaire du roi, commandait la province; la ville, magnifique et courtoise, logea dans son hôtel le doc, la duchesse, l'intendant, l'intendante, fit offrir le vin de ville à ces seigneurs et gratifia les dames de dragées, de confitures sèches, de gants et de bougies, dans des corbeilles gatanH" sées de rubans.
Morlaix pM la patrie d'Albert le Grand, auteur, en 1636, des VUt dea ISatnis de BrêUtffnê; du général Morean, mort en 1813, et du romancier £mile Sonvestra > mort eu 18^.
m DE
U bellt «oUégiale de Noif^Btme du Mur, fondée en t!!95 et lenainée
en fut vendue et démolie en
1805. Le clocher de cette église, privé de l'appvii des arcvlcs et des murs qui Tétayaient, s'écruula en 1806; il n'en reste plus île vestige. Ce clocher, dHine hauteur totale de 87 mètres, dont la flèehe aérienne et transparente couronnait la ville, et dont In joyeuse sopnerie exécutait Thymne dWre maris Stella j 3e coiupusaiL d'une tour carrée divisée en deuj^ étages surmontés d'une pyramide octogone llan- <faée de elochetona etperoée de rosa ces et de mouchetures d'hermines.
Pour rappeler le souvenir de Nolie- Dame du Mur, patronne de Morlaix, une petite chapelle a été bAttc sous le même vocahle , près de Téglise Sain^liathieu, et U statue de Notre-Dame qui était en gvande vénération dans la chapelle primitive y a été placée.
V église de Saint-Mathieu n'a conservé d'ancien qu'uae tour carrée chargée (le ini iirs, de consrdos, de ma^caruii^ et du luuus âor^e^ d'ornesient» de la fienaitsance, nuii d*un style lourd et massif. < A la base de cette tour, dit M. Pol de Gourcy (le Finxatvrey dan^ la Bretagne eontemporaine], un cartouche ondulé en relief, qui en suit tous les ressauts, porte uue iai»criptiou eu capitales romainee indiquant l'année comme date du commencement des travaui.
Sur une seconde inscription en partie détruite, on déchifi^ encore ces mots :
Jjfors tua. mort Jrt, fra (gilU)ittmvndi, gloria émit ddhr infemi «inl mtwtwandtjot
tibi,
« Qne ta mort, la mort du Christ, le néant du monde, la gloire du ciel, la douleur de Tenltr soient gravés dans ta mémoire 1 •
Une troisième inscription eu caiactères gothiques, à droite de l'entiée principale, porte ce distique moral
dont le sens ne parait pas sufÛSfMll^r
ment justifié en ce lieu ;
Propiin qui serr'it jftst^ petit api^ualahori, ai sitnul e projirnH viuluat et repetit.
•* Celui qui manœuvre son propre fonds en «tige justemeiit des fruits égaux à son travail ; il prête et reçoit à tk fois ce qui loi appartient en propre. »
Sur le tombeau d'Hervé de Kerrsl, lieutenant du capitaine de Morlaix, en 1503, et d'Aliette de Guicaznon, sa cnmpaf^c, inhumés à Saint-Mathieu^ on lisait cette devise :
Quentn lud a né f)' hrrf a oe Guicasnou ha Kerret.
tt Les premiers habitants de la tçrrft furent les Guicaznou et les Kerret. •
Uéglise de Saint- Melainc , ancien prieuré de Saint-Melaine de Rennes, loudee v^rs 1150 par Guyomarc'h de Léon, fut rebâtie en 1489, ainsi que le constate une inscription gravée sur le pignon du portail au-dessous de la tour. Ce portail est accolé à une tour carrée, achevée eu 1574, sur laquelle on remarque un écusson portant df>nx badelaires eu saulotr, arme» d^ la. ùmiÙe Harclieo.
Les portes d*un second portail ouvert dans la tkcade latérale sont surmontées de panneaux dormants sur lesquels on lit :
... a< ces denx huis ys set Bonnes gens priés Dieu poar loi.
Nous regrettons de ne pouvoir pétaUir
le nom du sculpteur sur bois. C*é»
tait, en effet, un véritable artiste; il serait difficile de trouver de plus élégants l aractt'res que ces lettres historiées, terminées en serpents ondulés.
L'église de 8aint*Melaine se partage en trois nefs dont les ares ogi* ▼aux naissent de colonnes cylindriques sans chapitenux. Les entraits sont t'Tciinés p.ir c^^ules, et les sabiitiresrepréseiitont dus moinesdaus les attitudes les plus grotesques. L'uu Ilit une hMriblo grimaee en portant à la main deoz immenses soulien, ce
AlOaiiAlX. MONUMENTS.
qui le fait suffisamment recounattre pour UB oanM déobamné; un «utre, lalioucbe béante e\ Tair héhôté, tenant un livre à l'envers, offre l'image de la fainéantise et de l'ignorance.
Les font$ baplismawt sont surmontés d'un charmant baldaquin octogonal an chêne sculpté; pe baklaquin qui « pour amorttapemeut un Mcond dôme plus petit, est supporté par quatre colonnes corinthiennes couvertes de rinceaux et de feuillages. Les entrecolonnements du premier dôme sont occupés par des statuettes entre lesquelles on distingue saint Jean-Baptiste, Cet édicule date de 1660.
L'églitê Saint-Martin- de$'Chttmp$, ancien prieuré de Tabbaye de Marmou tiers, fut fondée en 1128 par Hervéj comte de Léou, sur la rive gau Che du Queifleut, nvière qui séparait lei évêchés de l^éoa et de Tréguier.
Foudroyée en 1771, cette église fut rebâtie de 1713 à im, dans le style dorique. Une belle tour en pierre, terminée ou d6me, du style dorique comme 1 église, et de riches verrières y om été ajoutées de 1850 à 1855.
Le eouv^l 4$$ Dominicains ou JacobifK avait été établi en 1337. le duo Pierre de preux et Alix, sa femme, donnèrent le terrain. L'église fut bâtie des libéralités de plusieurs habitants. La neî' et le collatéral unique qui longe la rue des Vignes, reuionau xm* s. Neuf arcades^ soutenues sur des colonnes prismatiques h chapiteaux de feuillages, séparent la nef du collatéral, dont les murs intérieurs sont garnis d'enfeux. Le chœur et la chapelle Notre-Dame, qui forme un Uanssept au N., datent du commencement du xv s.
Dans le grand Aotnbre de sôpultures que renfermait cette église, Albert le Grand nous a conservé Tépitaphe suivante qui se lisait sur un
toimbeau, devant 1 autel NoU'e-Danie.
Ecce ■^uh hoc saio Fmtrwn dé Monte- Helaxo etê fundatrix
hujiuerattirtus (91M1 poltêt fmina rero)
fnens sincerUf manus largOf ^^udica caro*
« Sous cette pierre repose Julienne, révérente envers l)iLu, fondatrice des Frères de ftlorlHU, dont U vertu eUit celle que la femnae possède rarement : l'esprit sincère, la maia généreuse, le corps pudique. »
Le eouvent des Jaeebiiie de H orlaix appartient aujourd'hui à l'administiatien de la guerre, qui a (kit dePéglise
une écurie
Los Carmélites furent mises en 1624 on possession de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Fontaine , au haut de la rue Sainte*Martbe. Leur couvent devait sa fondation à Julienne de Kerémar, dame de Langouët. 11 ne reste de la clia[)elle priinitive (ju'un pignon et une rosace de la tin du XV 8. , avec une petite porte à p. des arcades, surmontée d'un écussou aux armes des Guicaanou. Un porcbe-au* vent, établi contre ce pignon, abrite, au-dessus d'une fontaine, une sialue de la Vi<*rgp h laquelle la tradition donne une origine miraculeuse. Les Carmélites occupent toujours celte maison, où elles oui coustruit une nouvelle chapelle.
Édmoes civils et m^Uteos çurleuset.
De récents travaux de voirie ont fait disparaître un ^nind nombre de maisons à f^orches qui olfraient un véritable iulérêt archéologique , notamment sur le quai de Tn&guier et dans la rue du Pavé; mais la Qrand*Rui et la rue d$Ë Nobles sont encore à peu près ce qu'elles étaient au xv" s.
Les rues Saint-Melaine et de Bourret ont aussi cuuiorve un certain nombre de maisons en bois des x\% xvi* et xvji* s., àlanteme et à pignon sur rue, chaque étage surplombant sur l'étage inférieur, avec rampes d'escalier sculptées et statues de saints ou 'ie i^rotesques posées dans des niches aux augles extérieurs des pignons. La physionomie de toutea ces maisons à peu prù» semblable ; lee détails
Dfi PARIS
seuls (lifTèreut. « Dans la plupart, dii M. de Wismes {Bulletin de VaMtociaton bretonne) f deux portes donnent accès, l'une, dans une boutique prenant jour sur la rue par une fcnC tre fortlarpo -appelée étal y dont îr- linteau horizontal est porté sur un cavet-soiiimier ; l'autre, dans un vestibule entouré de boiseries plus ou moins ornées. Au-dessus du rez-de-chaussée, s'élèvent en encorbellement deux ou trois étages séparés par d'énormes poutres charf^ér-s de moulures et supportées elles-mêmes \nn- d'autres poutres non moins massives , dont Tart du sculpteur a su dissimuler Pépaisseur sous une profusion d*omement3, de rinceaux, de feuillages, de niches, de pinacles, de consoles et de statues. Les fenêtres, assez multipliées à chaque étage, sont fermées de vitres à châssis de plomb; les façades sont revêtues d'ardoises taillées* en losanges, et l'étage supérieur, formant pignon, est surmonté d'un épi en plomb, historié.
La porte principale, avons-nous dit, donne sur un vestibule d'oil , ])ar une seconde porte, on pénètre au cœur de l'édifîjce. On se trouve alors dans une sorte de cour que fenne un toit éclairé parle haut. De cette dernière disposition est venu le nom de ces maisons dites à lanternes. Cette cour, ou plutôt cette salle, est chauffée par une vaste cheminée dont les pieds-droits et le manteau en pierre sont décorés de divers ornements. Sur cette salle, vient aboutir, dans l'angle le plus voisin du vestibule, un escalier dont la rampe s'appuie d'étage en étage sur un pilier en Lois sculpté, de chaque côté duquel elle se divise pour desservir, soit les appartements donnant sur la rue, soit des paliers dits pond-alex^ conduisant à d'autres logements. Ces pond-alez sont euxmêmes supportés par un asseniMa^'e de piliers sculptés et superposés. Telle est la distribution des anciennes maiaons de Morlaix. Les plus curieuses portent le n* 21 , dans la rue desNoblesi
el le n" 22, dans la Grand Rue. L'autre façade de cette dernière midson, donnant sur les lavoirs publies, est élevée sur les murs de la première enceinte.
Vhôtel de ville actuel a remplacé, enl83H, une construction dp 1610.
La manufacture de tabacn, quai de Léon, dont les bâtiments datent de 1730, emploie journellement 250 hommes et 1100 femmes; elle produit^par an, 2 millions de kilog. de tabae.
Sur la rive dr. du Keffleut, en face du coteau de Saint 'Sînrtin , et au milieu d'un parc immeiise et pittoresque, se trouve l'hospice, vaste édifice construit en 1732 par Yves louet, sur les plans de M. Domains, ingénieur en chef de la ville et du château de Brest. Cet établissement, qui peut aujourd'hui contenir 500 lits, a été auL'menté en 1846 d'un quartier spécial pour les femmes aliénées (300 environ).
Nous signalerons encore les riches collecticnt de monnaies de M. Lemière et de vieux meubles de Mme de Saint-Prix et de M. de Tromelin (lits, tables, bahuts et (irps<( irs du xv* au xvirs.; dessins, tableaux de grandsartistes; ivoires sculptés, médailles,etc.), que leurs possesseurs montrent oomplaisamment aux amateurs sérieux.
La rade de Morlaix est sûre et commode, bien que d'un accès difficile.
L'établissement de la marée du port est à 5 h. 15 min. Le bassin, qui a une largeur moyenne de 33 mèt., peut contenir au moins 50 navires.
La mer y monte deux fois par jour, à 4 met. dans les marées ordinaires, et jusqu'à 7 mèt. dans les grandes marées. Les navire^ de 3 à 400 tonneaux peuvent débarquer presque à la porte des magasins.
Morlaix poss^e trois brasseries, deux papeteries importantes, un atelier considérable pour la préparation du lin, une filature, plusieurs minoteries, une fonderie, des fabriques de pipes et de chandelles, une scierie mécanique. Il s'y lait un commerce considérable en grains , graines oléa-
Digitizod by C<.jv.' .ic